Zlecaf : saisir les opportunités du Covid-19

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Des experts camerounais et étrangers ont étudié cette piste à l’occasion de la deuxième édition de la conférence Pro Meet Up and Learn organisé à Douala.


La Zone de Libre Échange Continentale Africaine (Zlecaf) qui se met peu à peu en place représente un marché estimé à 1, 2 milliards de personnes. Une opportunité que doivent saisir les Etats. « Il s’agit potentiellement d’une base solide de l’industrialisation. Les entreprises auront accès aux marchés de tous les pays africains à des conditions non moins favorables que celles des entreprises nationales. Cette Zone favorisera la mise en place des chaines de valeurs nationales dans lesquelles les intrants seront fournis par différents pays africains afin d’ajouter de la valeur afin d’exporter ailleurs », explique Carole Mbessa Elongo. La promotrice du forum Pro Meet Up and Learn fait ainsi savoir la raison d’être de cette conférence qui a réuni pendant plusieurs jours à Douala, des experts africains de tout bord. Dans une convergence de vue, ils ont dressé les pré requis nécessaires afin que le Cameroun puisse tirer profit de la Zlecaf.

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Pour beaucoup, le Cameroun a besoin d’un partenariat public privé plus soutenu, d’un secteur portuaire et logistique plus fluide et ultra moderne, d’un secteur digital innovant et d’un secteur financier ambitieux, mais surtout d’une véritable industrialisation, pour pouvoir répondre à la forte demande du marché régional et à ses exigences. Selon Gregor Binkert, ancien directeur pays de la Banque mondiale, il faut complètement repenser notre politique d’industrialisation. « Avec la Zlecaf, il, faut se demander quel type de paradigme faut-il suivre ? On ne peut pas faire comme la Chine ou la Corée du sud. Pour construire une industrie compétitive qui va servir au marché régional et local, je suis en faveur de zones économiques spéciales. Autre élément important, les infrastructures. On ne peut avoir des industries sans énergie. Avant Lom pangar, il n’y avait aucun investissement dans la production de l’énergie au Cameroun. C’est important de poursuivre dans cette lancée. » D’autres éléments qui ont été recensés sont entre autres, la question de la logistique, des ressources humaines. Il faut d’après les intervenants, une main d’œuvre qualifiée ; des ingénieurs, juristes, économistes etc pour éviter d’en importer. Les entrepreneurs de leur côté disent faire face à l’épineux problème de financement pour convertir leurs entreprises en véritables industries. En face, il leur est demandé de prendre déjà conscience que les opportunités de financement dans le cadre de la Zlecaf seront plus nombreuses. Car ne viendront pas uniquement des banques locales. Seulement, ces opportunités seront ouvertes aux seules entreprises qui auront du potentiel à produire pour un marché de la taille indiquée. Pour Magellan Omballa, inspecteur général ministère du Commerce, le contexte de pandémie actuelle constitue déjà une opportunité pour nos économies et nos PME. « Cette situation a mis en lumière la forte dépendance de l’Afrique de l’exportation des matières premières ainsi que des chaines d’approvisionnement mondiales avec à la clé une baisse d’échanges commerciaux remettant au goût du jour la nécessité pour les pays africains de développer les échanges entre eux ». a-t-il déclaré.

Par Tatiana Meliedje

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