Covid-19: la stratégie de riposte va coûter 479 milliards

Cette stratégie qui s’étend sur trois ans repose sur cinq piliers à savoir : la riposte sanitaire, la résilience économique et financière, l’approvisionnement stratégique, la recherche et la résilience sociale.

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La stratégie de riposte va coûter 479 milliards

La survenance de la crise sanitaire a imposé à l’Etat, notamment le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), d’élaborer une stratégie de riposte et de résilience. Celle-ci a pour objectif de limiter les effets pervers induits par la pandémie du Covid-19. D’après le ministère de l’Economie, il est également question, à travers cette stratégie, de « préserver les acquis du Programme de consolidation budgétaire ». Pour ce faire, cinq principaux piliers constituent l’ossature de ladite stratégie, à savoir la riposte sanitaire ; la résilience économique et financière ; l’approvisionnement stratégique ; le renforcement de la recherche et de l’innovation ; et la résilience sociale. Et pour mettre en œuvre cette stratégie qui va s’étendre sur trois ans, l’Etat aura besoin d’une enveloppe de 479 milliards de francs CFA, dont 296 milliards en 2020.

Riposte sanitaire

La riposte sanitaire constitue le premier pilier de la stratégie de riposte de l’Etat. Et comporte, d’après le Minepat, des mesures de nature à renforcer le système de santé, notamment « l’identification, la prise en charge et le traitement rapide des cas avérés, mais aussi l’action préventive à travers la sensibilisation de masse sur le respect des règles d’hygiène de base et le port de masque, la recherche active des cas suspects, et enfin la décontamination systématique des zones à risque ». Le plan de riposte sanitaire va nécessiter une enveloppe de 58,7 milliards de francs CFA. Et aura pour vocation de « prévenir la propagation de la pandémie et prendre en charge les personnes malades ».

375 milliards pour renforcer la résilience économique et financière

La résilience économique et financière constitue le second pilier de la stratégie gouvernementale. Ce pilier consiste à « mettre en œuvre une panoplie de mesures administratives, fiscales, douanières et financières en direction du gouvernement, des entreprises et des acteurs du secteur informel pour préserver l’activité économique, l’emploi et partant la croissance économique ». L’on apprend ainsi du Minepat que l’enveloppe prévue pour renforcer la résilience économique et financière s’élève à 375 milliards de francs CFA, et à but principal « d’atténuer les répercussions économiques et financières de la crise sanitaire sur les entreprises ».

Approvisionnement stratégique

A en croire le Minepat, les mesures à mettre en œuvre dans le cadre du 3ième pilier sur l’approvisionnement stratégique devront permettre « d’assurer la continuité de l’approvisionnement en produits de première nécessité, notamment les produits alimentaires et les produits pharmaceutiques, mais aussi de garantir une fourniture permanente en produits pétroliers ». A cet effet, l’Etat aura besoin de 5,5 milliards de francs CFA.

 9,6 milliards pour la recherche et innovation

La recherche et l’innovation constitue le quatrième pilier de la stratégie gouvernementale. Celui-ci a pour objectif, souligne-t-on du côté du Minepat, « de mettre en place des mesures structurelles en réponse aux enseignements tirés de la crise, eu égard à la fragilité et à la dépendance de notre économie ». Concrètement, il s’agira « d’exploiter la disponibilité annoncée de financements en faveur des structures de recherches, de manière à promouvoir la production locale des biens de première nécessité, notamment pour ce qui est du matériel médical ». Ainsi, les ressources nécessaires pour renforcer la recherche et l’innovation s’élèvent à 9,6 milliards de francs CFA. En clair, il est question, à travers ce quatrième pilier, « d’inciter le développement local des solutions innovantes, pouvant aider dans le cadre de la lutte contre le coronavirus ».

Résilience sociale : prise en charge des factures d’eau

 Pour atténuer les répercussions sociales de la maladie sur les ménages et les personnes vulnérables, l’Etat a prévu un budget de 30,5 milliards de francs CFA. Dans cette perspective, le cinquième pilier qui est celui de la résilience sociale, porte sur « des mesures à prendre pour alléger les difficultés auxquelles les ménages et les populations vulnérables auront à faire face, du fait de nombreuses restrictions instituées dans le cadre de la lutte contre la pandémie », peut-on lire dans le document préparé par le Minepat. Ainsi, en plus de « l’extension du programme des filets sociaux et des mesures de prise en charge des factures d’eau et d’électricité, d’autres mesures additionnelles sont envisagées, notamment l’installation des points d’eau/stations de lavage des mains pour les ménages sans accès à l’eau, et l’utilisation des réseaux communautaires pour l’organisation des campagnes de sensibilisation ».

Par Junior Matock ( Défis Actuels 490 )

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