Ce lundi 1er avril 2019, Jean Serges Noah sera installé dans ses fonctions de Directeur Technique National (DTN) de football du Cameroun. L’homme a été nommé le 27 mars par le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot). En remplacement de Jean Manga Onguene qui officie depuis 2010. Un ancien joueur du Canon de Yaoundé pour succéder à un autre ancien sociétaire de ce club mythique du football camerounais. Mais le nouvel homme fort de la DTN est précédé par un scepticisme aux antipodes de l’euphorie et l’espoir qui ont accueilli son prédécesseur. C’est que Séidou Mbombo Njoya a jeté son dévolu sur un no name à l’expérience moins riche que tous ceux qu’il a fait oublier. Du moins sur la base de la paperasse.

En effet, footballeur, Jean Serges Noah a connu une carrière peu glorieuse. Double vainqueur de la Coupe du Cameroun en 1993 et 195, la traversée de la Méditerranée n’a pas laissé des traces indélébiles sur le parcours de l’aspirant au professionnalisme. De l’Athletico Madrid au Fc Sion en Suisse en passant par le Fc Seville, Jean Serges Noah n’a que très peu laissé de souvenirs. Très vite, c’est une reconversion à l’entraînement. Sur cet autre terrain, le plus gros titre que revendique l’ancien Canonier est celui de champion de France CFA2 avec l’US Creteil (2005-2006), l’équivalent de la 4ème division. Puis ce titulaire d’un Diplôme d’entraîneur de football de la Fédération Française de football, se contentera de trois autres titres moins importants sur les trois prochaines saisons : champion et montée en D2 départemental en 2011-2012, champion D2 départemental, pour une montée en D1 départemental, puis montée en niveau Excellence, avant de boucler en Promotion d’honneur en 2014-2015. Depuis quatre saisons, plus rien à se mettre sous la dent.

Mais aux yeux de Seidou Mbombo Njoya, le dossier est suffisamment costaud pour que ce proche de la prestigieuse famille Noah de Yaoundé aspire à porter le destin de la DTN au pays des Lions indomptables. Supplantant des aspirants ayant posé les jalons de cette Direction, comme Etienne Sockeng, Atah Robert pour ne citer que ces deux qui n’ont pas été notifiés d’une suspension de contrat comme Jean Paul Akono et Manga Onguene, tous deux amortis par la maladie. Devant des techniciens qui se sont frottés aux pelouses et aux bancs de touche, avec des fortunes diverses, mais en laissant des traces dignes de souvenirs, comme Martin Ndtoungou Mpile, l’éternel second couteau, Jules Nyongha, Thomas Nkono, Joseph Antoine Bell, Joseph Marius Omog, Ngweha Ikouam, etc. Parmi les plus connus.

La tâche s’annonce ardue dans cette DTN refondée sous le Comité de normalisation II, afin de lui donner un contenu et l’orienter vers le football moderne. L’homme qui a eu maille à partir avec ses prédécesseurs lorsqu’il a sollicité une équivalence pour entraîner au pays, est désormais le patron de ses maîtres d’hier. Et l’expérience avec son club de coeur, le Kpa-kum a tourné court. L’homme de 45 ans qui a échoué à entraîner le Canon hier, implémentera la politique sportive d’une fédération dont le président a placé la direction technique nationale au premier rang de ses priorités de candidat. Le maçon sera jugé au pied du mur. Un mur qui risquera de ne recevoir que des coups de techniciens de l’ombre, comme il se susurre à Tsinga. La main de Yannick Noah ayant été un peu trop lourde à repousser dans ce dossier par les nouveaux maîtres du football camerounais. Pendant ce temps, ça grommèle dans la maison des entraîneurs qui se sentent « insultés ».

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