Sécurité : Pourquoi la police est agressée

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Les forces de maintien de l’ordre sont de plus en plus les cibles de violentes agressions.


Un policier qui se fait molester par un civil devant des spectateurs amusés ; un individu qui soulève un jeune policier et le porte sur ses épaules en guise de trophée ; un chauffard qui roule volontairement sur les pieds d’un policier ; un homme qui descend de son véhicule pour échanger des coups avec un policier qui dirige la circulation à Douala… La liste des agressions contre les forces de maintien de l’ordre au Cameroun ces dernières semaines est longue. Quotidiennes, les interactions conflictuelles entre policiers et civiles sont grandissantes. Et à force, deviennent (presque) banales. Mais d’où vient cette culture de la défiance qui se généralise vis-à-vis des hommes en tenue ?

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L’analyse sociologique de ces évènements permet de mettre en évidence un certain nombre de causes profondes. Parmi ces logiques de fond, la question des relations entre la police et une partie de la population apparaît centrale. Elle cristallise des tensions sociales, symboliques et politiques, à en croire des experts. «Le phénomène est symptomatique de la nature précaire, depuis des décennies des relations entre les populations camerounaises et la police nationale. Les populations citadines qui, d’un côté, ne sont pas totalement exemptes de reproches dans leurs actes d’incivisme, ont difficilement supporté les rappels à l’ordre… ainsi que les abus de ces forces de sécurité», décrypte Dr. Albert Nna. D’après le sociologue, l’autre explication de ce phénomène est donc lié au fait que les provocations sont réciproques et que les comportements violents et déviants concernent également les forces de l’ordre. «Je pense que d’un côté comme de l’autre, il y a une obligation à un respect mutuel», dit-il.

« Une société qui va à la dérive »

A l’évidence, l’opinion publique ne mesure pas l’ampleur et les effets sociaux de ces rapports conflictuels. « Le policier incarne les symboles de l’Etat et, quelles qu’en soient les frasques, les citoyens lui doivent respect et allégeance. Ce comportement hostiles, observé chez les populations, traduit également l’état d’esprit d’une société qui va à la dérive ; une société où le respect de l’altérité a foutu le camp. A ce niveau, je pense qu’il y a urgence à resocialiser, mieux à rééduquer les masses aux bonnes manières», indique Dr. Albert Nna.

Les confrontations entre policiers et civils pourraient avoir des conséquences dramatiques au sein de la société. Audelà des séquelles physiques, l’envie de revanche chez les forces de maintien de l’ordre pourraient dégrader les relations avec les populations qu’elles sont censées protéger. Les experts sonnent l’alerte. «Il y a urgence à resocialiser, mieux à rééduquer les masses aux bonnes manières, prévient Dr. Blaise Nna. Il faut recadrer les populations. L’on ne peut mieux le faire qu’en les sensibilisant à la fois sur les règles civiques et le respect de l’autorité». Mais l’on ne saurait s’arrêter à la sensibilisation : «Je pense que pour décourager toute velléité de défiance du genre, il faut sévèrement sanctionner, sans état d’âme, les citoyens qui se glorifient dans ces actes».

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