Investissements: l’Etat recherche 150 milliards

Le ministre des finances, Louis Paul Motaze va émettre dès ce 22 mai, des obligations du trésor en trois phases de 50 milliards chacune pour accélérer certains projets d’investissements contenus dans la loi de finances 2019.

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Comment l’Etat a ficelé l’émission des OTA.

C’est un secret de polichinelle, pour financer ses projets, l’Etat utilise plusieurs instruments pouvant lui permettre de mobiliser les ressources financières dont il a besoin. Et cette fois, L’Etat, à travers le ministre de Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, a opté pour l’émission des Obligations de Trésor en direction du marché monétaire (constitué des banques, assurances et microfinances) pour rechercher 150 milliards de francs CFA. Cette opération sera fractionnée en trois phases de 50 milliards chacune, pour des durées (maturité) respectives de trois, quatre et cinq ans. La première émission a été effectuée le 22 mai dernier à un taux d’intérêt de 4 %, tandis que la deuxième de 4,75 % aura lieu une semaine après, soit le 29 mai et la dernière le 11 septembre, pour un taux d’intérêt de 5,60 %.

Cette opération a été présentée aux potentiels investisseurs lundi dernier à Yaoundé, au cours d’une cérémonie présidée par le Minfi. L’objectif visé par l’Etat à travers la mobilisation de ces ressources, consiste à donner un coup d’accélérateur aux projets d’investissement porteur de croissance. Lesquels sont contenus dans la loi de finances de l’exercice en cours. De manière détaillée, les ressources ainsi mobilisées sont reparties ainsi qu’il suit : 20 milliards pour les divers projets de la Coupe d’Afrique des Nations 2021, environ cinq milliards pour le projet d’électrification de 184 localités par système solaire photovoltaïque, huit milliards de francs CFA destinés au Fonds Routiers, 24,7 milliards pour la construction de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, notamment la section rase campagne.

D’autres projets sont également concernés, en l’occurrence les travaux de désenclavement du bassin agricole de l’Ouest, le projet de construction d’un aménagement hydroélectrique de 75 Mw à Bini à Warak, etc. En effet, l’émission de ces Obligations du Trésor Assimilables (OTA) n’est pas un fait ex-nihilo. Elle obéit au décret signé le 22 mars dernier par le président de la République Paul Biya, habilitant le ministre des Finances à « recourir, au nom du gouvernement, à des émissions de titres publics, notamment des Obligations du Trésor, pour un montant maximum de 260 milliards de francs CFA ».

Pourquoi L’Etat recours aux OTA

Selon les spécialistes, le fait pour l’Etat d’utiliser les OTA et non les emprunts obligataires, repose entre autres, « sur un besoin de recentrage sur le marché traditionnel qui dispose très souvent des ressources oisives ». En plus de ce que « le mécanisme est rapide et simple » ; c’est-à-dire qu’une opération peut se faire en une semaine, ce qui permet à l’Etat de faire face rapidement et efficacement à certaines contraintes, expliquent ces spécialistes. Le risque encouru pouvant cependant être, de ne pas avoir le montant sollicité. Une hypothèse que les experts présents à la cérémonie du 13 mai dernier ont balayé du revers de la main, arguant que la crédibilité de la signature du Cameroun et les succès enregistrés précédemment militent pour la réussite de cette opération. Pour les investisseurs, cette opération est plutôt une aubaine à double titre. Le remboursement, contrairement aux emprunts obligataires, se fait à maturité, c’est-à-dire à la date prévue lors de l’émission, l’option de différé étant exclue. Par ailleurs, pour ceux dont les factures sont en instances dans le Trésor public, il est prévu qu’une partie de ces ressources serve au payement desdites factures.

Qui peut souscrire ?

Dans le cadre de cette opération, l’Etat a recouru aux Spécialistes en Valeurs de Trésor, à savoir principalement les banques. Ceux-ci sont donc chargés en retour, explique-t-on au Minfi, à prospecter auprès de leurs clients et autres agents économiques, afin que ceux-ci puissent souscrire à cette opération. Ce d’autant plus que les SVT ont l’obligation de céder 30 % aux catégories suscitées.

Junior Matock ( Défis Actuels)

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