E-commerce : Pourquoi Afrimarket a été mis en liquidation judiciaire

Tension de trésorerie, concurrence farouche de Jumia, difficultés de levée de fonds, retrait des investisseurs sont à l’origine de la crise que traverse la start up française.

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Afrimarket en liquidation judiciaire (ph.Sikafinance)

Après dix ans d’activités en Afrique dont le Cameroun, la start up française spécialisée dans le e-commerce a demandé au tribunal de commerce de Paris sa mise en liquidation judiciaire. Cette décision s’est imposée aux fondateurs Rania Belkahia et Jeremy Stoss après le retrait de nouveaux investisseurs du processus de levée de fonds en fin juillet dernier. A cela s’ajoute la prédominance de la licorne du e commerce africain Jumia et la tension de trésorerie. En effet, Afrimarket voulait réunir des fonds pour assurer son extension sur le continent et résister à Jumia qui avait levé près de 200 millions de dollars lors de son entrée à la bourse de New York en avril dernier. « Dans le courant de l’année dernière, nous avons commencé à chercher des investisseurs pour un tour de table de 20 millions d’euros et nous sommes entrés en discussions avec plusieurs fonds. Nous étions en due-dil (process d’audit pré-levée) avec plusieurs acteurs. Deux d’entre eux se sont positionnés dans la dernière ligne droite, mais nous ont lâché au milieu de l’été. Le principe d’une start-up est que si on ne la finance pas, elle s’arrête », explique Rania Belkahia, cofondateur d’Afrimarket. Et de reconnaître : « Je comprends que les investisseur soient frileux à propos du e-commerce en Afrique, reconnaît Rania Belkahia. Il y a des marges faibles, des problèmes opérationnels qui peuvent faire perdre de l’argent. Et puis nous étions dans une situation complexe avec un acteur [Jumia, qui a levé 200 millions d’euros en avril 2019, ndlr] prenant de l’avance après avoir levé plusieurs centaines de millions, ce qui suscite la peur du winner takes ».

En effet, depuis sa création en 2013, Afrimarket avait misé 50 millions d’euros dont 20 millions en quatre levées de fonds, le reste en concours bancaire et en réinvestissement de chiffre d’affaires. A partir de 2018, alors que la start-up parisienne atteignait un chiffre d’affaire de 30 millions d’euros, ses fondateurs ont cherché à lever 20 millions d’euros supplémentaire pour renforcer sa croissance. En 2019 Afrimarket était devenue à la fois une marketplace, une plateforme de paiement en ligne et de logistique, avec ses livreurs sa flotte de véhicules.

Présent en Côte d’ivoire, au Sénégal, au Mali, au Cameroun et au Bénin, cette mise en liquidation judiciaire d’Afrimarket va fait perdre près de 250 emplois dans le monde. « La priorité est maintenant d’accompagner les salariés pour la suite, ils ont été formés au e-commerce et disposent d’une valeur forte sur le marché l’emploi », souligne Rania Belkahia.

Par Ghislaine Ngancha

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