Covid-19 : ces enfants qui flirtent avec les risques de contamination

Malgré les mesures prescrites par le gouvernement, nombre d’élèves et étudiants arpentent les rues à la recherche du gain, tout en s’exposant davantage au coronavirus.

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Benjamin, 10 ans, élève au CM2, bassine à la tête, il vend de l’eau glacée. Son compagnon, 13 ans élève en classe de 5e, lui s’est consacré à la vente de la banane mûre. Ils sillonnent en longueur de journée les artères du marché Nkoabang et ratissent également les points chauds de ce quartier. Les deux amis se sont ainsi lancés dans le petit commerce depuis le 19 mars dernier, soit le lendemain de la décision du gouvernement de suspendre les cours. « Ma mère m’a dit de l’aider à vendre comme il n’y a pas école. Je fais beaucoup de recette. Je vends près de 3 000 par jours », raconte Benjamin avec enthousiasme. Il ne sait certainement pas le danger qu’il courre en menant son activité à cette période où la pandémie du coronavirus sévit au Cameroun. A la poste centrale, de jeunes lycéens voire des écoliers exercent de petit commerce tout autour des feux de signalisation. Sans masque nez, ils accourent derrières les taxis et de rapprochent de temps à autre leur tête devant les chauffeurs ou les passagers pour mieux entendre leurs commandes. « Nous profitons de cette période morte pour nous faire un peu d’argent. Cela nous permettra de mieux faire les économies pour la rentrée prochaine », fait savoir Raoul, élève en classe de seconde. En effet, pour éviter la propagation du Coronavirus après la détection d’une vingtaine de cas au Cameroun, le gouvernement a décidé le 17 mars de la suspendre les cours et de la fermeture des écoles. Mais au lieu de rester à la maison, comme le conseille le ministre de la Santé et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ces écoliers, élèves et étudiants écument les marchés, supermarchés et artères de la capitale politique pour écouler leurs marchandises, s’exposant ainsi au Covid-19. « Ma mère m’a dit que le coronavirus ne tue pas les enfants. C’est ce qui me motive à sortir. Du coup je n’ai pas peur de sortir », indique un gamin. A cause de cet incivisme, plusieurs enfants ne parviennent pas à suivre les cours dispensés à la télévision nationale comme l’avait précisé le ministre de l’Eduction de base. « Quand les cours passent à la télé moi je suis au pointage. Je n’ai pas le temps de regarder ça. Les gens sont devenus méfiants qu’il n’est plus possible de visionner dans un bar. déclare un élève, je vais demander les cours là à mes camarades lorsque l’école va recommencer ». « Je ne savais pas qu’on dispensait les cours à la télévision. Je sais néanmoins que le coronavirus fait des ravages mais ça ne touche pas enfants », renchérit un autre.

MARCHES INTERDITS AU MOINS DE 16 ANS

Face à cet incivisme, certains maires ont pris des mesures répressives pour éloigner les enfants des marchés. Tenez par exemple, dans l’arrondissement de Yaoundé II, les marchés de cette circonscription ont été interdits aux enfants de moins de 16 ans. Et ceux en âge de fréquenter ce lieu public sont astreints au port de masque. « Je viens d’apprendre que le maire a interdit les enfants dans les marchés de sa circonscription. Et pourtant mon fils m’aidait à vendre. Mon fils s’est fait prendre par les gros bras mais il a été aussitôt relâché après supplication. Il a demandé de garder les enfants à la maison et si on les voit encore ici on va les mettre en cellule et nous allons payer les amendes pour les faire sortir. J’ai dit à mon fils de rentrer à la maison », confie une vendeuse en faisant passer le message à ses voisines.

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