Football professionnel: Une crise interne rend hypothétique la reprise des championnats

Le président de la ligue de football Professionnel du Cameroun (lfpc) et ses collaborateurs ne s’accordent pas sur la marche de l’instance.

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Malgré le respect à sa personne, pierre_semengue ne connaît pas la sérénité.

Le général Pierre Semengue, président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), annonce pour le 3 novembre 2018 la reprise des championnats de football professionnel au Cameroun. Un redémarrage qui risque de ne pas avoir lieu, en raison du climat qui règne au sein de la maison. Le conseil d’administration exige la tenue d’une session comme prévu par les textes. «On ne peut pas lancer la saison sans tenir un conseil d’administration ; c’est là-bas que tous les contours de la nouvelle saison seront définies », a dénoncé Franck Happi, le président du Syndicat des clubs de football d’élite de football du Cameroun (Sycec), association née des cendres de l’Association des clubs de football d’élite du Cameroun (Acec).

D’ailleurs, une partie du Conseil d’administration avait déjà programmé une session de ladite instance pour le 11 octobre dernier. Occasion au cours de laquelle Faustin Domkeu le vice-président, Franck Happi, président de l’Union de Douala, et d’autres, comptaient sauver la secrétaire générale Pauline Manguele à qui le président avait servi le 5 octobre une notification de sa mise à la retraite dès le 13 octobre. Laquelle secrétaire générale serait de connivence avec certains membres dissidents du conseil d’administration et de générale, sur certains dossiers contre Pierre Semengue. Ils n’y parviendront pas car Pierre Semengue se sépare de la patronne de l’administration trois jours avant la date annoncée. Après une rallonge qui durait déjà deux ans. « Le président n’a pas le droit de me limoger. Seul le conseil d’administration doit le faire », tente en vain celle qui avait hérité du poste sur un coup de tête du général président. « Madame Manguele est mise à la retraite, et c’est une procédure normale ; elle n’est pas limogée et donc le conseil d’administration n’a pas besoin de statuer sur le cas», explique-t-on à la Lfpc.

Conditions draconiennes

A ce jour, Pierre Semengue a fini par accepter la tenue d’une session extraordinaire du Conseil d’administration. Mais l’homme doute de l’authenticité des signatures apposées sur la demande. En récusant la qualité de certains de ses membres, Pierre Semengue exige l’authentification de ces qualités et des signatures des différents membres auprès du commissariat central de la ville de Yaoundé, ou du commandant de gendarmerie territorialement compétent. Les assises devant se tenir dans la cité capitale. En attendant, il dit « assurer la vacance du conseil d’administration ». La « taupe » intérieure écartée, Pierre Semengue n’a plus que les ennemis plus ou moins éloignés. A ceux-ci, le patron de la Ligue a d’autres armes. L’homme conditionne désormais l’engagement en championnats cette saison au respect de l’article 40, alinéa 2 de la loi du 11 juillet 2011, à savoir que « seules les sociétés sportives ayant signé une convention avec leur association sportive sont habilitées à s’affilier aux compétitions de la Lfpc ». Mais aussi et surtout, cette affiliation est conditionnée à la présentation d’un compte de gestion des fonds alloués par les pouvoirs publics lors de la saison dernière. Un compte de gestion certifié par un comptable agréé. Le patron de la Lfpc l’a signifié dans une circulaire signée la semaine dernière. Un coup qui devrait s’avérer fatal contre ses collaborateurs qui n’excellent pas dans l’art de la transparence. Du moins depuis l’avènement du professionnalisme en 2011, aucun club n’a présenté un bilan de sa gestion.

En revanche, la plupart des clubs engagés en championnats, ont connu des remous internes dus aux arriérés de salaires, excepté des clubs à l’organisation interne assez structurée telle que Coton sport de Garoua, l’Union sportive de Douala, Apejes de Mfou. Pierre Semengue n’est pas à son premier essai d’user de cette arme. Les dissidents dénoncent la « dictature » du président qui « n’est pas président de club et ne peut donc pas comprendre le poids des charges de ses collaborateurs ». Des voix se sont déjà élevées pour menacer de ne pas prendre part aux championnats tant que le conseil d’administration ne se tient pas. Entre temps, la caf veut voir tous les championnats s’arrêter au plus tard fin mai 2019, en raison de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui se déroule dès mi juin. Et c’est le Cameroun qui abrite le tournoi.

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