Impact covid-19: : la diversification des économies comme solution

Selon les experts de la commission économique des nations unies pour l’Afrique, telle est la voie à suivre pour réduire les effets de cette pandémie ainsi que la vulnérabilité aux chocs extérieurs.

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impact du covid-19 : la diversification des économies comme solution

Face au double péril que représente le coronavirus, la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) recommande aux pays de l’Afrique centrale de diversifier d’avantage leurs économies pour minimiser la vulnérabilité aux chocs extérieurs. En effet, pour le directeur du Bureau de la CEA, Pedro, la solution à ce problème est simple : « encore une fois….pour sortir de cette situation récurrente critique et du cercle vicieux de la vulnérabilité aux chocs extérieurs, les pays de la sous-région d’Afrique centrale doivent investir dans les fondamentaux de la diversification horizontale de leurs économies à travers l’augmentation du nombre d’exportations produits et au plan vertical, en approfondissant la valeur ajoutée des biens et services grâce à l’industrialisation basée sur les ressources et induite par le commerce », at-il relevé. Pour soutenir cette idée, les économistes de la CEA ont relevé le niveau avancé de transformation des produits du bois au Gabon comme un exemple de la manière dont les pays centrafricains devraient utiliser leurs avantages comparatifs pour mieux se positionner dans les chaînes de valeur mondiales. Ces experts ont expliqué que les gouvernements doivent donc intervenir pour créer un environnement propice à ces changements, notamment en instituant des politiques de contenu local telles que « des règles qui localisent les achats qui, dans plusieurs cas, représentent 60 %, soit le coût d’exploitation total des grandes entreprises opérant sur le continent ». Les gouvernements devraient également, a ajouté la CEA, « faciliter la participation des Petites et Moyennes Entreprises (PME) aux chaînes de valeur locales et régionales en supprimant les barrières tarifaires et non tarifaires, en particulier en prélude à la phase de démarrage des échanges dans le cadre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine. (Zlecaf) ». Toutefois, ont prévenu les spécialistes, il s’agit d’une situation dans laquelle le secteur privé doit ajuster le siège du conducteur. Le patron de la CEA pour l’Afrique centrale suggère par exemple que, « la multitude de gigantesques entreprises et propriétaires de capitaux en Afrique copiait l’exemple d’Aliko Dangote qui n’a pas attendu que l’environnement soit parfait pour affronter des géants de la fabrication et de la vente de ciment ? ». Pour lui, « c’est là la voie à suivre puisque, le monde entier va bientôt migrer vers des voitures électriques alimentées par des batteries pour une industrie de 300 milliards de dollars (181 852 milliards de francs CFA) par an d’ici 2050, avec environ 160 millions d’automobiles à construire ». Il a à cet effet déclaré la Commission invite d’ores et déjà la communauté des affaires du continent à adopter une stratégie commerciale tournée vers l’intérieur parce que les opportunités, les marchés – en particulier avec une classe moyenne en augmentation – et les ressources sont disponibles à cet effet. Cette voie semble être idéale en ce sens que, s’est interrogé le directeur de la CEA : « si l’Afrique produit plus de 70 % du cobalt total utilisé dans le monde pour produire les batteries des moteurs de voitures électriques, pièce essentielle de ce type de véhicule, alors pourquoi nos riches propriétaires de capitaux tardent à se ruer dans ce secteur ? ». En attendant que ces mesures ne soient implémentées, la CEA préconise que sur le court terme, les pays de la Ceeac pourraient faire recours à des politiques monétaires expansionnistes, y compris l’assouplissement quantitatif qui implique l’injection des fonds dans les circuits performants par les gouvernements et d’autres mesures incitatives. Seulement, étant donné que cette dernière mesure constitue une voie difficile à prendre, et ce à cause « de l’espace budgétaire restreint dans lequel les pays d’Afrique centrale de la dernière génération de régimes d’ajustement structurel sont confrontés, les partenaires au développement devront venir à l’aide, pour suivre l’exemple déjà montré par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale qui ont promis de l’aide et des prêts concessionnels aux pays en développement confrontés à la pandémie ».

Par Junior Matock (Défis Actuels 467)

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