Transport maritime. Les clés pour développer les ports en Afrique

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Avec l’instauration d’un marché régional unique, les places portuaires africaines doivent se réinventer pour pouvoir satisfaire les besoins inhérents.


Les ports auront sans doute un rôle important à jouer avec l’avènement de la Zone de Libre Echange Continentale africaine (Zlecaf). Celle-ci arrive dans un contexte où le taux d’échange à l’intérieur du continent est bas. Le commerce intra africain ne représente que 15% du total des échanges sur le continent. Il apparaît donc urgent pour les ports d’opérer des mutations pour répondre aux défis liés à la Zlecaf qui devraient favoriser l’intégration régionale et impulser l’industrialisation. Quelle stratégie portuaire faut-il développer ? Cette préoccupation était au centre des échanges lors de la troisième édition du forum africain des ports qui a eu lieu pendant deux jours à Douala. Experts et acteurs du  secteur ont passé en revue quelques pré requis.

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Corridors et interconnexion

Pour les experts, il est urgent de favoriser l’interconnexion entre les ports dans la perspective de la Zlecaf. Dominique Lafont, de Lafont Africa Corporation, fait remarquer que le Cameroun est «  un exemple en termes d’infrastructures portuaires avec Kribi notamment qui est  l’un des nouveaux ports et qui s’impose dans la côte ouest africaine ».  Seulement, pour que ce port puisse donner le meilleur de lui-même, comme tous les autres ports africains, il faut d’autres infrastructures notamment des rails et des routes qui, d’après lui, sont pour l’instant insuffisants. « Il est évident que si on veut  interconnecter l’Afrique, le rail est un sujet crucial sur lequel il y a eu à l’échelle du continent peu d’améliorations. Ces améliorations ont eu lieu principalement sur le côté oriental du continent,  en Ethiopie et au Kenya. Et quand on parle des routes,  le continent est toujours très en retard en termes de maillage routier.   Il y a eu des progrès qui ont augmenté les capacités et réduit les problèmes d’interconnexion mais  on est encore très en deçà des besoins et c’est là que se trouvent les priorités. »

  Pour beaucoup, la Zlecaf  doit s’appuyer sur les  ports qui eux aussi  doivent s’appuyer sur des corridors efficients.  Des corridors fluides, car il faut éviter de se heurter aux barrières non tarifaires, les temps imposés aux passages des frontières parfois long de plusieurs jours.

La modernisation

  Les ports se doivent d’être compétitifs en vue de satisfaire les besoins du marché régional. Ils doivent notamment, selon les experts, renforcer leurs capacités d’accueil, s’arrimer aux standards internationaux, améliorer la sécurité et même se digitaliser. Pour Jann Hoffmann, chef de la section transport et logistique à la conférence des Nations Unies pour le Commerce et le développement, quelques efforts sont déjà fournis par les ports africains dans ce sens mais ce n’est pas encore suffisant. Il faut selon lui continuer avec cette modernisation. Il est aussi important d’harmoniser les législations portuaires. Car, certaines réglementations particulières protègent les  secteurs nationaux considérés comme stratégiques, et compliquent le passage aux frontières des marchandises.

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