Débat africain : Rfi refuse de jouer le jeu tribaliste camerounais

La directrice générale de la radio française vient d’écrire à René Sadi.

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Alain Foka, nouvel ennemi de Yaoundé

« Je réaffirme ici notre pleine et entière confiance à notre M. Alain Foka qui a présenté le magazine le débat africain en se conformant aux règles d’équilibre et d’honnêteté qui prévalent sur les antennes de Rfi ». En ces termes, Cécile Mégie, la directrice générale de Radio France internationale (Rfi) dans une lettre adressée au ministre de la communication (Mincom) du Cameroun. En réponse à une complainte soulevée par le département du porte-parole du gouvernement du Cameroun, incriminant Alain Foka, le présentateur de cette émission dominicale sur la chaîne de radio française internationale. Charles Atangana Manda, directeur de l’observatoire des médias et de l’opinion au Mincom, avait saisi la direction générale de Rfi pour dénoncer la part belle faite par Alain Foka, au Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), le parti de Maurice Kamto.

Atangana Manda hanté par Alain Foka et Kamto

Dans son adresse, Charles Atangana Manda a glissé dans la polémique tribaliste qui envenime la vie politique au Cameroun au Cameroun depuis deux ans. L’homme qui s’est récemment invité à l’émission Appels sur l’actualité sur la même radio, pose la « proximité sociologique » d’Alain Foka avec le Pr Maurice Kamto, comme un argument de déséquilibre dans la conduite de l’émission le Débat africain sur Rfi. Pour ce défenseur du régime de Yaoundé, inviter l’activité sénégalo-camerounaise Abdoulaye Thiam plus connu sous le pseudonyme Calibro Calibri dans cette émission de forte écoute c’est rouler pour Maurice Kamto qui donne des sueurs froides au régime de Yaoundé depuis la présidentielle 2018 au Cameroun. La directrice générale de Rfi est formelle et refuse d’être entraînée sur ce terrain : «Nous ne saurions accepter les sous-entendus à caractère ethnique contre l’un de nos collaborateurs, tels que ceux qui ont pu être proférés dans un premier message qui nous a été adressé lundi 11 mai », se montre-t-elle catégorique.

Leçon d’administration et de bon-vivre

Cécile Mégie a saisi l’occasion pour servir une leçon de droit administratif et de bon-vivre à ses interlocuteurs camerounais. « Nous ne pouvons que regretter que ces échanges aient pu faire l’objet de publications, ce qui n’était pas leur destination initiale ». Dénonçant par le fait même le non-respect du principe de confidentialité dans pareils échanges. La partie camerounaise ayant vite fait de balancer sur les réseaux sociaux le contenu des échanges entre le Mincom et Christophe Boisbouvier, directeur adjoint de Rfi. Un trophée de guerre pour Charles Atangana Manda, le directeur de l’observatoire des médias au Mincom, qui s’est montré triomphaliste en estimant que « Rfi a reconnu ses manquements» dans cette émission.

René Sadi attendu à Rfi

Dans sa réponse à Charles Atangana Manda, Christophe Boisbouvier avait assuré que la direction générale de Rfi avait « bien écouté cette émission, comme nuis suivons tous les débats africains ». Ajoutant que « comme vous, nous sommes attachés à l’indépendance à l’équilibre de l’information ». Avant de donner la possibilité au gouvernement camerounais de réagir. En revanche, la directrice générale de Rfi accède à la requête de Charles Atangana Manda d’accorder un droit de réponse au gouvernement camerounais qui se sent choqué par les propos de Calibri Calibro. Ainsi, ce droit de réponse «pourrait être enregistré à votre convenance par M. Alain Foka et diffusé dans la prochaine édition du magazine le Débat africain, dimanche 17 mai », garantit la patronne de Rfi. La balle est dans le camp camerounais. René Sadi accepterait-il encore de se soumettre à cet exercice après ce camouflet à lui servi par Rfi ? Le Mincom pourrait cette fois-ci encore faire le dos rond à l’initiateur de cette autre affaire. Ainsi, laisser à Charles Atangana Manda qui avait déjà signé la réponse à « Kamwa la panthère », lorsque cet activiste camerounais avait annoncé la mort de Paul Biya.

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