Incendie à la Sonara : l’Etat rejette la piste criminelle

Selon un communiqué officiel du gouvernement, le drame survenu dans la nuit du 31 mai dernier à la Société nationale de raffinerie n’a nullement été causé par des présumés sécessionnistes, tel qu’ils le prétendent.

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Dans la nuit du vendredi 31 mai dernier, un incendie a ravagé une partie des infrastructures de la Société nationale de raffinerie (Sonara), basée dans la ville de Limbe, région du Sud-Ouest. Il est en effet 22 heures passées de quelques minutes lorsque des déflagrations de fortes amplitudes secouent la ville, rapportent nos confrères de Camer.be. Quelques temps après, des flammes géantes sont aperçues près des installations de l’entreprise qui raffine le pétrole brut camerounais. « C’est la panique totale dans les ménages de la cité balnéaire. Sachant la région en proie à des velléités sécessionnistes de certains groupes d’individus, toutes les théories sont des lors évoquées », poursuit le récit. Tout de suite, et alors que les sapeurs pompiers sont encore à l’œuvre pour éteindre les flammes, l’un des leaders séparatistes, Mark Bareta à travers son compte Facebook lâche revendique déjà ce qu’il considère comme une attaque de ces groupes armés dont il fait partie des cerveaux. « Pour construire, il faut détruire, pour aller au paradis, il faut mourir, pour construire l’Ambazonie [cet Etat utopique que les séparatiste veulent rendre indépendant à travers la sécession des deux régions anglophones du pays, Ndlr.] il faut chasser le Cameroun. Merci aux victorieux soldats du silence les Blacks cats », écrit-il. Or selon les pouvoirs publics, il ne s’agit que d’une tentative maladroite de récupération d’un incident malheureux.

Dans un communiqué rendu public lendemain en effet, le ministre camerounais de la Communication a rejeté la piste criminelle. D’après René Emmanuel Sadi, l’incendie qui a embrasé une partie de la Sonara n’a nullement été causé par des présumés sécessionnistes, tel que ces derniers le prétendent. Selon le ministre, tout est parti d’une « explosion dans la zone de fractionnement des essences » et « il s’en est suivi un incendie dont les langues de feu ont atteint quelques équipements des unités de distillation atmosphérique ». René Emmanuel Sadi est catégorique : « de l’évaluation globale sur le terrain, les premiers éléments d’information dont dispose le gouvernement suggèrent une cause accidentelle », dit-il. Après avoir rassuré qu’en « en dépit de quelques dégâts matériels sur les outils de production, aucune perte en vie humaine n’est à déplorer ».

Suspension des opérations de raffinage

De son côté, le top management de l’entreprise a déclaré une suspension de ses opérations de raffinage. Dans une déclaration adressée aux partenaires de la société qu’il dirige, Jean-Paul Simo Njonou informe que l’incident survenu le 31 mai dernier a entrainé « des dégâts et un arrêt de production de toutes nos unités pour une période à déterminer ». Par conséquent poursuit le directeur général, « nous déclarons un cas de force majeure et la suspension provisoire de nos engagements contractuels, en attendant l’évaluation définitive des dégâts ». Le gouvernement pour sa part tient à rassurer les populations que des dispositions sont prises pour l’approvisionnement continu de l’ensemble du territoire e produits pétroliers, et la remise en état des unités de production de la Sonara dans les plus brefs délais. En attendant que l’enquête ouverte par les services de sécurité puisse permettre de déterminer les circonstances et les causes exactes de cet incident.

Arthur Wandji

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