lundi 22 janvier 2018
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Pourquoi Paul Biya promet de payer la dette due aux PME Spécial

Paul Biya,président de la République du Cameroun Paul Biya,président de la République du Cameroun

Le président souhaite honorer un des nombreux engagements du Cameroun auprès du Fonds monétaire international.

Que faut-il retenir du message du président Paul Biya à la nation au soir du 31 décembre 2017 ? Si les avis divergent sur la question dans l’opinion, les patrons, eux, sont convaincus que cette sortie du locataire du palais d’Etoudi annonce un nouveau printemps dans le secteur privé en 2018. Le président a en fait la promesse qu’une « attention particulière sera accordée à la situation des PME, notamment pour ce qui est du règlement prioritaire de la dette qui leur est due, comme de l’amélioration de leur accès au crédit bancaire ». Pour le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), l’organisation patronale la plus représentative du pays, c’est une grande victoire. On se souvient que Célestin Tawamba, le nouveau président du Gicam, avait été reçu en audience le 18 août 2017 par Alamine Ousmane Mey, le ministre des Finances (Minfi), dans le but de convaincre le gouvernement de payer la dette due au secteur public. Le cheval de bataille du mandat du président Tawamba.

Après cette rencontre, le Minfi avait alors ordonné le déblocage de 100 milliards de francs CFA au titre de remboursement des crédits de TVA. Mais l’argentier de l’Etat n’a pas accédé à l’autre demande du Gicam, qui concerne le règlement des prestations impayées des entreprises privées. Selon des chiffres du Minfi, ces impayés représentaient plus de 30 milliards de francs CFA au mois de juillet 2017. C’est cette dette que Paul Biya vient de promettre d’éponger.

Dans les milieux des affaires, cette promesse d’éponger la dette due aux entreprises fait jaser. Et beaucoup se demandent déjà ce qui a décidé le président de la République de se presser de commander le payement de cette dette. Pour ses collaborateurs, la réponse est dans le discours du 31 décembre dernier. « La conjoncture internationale défavorable, en raison notamment, de la baisse persistante des cours des matières premières, a négativement impacté la croissance économique et le progrès social dans notre pays. Il en est en outre résulté des difficultés de trésorerie, dont les fournisseurs de l’Etat et particulièrement les Petites et Moyennes Entreprises, ont fortement pâti », expliquait Paul Biya à ses compatriotes.

A en croire quelques confidences, cette thèse n’est pas loin de la vérité. Car la conjoncture défavorable dont parle Paul Biya a forcé le Cameroun à conclure un programme économique et financier appuyé par une Facilité Elargie de Crédit (FEC) avec le Fonds Monétaire International (FMI) en juin 2017. Ce programme oblige le gouvernement camerounais à opérer un certains nombres de redressements budgétaires. Dans le chronogramme des mesures à mener, le Cameroun se devait de commander un audit de toute la dette publique avant la première revue de ce programme qui était programmé en décembre dernier sous la conduite de Corine Delechat. Ce qui n’a pas été fait. Et bien que le conseil d’administration du FMI a validé cette première revue, il est demandé au Cameroun d’honorer ses engagements dans les plus brefs délais. Pour les confidences proches de ce dossier, le président Paul Biya vient lui-même de s’engager à répondre à tous les engagements du Cameroun car le Cameroun a urgemment besoin des fonds du FMI pour booster sa croissance en 2018. Une situation qui profite bien aux patrons. Ces derniers se frottent d’ores et déjà les mains.

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