Filière cacao. Les producteurs veulent des financements plus adaptés

Les cacaoculteurs suggerent une révision des mécanismes de financement qui sont pour d’aucuns inappropriés et pour d’autres plus orientés vers les exportations.   

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Le cacao et le café mis ensemble, le premier est toujours présenté comme ayant une meilleure santé. Pourtant, ce n’est pas ce qu’affirment les acteurs du secteur. « Le cacao souffre de l’accès au financement. Dans la chaîne de valeur,  les comptes d’exploitation sont négatifs », déclare le dirigeant de l’Union Centrale des Coopératives Agricoles de l’Ouest (Uccao).  Armand Fondjo recommande un « financement sur mesure ». En effet, souligne, Peter Tchagop, DG de Friends, « les financements interviennent après la récolte et ne peuvent pas véritablement  aider à développer la filière. ». Bien plus, il souligne la non maitrise du secteur par les banques ; ce qui ne permet pas de proposer des financements appropriés.  « Il est important que les banques comprennent comment la filière fonctionne, quelle est la chaîne de valeur de la plantation jusqu’à  l’exportation de la fève », dit-il.

 Autre point majeur, les banques sont accusées d’accorder plus de financements aux opérations d’exportations des fèves, plutôt qu’à la transformation locale du cacao. Selon les données officielles,  le pays ne transforme que 75 mille tonnes de cacao sur les 300 milles tonnes produits, et alors que la capacité de transformation installée est de 130 000 tonnes.  Pour les acteurs du secteur, les mécanismes de financement actuels ne sont pas de nature à booster la production locale ainsi que la transformation. « Nous sommes dans un domaine agricole et constatons malheureusement que les financements sont généralement orientés  plus vers les exportateurs que vers les transformateurs. Il faut que nous changions de politique.  Les prix du cacao fluctuent alors que celui du produit fini est stable. Il faut mettre en place un mécanisme de garantie pour les transformateurs », suggère Armand Fondjo.

En réponse à ces interpellations, Afriland First Bank, qui avait initié ce cadre d’échanges à Douala, explique l’importance du financement des exportations par le fait qu’elles permettent de disposer des devises pour mieux financer l’économie.   La banque a  par ailleurs étalé ses mécanismes de financement en faveur du secteur, et qui couvrent autant les producteurs, les exportateurs que les transformateurs. Il s’agit entre autres, du financement du matériel de production, des fonds de roulement qui peuvent être acquis sur deux ans, et suffisamment «amortissables » pour faire tourner l’usine.  La banque encourage  d’autre part, les producteurs à se regrouper en coopératives pour plus de facilités de financements.  Chez Afriland First Bank, ces coopératives sont financées sous forme de leasing pour l’acquisition de la logistique et  sous forme d’avance sur stock pour les besoins de financement de la campagne.

Richard Chendjou,  Directeur du développement commercial Afriland First Bank

« Nous finançons  la filière cacao café de quatre façons »

« Nous avons choisi le secteur cacao café pour ce débat, parce que  c’est un secteur important pour l’économie camerounaise. C’est 285 milliards  de devises en 2021. La deuxième raison c’est que nous sommes en pleine campagne  cacaoyère. Donc, il était important qu’ensemble on voit avec les différents acteurs du secteur, ce qui peut être amélioré  pour que le secteur soit le plus productif possible. Nous finançons  la filière cacao café de quatre façons. D’abord les producteurs,  sous forme d’avance sous stocks, d’investissement.   C’est-à-dire que si vous avez un producteur qui a un champ de cacao de 30 hectares et qui souhaite avoir 10 autres  supplémentaires,  on peut le financer en lui donnant des financements sur le moyen terme, pour permettre d’investir dans les plantations. On peut également les financer pour les achats des engrais, sous réserve qu’ils respectent un certain nombre de critères que la banque met en place. Le deuxième pan concerne les coopératives agricoles. On les finance pour avoir la logistique sous forme de leasing, et aussi sous avance sur stock, c’est-à dire quand ils ont du stock et ont besoin d’argent pour continuer. Le troisième volet c’est les exportateurs de fèves on leur donne des avances sous stock  on peut aussi leur donner des escomptes. Il y a aussi le mécanisme de tierce détention que nous avons engagé depuis un certain nombre de temps ; ce qui leur permet de financer de gros volumes.  Évidemment qu’on peut financer des sociétés de production,  également des   fonds de roulement sous forme de crédit amortissable.  »

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