mardi 25 juillet 2017
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Ernest Dikoum : « Nous sommes capables d'avoir un produit de référence » Spécial

Le directeur général de Camair-co annonce ses premiers chantiers à la  compagne aérienne camerounaise marquée par un déficit conséquent. Il était l’invité du 7h 15  du mardi 23 août 2016 au poste national.

Je ne sais pas si vous avez été consulté avant que vous ne soyez porté à la tête de Camair-co. Mais, n’avez-vous pas l’impression d’hériter d’une patate chaude ?

Je pense que c’est tous les problèmes qui engagent notre pays et qui devraient pousser notre pays à un niveau de développement, peuvent être considérés comme les patates chaudes. Pour cela, il faudrait avoir une très bonne connaissance des états des lieux et savoir à quel niveau de chaleur la patate chauffe.

Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter d’abandonner votre prestigieuse fonction à Emirates pour rentrer dans les turbulences de Camair-co ?

Non, je ne pense pas que ce serait un retour dans les turbulences de Camair-co. Je crois que ce serait un retour dans les turbulences qui doivent engager le redressement de notre pays. C’est un secteur comme tous les autres. Il faut savoir que le secteur de l’aérien a des ramifications importantes au niveau de l’économie toute entière. Donc, je pense que nous parlons déjà de fierté nationale, de ce qui se fait à la diaspora, de l’image que la diaspora a de son pays et du rapprochement entre cette diaspora et le Cameroun. C’est une dynamique qui n’est pas seulement par rapport à Camair-co. Honnêtement, je pense qu’il faudrait que ce débat soit changé et qu’on essaye de relever le niveau d’attention qui doit être porteur de la Camair-co. Et c’est ce que je vais m’atteler à faire.

Est-ce à dire que loin de vous l’image de ce professionnel international qui vient de l’une des meilleures compagnies dans le monde et qui regarderait Camair-co d’en haut comme une compagnie de seconde zone ?

Non, il ne faudrait pas que les gens prennent le prestige d’une histoire qui a réussi et la positionner au-dessus des autres histoires. Tout ce qui peut être en baisse peut remonter si jamais nous avons les moyens de le faire.je vous rappelle que le Cameroun avait quand même une expérience dans le domaine de l’aviation avant la création de l’Emirates. Donc il y a une vision. Le plus important c’est que je suis un fils du pays et je suis prêt à la tâche et j’ai décidé après une trentaine d’années de revenir apporter ma contribution. Je pense que le message qui a été envoyé par le chef de l’Etat, c’est un message de confiance à ce que la diaspora peut apporter comme contribution dans la construction de notre pays.

Le nouveau commandant de bord que vous êtes, et a qui chemin faisant on vient de céder les leviers de pilotage a-t-il déjà un plan d’urgence de vol dans l’urgence?

La compagnie aérienne n’est pas seulement le vol parce que le vol est la résultante de ce qui se fait avant. Si on se limite au vol, effectivement c’est là on va rater le coup. Avant de voler, il faudrait déjà être capable de bien servir au moment où on est accueilli. Que le client doit être sûr qu’il partira à l’heure. En définitive, les préalables sont plus importants que le vol. Je ne connais pas tous les paramètres de l’aviation mais je suis prêt à relever le défi.

Tout au moins, vous promettez aux camerounais que les horaires seront respectés ?

Les horaires de vol sont en effet une dernière étape. Et si les préalables sont bien gérés et que les moyens sont donnés, je pense qu’on serait capable d’avoir un produit de référence. Le Cameroun est géographiquement bien situé, nous sommes dans un pays qui peut avoir un marché intérieur important, nous sommes à la croisée de deux pôles stratégiques entre l’Afrique centre et l’Afrique australe, et l’Afrique de l’ouest. Ainsi,le marché local et le marché sous régional doivent être prioritaire.

Avez-vous déjà reçu les moyens dont vous faites allusion ?

Je pense que le ministre a bien décrit quelle est la dynamique qui sera donnée et je me réfère seulement à sa déclaration. Le choix a été fait, soit de changer de cap.

En cas de crash, ce que je ne vous souhaite pas, vous aurez surement un parachute ?

Je ne crois pas que quand on commence une mission de ce genre qu’on soit tout suite focalisé au parachute. Je pense qu’il faut qu’on essaye de se maintenir en vitesse de croisière et qu’on oublie qu’on va sortir par la petite porte.

Ces derniers temps, les directeurs généraux ont  la réputation de faire long feu à Camair-co. Cela ne vous fait-il pas peur ?

Vous savez que vous pouvez catalyser un changement très fort en peu de temps. Vous devez savoir que ce n’est pas le temps mis mais les actions que nous mettrons en place qui vont déterminer notre séjour à la tête de cette compagnie. Honnête ce n’est pas une priorité pour le moment.

Le président de la République vient de valider un plan  de redressement de cette compagnie. Bienheureux comme vous puisse que vous n’avez qu’à suivre l’itinéraire déjà tracé…

Je pense qu’il y a une vision qui est donnée. L’itinéraire c’est à nous les technocrates de le tracer. Le gouvernement a indiqué qu’il va financer le travail que nous avons à faire. Ce qui devrait aussi insuffler un autre courant d’énergie, au niveau de la compagnie c’est la contribution du secteur privé. Vous savez ce secteur peut avoir une panoplie de besoins qu’il faut analyser afin de les insérer dans le plan d’exploitation de Camair-co.

Combien de temps vous donnez vous pour que la compagnie aérienne retrouve son prestige ?

Nous sommes dans un secteur d’activité extrêmement sensible. Il y a des effets exogènes et endogènes qui peuvent ralentir une croissance. Aujourd’hui le plus important est que nous devons nous investir dans la sécurité comme l’a préconisé le ministre. Et, nous ne savons pas encore combien de temps cela nous prendra. Mais je pense que la volonté y est. On verra progressivement dans quelle mesure nous irions très vite. Il faut savoir que dans le transport aérien, il est mieux d’aller surement que d’aller très vite.

Synthèse de Ghislaine Ngancha Ngahanne

 

Dernière modification le mercredi, 24 août 2016 18:03

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