Liberté d’expression: PEN international demande la libération de Paul Chouta

L’ONG de défense de la liberté d’expression estime que l’activiste camerounais est victime de sa liberté de ton. Elle conseille ainsi aux autorités camerounaises de dépénaliser les délits de presse.

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« Les autorités camerounaises doivent libérer le journaliste Paul Chouta immédiatement et sans condition et abandonner les poursuites à son encontre », a déclaré intransigeante l’ONG PEN International. Cette organisation américaine estime que « Paul Chouta est en détention depuis cinq mois en vertu de lois qui restreignent sévèrement et indûment la liberté d’expression ». Salil Tripathi, le président du comité des écrivains en prison de PEN International, indique que « PEN a longtemps soutenu que, lorsque des questions de réputation sont en jeu, les auteurs de la plainte doivent utiliser des moyens civils, et non des lois pénales, pour demander réparation. Nous pensons donc que Chouta devrait être immédiatement libéré et autorisé à poursuivre ses reportages, même si c’est essentiel »

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), présente Paul Chouta comme « un critique du gouvernement, bien connu dans notamment pour ses interviews en vidéo et ses reportages en direct. Il a rapporté sur des sujets sensibles tels que l’arrestation d’un ancien fonctionnaire du gouvernement et des allégations d’abus contre la police. Son arrestation s’inscrit également dans un contexte plus large de répression des voix critiques (voir ci-dessous). Chouta étudie également le journalisme à l’ISTIC (Institut supérieur de traduction, d’interprétation et de communication) ».

Un procès qui se complique

« Le procès de Chouta a été soumis à de nombreux reports et complications », selon l’organisation. « Lors de l’audience du 10 septembre, les avocats de Chouta ont été informés qu’une demande de jonction de l’affaire de Chouta avec une autre affaire avait été présentée à la Cour. La demande de jonction concerne une autre personne qui avait également été accusée de diffamation et de fausses nouvelles par l’écrivaine franco-camerounaise. Les avocats de Chouta se sont opposés à la jonction. Toutefois, le juge a décidé de joindre les deux affaires et a ajourné l’audience au 8 octobre 2019. Lors de la dernière audience du 8 octobre, Paul Chouta n’était pas présent dans la salle d’audience et son équipe d’avocats a appris que les avocats du deuxième accusé avaient interjeté appel de la décision de joindre les dossiers. Son dossier est actuellement devant la cour d’appel pour examen. La raison de l’appel n’est pas claire ».

Ainsi : « PEN International s’oppose à l’utilisation de lois sur la diffamation pénale et les fausses informations pour restreindre la dissidence et appelle les autorités camerounaises à abolir rapidement leurs lois sur les fausses informations et la diffamation et à mettre en place des garanties suffisantes pour protéger le droit à la réputation par le droit civil, notamment en empêchant d’amendes excessives ou de dommages-intérêts ».

Joseph Essama

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