Jean Colince Mbe : « Je chausse de grandes personnalités de la République »

A 30 ans, ce maitre bottier s’est fait un nom grâce aux chaussures, ceintures et bracelets qu’il confectionne à la main. Deux ans après la mise sur pied de son entreprise, le Promoteur de MJC Shoes chausse les ministres et directeurs généraux.

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Jean Colince Mbe, Promoteur de MJC Shoes

Qu’est ce qui vous a motivé à devenir bottier et surtout à lancer votre propre marque ?

Je suis Jean Colince Mbe, propriétaire de la marque MJC Shoes qui est l’abréviation de mon nom. Je me suis lancé dans ce métier en 2006 parce que j’admirais beaucoup un grand frère qui était bottier. À l’époque j’étais encore au village et quand il venait nous rendre visite, il faisait toujours l’effort que sa chaussure marie avec son habit. Cela me fascinait beaucoup. Lorsque j’ai perdu mon papa en 2006, en tant qu’ainé, j’ai jugé bon qu’il faille que j’apprenne un métier pour subvenir aux besoins de ma famille. C’est alors que j’intègre la maison de TPI Eric, mon premier centre de formation puisque j’en ai fait trois. J’ai fait onze ans de formation et cela fait juste deux ans que j’ai mis mon entreprise sur pied. J’ai toujours voulu être autonome parce que je n’aime pas travailler pour les gens. Même quand j’étais en formation, je me débrouillais au marché Essos le weekend pour pouvoir payer ma formation qui s’élevait à 300 000 francs CFA. J’ai eu mon diplôme de bottier en 2010 mais j’ai commencé à travailler pour d’autres personnes afin d’épargner et ouvrir plutard ma propre structure. Aujourd’hui, je suis spécialisé dans la fabrication de chaussures, de ceintures et de bracelet en cuir pour homme uniquement. J’emploie actuellement six personnes. Je fais également des formations de trois ans et pour le moment j’ai deux apprentis.

Quelle est votre capacité de production et combien de temps dure la fabrication d’une chaussure ?

Nous fabriquons six à sept paires de chaussures par semaine. Nous avons deux showroons, et nous confectionnons les chaussures soit par commande soit pour les expositions vente. Nous fabriquons des chaussures en série et cela peut nous prendre des semaines mais la confection d’une paire de chaussure peut prendre deux jours. deux ans après l’ouverture de votre structure, êtes-vous satisfait des résultats ? Oui, je peux le dire. Puisque les Camerounais adhèrent au made in cameroon. Lorsqu’on parle de la fabrication des chaussures, la plupart des gens voient ce qu’on vend à la Poste centrale ou alors ce qu’on trouve de partout. Je suis entré dans ce métier avec un nouveau système c’est-à-dire de s’adonner premièrement au travail et innover. A telle enseigne que si vous avez une chaussure MJC, vous voyez la qualité même dans les finissions. Aujourd’hui, je chausse de grandes personnalités de la République à l’instar des directeurs généraux, les ministres et même le président de l’Assemblée nationale. Vous comprenez que nous ne faisons pas de l’amateurisme. On ne produit pas de la quantité mais de la qualité.

Les chaussures importées sont les plus prisées par les Camerounais, mais les chaussures MJC sont parvenues à s’imposer sur le marché national. Qu’est ce qui fait votre particularité?

 Ce qui fait la particularité de MJC Shoes, c’est que nous faisons des chaussures personnalisées. De plus, nos chaussures sont faites en cuir c’est-à-dire de la semelle jusqu’à la doublure parce qu’il y a certaines chaussures que vous trouverez en boutique mais la doublure n’est pas en cuir et vous constaterez à un moment donné que l’intérieur se décape parce que c’est fait de Skaï. Nos chaussures sont faits en cuir de la semelle jusqu’au lacet.

Quelles sont vos principales difficultés ?

Notre principale difficulté est la rareté de la matière première. Il y en a une infime partie qu’on retrouve ici mais nous commandons le plus gros de notre matière première à l’étranger. Et parfois nous n’avons pas assez d’argent pour commander une grande quantité.

Quelles sont vos projets ?

Compte tenu de la forte demande que nous avons dans les villes telles que Douala et Bafoussam, nous ambitionnons d’ouvrir deux autres structures dans ces villes et cela permettra également d’employés d’autres Camerounais. In

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