Bamendjou : Djeukam Tchameni et Hilaire Kamga au secours du roi Sokoudjou

Les deux hommes politiques et d’autres citoyens n’ont pas digéré les menaces proférées par le préfet des Hauts-Plateaux à l’endroit du roi de Bamendjou.

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Djeukam Tchameni, éternel opposant

Le 18 juillet dernier, Sa Majesté Jean Rameau Sokoudjou, roi de Bamendjou a reçu dans son palais royal, plusieurs « acteurs sociaux et politiques du Cameroun en vue de dégager un consensus minimal qui puisse aider le pays à sortir de la crise multidimensionnelle dans laquelle il est empêtré ». Informé sur le tard de cette rencontre, le préfet des Hauts-Plateaux n’est pas passé par quatre chemins pour accuser le roi de Bamendjou d’avoir violé la loi sur les réunions et manifestations publiques. « Il me revient que vous avez organisé et présidé dans votre chefferie, une concertation publique non déclarée…en violation de la loi n° 054 du 19 décembre 1990. De plus au mépris des dispositions pertinentes du décret n°77/245 du 15 juillet 1977, portant organisation des chefferies traditionnelles, vous avez mis en péril l’ordre public et la légalité », écrit, Ousmanou Yampen, préfet des Hauts-plateaux, dans une correspondance adressée au roi de Bamendjou. Avant de mettre en garde : « aussi ai-je l’honneur de vous mettre fermement en garde qu’en cas de récidive, je prendrai toutes mes responsabilités ».

Indignations

Aussitôt publiée, cette correspondance du préfet a suscité l’indignation de plusieurs citoyens qui estiment que les propos utilisés par le préfet sont discourtois. Le combattant des libertés Djeukam Tchameni a condamné « le ton arrogant et irrévérencieux utilisé par le préfet pour s’adresser à une autorité traditionnelle respectable et respectée, qui de surcroit est suffisamment âgée pour être son père ». S’adressant au préfet, Hilaire Kamga a estimé quant à lui que « Les mots utilisés dans votre courrier, dont le caractère humiliant indique à suffisance votre posture dédaigneuse à l’endroit de l’un des rares sages que le Cameroun a encore le privilège de disposer, sont non seulement choquants mais aussi révélateurs de votre intention clairement exprimée de faire mains basses sur nos libertés ». Pour l’association des jeunes dynamiques de Bamendjou, « cette mise en garde est un affront direct à l’endroit du peuple Bamendjou par l’entremise de son chef supérieur traditionnel ».

Au sortir de l’événement qui fait mal

Petites leçons de droit

Si Ousmanou Yampen, préfet des Hauts-Plateaux affirme que le roi Sokodjou a violé de façon flagrante les dispositions de loi de 1990 sur les manifestations et réunions publiques, laquelle exige une autorisation préalable avant toute réunion publique, Hilaire Kamga quant à lui estime que le préfet fait une confusion entre audience et réunion publique. « Par quelle alchimie réussissez-vous à transformer en réunion publique une audience, accordée par un roi ? L’un des salons du roi de Bamendjou est-il devenu un lieu ouvert au public ? De quel texte tirez-vous la disposition selon laquelle une audience accordée par un chef dans sa Chefferie est une réunion publique ? », demande-t-il à cet administrateur. Avant de rappeler que « le citoyen Camerounais en la matière (Libertés de réunion) est bien protégé par la législation nationale et internationale, et même par la jurisprudence constante ». Tout en rappelant le cadre dans lequel cette rencontre s’est tenue, Djeukam Tchameni précise que : « la loi N° 90/054 du 19 décembre 1990 n’exige nullement qu’un père, quel que soit son statut ou fonction, déclare à l’autorité administrative une rencontre avec ses enfants »

Par Joseph Essama

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