Can 2019 : Ahmad, le dilatoire et le sniper

Dans sa dernière sortie, le président de la CAF rassure le Cameroun, en menaçant en sourdine.

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Ahmad Ahmad n’a pas manqué l’occasion de donner son énième avis sur la Can Total Cameroun 2019. Depuis la Guinée équatoriale où il assiste à la Coupe de l’Union des fédérations de football d’Afrique centrale (Uniffac), le président de la CAF a déclaré que «jusqu’à preuve du contraire, la Coupe d’Afrique des nations est au Cameroun… Pour nous, il n’y a pas de plan B jusqu’à présent». Estimant que « les gens disent ce qu’ils veulent », parlant des écrits et commentaires sur les menaces de retrait de l’organisation au Cameroun, à lui attribuées. Une sortie qui a pour effet de contenter le régime de Yaoundé qui se bat depuis deux ans pour rassurer le successeur d’Issa Hayatou, que le Cameroun est en mesure d’abriter la prochaine Can, sous un cahier de charges modifié unilatéralement en 2017 et imposé par la CAF à un pays organisateur désigné depuis 2014.
Loin d’être une simple réponse à une question de journaliste, la sortie d’Ahmad peut être rangée dans la chronique de ses déclarations en dents de scie. A travers la mention « jusqu’à présent », le boss de la Caf, qui a habitué les Camerounais à des rétropédalages en ce qui concerne cette Can qu’il ne souhaite pas sucer au Cameroun trahit une absence d’assurance totale. Or la prudence du manager prescrit d’avoir toujours un plan B à chaque dossier important. Le nouveau président de la Caf tient à marquer d’une tache indélébile la première Can de son ère, et l’a indiqué lors du symposium du football africain qu’il a organisé il y a un an à Rabat au Maroc. Et l’homme a depuis longtemps émis des doutes sur la capacité du Cameroun de réussir l’organisation de cette fête du football africain, tel qu’il le souhaite. Il y a à peine une quinzaine de jours, lors de la conférence bilan de la Coupe du monde Russie 2018 pour l’Afrique, le patron de la CAF soulignait que « désormais on ne postulera plus pour l’organisation d’une compétition sur la base des promesses ». Non sans mentionner le Cameroun ; mais le message glissé dans un ordre du jour précis, trahissait la pensée et l’intention de l’auteur.

Rapports parallèles

Mais déjà, dans la même déclaration faite en Guinée équatoriale ce 9 août, l’homme a indiqué que « ça ne dépend pas de nous (CAF). C’est eux qui peuvent nous dire s’ils sont prêts ou pas, ce n’est pas à la CAF », parlant du Cameroun. « L’ennemi » du Cameroun dans ce dossier a cessé de menacer ouvertement le pays hôte de la Can 2019, depuis la mise au point de son prédécesseur. Agissant de plus en plus en sniper, retranché dans les bureaux pour frapper par des déclarations fortes, au moment où on s’attend le moins. Le terrain est confié à des fantassins prêts à aller au front. Ainsi, au moment où Ahmad rassure qu’il n’y a pas de plan B pour la Can 2019, le secrétaire général adjoint de la Caf menace de faire retirer la Can au Cameroun si rien n’est prêt au 1er novembre prochain. Le tournoi final ne s’annonçant que dans dix mois. Entre temps, une autre délégation de la Caf, conduite par le Nigérian, en sa qualité de président de la commission d’organisation de la Can. Officiellement, Amaju Pinnick vient préparer la signature de convention pour l’organisation matérielle du tournoi, avec fixation des dates, l’affectation des poules dans les sites, etc. Les identités visuelles du tournoi (logo, nom de baptême) ayant déjà été remises au Cameroun depuis 2018. Mais Ahmad a affirmé que le président de la commission d’organisation de la Can, « va aller au Cameroun et nous ramener des informations, l’état de la situation ».

Autant dire que le patron de l’exécutif de la CAF peut, comme lors de la première visite, rejeter le rapport dressé par le cabinet ‘’indépendant’’, pour croire à un rapport parallèle.
Le Cameroun s’est pourtant déjà secoué jusqu’à son plus haut sommet sur le dossier. Paul Biya s’est vu obligé d’annoncer personnellement que « le Cameroun sera prêt le jour dit ». Ajoutant qu’il « en prend l’engagement ». Alors qu’Ahmad menaçait de retirer l’organisation du tournoi au Cameroun, au profit du Maroc. Estimant que le pays de Samuel Eto’o ne pouvait pas tenir le pari d’organiser un tournoi final passé de 16 à 24 équipes, et de 4 à 6 stades de compétition.

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