Alexandra Takounda Engolo : La jeune Lionne rugira-t-elle enfin chez les A ?

L’attaquante d’Eclair de Sa’a qui commence enfin à trouver ses marques chez les A, affronte une rude concurrence de cadres « blessées ».

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« Si je ne suis pas retenue, je ne me sentirais pas frustrée parce que ce n’est pas la fin du monde. Il y a les autres compétitions ; tout le monde n’est pas appelé à jouer ». Au micro de newsducamer.com, le réalisme étouffant la candeur de ce visage de 19 ans, cache pourtant mal l’envie pour cette dernière de prouver s’il en est encore besoin aux yeux du monde entier, la plénitude de son talent. Elle se sait « prête » pour la Coupe du monde, mais qui doit se plier à la décision, mieux à la volonté de l’entraîneur. A quelques heures du dépôt de la liste des 23 Lionnes qui défendront les couleurs du Cameroun au Mondial français, Alain Djeumfa a accueilli Aboudi Onguene et Gaëlle Enganamouit. Si la première avait une permission de rester en clubs jusqu’ici, la seconde revient d’une cure de remise en forme « dans un centre de remise en forme spécialisé », avait déclaré l’entraîneur principal. Au ballon d’or africain 2015, aujourd’hui sans club, s’ajoutent deux autres cadres sortant de l’infirmerie : Généviève Ngo Mbelleck et Ngono Mani. Ngo Mbelleck qui a rejoint le groupe depuis le dernier stage à Yaoundé et retrouvait progressivement la forme, au contraire de Ngono Mani qui se battait dans les mêmes couloirs qu’Enganamouit.

C’est certainement parmi ces « blessées » qu’Alain Djeumfa devra trier les trois qui retourneront au pays. Les paris semblent reposer davantage sur des critères autres que les performances des unes et des autres. La probabilité est faible de voir Enganamouit en faire partie. Malgré son instabilité depuis trois ans, et qu’elle soit sans club, celle qui avait émerveillé le monde du football en inscrivant trois buts face à … au Mondial 2015, continue de trouver une place en sélection. Même s’il assure n’avoir pas encore retenu celle-ci en quittant Yaoundé, Alain Djeumfa est soupçonné par des critiques de faiblir face au nouveau mentor d’Enganamouit : Samuel Eto’o. Ngono Mani, meilleure buteuse des Lionnes indomptables, pourrait bénéficier de circonstances atténuantes pour ses états de service. Ngo Mbelleck est une pièce importante, peut-être même irremplaçable dans l’entrejeu. Les successeurs d’Enow Ngachu peinant à prendre leurs propres marques. Les trois binationales (Estelle Johnson, Easther Mayi Kith et Michaela Abam) ayant certainement eu des assurances d’être retenues, avant de choisir le Cameroun. Abam y est d’ailleurs depuis la CAN 2018.

Takounda et ses coéquipières à Jordanie 2016. (c)Fifa.com

Lentement dans la cour des grands

Alexandra Takounda Engolo, elle, n’a que ses performances pour plaider pour elle. En saison dernière, la meilleure buteuse du championnat national a marqué 32 buts, toutes compétitions confondues, aidant son club à se frayer du chemin parmi les ténors, pour jouer la finale (perdue) de la Coupe du Cameroun contre Louves Minproff (5-0). Malgré une saison 2019 presque mort-née parce qu’à l’arrêt depuis plusieurs mois, l’attaquante d’Eclair de Sa’a a gardé sa fraîcheur. Et le public du stade annexe N°1 de l’Omnisport de Yaoundé, s’est régalé en vivant en direct ses passements de jambes et cette pointe de vitesse qui font la force de celle qui était alignée comme milieu de couloir gauche.

Dans la cour des grands, Alexandra Takounda n’a plus rien à prouver. Jetée à l’eau lors de la Coupe de la COSAFA à laquelle les Lionnes indomptables ont été conviées en septembre 2018, en préparation de la Coupe d’Afrique des nations (Can) Ghana 2018, la jeune fille d’alors 18 ans, n’a pas eu le temps nécessaire pour s’exprimer. Remplaçante au premier match face au Mozambique, la joueuse d’Eclair de Sa’a, a par la suite été remplaçante sur les deux autres rencontres face à la Zambie et au Lesotho. A la clé, zéro but inscrit. Et la jeune louve jetée à l’eau en demi-finale contre la Zambie, n’a pas pu trouver le chemin des filets. Comme résultat des courses, Takounda n’ira pas à la Can, malgré le retard pris par les professionnelles à rejoindre la tanière.

Une vie de miracles

Le monde entier avait découvert ce talent à l’état pur, mais accompli, lors de la Coupe du monde féminine U17 Jordanie 2016. L’attaquante des Lionnes cadettes avait réussi un but sur une talonnade anodine, pour rétablir l’équilibre face au Venezuela. Avec une aisance qu’ont saluée nombre de commentateurs sportifs. Avant qu’un manque de concentration ne change la donne une minute plus tard. Beaucoup n’avaient pas hésité à voir déjà en elle une Enganamouit en puissance. Et l’évolution est restée ascendante. Trois ans plus tard, la graine de star a frappé aux portes de la sélection A, s’y trouve et a en face l’idole. Ou du moins celle qu’une certaine opinion lui donnait.

Au moment où Alain Djeumfa s’apprête à rendre son verdict, celle qui reste fair-play et se dit prête à accepter de faire partie des trois qui ne seront pas retenues, y croit pourtant. « Je suis prête pour le challenge», clamait-elle en quittant le pays. Le successeur de Joseph Ndoko semble peu enclin à tourner la page laissée par Enow Ngachu, son ancien patron : du coup, la présence de malades à peine guéries, est un mauvais signe pour la jeune Lionne affamée. Mais sa vie est une succession de miracles, comme elle l’avait reconnue sur le site internet de la Fifa en 2016. Le destin semble avoir tracé son chemin.

Source: La Nouvelle Expression

 

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