dimanche 22 avril 2018
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Justice : Huit avocats pour la défense de Patrice Nganang Spécial

La défense de l’activiste a décliné les axes de son combat.


Me Emmanuel Simh est formel : ««Patrice Nganang n’a jamais regretté quoi que ce soit. Il ne peut même pas regretter un acte qu’il n’a pas posé. Il est innocent». Le conseil de Patrice Nganang balaie d’un revers de la main ce mea culpa attribué sur les réseaux sociaux à son client, relativement à l’affaire qui l’oppose au Ministère public. «M. Nganang est un écrivain, et il faut lire ses écrits avec l’esprit qui est le sien. Il n’a jamais pensé tuer quelqu’un, il n’a jamais porté une arme sur lui. Et les conditions sont telles que ce qu’il dit est impossible à réaliser», conseille l’avocat. Convaincu qu’«il s’agit d’un procès politique». Et ce ne sont pas les changements majeurs relevés dans la qualification des faits qui sous-tendent la position du conseil de l’activiste détenu depuis le 6 décembre 2017 seuls qui le démontrent. Entre le 6 décembre 2017, date de son arrestation, et le 13 décembre, date de sa première comparution devant le juge du Tribunal de Première instance, l’on est passé d’outrage au président de la république, à «outrage à corps constitué», en passant par menace de mort, apologie du crime, faux et usage de faux et immigration clandestine. Me Emmanuel Simh s’appuie sur une note écrite de Martin Mbarga Nguele, le délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) pour qualifier le procès : «L’interpellation de Patrice Nganang fait suite à une instruction du délégué général à la sûreté nationale, nommé par monsieur Biya», informe-t-il. Quoi qu’il en soit, «ceux qui l’ont arrêté devront à un moment donné dire pourquoi ils l’ont arrêté. Du moment où le président Paul Biya a voulu être mis à l’écart de la procédure, du moment où l’infraction d’outrage au président de la République a été mis de côté», pense-t-il.


C’est un collectif de sept ou huit avocats bénévoles «rompus à ce type de combats», qui défendront l’homme dans ce procès qui l’oppose au Ministère public. Pour outrage à corps constitués. Avec comme compagnons dans le collectif, entre autres Mes Méli et Agbor Balla. Et l’axe de défense choisi est connu. «Monsieur Nganang a décidé de faire une défense en rupture. La rupture en droit veut dire que nous considérons qu’il a été arrêté non pas pour les faits qui sont dans le dossier, mais pour des raisons différentes et dans ce cas, comme il a été arrêté pour des raisons politiques, ce sera un procès de rupture politique», explique-t-il.


Pour Agbor Balla, détenu pendant huit mois dans le cadre de la crise dite anglophone, la cause est nationale. «Aujourd’hui c’est Patrice, demain ce sera une autre personne. Ça peut arriver à chacun d’entre nous. Si Um Nyobè, Mongo Béti et les autres n’avaient pas lutté, nous ne serions pas là où nous sommes», sensibilise-t-il. «Je suis un activiste ; huit mois de détention ne m’ont pas découragé ; et je suis combattant depuis plusieurs années», se bombe-t-il. «J’ai été défendu par des avocats parmi lesquels des Francophones ; il est question de l’avenir de notre pays, et Patrice s’est toujours battu pour ce pays qu’il aime, pour que ça change. Nous devons lutter contre la dictature et la marginalisation», poursuit-il.


Aux côtés des avocats, le Collectif pour la libération de Nganang organise le lobbying sur le plan national et international, afin de faire pression sur le régime de Yaoundé. Question d’annuler la procédure intentée contre l’opposant à Paul Biya.

Dernière modification le jeudi, 21 décembre 2017 21:14

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