mercredi, juin 3, 2026
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Sosucam : premier bilan de la grève mouvementée

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Une vue de l'entrée principale de la Sosucam au début de la grève

Une dizaine de jours après la reprise du travail à la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), le top management a dressé un premier bilan de la grève qui a paralysée l’entreprise entre le 26 janvier et le 7 février derniers. Ce sont en tout 973 hectares de cannes qui ont été brûlées par les manifestants. « Ce qui correspond à 50 000 tonnes de sucre», souligne Jean-François Ntsama-Etoundi, le directeur général adjoint (DGA) de la Sosucam. Et d’informer la presse qu’il a rencontrée à Yaoundé, que « même la semaine dernière, des plantations continuaient d’être brûlées». Et pourtant le travail a repris depuis le 8 février. Aussi, « si on prend le sucre premium qui est destiné aux industries brassicoles, c’est à peu près 5 à 6 mille tonnes de pertes nettes », ajoute-t-il. Et « le fait d’avoir ces pertes sèches sur cette surface-là entraîne un dérèglement agronomique sur toutes les surfaces. Les cannes ont été coupées aussitôt à la reprise du travail, comme si elles étaient déjà en maturité. On a ainsi traité parce qu’il fallait protéger les racines car même à maturité, quand on coupe la canne, on laisse 15 à 20cm pour pouvoir permettre la repousse. Ce sont des pertes car il y a du temps perdu, de l’énergie, sans pouvoir exploiter le produit », regrette-t-il.

Ce n’est qu’un premier bilan qui est ainsi dressé. « C’est lorsqu’on sonnera le gong de fin de campagne qu’on saura exactement ce qu’on a perdu car on est encore dans des évaluations. On a procédé aux constats des dégâts, et on va tout analyser, puis à la fin de la campagne, on aura tous les outils entre les mains pour faire un bilan définitif », a indiqué la 2ème personnalité de la Sosucam.

Pour comprendre: Mbandjock et Nkoteng: Un mort dans une grève des ouvriers de la Sosucam

Cependant, à la Sosucam, on refuse de céder au désespoir. On est convaincu a priori que la grève n’aura pas d’incidence sur l’approvisionnement du marché à brève échéance. «Nous avons en stock actuellement dans nos magasins, qui peuvent satisfaire la demande jusqu’à mi-avril », renseigne le DGA. « Avec un stock de plus de 30 mille tonnes, les besoins de ramadan pour notre clientèle, notamment celle du Grand-Nord, et même du sud du pays, sont assurés», rassure l’ancien directeur commercial de la Sosucam. Et donc, « à court terme, l’offre directe Sosucam n’est pas impactée ; mais sur la perspective annuelle, il est certain que l’on verra bien l’impact de ce mouvement sur le bilan de la Sosucam», réitère-t-il. 

PAGFIP : 9,3 milliards de FCFA pour optimiser la gestion des finances publiques

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Sous la présidence de Jean Tchoffo, secrétaire Général du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), ce projet soutenu par la Banque Africaine de Développement vise à renforcer l’environnement institutionnel et organisationnel de la gestion des finances publiques au Cameroun, en optimisant la collecte des impôts et l’efficience des dépenses publiques. Selon Jean Tchoffo, le PAGFIP, approuvé le 12 décembre 2022, a accusé un retard de deux ans dans son démarrage effectif en raison d’ajustements techniques et administratifs, découlant de la complexité de la coordination entre les différentes parties prenantes, notamment la Banque Africaine de Développement (BAD) et les autorités camerounaises. La Première Session Ordinaire du COPIL, tenue le 17 décembre 2024, avait déjà souligné l’urgence de finaliser les documents clés du projet, tels que le Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2025, le Plan de Passation des Marchés (PPM) et la révision des coûts détaillés.

« En réponse à ces préoccupations, la BAD a dépêché une mission de supervision au Cameroun du 13 au 24 janvier 2025. Cette mission a permis de revoir les activités du projet, d’harmoniser les actions et de remplacer certaines activités devenues obsolètes. Elle a également clarifié des ambiguïtés et assuré une meilleure coordination entre la Cellule d’Exécution du Projet et les Points Focaux des administrations concernées. Ces efforts ont abouti à des résultats probants, mais le temps presse », a déclaré Jean Tchoffo. Le retard dans la finalisation des documents stratégiques souligne les défis administratifs et logistiques auxquels fait face le PAGFIP. La célérité dans l’exécution des recommandations de la BAD est cruciale pour éviter de nouveaux retards et garantir que les objectifs du projet soient atteints dans les délais impartis, a-t-il ajouté.

Selon Lah Kouotou Valentin, Coordonnateur du PAGFIP, la principale résolution à l’issue de cette réunion est l’adoption du budget, le comité de pilotage ayant adopté un budget de 9,3 milliards de FCFA.

Gouvernance : Le Consupe renforce la gestion et de la transparence à la Sodecoton

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Après trois années de collaboration, conformément au décret du 04 septembre 2013 portant organisation des services du Contrôle supérieur de l’État, la première phase du protocole d’assistance technique à la Sodecoton a pris fin. Elle a permis des avancées significatives en matière de gestion et de transparence, en ligne avec les missions d’appui au renforcement des capacités des ordonnateurs et des gestionnaires des crédits attribuées au Consupe. Cette conclusion a été marquée par des progrès notables, apprend-on. C’est en effet, Mbah Acha Rose Fomundam, ministre délégué à la présidence chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, qui a procédé mardi dernier à Garoua à la clôture de cette étape.

Pour Mohammadou Bayero, Directeur général de la Sodecoton : « Cet accompagnement nous a permis de structurer nos procédures internes et de mieux nous outiller face aux exigences de gestion publique », a-t-il déclaré. Comme lui, Jean Abate Edi’i, président du Conseil d’administration de cette entreprise et gouverneur de la région du Nord, a salué une initiative qui s’inscrit pleinement dans la modernisation et la diversification des activités de la Sodecoton. La mission du Consupe ne se limite pas à un simple contrôle. Comme l’a précisé Mbah Acha Rose Fomundam, il s’agit d’un accompagnement méthodique et technique visant à professionnaliser la gestion interne. « Nous avons mis en place des outils de gestion performants, formé les gestionnaires et les ordonnateurs, et renforcé l’audit interne de l’entreprise », a-t-elle expliqué avec fermeté. Le protocole signé en 2021 s’articulait autour de cinq axes majeurs : l’élaboration de cadres et d’outils de gestion, l’accompagnement méthodologique, la formation des cadres, l’animation d’ateliers pédagogiques et enfin, l’implémentation de processus d’audit performants.

Des actions qui, selon les responsables de la Sodecoton, ont déjà produit des effets concrets. Mais le Consupe ne veut pas se contenter de ces avancées. La ministre a été claire : les acquis doivent être consolidés. « La formation seule ne suffit pas. Nous attendons de ceux qui ont été formés qu’ils appliquent ces connaissances pour améliorer la gouvernance, la transparence et la redevabilité au sein de la structure », a-t-elle insisté. La signature d’un avenant à la phase 1 témoigne de l’engagement des deux parties à poursuivre la dynamique amorcée. Alors que la Sodecoton s’apprête à entrer dans une phase de modernisation de ses infrastructures et de diversification de ses activités, le renforcement des capacités de ses cadres apparaît comme un levier essentiel pour assurer une gestion rigoureuse et efficace. En coulisses, certains cadres de l’entreprise expriment néanmoins quelques craintes. « La théorie, c’est une chose, mais l’application concrète dans un environnement aussi complexe que le nôtre en est une autre », confie un employé sous couvert d’anonymat. Une préoccupation légitime que le Consupe semble avoir anticipée en insistant sur la nécessité d’un suivi rigoureux.

 « Notre soutien à la Sodecoton était pédagogique et technique pour des audits pilotes performants »

Il faut d’abord préciser qu’il y a trois ans, nous avons signé le protocole d’assistance technique avec la Sodecoton. Ce protocole avait pour objectif de définir les modalités de coopération entre le Consupe et la Sodecoton dans le cadre de la mise en œuvre d’un programme triennal de renforcement des capacités organisationnelles, professionnelles et institutionnelles de la Sodecoton afin de mieux accomplir sa mission. Notre assistance était répartie en cinq axes spécifiques. D’abord, l’élaboration d’un cadre et d’outils, puis l’accompagnement méthodologique et technique de leur audit interne. Étant une entreprise publique, elle doit avoir un département d’audit interne, car si le contrôle supérieur vient vérifier une entreprise publique sans audit interne, c’est déjà une faute relevée à l’encontre du directeur général et peut-être du PCA aussi. Nous devions également former les gestionnaires et les ordonnateurs. Nous les avons accompagnés à travers l’animation d’ateliers, de séminaires et de conférences. Ensuite, nous les avons également soutenus sur le plan pédagogique et technique dans la performance des audits pilotes pour leur montrer ce qu’ils doivent faire. Nous attendons de cette entreprise phare du septentrion du Cameroun que ceux qui ont été formés utiliseront ce qu’ils ont appris pour améliorer la gouvernance, la transparence et la redevabilité au sein de la Sodecoton.

Financements structurés : un séminaire pour dynamiser les projets d’infrastructures au Cameroun

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Selon le communiqué de presse, cet événement offrira aux participants et aux experts de haut niveau l’occasion de maîtriser plus en profondeur les instruments financiers complexes utilisés pour financer des projets à grande échelle ou des acquisitions importantes. Les discussions porteront également sur l’utilisation d’actifs comme garanties et sur la notation financière.

Le séminaire vise à outiller les administrations publiques et privées camerounaises pour mieux faire face au manque de ressources financières internes et à l’accès limité aux marchés financiers traditionnels. Il leur permettra aussi de diversifier les sources de financement et d’obtenir des ressources financières à long terme pour les projets d’infrastructures et de développement. Sous le thème : « Maîtriser les financements structurés pour le développement des infrastructures dans les pays de la Cemac : cas du Cameroun », le séminaire sera animé par des intervenants internationalement reconnus. Parmi eux, Hubert Otele Essomba, expert financier et directeur associé du Cabinet G&M Finance ; Catherine Gerst, experte en stratégie financière et professeur à l’Institut de Haute Finance de Paris et d’Abidjan ; Samuel KOTTO Ndoumbe, administrateur indépendant de banque et ancien directeur général de la Banque Atlantique ; et Patrick Provenzano, expert en stratégie, transformation et efficience des organisations, ainsi que professeur associé et coordonnateur du pôle « Gouvernance et Stratégie » de l’Université Catholique d’Afrique Centrale.

Affaire MRC-Elecam : La Cour d’appel se déclare « incompétente »

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Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) n’est pas au bout de ses peines. Le parti de Maurice Kamto vient encore de mordre la poussière devant la justice. Cette fois-ci, c’est la Cour d’appel du Centre qui s’est déclarée « incompétente » à pouvoir contraindre Elecam de publier le fichier électoral national tel que l’exige le parti d’opposition. Après le tribunal de Première instance de Yaoundé, centre administratif, saisi par le MRC, et qui s’est déclaré incompétent » à pouvoir statuer sur la cause.

Le parti de Maurice Kamto qui est engagé dans un contentieux préélectoral avant même le kick-off du processus électoral, dénonce une fuite en avant de la justice à tous les niveaux. « De ce rejet simultané de compétences, du Conseil constitutionnel à la Cour d’appel qui refuse de retenir sa compétence, ça veut dire qu’il faut encore saisir le régulateur suprême du processus électoral, pour qu’il détermine complètement ou clarifie la position, sinon les citoyens qui ont des droits dans cette les électorale, ne sauront pas à qui se vouer, parlant du Conseil constitutionnel», a déjà envisagé Me Hyppolite Méli, conseil du MRC.

Mais ce n’est que partie remise pour le MRC qui est engagé dans une bataille juridique et judiciaire avec les acteurs étatiques engagés dans le processus électoral. On sait qu’avant le front du fichier électoral qu’Elecam n’a publié que dans ses antennes régionales, le MRC avait déjà attaqué en vain les postures d’Emmanuel Bondé (finalement décédé avant le procès) et Minkoa She, membres du Conseil constitutionnel, pour des « incompatibilités ». Avec le fichier électoral, le parti d’opposition a pu obtenir la réintégration des électeurs retirés du fichier par Elecam, pour des erreurs techniques de l’opérateur électoral, au sujet de leurs éléments biométriques enregistrés par Elecam. 

25 milliards de FCFA pour lutter contre la pauvreté dans le Bassin du Lac Tchad

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Le projet Resilac 2 a été officiellement lancé le 13 février 2025 à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé par le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey. Cette cérémonie qui a connu la présence de plusieurs membres du gouvernement, de partenaires techniques et financiers ainsi que de représentants d’ONG telles que Action contre la Faim, a aussi été marquée par la tenue de la première réunion du Comité de pilotage national du projet.

Dans son discours d’ouverture, le Minepat a souligné que Resilac 2 poursuivra l’accompagnement des communautés affectées à travers une approche inclusive et participative. « Ce projet s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, en matière de développement économique et social », a-t-il affirmé, appelant les parties prenantes à une implication sans faille pour garantir le succès de cette nouvelle phase.

Le projet vise notamment l’amélioration des conditions socio-économiques des femmes et des jeunes, grâce à une meilleure gestion des ressources naturelles, au développement de l’entrepreneuriat et au soutien aux initiatives locales. L’accent sera mis sur le renforcement des capacités des autorités locales et des organisations communautaires pour favoriser la cohésion sociale et une gestion durable des ressources naturelles autour du Lac Tchad.

Déployé sur la période 2024- 2028, le programme Resilac 2 s’articule autour de trois axes majeurs visant à renforcer la résilience des populations vulnérables. Il ambitionne d’améliorer l’accès aux services de base et aux moyens de subsistance en ciblant les populations déplacées, réfugiées, rapatriées et les communautés hôtes. Cette approche s’accompagne d’un travail sur l’inclusion sociale et économique afin de favoriser une meilleure intégration des bénéficiaires. Parallèlement, le programme mise sur le renforcement des capacités des autorités et des organisations locales, dans une optique de cohésion sociale et de gestion durable des ressources naturelles à l’échelle locale, régionale et nationale.

Enfin, il entend soutenir la relance économique et dynamiser les échanges transfrontaliers, en facilitant l’accès à l’emploi et en diversifiant les systèmes de production agro-sylvopastoraux et halieutiques, tout en intégrant les défis liés au changement climatique. Avec un budget de 25,2 milliards de FCFA (soit 38,47 millions d’euros), financé à hauteur de 5,2 milliards de FCFA par l’Agence Française de Développement (AFD) et 20 milliards de FCFA par l’Union Européenne, le projet sera mis en œuvre au Cameroun, au Nigeria et au Tchad.

Au Cameroun, il concernera principalement les communes de Dargala, Mindif, Mora, Koza et Tokombéré, dans l’Extrême-Nord.

UN PREMIER VOLET PORTEUR D’IMPACTS

Cette seconde phase prolonge une première initiative lancée en 2018 et mise en œuvre jusqu’en 2022 grâce à un financement de 23,6 milliards de FCFA (36,1 millions d’euros) octroyé par l’Union européenne et l’Agence française de développement. Le programme a ainsi bénéficié à 159 000 personnes réparties entre le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, les interventions ont touché 44 800 bénéficiaires issus des communes de Mindif, Dargala, Koza et Mora, avec des actions concrètes visant à renforcer l’autonomie des populations.

L’accent a notamment été mis sur l’insertion économique des jeunes, avec plus d’un millier d’entre eux mobilisés dans des travaux d’intérêt communautaire et soutenus dans le lancement d’activités génératrices de revenus dans des secteurs variés, allant de l’agriculture à la pisciculture en passant par l’élevage, le petit commerce et la couture.

Par ailleurs, le développement de l’épargne solidaire a permis la constitution d’un réseau de plusieurs milliers de membres, majoritairement des femmes, réunis au sein d’associations villageoises d’épargne et de crédit. Ces structures ont mobilisé près de 150 millions de FCFA et permis de financer des microprojets collectifs.

 Le programme a également encouragé la diffusion de techniques agricoles durables à travers des formations adaptées, afin de rendre les exploitations plus résilientes face aux aléas climatiques. En parallèle, des initiatives ont été déployées pour renforcer la cohésion sociale et apaiser les tensions liées à la gestion des ressources naturelles. L’accompagnement des populations fragilisées a également été pris en compte, avec une prise en charge spécifique en santé mentale et en soutien psychosocial, répondant aux besoins des personnes affectées par les conflits et la précarité.

Par ailleurs, Resilac 1 a contribué à structurer les organisations à base communautaire (OBC) impliquées dans la gestion des ressources naturelles. Pas moins de 21 conventions locales ont été signées pour encadrer leur utilisation et prévenir les conflits

La SNH va financer davantage de dépenses d’urgence de l’Etat en 2025

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Les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), inscrites dans les dépenses de l’État, constituent un mécanisme de financement d’urgence destiné à couvrir des besoins exceptionnels, notamment en matière de souveraineté et de sécurité. Ces dépenses, dont seule la présidence de la République et le top management de la SNH connaissent généralement l’ampleur exacte, vont encore s’intensifier en 2025. Cette orientation est clairement annoncée dans le Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières du Cameroun, document annexé à la loi de finances 2025.

« Les achats de biens et services augmentent de 105,8 milliards en valeur absolue et 11,5% en valeur relative. Cette augmentation prend essentiellement en compte l’organisation des élections en 2025, les loyers des contrats PPP, les charges récurrentes des nouveaux équipements, ainsi que le renforcement de certaines dotations notamment les interventions directes SNH dédiées à la sécurité, des études et maîtrises d’œuvre », peut-on lire dans ce document.

UNE RÉFORME BOUDÉE PAR LE GOUVERNEMENT

Cette politique budgétaire, bien que soutenue par les autorités, suscite de vives critiques de la part du Fonds monétaire international. L’institution de Bretton Woods accompagne pourtant le Cameroun dans un ambitieux programme économique et financier, dans le cadre duquel le pays a déjà bénéficié de 408,9 milliards de FCFA de prêts au 3 juillet 2024. Le décaissement de ces fonds est conditionné par le respect des engagements pris par le pays, notamment en matière de réformes structurelles et de gestion économique rigoureuse.

Or, le Cameroun peine à respecter certaines exigences fixées par le FMI, notamment celles concernant les interventions directes de la SNH et les dépenses exécutées via des procédures exceptionnelles. Depuis 2021, le Cameroun n’a pas pu respecter trois des cinq cibles indicatives fixées par le FMI, notamment les plafonds sur l’accumulation nette d’arriérés de paiements intérieurs, les interventions directes de la SNH et la part des dépenses exécutées via des procédures exceptionnelles.

Par exemple, en 2021, les interventions directes de la SNH avaient déjà atteint 138 milliards de FCFA à fin juin, dépassant largement le plafond initial de 100 milliards. En 2022, malgré des limites fixées à 40 milliards à fin mars et 80 milliards à fin juin, les interventions avaient atteint 91,9 milliards à mi-année. Le gouvernement camerounais explique ces dépassements par la persistance des défis sécuritaires et les subventions aux prix des carburants, qui ont nécessité des dépenses urgentes.

Pour répondre aux critiques du FMI, les autorités se sont engagées à améliorer le suivi des dépenses liées aux interventions directes de la SNH et à réduire l’utilisation des procédures exceptionnelles. Un comité, composé de représentants de la SNH et du ministère des Finances, a été mis en place pour assurer une meilleure transparence et fournir des rapports trimestriels détaillés au FMI.

 Malgré ces efforts, le FMI a constaté, lors de la revue suivante, que les plafonds des avances de trésorerie et des interventions directes de la SNH avaient été dépassés, principalement en raison de problèmes de liquidité dans le secteur de l’électricité et de dépenses d’urgence liées à la sécurité intérieure. « Le plafond des avances de trésorerie sans crédit budgétaire a été dépassé principalement en raison de problèmes de liquidité dans le secteur de l’électricité et de dépenses d’urgence liées à la sécurité intérieure. La part des dépenses dans le cadre de procédures exceptionnelles a aussi dépassé l’objectif à la suite d’un montant élevé d’avances de trésorerie et d’interventions directes de la SNH », indiquait l’institution de Bretton Woods.

LA TENDANCE SE POURSUIT

Cette tendance s’est poursuivie en 2024, comme l’a souligné le FMI dans un rapport publié en novembre 2024, indiquant que plusieurs objectifs indicatifs n’avaient pas été atteints, notamment ceux concernant les interventions directes de la SNH et les dépenses exécutées via des procédures exceptionnelles.

« Les dépenses exécutées par procédures dérogatoires y compris par des avances de trésorerie, et les interventions directes de SNH, sont en dépassement des montants conformes avec les objectifs du programme et les engagements des autorités. Les autorités notent que certaines de ces dépenses sont de nature urgent et ne sont pas incluses dans la loi de finances adoptée, et créent un effet d’éviction sur d’autres dépenses importantes, en particulier, les dépenses d’investissement public. », a souligné l’institution financière qui a de nouveau rappelé au gouvernement l’urgence de rompre avec cette politique budgétaire.

Pour mémoire, entre 2020 et 2021, la SNH a dépensé 419 milliards de FCFA pour des interventions directes, un montant qui pourrait encore augmenter en 2025. Le gouvernement va réactiver ce mécanisme de financement d’urgence destiné à couvrir des besoins exceptionnels, notamment en matière de souveraineté et de sécurité. C’est ce que révèle le dernier Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières, publié par le ministère des Finances

La BEAC prévoit d’investir 43,8 milliards de FCFA pour porter l’inclusion financière à 75%

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Face aux défis persistants d’accès aux services financiers en Afrique centrale, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a dévoilé sa Stratégie Régionale d’Inclusion Financière (SRIF) 2025-2029. La vision commune retenue pour la SRIF 2025- 2029 est de « permettre l’accès et l’utilisation d’une gamme de produits et services financiers adaptés, variés et abordables aux populations vulnérables (ou exclues financièrement), notamment pour les jeunes, femmes, populations rurales et MPME (Micros, Petites et Moyennes Entreprises) de la zone CEMAC » avec l’objectif global d’« accroître l’inclusion financière de 32 % en 2021 à 60% d’ici à 2029 et 75 % à l’horizon 2032 ».

La SRIF 2025-2029 met l’accent sur quatre segments de population particulièrement exclus : les femmes, les jeunes, les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) et les populations rurales. Elle inclut également d’autres groupes vulnérables, tels que les réfugiés, les migrants transfrontaliers et les déplacés internes, via des stratégies nationales adaptées. Elle vise à transformer le paysage financier en se fondant sur six axes stratégiques principaux : l’éducation et la protection des consommateurs des services financiers, la promotion de l’innovation et des services financiers numériques (SFN), la mise en place d’un cadre réglementaire propice, un accès facilité à des services financiers et non financiers adaptés, la disponibilité de données fiables sur l’inclusion financière, et le renforcement des capacités des acteurs du secteur financier. La banque centrale observe que l’inclusion financière est globalement en augmentation. « Le taux de bancarisation strict est de 12 % pour la zone CEMAC en 2021, allant de 5 % pour le Tchad à 27 % pour la Guinée Equatoriale. Pour ce qui est du taux de bancarisation élargi, il est de 22 % en 2021. Le taux d’accès aux comptes de paiement (ou mobile money), mesuré par le rapport entre le nombre d’adultes de plus de 15 ans ayant un ou plusieurs comptes de paiement (ou mobile money) et la population adulte (plus de 15 ans) est de 52 % en 2021 contre 39 % en 2018 (et contre 22 % pour les comptes au sein d’établissements de crédit ou de microfinance en 2021). Il reflète l’intérêt élevé et grandissant des populations pour le mobile money », rapporte la banque.

 Le plan d’actions détaillé, qui s’étale sur 68 initiatives et 24 objectifs spécifiques, nécessitera un investissement de 43,8 milliards FCFA. Sa mise en œuvre impliquera les États membres et divers acteurs du secteur financier, sous la supervision d’un dispositif de gouvernance renforcé. Des Comités Nationaux de Suivi de Mise en Œuvre (CNSMO) et des Groupes de Travail Thématiques (GTT) seront établis dans chaque pays pour assurer une coordination efficace entre les stratégies nationales et la stratégie régionale.

CNI : Enfin la délivrance pour les Camerounais

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Après plusieurs rendez-vous manqués, le Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) a tenu cette fois-ci. Martin Mbarga Nguele a tenu à lancer personnellement la production des nouvelles Cartes nationales d’identité (CNI) hier matin à Yaoundé. Si le centre de production de cette pièce précieuse devenue très rare n’est pas encore achevé de construction, Martin Mbarga Nguele a tenu à respecter le dernier rendez-vous qu’il a donné aux Camerounais. Ce 17 février 2025.

La plateforme numérique devant servir de cadre au pré-enrôlement est déjà opérationnelle. Le mode opératoire est livré sur les réseaux sociaux depuis les premières heures de la journée. Et les nécessiteux s’y sont lancés déjà. Sur le site du Centre de production des passeports qui abrite provisoirement les services de production de la CNI, quelques candidats à l’établissement de la précieuse pièce identitaire sont venus aux nouvelles, et des informations leur sont servies.

Le prospectus de la Dgsn

Lors de la cérémonie de présentation des vœux à la Dgsn en janvier dernier, Martin Mbarga Nguele avait réitéré que la fin des souffrances des Camerounais est proche. Indiquant d’ailleurs la date du 17 février comme démarrage effectif des procédures. Cette fois-ci a été la bonne. Depuis plusieurs années, les Camerounais vivent une crise de production de pièces identitaires. Le changement d’opérateur de production n’y a rien changé. Le Français Thalès est parti, l’Allemand Augentic est arrivé, la crise a persisté. Sans explications claires sur l’incapacité de l’Etat à produire la CNI, la Dgsn a fini par faire du récépissé de ladite pièce la CNI elle-même, autorisant les banques à accepter les opérations financières avec ce document provisoire, devenu définitif. Entre pénurie de « papier » et profusion de fausses identités, les responsables étatiques ont laissé les citoyens dans le flou. Jusqu’à ce 17 février 2025. Au moment où le pré-enrôlement est lancé pour les nouveaux demandeurs et les personnes disposant de la double identité et qui ont fait leur mea culpa à travers le circuit proposé par la Dgsn, les anciens demandeurs non concernés par les problèmes de double identité, peuvent déjà obtenir leurs CNI, a déclaré le patron de la police.

A titre de rappel, le pré-enrôlement numérique permet aux demandeurs de remplir un formulaire en ligne, de fournir les informations nécessaires (nom, date de naissance, lieu de résidence, etc.), puis de payer les frais requis, soit 10 000F, par voie électronique aussi, pour plus de sécurité. La suite sera un rendez-vous donné au centre local de prise de données biométriques et physiques. Cette phase est prévue dès le 24 février 2025. Pour le reste, il faudra attendre juste deux jours maximum, pour obtenir sa CNI.

Titres publics: à quoi serviront les fonds mobilisés

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 Les travaux d’infrastructures routières,  l’énergie, le transport sont parmi les principaux secteurs auxquels les ressources sont affectées.  

C’est depuis 2009 que le gouvernement camerounais procède à la levée regulière des ressources sur le marché des capitaux pour financer des projets d’investissements publics.  Au départ pour mettre en œuvre la  stratégie de la croissance et l’emploi, et depuis 2020, la snd30. Cette année, c’est un montant de 380 milliards de FCFA  qui est recherché pour poursuivre les projets structurants engagés ces dernières années.  Les besoins de financement sont importants, explique Paul Tassong ministre délégué auprès du ministre de l’Economie.

400 milliards  de FCFA  pour l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal

 L’un des projets structurants phares en énergie est l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal. La centrale hydroélectrique d’une capacité de 420 mégawatts est en cours de finalisation. La ligne de transport de cette énergie vers la ville de Yaoundé, longue de 65km est également en cours. Pour finaliser ce projet, le gouvernement estime le besoin autour de 400 milliards de FCFA.  Dans le même secteur, il faut aussi des ressources pour finaliser le barrage de Lom Pangar d’une capacité de retenue d’eau de 6 milliards de m3. Déjà fonctionnel,  ce barrage doit être accompagné d’une usine de pied d’une capacité de production de 30 mégawatts. Ce  volet est en cours de réalisation et les travaux sont estimés à 65% selon Paul Tassong. La ligne d’évacuation longue de 305 km,  est aussi en chantier avec un taux de réalisation estimé à 70%.  Mais il faut encore 20 milliards de FCFA pour finaliser ces travaux.

 130 milliards FCFA pour le complexe industrialo portuaire de kribi

Les besoins urgents en financement pour l’aménagement ducomplexe industrialo portuaire de kribisont estimés à 130 milliards FCFA. Ces fonds devraient servir à financer en urgence, l’alimentation de l’électricité, la zone logistique et la connectivité routière du port, notamment  la réhabilitation de la route Edea-kribi, l’achèvement de la route Yaoundé-kribi et la construction de la route Ebolowa-kribi ainsi que la route intégrateur kribi-campo.  Il faut dire que la Phase 1 de ce projet a déjà été réalisé. Elle consistait  à la construction d’un terminal à conteneurs de 350 mètre de quai, un terminal oligopoles de 265 m et une digue de protection de 1355m. La phase 2 en cours actuellement affiche un taux de  réalisation de 50% selon le Minepat.   Il est question dans cette deuxième phase, du prolongement de la digue de protection de 675m, l’extension du terminal à conteneurs de 700m et la réalisation d’une zone d’entreposage de 3 hectares.

  Par ailleurs, le Minepat a signé une convention avec le Port Autonome de Kribi, pour un montant de 100 milliards devant couvrir une période de 5 ans. Cette convention prévoit pour l’année 2025 la mise à disposition d’un montant de 25 milliards au Port de Kribi afin  de financer le développement du quai pétrolier, avec en lice  deux sociétés qui souhaitent occuper cet espace. La SCDP et le projet de fabrication ou de raffinage du bitume au Cameroun porté par des investisseurs camerounais.

15 milliards pour la pénétrante Est de Douala

La deuxième phase de la  réhabilitation de la pénétrante Est de Douala d’un linéaire de 9 KM est citée parmi les priorités du gouvernement. D’un coût total d’environ 90 milliards de FCFA, cette phase consiste à l’aménagement des voies alternatives, le déplacement des réseaux d’eau, d’électricité et de téléphone, l’élargissement de 2×1 voies à 3×2 voies de 3,50m, la construction de quatre giratoires, la construction des ouvrages d’art et d’assainissement dont un échangeur type Pipo au Carrefour Yassa et un échangeur de Type Spda à l’entrée du stade de Japoma.  Les travaux prévoient également  la mise en place des réseaux d’alimentation en eau, électricité et télécommunications, de même que l’aménagement  de 3 voies en pavés autobloquants. A date,  le projet est achevé à 83%  selon le gouvernement qui affiche un besoin de financement de 15 milliards de FCFA pour assurer sa contrepartie.

Toujours dans le registre des infrastructures routières,  il y a aussi la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé –douala longue de 136 km en cours de préparation en vue d’une organisation en mode partenariat public. Les investisseurs nationaux et régionaux sont interpellés.  « Pour tous les grands projets mentionnés l’État attend un financement assez consistant de ses partenaires au développement. Et pour cela, le budget de l’État 2025 a prévu une enveloppe de 113 milliards sous forme de contrepartie pour accompagner ces différents projets. Aussi, la SNI a une nouvelle configuration depuis un décret ressent et ce décret, ainsi que les actes qui l’accompagnent ont instruit le gouvernement à mobiliser 200 milliards à hauteur de 50 milliards par an pour renforcer les capacités de la snd30 et l’objectif de cela c’est essentiellement pour pouvoir accompagner le secteur privé dans le développement de l’économie nationale.», précise Paul Tassong.
Le budget 2025 a par ailleurs prévu une enveloppe de 50 milliards pour le plan intégré d’import substitution agro-pastorale et halieutiques. Ce plan est reparti dans plusieurs ministères.

Ces dernières années, les ressources  des emprunts obligataires du Cameroun, notamment de 2020 à 2024 sont le plus orientées  vers  les projets d’infrastructures. En 2024, les infrastructures routières viennent en tête  avec une enveloppe de 184 milliards sur les 290 milliards sollicités et mobilisés. Le sous-secteur de l’énergie vient en deuxième position avec une dotation de 23 milliards, suivie des infrastructures de transport, 9 milliards et l’aménagement du territoire 1,5 milliard de FCFA.

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