mercredi, mai 27, 2026
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Kamto – Penda Ekoka : les raisons de la rupture

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L’alliance entre Maurice Kamto et Christian Penda Ekoka se conjugue désormais à l’imparfait. Lors de son passage devant les internautes samedi, le leader du mouvement AGIR a multiplié les allusions à la confiance. À l’écouter, c’est clair et net : son allié n’a pas joué franc jeu ces derniers mois. En toile de fond, les soupçons de malversations qui entourent l’opération Survie Cameroun/Survival Initiative (SCSI). Il reproche au Pr Kamto de l’avoir contourné en recrutant un consortium de cabinets d’audit pour corriger la copie d’un premier cabinet recruté pour comprendre les raisons pour lesquelles il a pu exister un décalage entre les chiffres affichés par le site web de SCSI et les sommes réelles reçues dans le compte bancaire de l’association MRC Europe.

Christian Penda Ekoka raconte que l’annonce de ce second round des audits a coïncidé avec la multiplication des attaques des militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) contre sa personne. Lors d’une rencontre avec le président du MRC le 22 janvier raconte-t-il, il a d’ailleurs interpellé le professeur sur l’attitude de ses partisans. « Tes militants commencent à me traiter de traître et tu ne dis rien », s’était-il ému. De son point de vue, cet incident est le point de départ du délitement du lien de confiance qu’il a pu avoir avec son allié : attaques en règles, suspension de ses proches comme administrateurs des comptes Facebook officiels, annonce de la clôture de l’activité de SCSI en février 2021 sans qu’il n’en soit informé et retrait de l’accès au sous-compte SCSI par Henry Djoko, le gestionnaire du compte MRC Europe sur lequel le compte SCSI était adossé.

Détournement ou bug ?

Lors de son interview du 20 avril, Maurice Kamto reconnaît que M. Penda Ekoka a pu « être gêné aux entournures » dès la fin du mois d’août 2020 ! En tant que président du comité de gestion, c’est lui qui avait fait l’annonce du succès de l’initiative lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il avait annoncé à l’opinion publique que l’initiative a franchi la barre du million d’euros. Il n’aurait pas digéré que quelques jours seulement après son triomphe, des informaticiens viennent lui expliquer qu’en réalité, il manquait plus de 300 000 euros dans les comptes de l’opération dans la vie réelle. Ce n’est pas seul problème, nuance-t-on dans le camp de Christian Penda Ekoka. Ici, personne n’a pas compris la raison pour laquelle il était si important de lancer un second audit alors que le « premier était transparent ». Les conclusions de la première enquête étaient qu’il y a pu y avoir un système multi-passerelle ou la création d’un compte bancaire en ligne parallèle en lieu et place du compte officiel. En de mots simples : il y a eu détournement. Pas assez clair, de l’avis du professeur pour établir de manière définitive l’origine de l’écart querellé. Le consortium des cabinets recruté par la suite considère pour sa part qu’un bug informatique est à l’origine du gonflement artificiel d’une partie des dons et qu’« aucune perte financière n’a été enregistrée ni par SCSI ni par ses donateurs ».

Clap de fin

De quoi faire sourire Christian Penda Ekoka. « Cette histoire de bug, est-ce que vous y croyez ? feint-il de s’interroger. Et les gestionnaires de cette plateforme est-ce qu’ils y croient ? Et surtout est-ce que monsieur Henry Djoko y croit ? » Un triple questionnement qui maintient le doute sur la probité des parties prenantes à l’opération. Pour ne rien arranger, le président du comité de gestion a boudé le second audit et refusé de répondre aux enquêteurs du consortium. De quoi faire exploser une coalition dont les signes de vitalité étaient jusqu’ici particulièrement mis en avant par les parties prenantes ? Il faut le croire. C’est Maurice Kamto qui lance les piques en premier lors de son interview où il avertit Penda Ekoka de sa puissance de frappe, même si « je ne suis pas quelqu’un qui est prêt à balancer ce qu’il peut avoir ». Réponse du concerné : « AGIR n’est pas une succursale d’un quelconque parti politique ». Et sur la perpétuation de l’alliance stratégique avec le MRC ? Là encore la réponse de Christian Penda Ekoka fuse : « S’il y a un autre parti politique demain –je ne connais pas son nom, nous nous retrouverons sur le champ politique ».
Par Jean Omb Njéé

PCRN : Joseph Biyong claque la porte

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C’est fini entre le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) et Joseph Espoir Biyong. L’adjoint au maire de la commune urbaine de Douala Ve a annoncé son retrait des rangs de cette formation politique dans un message laconique posté sur Facebook. «A partir de ce lundi 3 mai 2021, je démissionne définitivement du Pcrn (Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale)», a-t-il écrit. Une décision actée au sein du Pcrn. « Je viens d’apprendre par reportage télévisé la démission de Biyong J. Espoir, Adjoint au Maire de Douala 5ème, des rangs du PCRN. Je lui adresse au nom du parti, notre vive gratitude pour son inoubliable engagement, certes parfois tumultueux… Que Dieu le bénisse toujours », a réagi le président national de cette chapelle politique, Cabral Libii.

La démission de Joseph espoir Biyong est la suite et probablement la fin d’un feuilleton entamé en décembre 2020 entre lui et le parti. Au sortir des élections régionales du 6 décembre 2020, au cours desquelles son parti s’en est tiré avec zéro siège, Biyong a déversé sa bile sur Rdpc et d’autres partis qu’il accusait de fraude. Dans la foulée, le militant du Pcrn –à l’époque- adresse un message à l’autre opposant Maurice Kamto dont il a salué le choix de boycotter l’ensemble des élections organisées en 2020 au Cameroun. «Cette journée est effectivement historique. Cette journée nous permet de découvrir les profondeurs de notre pays. Et je peux encore envoyer un message fort au professeur Maurice Kamto en lui disant : nous sommes tellement désolés de ne vous avoir pas écouté. Nous sommes tellement désolés de n’avoir pas compris ce qu’il disait », va-t-il déclarer dans des propos rapportés par cameroon-info.net.

L’adjoint au maire de la commune de Douala 5 soutient que l’élection du 6 décembre a été l’occasion de découvrir les vrais alliés du parti de Paul Biya. «Le Rdpc n’a pas de partenaire. En fait, le Rdpc est parti pour gérer le Cameroun seul, de main forte, de main de fer, de main dure», accuse Joseph Espoir Biyong. Cette sortie ne plaît pas à la hiérarchie du Pcrn. Le conseil de discipline départemental du parti réuni le dimanche 13 décembre 2020 le suspend de façon temporaire pour avoir tenu des propos «à l’encontre de l’idéologie du parti» et pour insubordination et mépris envers les institutions du parti pour n’avoir pas assisté au conseil de discipline où il était attendu. Joseph Espoir Biyong était aussi interdit de parler dans les médias au nom du Pcrn jusqu’à nouvel ordre.
Par Jean Luc Fassi

Mairie de Bangangté : Eric Niat et Jean Lambert Tchoumi, les deux rivaux

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Les visages du blocus de l'élection

Le dernier round pour l’élection du maire de Bangangté s’annonce plus que jamais difficile. C’est que Lambert Tchoumi et Eric Niat, les deux candidats en lice présentent chacun des atouts et jouit des soutiens qui compliquent davantage le choix. Au sein de l’opinion le candidat Eric Niat s’est incontestablement fait remarquer ces dernières années par une sorte de déploiement sur le terrain à travers le sport et la Fondation de son géniteur Marcel Niat Njifenji, le président du Sénat. A côté de cela Eric Niat maitrise parfaitement les rouages de la commune de Bangangte, car il siège au Conseil municipal de cette commune depuis plusieurs mandats. Il y a d’ailleurs été quatrième adjoint au maire sous Ketcha Courtes. Il bénéficie ensuite du soutien du comité central qui l’a d’ailleurs adoubé dimanche dernier, lors des consultations internes du parti. Malgré ces étoffes, il faut aussi reconnaître qu’au sein de l’opinion du Ndé, son parcours académique et professionnel est très peu connu. Pour ses détracteurs, il profite de son appartenance à la famille Niat Marcel dont la renommée dure depuis plusieurs décennies. Ce qui d’ailleurs amène certains Conseillers municipaux à dire qu’il est préférable qu’il continue à se mettre au service de la population à travers la Fondation de son papa comme ces dernières années.

Quant au candidat Jean Lambert Tchoumi, il traîne un parcours assez élogieux. Ancien étudiant à l’Ecole Nationale Polytechnique de Yaoundé, il en est sorti ingénieur de conception. Jeune diplômé, il fut sollicité par le père Fotso Victor pour les premières réalisations des routes urbaines à Bandjoun du temps où il était le chef de Service provincial pour le Ministère des Travaux Publics dans la région de l’Ouest. Outre ce parcours professionnel non exhaustif, Jean Lambert Tchoumi bénéficierait aussi du soutien d’un conseil municipal monocolore hérité de Ketcha Courtes et du défunt maire, le Dr Jonas Kouamouo. Et aussi du soutien incontesté de Célestine Ketch Courtes, l’actuel ministre de l’habitat et du développement urbain.
Par Joseph Essama

Tribunal criminel spécial : Les avocats de Mebe Ngo’o dénoncent une prise en otage

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Le couple mebe Ngo'o en difficulté

Justice trop tardive est déni de justice. C’est ce à quoi semblent désormais résolus les avocats d’Edgard Alain Mebe Ngo’o, l’ancien ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense. « Pendant combien de temps allons-nous encore subir cela ? Pourquoi il faut saucissonner les pièces et les présenter comme vous le faites», s’est indigné Me Claude Assira, l’un des avocats au cours de l’audience du 30 avril au Tribunal criminel spécial (Tcs) de Yaoundé. « Nous notons que le Ministère public a pris en otage le Tribunal ! », s’est offusqué à son tour Me Ntamack Sylvie, l’une des avocates du Couple Mebe Ngo’o.

Pour se dédouaner le représentant du parquet général a expliqué que « Nous ne sommes pas insensibles à ce qui se passe dans ce tribunal. Nous prions la défense de comprendre que par rapport à la stratégie mise en place, il y a des contraintes. » Une réaction qui a d’ailleurs poussé Me Amougou Koue, avocate du couple Mebe Ngo’o à convoquer les dispositions de l’article 10 (5) de la loi du 14 décembre 2011 portant création du Tribunal Criminel Spécial qui dispose que: « Cette juridiction dispose d’un délai de six (06) mois pour rendre sa décision. Ce délai peut être prorogé de trois (03) mois par ordonnance du Président du Tribunal saisi. » L’audience a été suspendue à la suite des différentes prises de parole. Le procès reprendra le 03 mai prochain. Il sera question pour le Ministère public de poursuivre avec la production des pièces à conviction. Il faut noter que Mebe Ngo’o Edgard Alain Abraham, Mbangue Maxime, Mboutou Elle Ghislain, Menye Victor Emmanuel, Minla Nkoulou Bernadette épouse Mebe Ngo’o répondent des faits de corruption, détournement de biens publics (Dbp), violation code des marchés, prise d’intérêt dans un acte, blanchiment aggravé des capitaux.
Par Joseph Essama

Alternance : Le fils d’Ahmadou Ahidjo veut redresser le Cameroun

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Mohamadou Ahidjo veut-il reprendre le flambeau laissé par son père?

Suivisme ou véritable projet politique ? L’on devrait encore attendre les prochains jours pour voir de quel côté ranger le Mouvement des Badjikaistes pour le Redressement du Cameroun. Fondé il y a juste quelques jours, ce mouvement, qui serait initié par Mohamadou Badjika Ahidjo, le fils de l’ancien président Ahmadou Ahidjo a déjà annoncé un grand rassemblement à l’esplanade du stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé le 24 juillet prochain. Objectifs : réunir les Camerounais autour des idéaux prônés par l’ancien chef d’Etat Ahmadou Ahidjo. Ils s’agit de : l’unité, la paix, le développement. En plus de cela, le mouvement se prépare à prendre le pouvoir en 2025. Même si le mouvement des badjikaistes reste très peu connu. Plusieurs tractations seraient en cours pour appeler les fils du Septentrion à adhérer à la cause de ce nouveau parti politique. Pour le moment, en dehors de Mohamadou Badjika Ahidjo, le président de ce Mouvement, l’on ne connait plus une autre grande figure politique du Mouvement des Badjikaistes pour le Redressement du Cameroun. Mais l’on redoute surtout que le mouvement qui serait constitué pour le moment uniquement des ressortissants du Grand-Nord, ait une consonance tribaliste. « Le penser ainsi serait un obstacle évident et une limite certaine à leur projet politique », explique Elada Nasser politologue, qui émet des doutes quant à la possible conception tribaliste du mouvement des Badjikaistes. « Il serait quand-même difficile qu’un mouvement qui dit vouloir poursuivre les idéaux de l’ancien président Ahidjo se renferme sur la seule localité du Grand-Nord. Pour la simple raison que les projets politiques d’Ahmadou Ahidjo concernaient le Cameroun entier », analyse-t-il. Dans tous les cas, le grand rassemblement annoncé à l’esplanade du stade Ahmadou Ahidjo le 24 juillet prochain sera une occasion de tester la popularité de Mohamadou Badjika Ahidjo. Surtout à un moment où les différents lobbies semblent se positionner pour la bataille de la succession.

Qui est Mohamadou Badjika Ahidjo ?

Garçon unique de l’ancien président Ahmadou Ahidjo, il est quasiment impossible de coller un visage au nom Mohamadou Badjika Ahidjo. Pourtant, il n’est pas novice dans la politique au Cameroun. Selon certains analystes, il serait d’ailleurs l’une des grandes figures politiques du Septentrion. Elu député de l’opposition plusieurs fois, Mohamadou Badjika Ahidjo a été porté à l’Assemblée nationale sous la bannière de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undp) dans la localité de la Bénoué. Il a été nommé le 9 décembre 2011, par décret présidentiel, au poste d’ambassadeur itinérant à la Présidence de la République. Et occupe actuellement le poste de président du conseil d’administration de la Société hôtelière du Littoral (Sohli), qui gère notamment l’hôtel Sawa (quatre étoile désormais, après sa rétrogradation par la commission de classement et de reclassement du ministère du Tourisme) dans la capitale économique du Cameroun. Né de la première union entre le président Ahidjo et Adda Garoua, Mohamadou Badjika Ahidjo est un homme discret, dont les sorties médiatiques sont rares. L’on se souvient de sa tribune publiée dans les colonnes du journal l’Œil du Sahel où il appelait vivement à une décentralisation rapide qui contribuera fortement à réconcilier les Camerounais anglophones avec leur pays. De formation vétérinaire, Mohamadou Badjika Ahidjo a fait un passage pour une formation militaire à l’Ecole militaire interarmées en tant que officier para commando, mais il n’aura jamais de carrière militaire.
Par Joseph Essama

Port de Douala : Faire passer le volume de trafic à 21 millions de tonnes en 2030

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Le Port de Douala

Le Port Autonome de Douala prévoit d’augmenter de plus de 20 % le trafic des marchandises au port de Douala Bonabéri. Les volumes du trafic passeront de 12 millions de tonnes actuels à environ 21 millions de tonnes en 2030. Selon le Directeur Général du PAD, ce résultat sera principalement engendré par l’extension du Port vers un nouveau site portuaire en eau profonde localisé à l’île de Manoka dans l’arrondissement de Douala 6ème. « Cette extension sera indispensable pour le traitement du trafic futur du port de Douala dont les prévisions sont évaluées à environ 45 millions de tonnes à l’horizon 2050 , bien loin des 12 millions de tonnes actuels associées à une forte dynamique de croissance de la taille des navires exigeant des profondeurs plus importantes au plan d’eau », indique Cyrus Ngo’o dans le dernier numéro du magazine « le Quai ».

Ce projet d’extension est contenu dans le schéma directeur de développement 2020-2050 de la place portuaire visant à répondre aux défis à long terme du commerce maritime. Le plan de modernisation des infrastructures du PAD engagé depuis 2015 a déjà coûté environ 25 milliards de FCFA. Par ces différents chantiers, le PAD entend conserver son statut de port majeur de la côte ouest africaine. Dans cette dynamique, de nombreuses réformes structurelles sont également en cours d’implémentation. Elles sont constituées d’un ensemble de mesures qui visent à éliminer les obstacles et de l’attractivité et de la compétitivité.

armi ces réformes, il y a la simplification de la nomenclature tarifaire, la création de la facturation par grands comptes qui favorise non seulement l’optimisation de la facturation, l’augmentation significative des recettes et du chiffre d’affaires. On note également la normalisation et la réglementation des activités des auxiliaires des professions portuaires (acconage, consignation).
Par Tatiana Meliedje

Port de Douala : la transformation se poursuit

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Cyrus-Ngoo, le Dg du Port autonome de Douala

La modernisation en marche. Le Port Autonome de Douala (PAD) est engagé depuis quatre années, dans un vaste processus de normalisation de toutes ses activités. Processus qui comporte un vaste programme de rénovation, de modernisation et de développement des infrastructures et des superstructures du combinat portuaire de Douala-Bonabéri. Dans ce chantier dont le but principal vise à arrimer la plateforme portuaire aux standards internationaux du secteur et d’en faire un véritable catalyseur de croissance de l’économie nationale, le PAD a franchi un nouveau cap le 28 avril dernier. A travers la mise en service d’un quai pétrolier d’une valeur de 10,151 milliards de francs CFA. Un projet qui s’imposait en urgence, compte tenu des menaces d’incendie qui pesaient sur les installations provisoires de chargement et de déchargement des produits pétroliers au sein du Port.

Cyrus Ngo’o à bon port

Depuis l’année 2001 en effet, le Port Autonome de Douala n’avait plus un ouvrage de chargement et de déchargement des produits pétroliers. Deux accidents successifs de navires avaient détruit complètement les ducs-d’Albe d’accostage, des corps morts d’amarrage et la plateforme de déchargement tanker. Les décombres et les épaves de cette installation névralgique pour la chaîne de distribution des produits pétroliers au Cameroun et les pays de l’hinterland (Tchad, RCA) gisaient au fond du lit du fleuve Wouri, et constituaient des entraves à la navigation dans la zone concernée. Pour la continuité de l’approvisionnement en produits pétroliers du triangle national, le quai n°1 du port conventionnel avait été aménagé en urgence, pour l’accueil provisoire des navires pétroliers. Il y a été construit, une nappe de tuyauteries provisoire. Mais, cette installation palliative n’était pas sans risques. Le port était exposé à un accident d’incendie voire d’explosion liée à la nature même des opérations de déchargement des tankers. Face à cette situation, il était devenu très urgent de reconstruire un nouveau poste pétrolier, afin de préserver les installations du quai n°1 en particulier et de tout le port conventionnel en général, des menaces d’incendie et d’explosion. C’est alors qu’à partir de l’année 2017, le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o a placé la reconstruction de cet ouvrage névralgique parmi les priorités dans la stratégie de rénovation, de modernisation et de développement de la plateforme portuaire. En réalité, il ne s’agit que d’un pas de plus vers la transformation structurelle du Port. L’ambitieux programme de rénovation et de modernisation du PAD ayant porté sur plusieurs autres chantiers comme la création de régies déléguées ou par la nationalisation des services portuaires jadis privatisés. La mise en service le 2 janvier 2020 de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) du PAD illustre le processus d’autonomisation amorcé le 06 décembre 2019. Il y a aussi la Régie Déléguée de Dragage (RDD), dont les activités ont démarré le 27 août 2020. Tout comme la Régie Déléguée de Remorquage (RDR), créée le 22 décembre 2020, pour se détacher du français Boluda. Pour ce qui est du lamanage portuaire, c’est l’opérateur national Fako Shipping and Transport Company qui s’en charge officiellement depuis la date du 30 décembre 2020 à travers l’entreprise Douala Mooring Company S.A. Toujours au titre des actions à mener dans le cadre de la rénovation et la modernisation du PAD, la direction générale conjugue ses efforts dans l’acquisition de matériels modernes de remorquage des navires, la progression dans l’installation d’un système de gestion automatique et moderne du fret portuaire, l’achat de nouveaux patrouilleurs rapides, des radars, des caméras de surveillance pour la sécurité des navires. L’on peut désormais déjà compter sur l’opérationnalité d’un système d’information portuaire, sur l’existence et le recours à un nouveau logiciel de facturation à la RTC etc.
Par Arthur Wandji

Tuberculose pédiatrique : le coût de la gratuité

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Malgré la prise en charge du traitement par l’Etat, d’autres frais connexes à la maladie restent difficiles à supporter pour les parents d’enfants malades.


Pour bénéficier d’un traitement de la tuberculose, la moyenne des frais journaliers d’hospitalisation est de 10.000 francs CFA. Quand on sait que la durée de l’isolement est généralement de 21 jours, il faut débourser au moins 210.000 francs CFA pour l’hospitalisation d’un enfant diagnostiqué de cette maladie. En plus des frais d’hospitalisation, d’autres coûts sont un poids pour les parents. La grand-mère de Zénabou, une fillette de 11 ans n’en peut plus des charges financières. « Il faut que je parte au village, je cherche de la nourriture pour venir manger avec l’enfant. J’ai déjà pris le crédit à la tontine et on me demande encore plus de 250 000. Elle prend les remèdes, elle vomit parce qu’elle n’a pas mangé. » Nous dit-elle, indignée. Comme elle, de nombreuses mamans sont obligées de quitter la campagne pour s’installer en ville. Les centres de prise en charge étant concentrés dans les grandes villes. Ce qui engendre d’autres coûts qui doivent être supportés par les parents. Ajouté à cela, certains enfants souffrant de tuberculose sont sujets à des infections mais ceux-ci ne peuvent être pris en charge par l’Etat qui supporte uniquement le traitement de la tuberculose. Au Programme National de Lutte Contre la Tuberculose (Pnlt), l’on dit être conscient de cette problématique. Dr Christel Ebo, responsable de la tuberculose pédiatrique au Pnlt affirme que pour amortir le coût de la pris en charge, le programme a prévu de « rembourser les frais d’examen des crachats et nous envisageons aussi l’extension des centres de traitement et de traitement de la tuberculose pour faciliter l’accès aux malades. D’ici 2024 environ 124 centres supplémentaires seront créés. »

Plaidoyer pour le diagnostic

En plus du coût, la tuberculose pédiatrique fait face à un problème de diagnostic au Cameroun. L’organisation mondiale de la Santé estime que plus de 50% des enfants de 0 à 14 ans ne sont pas diagnostiqués. «C’est parce qu’au niveau de la porte d’entrée dans les formations sanitaires les guides ne prennent pas en compte la tuberculose chez l’enfant. Notre objectif c’est de faire un plaidoyer pour que le ministère de la santé intègre la recherche systématique de la tuberculose chez l’enfant dans les directives de la prise en charge des maladies de l’enfant et du nouveau-né à partir de six mois », déclare Bertrand Kampoer, le directeur exécutif de Fis Cameroun. Cette ONG vient de lancer une campagne dénommée Voix des femmes qui mobilise près de 1000 femmes pour dénoncer les problématiques relatives à la tuberculose pédiatrique au Cameroun.

Par Tatiana Meliedje

Les non-dits des événements de Foumbot

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Contrairement à la version populaire qui laisse croire qu’un détenu malade serait décédé faute de soins à la prison, les autorités judiciaires affirment que l’homme de la trentaine a rendu l’âme à l’hôpital de la ville pendant sa prise en charge.


La ville de Foumbot, dans le département du Noun, région de l’Ouest est sous le feu de la rampe de l’actualité nationale depuis près d’une semaine. C’est que des émeutes y ont lieu le 03 mai dernier. Elles ont conduit à l’incendie du Tribunal de première instance de cette ville. Selon Lazare Share, une source contactée sur place, «un vendeur de médicaments est mort en prison à Foumbot parce que le procureur a refusé de l’admettre à l’hôpital. La population en furie a mis le feu au Palais de justice. Elle a aussi tenté de libérer les prisonniers. Le corps du détenu déposé à l’hôpital après son décès a été récupéré par la foule et exposé au carrefour maquisard. Toute la foule réunie a demandé le départ du procureur », témoigne notre source .

Une version des faits en opposition avec celle relatées par les autorités judiciaires. Une source qui a requis l’anonymat au Tribunal de première instance de Foumbot affirme que : « le détenu qui avait déjà été condamné à trois ans d’emprisonnement ferme n’est pas décédé à la prison de Foumbot. Il avait été admis quelques jours avant à l’hôpital, à sa demande et y a rendu l’âme ». Défis Actuels n’a malheureusement pas pu joindre le directeur de l’hôpital de Foumbot pour savoir si le détenu a été admis à l’hôpital vivant et si oui, quelles ont été les circonstances de son décès.

Un gang de fabricants de faux médicaments

Selon notre source au tribunal de première instance de Foumbot, le détenu dont la mort a causé les malheureux incidents du 3 mai dernier serait en effet « un dangereux fabricant de faux médicaments ». « Ils avaient été arrêtés après une dénonciation de la population. Enquête faite, il a été établi qu’il s’agit d’un réseau de fabricant de faux médicaments qui avait des ramifications dans plusieurs villes de la région de l’Ouest », informe notre source. Ajoutant que « c’est ce gang de trois personnes toutes originaires de Mbouda dans la région de l’Ouest, qui au début de la pandémie du Covid-19, fabriquait la chloroquine qui était vendue dans plusieurs pharmacies de la région de l’Ouest. Ils ont été condamnés à trois ans de prison et purgeaient encore leur peine. Vous comprenez donc que c’était des dangereux détenus », affirme-t-elle.

Un Imam trouve la mort lors des échauffourées

Après l’annonce de la mort du détenu de la prison de Foumbot, la tension était montée d’un cran dans toute la ville. « Le corps du défunt déposé à l’hôpital a été récupéré par la foule et exposé au carrefour maquisard. Toutes les boutiques étaient fermées. La population en furie menaçait de libérer les prisonniers avant de brûler la prison. Au même moment quelque manifestants avaient déjà mis le feu au tribunal de première instance de Foumbot, tandis que les autres demandaient le départ du procureur ». Alerté, le gouverneur de la région de l’Ouest, le préfet du département du Noun, ainsi que le souspréfet de Foumbot, les commandants de compagnie et de brigade se sont rendus sur place pour essayer de calmer les manifestants. La foule en furie a même failli lyncher les autorités administratives, poussant les forces de l’ordre à intervenir. C’est dans la foulée des échauffourées qu’un Imam aurait trouvé la mort, raconte notre source. Les populations qui ont d’ailleurs brandi les cartouches vides, selon plusieurs sources, accusent les forces de l’ordre d’avoir tué l’Imam. Selon les autorités administratives, plusieurs personnes ont été arrêtées à la suite des émeutes du 3 mai dernier et sont en cours d’exploitation par les services spécialisés.

Déraillement d’eseka : les indemnisations vont bon train

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Une erreur nous a fait écrire dans l’avant-dernier numéro de Défis Actuels que Camrail n’avait indemnisé aucune victime du déraillement de 2016. La question est plus complexe.


Les équipes de Camrail consolident très régulièrement l’état d’avancement du chantier des indemnisations des victimes de l’accident d’Eseka, à en croire des sources internes à l’entreprise qui ont requis l’anonymat. Les chiffres qu’a pu consulter le reporter rendent compte d’une évolution significative du nombre de personnes indemnisées. À la demande des interlocuteurs de votre journal, le détail de l’opération reste confidentiel. Reste que près de 94 % des indemnisations de blessés ont d’ores et déjà été conclues au 30 avril 2020. Le même rapport est observable en ce qui concerne les personnes décédées tandis que le dossier sur les disparus, sans doute le plus complexe, avance lui aussi.

Le fait est que près de cinq ans après l’accident le plus meurtrier de l’histoire du train au Cameroun, la page du désintéressement des victimes n’a pas encore été tournée. La compagnie continue à chercher un terrain d’entente avec toutes les personnes concernées et poursuit les discussions pour parvenir à un accord acceptable par chacune des parties. Même si les tractations se poursuivent encore sur les derniers cas, Camrail se félicite d’avoir réussi à calmer la fureur d’une opinion publique extrêmement attentive sur la question des indemnisations. C’est que la compagnie a très vite compris l’importance d’être proactif. L’opération de désintéressement a débuté courant 2017, c’est-à-dire quelques mois seulement après le sinistre et bien avant les indemnisations au titre de la solidarité nationale commandée par le président de la République Paul Biya.

Dans une lettre au journal français Le Monde en octobre 2017, la filiale de Bolloré, le géant français de la logistique, expliquait que 72 dossiers de personnes décédées avaient été constitués et que 36 accords avaient déjà été finalisés. À noter que le transporteur avait au préalable pris en charge les frais nécessaires pour organiser les obsèques. Le nombre total de personnes blessées ayant finalisé leur dossier médical était quant à lui de 332. À cette date-là, 257 personnes avaient déjà été indemnisées. Ce chiffre a presque triplé en quatre ans.

En plus de ces cas, le document avançait que 580 individus ont reçu une assistance financière pour préjudices sociaux et prise en charge de frais médicaux tandis 711 personnes ont reçu une indemnisation pour pertes de biens matériels. S’il est établi que ces chiffres ont évolué après quatre années supplémentaires de procédure, il est important de souligner que rien n’est évident dans ce dossier. Le fait est que les indemnisations au lendemain de l’accident d’Eseka ont suscité de nombreuses demandes de la part des victimes. Camrail n’a pas pu régler toutes les questions en tête-à-tête avec tout le monde et les procédures judiciaires sont inextricables.

Le volet judiciaire

Dans son courrier au quotidien français mentionné ci-dessus, la société Camrail assurait que « les indemnisations consenties sont très largement supérieures au référentiel institué par la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CimaLes indemnisations allouées pour préjudices sociaux à près de 580 personnes incluent par exemple des frais de prise en charge d’assistance à domicile, de garde d’enfants, de frais de transport et de frais médicaux. L’indemnisation du préjudice physique a été établie sur la base d’un diagnostic du médecin de la victime, avec l’assistance du médecin de l’assureur de Camrail». Mais à combien s’élève chacune des enveloppes au final ? L’information est confidentielle, «à la demande des familles des victimes», s’est toujours défendu la compagnie.

Le secret ambiant et les procédures judiciaires parallèles ne facilitent pas la compréhension du dossier des indemnisations par le public. Le verdict du procès tenu à Eseka et qui a été rendu en septembre 2018 a condamné Camrail à payer 50 millions de francs CFA de réparations aux 60 victimes défendues par Me Guy-Olivier Moteng. L’avocat demandait à l’époque 2 milliards de dommages et intérêts pour ses clients.

Le montant des indemnités de plus de 220 autres victimes défendues par un second collectif d’avocats n’a pas été déterminé par le tribunal à l’époque. Leurs avocats avaient fait recours. Sur la base des rapports médicaux, ils chiffraient à 152 milliards de francs CFA la taille de l’enveloppe nécessaire pour amortir les dommages et intérêts pour les plus de 220 plaignants défendus par le collectif. Le calme relatif sur ce dossier ces derniers mois a été rompu le 29 avril, après le voyage-test en vue de la relance de l’Intercity, le train responsable du drame il y a cinq ans. Un collectif d’avocat des victimes a commis une tribune où il s’émouvait globalement de la non-prise en compte de l’intérêt des citoyens. Parmi les points de détail soulevés : l’identification de l’assureur de Camrail et l’état de la législation en matière d’indemnisation du fait d’un accident ferroviaire.

Par William Bayiha

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