L’époque où le terme « microfinance » accompagnait les initiales « CCA » du Crédit Communautaire d’Afrique est révolue. Désormais, c’est « CCA-Bank ». Près de 15 mois après avoir obtenu son agrément de banque, le 20 mai 2017, par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), l’entreprise arbore (enfin) sa nouvelle enseigne. Une mutation de statuts contenant essentiellement les changements de l’objet social et de la raison sociale de l’entreprise. En d’autres termes : « il y a changement de secteur d’activité, car cet agrément permet au Crédit Communautaire d’Afrique de s’insérer dans l’échiquier bancaire au Cameroun pour capitaliser ses acquis. CCA est désormais un Etablissement de crédit et non plus un Etablissement de microfinance », explique un cadre de la désormais quinzième banque classique du Cameroun.

Qu’est-ce qui va changer ?

La mutation du statut de l’ex-microfinance CCA lui offre en effet, en tant qu’Etablissement de crédit, classé dans la catégorie Banque universelle, une kyrielle d’avantages dans le secteur. Selon les experts, la CCA-Bank accèdera par exemple à la Banque centrale, notamment aux différents guichets du marché monétaire de la Cemac où toutes les banques de la sous-région Afrique centrale se font des placements de trésorerie, ainsi qu’au marché des titres publics à souscription libre de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). De plus, les chèques CCA-Bank seront directement compensables sur la plateforme de la Banque centrale. « Sur le plan national en effet, nos chèques seront compensés en temps réels, de même que nos virements », soutient Alexis Megudjou, le directeur général adjoint de CCA-Bank. Autre changement positif en perspective, les virements à destination des clients de CCA-Bank se feront sans le truchement d’autres banques comme par le passé et cela fera des jours de valeurs gagnés par la clientèle à l’instar des salariés (fonctionnaires, salariés du secteur privé et parapublic), pensionnés, les prestataires de l’Etat, les commerçants, les industriels etc. Par ailleurs, « les virements émis par nos clients en direction d’autres banques parviendront directement à destination et sur les comptes de bénéficiaires, soit également des jours de valeur de gagnés », explique-t-on à CCA-Bank. L’on apprend encore que le refinancement est d’ores et déjà possible auprès de la Banque centrale qui est « prêteur e, dernier ressort », ce qui donne la possibilité à la nouvelle banque de booster ses emplois et d’optimiser sa performance financière. D’ailleurs, CCA-Bank devient membre du Fonds de garantie des dépôts en Afrique centrale (Fogadac). Une position stratégique qui confère à la jeune institution bancaire, plus de crédibilité vis-à-vis des épargnants, « grâce à l’assurance qui lui est conférée de voir sa clientèle être indemnisée en cas d’indisponibilité de leurs dépôt », explique-t-on.

Au plan international, CCA-Bank a désormais le droit d’avoir ses banques partenaires (correspondants) de par le monde pour les opérations extérieures. « En effet apprend-on, CCA-Bank pourra dorénavant accompagner ses clients importateurs et exportateurs dans leurs transactions » parmi lesquelles : l’ouverture et la confirmation des crédits documentaires ; l’émission des lettres de crédit et cautions diverses ; la domiciliation de leurs recettes d’exportation et la mobilisation des documents. Et aussi les transferts émis à l’étranger ; le rapatriement des fonds ; la vente des devises ; l’offre des cartes bancaires internationales etc.

Le PCA honoré

L’agrément de CCA-Bank donne donc par conséquent à l’institution, l’occasion de célébrer avec faste ses 20 années d’activité. Créé en 1997, le Crédit Communautaire d’Afrique lance en effet ses activités un an plus tard en qualité de société coopérative d’épargne et de crédit. Avant de passer en 2001, au statut d’Etablissement de microfinance de deuxième catégorie en conformité avec les réformes qu’a connues le secteur de la microfinance en zone Cemac. « Mais le chemin n’a pas été un long fleuve tranquille ; beaucoup de confrères y sont restés. C’est le lieu de dire bravo aux acteurs du CCA, notamment son personnel qui a su incarner les valeurs de développement et de prudence pour garantir une croissance pérenne », assure la Direction de la banque. Et d’ajouter : « l’honneur revient à monsieur Nkemla Albert, promoteur et président du Conseil d’administration qui a eu l’ingénieuse idée de créer cette entreprise et d’y encadrer de jeunes Camerounais qui ont abattu un travail aujourd’hui récompensé ».

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