Yaoundé : le directeur de l’Hôpital Central sur le gril

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Dans une plainte déposée auprès du procureur de la République, la famille de la présumée victime accuse l’Hôpital Central de Yaoundé d’avoir mutilé le corps du jeune Hilaire Ayissi Mengue.


L a dépouille du jeune Hilaire Ayissi Mengue séjournera encore à la morgue de l’Hôpital Central de Yaoundé, jusqu’à ce que le procureur de la République autorise son retrait. Il a été scellé par la justice après des accusations de mutilation d’organes formulées par sa famille contre l’Hôpital Central de Yaoundé.

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Les faits remontent au 10 septembre 2021, date à laquelle Hilaire Ayissi Mengue serait arrivé à l’Hôpital Central de Yaoundé, après avoir été poignardé dans le dos lors d’une bagarre. Selon les membres de la famille, le patient est arrivé aux environs de 13h. Faute de moyens, il n’a été pris en charge qu’à partir de 19 h. Après quelques examens, le médecin a selon le frère de la victime, déclaré qu’aucun organe vital n’avait été touché et qu’il fallait seulement recoudre la plaie. « Reparti à la maison après des soins, le patient a commencé à se plaindre des douleurs au niveau de l’abdomen. Le médecin a de nouveau prescrit une radio et une échographie. Les résultats de ces deux examens ont finalement amené le médecin à envisager une intervention chirurgicale. Son opération se déroule avec succès », écrit son père dans la plainte déposée la semaine dernière auprès du procureur de la République. Curieusement, quelques jours avant le malade est de nouveau admis au bloc opératoire sans véritable raison laisse entendre son père. Il ressort du bloc opératoire avec « des bandages partout même au niveau des cuisses », explique un membre de la famille. Quelques jours après, le malade décède. Son corps est admis à la morgue de l’Hôpital central de Yaoundé et une requête pour connaître les causes du décès est déposée par la famille auprès du directeur de l’Hôpital Central de Yaoundé, lit-on sur la plainte. Cette requête est restée sans réponses. Le 24 septembre, jour de la levée de corps du défunt, la famille constate que le corps a été habillé la veille affirme son père sur sa plainte. La famille décide, malgré l’opposition des morguiers de contrôler le corps avant de le mettre dans le cercueil. Surprise ! « De nombreuses mutilations sont découvertes sur mon fils », laisse entendre son père, d’un air abattu. La famille fait venir un huissier qui fait le constat sur place. Alerté, le commissariat central numéro I et le procureur de la République font le constat à leur tour. Le corps a été scellé et mis à la morgue. Une enquête judiciaire a été ouverte.

DEFENSE

Dans une déclaration rendue publique en fin de semaine dernière, Pierre Joseph Fouda directeur de l’Hôpital Central de Yaoundé dénonce une mauvaise campagne orchestrée par les proches de la victime. Il explique que : « ce patient est arrivé le 10 septembre après avoir été poignardé. Il est revenu le 14 septembre dans avec une infection abdominale, il a été opéré parce qu’il avait une plaie du colon. La première opération s’est bien déroulée. On a mis le gros intestin à la peau parce qu’on ne peut pas faire des sutures dans un milieu infecté le temps pour que le malade récupère. Deux jours après cette intervention, on s’est rendu compte que les tissus au niveau de la peau se sont infectés. Le malade est rentré au bloc opératoire pour enlever ces tissus infectés. Le malade est décédé parce que c’était une infection généralisée », explique le directeur de l’hôpital central, qui a invité la famille à commettre un médecin légiste pour procéder à l’autopsie. Après cette défense qui visiblement ne satisfait pas l’opinion, le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda a annoncé l’ouverture d’une enquête médicale pour établir les responsabilités dans cette affaire. Il a par la suite condamné les agressions exercées le 24 septembre sur le personnel médical. Le ministre de la Santé publique s’est ensuite rendu auprès de la famille de la victime pour lui apporter du réconfort. La famille qui est décidée de connaître la vérité dans cette affaire continue de se demander pourquoi un patient qui a été opéré sur le dos se retrouve avec des bandages partout, avec une ouverture sur la côte, au niveau du bas du ventre et à l’intérieur de la cuisse ?

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