Marché : les raisons de la hausse des prix

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A l’occasion d’une rencontre avec le ministre du Commerce le 1er octobre dernier à Douala, les industriels ont présenté les causes de la hausse généralisée des prix des produits de grande consommation et ont appelé le gouvernement au secours.


Les prix augmentent de jour en jour dans les marchés. Les ménagères n’en peuvent plus. Divers produits comme le riz, l’huile de palme ou le poisson connaissent une hausse d’au moins 100 francs. Pourquoi cette augmentation soudaine et progressive ? La pandémie de covid 19 est pointée du doigt. Précisément, les difficultés liées à l’importation, le coût du fret et la hausse des prix des matières premières. D’après les chiffres communiqués par le groupement Interpatronal du Cameroun (Gicam), le coût des matières premières connaît une hausse de 30 à 200% entre août 2020 et août 2021 tandis que les coûts du fret maritime affichent une hausse de plus de 400% en un an. A titre d’illustration, la livraison des conteneurs de 20 pieds connaît une hausse de + 243 % et +320 % pour les 40 pieds. Les liaisons Europe-Afrique connaissent, eux, un taux d’accroissement de 250 % et les liaisons Asie- Afrique, une hausse de 400 %.

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S’agissant des matières premières, l’on observe une croissance des prix, divers secteurs confondus. Côté brassicole par exemple, le malt affiche une augmentation de 20 %, le sucre, 25 %, le maïs 40 %, les emballages 15 % ; les étiquettes ; 30%. Dans le secteur des oléagineux, le prix d’une tonne d’huile de palme en dollars, connait une augmentation de + 65, 5 % entre juillet 2020 et juillet 2021. L’huile de palme brute locale affiche un taux moyen d’accroissement de 10%, le brut importé, 21% tandis que pour la production du sucre, l’engrais enregistre un taux moyen de 30%. Cette situation, causée entre autres par les restrictions sanitaires en occident et la réduction des exportations par certains pays producteurs, a des incidences sur les industries locales. Les entreprises enregistrent un renchérissement quasi général des coûts de production. Notamment de 20 à 30% pour le secteur des huiles raffinées, même indice pour le secteur de la minoterie et des pâtes alimentaires et autour de 42% pour les matériaux de construction.

Les attentes du secteur privé

Face à cette situation, les opérateurs économiques décrivent deux scénarios possibles. Soit, répercuter totalement la hausse de ces coûts sur les prix de vente. Soit le partage des charges entre l’Etat, les entreprises et les consommateurs. La première option d’après le président du Gicam est « clairement inenvisageable aussi bien pour les entreprises que pour l’Etat ». C’est donc dans l’optique de la deuxième option qui semble meilleure que le patronat a invité à Douala le ministre du Commerce le 1er octobre dernier. A cette occasion, les chefs d’entreprises ont suggéré comme possibles solutions d’obtenir des subventions de l’Etat, l’allègement ou la suspension de l’acompte sur certains secteurs, la suspension des taxes parafiscales, le maintien des mesures exceptionnelles prises en 2020 en soutien aux entreprises face à la pandémie entre autres. Le ministre a pour sa part pris l’engagement de transmettre les doléances à qui de droit. Luc Magloire Mbarga Atangana a cependant indiqué que « les causes sont globales mais les solutions varient en fonction des secteurs d’activités. Il faut qu’on définisse l’accompagnement de l’Etat filière par filière » a-t-il déclaré.

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