Pierre Semengue défend son poste

J’y suis, j’y reste ! Le général Pierre Semengue n’a pas l’intention de laisser la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) appliquer sa décision de le « limoger » de la présidence de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc). Au cours d’un point de presse donné ce 3 septembre 2019 au siège de l’institution qu’il dirige depuis 2011, celui que le bureau du Comité exécutif de la Fécafoot a « démis » de son siège en suspendant la Lfpc, a annoncé son intention de ne pas exécuter la décision entérinée par le Comité exécutif qui « je rejette en bloc tout ce qui a été fait, notamment ce qui concerne la Ligue », a réagi celui qui se considère toujours comme le patron de la Lfpc. Et pour cause : « les lois ont été violées ; les procédures ont été violées ». Et comment ? « Faire intervenir une loi récente contre une disposition qui existait auparavant, ce n’est pas possible », rejette-t-il. Déjà que l’article 8.2 des Statuts de la Fifa dispose que « seuls les organes exécutifs de certains membres peuvent être, dans les circonstances particulières, relevés de leurs fonction », convoque-t-il.

Dès le 22 août 2019, date de la réunion du bureau du Comité exécutif, le président de la Ligue avait entrepris d’attaquer la décision auprès de la Chambre de conciliation et d’arbitrage (Cca) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc). En dénonçant de n’avoir pas été convié aux assises, en tant que concerné et membre du Comité exécutif ; mais aussi et surtout en contestant la compétence du bureau du Comité exécutif à suspoendre la Ligue qui jouit d’une autonomie financière et administrative et qui dispose d’une assemblée générale qui à son goût est habilitée à décider du sprt de la Ligue. Pour Pierre Semengue, « l’objectif affiché est d’annexer la Lfpc et s’approprier les fruits du travail effectué jusque-là, face aux avancées significatives atteintes dans le cadre de la réalisation des promesses de campagne de la Ligue, avec notamment la signature de nombreux contrats avec des partenaires nationaux et internationaux». Lui qui dirige la Lfpc depuis sa création en juillet 2011.

Alors que le Comité exécutif de la Fécafoot l’a nommé président d’honneur de l’instance, Pierre Semengue crache sur cet égard : « on fait le faux et on veut que j’accepte d’être nommé président d’honneur avec un salaire », dénonce-t-il. « Je ne peux pas accepter qu’on m’achète », ajoute-t-il. Non sans soupçonner le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) d’être complice de la « forfaiture », de par son « mutisme », et ce “malgré les saisines répétées du président de la Ligue depuis le mois de mars 2019“. L’homme y voit un croc-en-jambe contre le Championnat d’Afrique des nations (Chan) que le Cameroun organise en 2020 et dont les joueurs seront issus des championnats professionnels que la Ligue organise ; et le Minsep étant le président du Comité local d’organisation. Quoi qu’il en soit, « j’ai un mandat légitime qui va jusqu’au 27 juillet 2020 et je vais le défendre par tous les moyens», promet-il. Les relations n’ont jamais été cordiales entre la Ligue et sa tutelle depuis sa création. Les différents exécutifs élus ou transitoires qui se sont succédé à la tête de la Fécafoot ont essayé en vain de mettre hors-jeu le général en seconde section. En vain.

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1 COMMENTAIRE

  1. Il ne faut pas être savant pour comprendre le refus du général de laisser son poste; lui même s’etonne que celà arrive maintenant que le Chan est à notre porte et que des sacs de “flouz” (pognon, argent, monnaie, nkap, et j’en passe) seront disponibles pour l’organisation de cette grande messe du football amateur africain.
    Comment ne pas comprendre que le général ne veut pas être exclu du partage du gâteau football qui se fera d’içi peu?
    Comment ne pas comprendre que l’avidité, l’attrait à la table et à ses delices de certains de nos dirigeants?
    Comment ne pas comprendre la prise en otage du football camerounais au point où même le sponsor roi de cet art a fini par plier bagages pour faute d’excès de gourmandise.
    Comment ne pas comprendre que c’est une bataille qui s’annonce sanglante et violente autour des fonds alloués au football camerounais qui s’engage sur des raisons fallascieuses.
    Prions juste que le Chan ne nous glisse pas aussi entre les doigts comme une sauce bien de chez moi.

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