Agro-industrie : la CDC n’exporte toujours pas de banane

L’entreprise a dû suspendre cette activité depuis sept mois du fait de la crise sécuritaire qui sévit dans la région du Sud-ouest où sont situées ses plantations.

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C’est un fait. La Cameroon development corporation (CDC) est à l’agonie. L’entreprise croule sous le poids. Le géant public camerounais, qui exploite de vastes plantations d’hévéa et de bananes dans la région Sud-Ouest du pays a suspendu ses activités d’exportation depuis le mois de septembre 2018, soit sept mois. Les statistiques d’exportations de banane de l’Association Bananière du Cameroun (Assobacam) de janvier à mars dernier montrent une fois de plus que l’entreprise n’a toujours pas fait partie du fichier des exportateurs au cours de cette période. Des sources expliquent que cette situation est due à la persistance de la crise anglophone dans la région du Sud-Ouest où le mastodonte détient la majorité de ses plantations. D’ailleurs en juin 2018, l’entreprise avait déjà fermé 12 sites de productions sur 29 à savoir Boa, Moulin Illoani, Illoani, Mbonge, Mukonje, Malende, Mungo, Meanja, et Tombel.

Le Groupement Inter Patronnal du Cameroun (Gicam) précisait dans un de ses rapports que 10 autres sites tournent au ralenti du fait des attaques des sécessionnistes. Le patronat indiquait également que certains sites de productions sont devenus des camps d’entrainement de ses séparatistes. « La situation pourrait être pire dans un avenir proche si la crise persiste, surtout dans la région du Sud-Ouest », avait averti le directeur général de la CDC, Franklin Njié, en juin dernier. Le deuxième employeur après l’Etat, soit 22 000 employés, menaçait à ce moment-là de suspendre près de 5 000 emplois si la crise perdurait. « A partir de juin 2018, les travailleurs des différents champs en crise devraient être payés à hauteur de 50 % de leurs salaires. Si la situation persiste, elle baissera à 40 % en juillet, 35 % en août, 30 % en septembre et après six mois, ces travailleurs seront licenciés », avait indiqué Frankin Njie.

Affaiblie et paralysée par la crise anglophone qui sévit dans les régions anglophones depuis trois ans, la CDC avait récemment fait savoir au gouvernement qu’elle avait besoin de 84 milliards de francs CFA pour sa restructuration. D’après les responsables de l’entreprise basée dans Sud-Ouest, cette enveloppe sera destinée au rajeunissement des plantations, la fourniture des engrais , l’acquisition des équipements , la formation du personnel et à la régénération des plantations afin d’accroître la production.

Par Ghislaine Ngancha
Source : Défis actuels

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