Climat politique : La guerre contre les activistes se porte bien

Après Michel Biem, Paul Chouta et Georges Baongla passent à la trappe.

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Paul Chouta dans les filets

Depuis la nuit de mardi, le lanceur d’alerte Paul Chouta est entre les mains de la police. Interpellé autour de 22h au quartier Biyem Assi à Yaoundé, par des antigangs, l’homme séjourne depuis dans une cellule de la Police judiciaire. « Selon l’avocat, il s’agit d’une plainte déposée par Calixte Beyala depuis un mois pour diffamation… officiellement du partage de la vidéo où elle échange violemment avec un Monsieur dans une école à Douala », rapporte Parfait Mvoum, vice-président provincial du Social democratic front (Sdf) pour le Centre. Le motif de l’arrestation porte donc sur cette vidéo devenue virale il y a un peu plus d’un mois sur les réseaux sociaux, et dans laquelle l’écrivaine se livrait à un spectacle avec un homme présenté par certains badauds comme « son amant ». Des échanges entre les deux acteurs principaux de la scène, il s’agirait d’une affaire de mœurs qui aurait tourné mal. Paul Chouta a ainsi contribué à relayer largement cette vidéo à travers le cyber espace.

Aujourd’hui, l’écrivaine est décidée à faire la peau à ce dernier. Mais de l’avis de certains proches de Paul Chouta et même des journalistes qui ont suivi cette affaire, « les circonstances de l’arrestation de Paul Chouta laissent croire que la plainte de Calixte Beyala n’était qu’un prétexte car on n’avait pas besoin de l’interpeller si tard, alors qu’on sait bien où et comment le prendre ». par ailleurs, dans les coulisses, l’on apprend que d’autres plaintes seraient parvenues à la police judiciaire pour davantage enfoncer le lancer d’alertes.

Situation similaire pour Georges Gilbert Baongla. Le journaliste qui s’autoproclame « fils de Paul Biya » a été arrêté manu militari mercredi dernier au lieu-dit Carrefour Etoa-Meki, par des flics en ténues civiles. Une scène filmée depuis l’hôtel Mont Fébé où l’homme séjournait, par une équipe de reportage de la chaîne de télévision Vision 4. Equipe avec laquelle « le fils de Paul Biya » a échangé à sa sortie de l’hôtel sis au sommet du Mont Nkolnyada entre le quartier Mbankolo et le palais présidentiel. Du reportage qu’en fait Vision 4 dans son journal de 20h, on apprend que Georges Gilbert Baongla est sous le coup d’une plainte de Jean Pierre Amougou Bélinga, le président directeur général du groupe L’anecdote, « pour escroquerie et diffamation ». Entre temps, des sources indiquent que d’autres plaintes arrivent à la Police judiciaire contre le même homme.

Selon une source bien introduite, « il s’agit d’une chasse contre les activistes et lanceurs d’alerte ». Un plan qui aurait été engagé avec Michel Biem, qui aura passé quelques mois à la prison centrale de Kondengui, aux côtés des sécessionnistes avec lesquels le journaliste collaborait. Ce qui justifiait son arrestation. La sortie du territoire de ce dernier aurait surpris les autorités de Yaoundé, qui tiendraient à relancer la suite de l’opération. « La libération de Michel Biem était conditionnée par son mutisme. Il a promis de se taire, et a été libéré, mais le voilà qui a quitté le territoire et a recommencé», confie un proche du journaliste activiste. Dans la foulée, le nom de Sébastien Ebala est évoqué. Celui-ci a déjà passé quelques semaines en prison en 2018, en compagnie du journaliste Michaël Dopas, pour une affaire de diffamation contre Samuel Eto’o.

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