mercredi, juin 3, 2026
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Cybersécurité : Les cyberattaques ont bondi de 91 % en 2024 au Cameroun

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Dans une atmosphère empreinte de solennité, Mohamadou Saoudi, secrétaire général du ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), a ouvert le 13 février dernier à Yaoundé, la Conférence KNext 2025 consacrée à la sensibilisation aux vulnérabilités et aux méthodes de protection des systèmes d’information. Cet événement a rassemblé des experts en cybersécurité, des décideurs politiques, des chefs d’entreprises et des professionnels du numérique.

Ce rendez-vous intervient dans un contexte où la transformation numérique progresse à une vitesse fulgurante, la question de la cybersécurité est devenue un enjeu majeur. En 2024, selon l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), le Cameroun comptait plus de 10 millions d’internautes, avec un taux de pénétration Internet de 45 %. Cet établissement public dirigé par le Pr Philémon Zoo Zame observe que l’accroissement des transactions en ligne, du cloud computing et du télétravail amplifie la vulnérabilité des entreprises et des institutions publiques face aux cyberattaques. Le Cameroun, comme de nombreux autres pays, doit faire face à des menaces croissantes telles que le piratage de données, les rançongiciels et les attaques par déni de service. Ces menaces ne touchent pas seulement les entreprises, mais également les administrations publiques, mettant en péril la confidentialité des informations sensibles et la continuité des services essentiels. L’intervention des spécialistes de Kaspersky, entreprise mondialement reconnue dans le domaine de la cybersécurité, a permis de dresser un constat alarmant sur l’évolution des cyberattaques et la sophistication croissante des méthodes employées par les hackers.

 D’après Kaspersky, les attaques exploitant des failles de sécurité ont presque doublé en un an au Cameroun, passant de plus de 174 000 en 2023 à près de 334 000 en 2024, soit une hausse de 91 %. « Face à cette menace cybernétique croissante, les entreprises et institutions camerounaises doivent adopter une approche proactive en matière de cybersécurité. L’engagement du Minpostel dans le KNext Yaoundé 2025 est un signal fort de la nécessité d’une mobilisation collective face aux cyberattaques », a déclaré Gladys Salmouth, Responsable Communication Corporate Afrique Centrale et de l’Ouest chez Kaspersky. « Aujourd’hui, les cybercriminels utilisent l’intelligence artificielle pour perfectionner leurs attaques et contourner les systèmes de protection les plus robustes. Face à cela, la prévention et l’anticipation deviennent des priorités absolues », a expliqué un expert de la firme. Cinq exposés ont rythmé ce rendez-vous, portant notamment sur l’évolution de la menace cybernétique au sein des entreprises camerounaises, le processus d’une cyberattaque, et le « Threat Intelligence pour Firewall », qui consiste à renforcer les capacités de cybersécurité des pares-feux avec la threat intelligence de dernière génération Kaspersky, offrant des flux complémentaires à des tarifs compétitifs.

LA PRÉVENTION, UNE ARME REDOUTABLE

Parmi les stratégies mises en avant lors de cette conférence, la sensibilisation des utilisateurs a été identifiée comme un levier essentiel. Trop souvent, les failles de sécurité proviennent de comportements humains inappropriés : mots de passe faibles, méconnaissance des risques liés aux emails de phishing, négligence dans la mise à jour des logiciels. « La cybersécurité ne doit pas être perçue comme une simple affaire de techniciens. Chaque utilisateur est un maillon de la chaîne et doit adopter les bonnes pratiques », a souligné un intervenant. Parmi les autres mesures préventives mises en avant, on peut citer l’adoption de solutions de sécurité avancées telles que les pare-feux, les antivirus performants et les systèmes de détection d’intrusion, la mise en place de politiques de sécurité solides incluant des audits réguliers et des protocoles de gestion des incidents, ainsi que le renforcement de la collaboration entre les administrations, les entreprises et les experts en cybersécurité pour un partage efficace des connaissances et des meilleures pratiques.

L’IA ET LE BIG DATA : ATOUTS OU MENACES ?

L’un des moments forts de la conférence a été l’exploration du rôle grandissant de l’intelligence artificielle et du Big Data dans la cybersécurité. Si ces technologies offrent des opportunités inédites pour renforcer la détection des cyberattaques et analyser les comportements suspects, elles sont également exploitées par les cybercriminels. « Les deepfakes et les campagnes de phishing personnalisées, alimentées par l’IA, rendent la fraude numérique encore plus difficile à contrer », a mis en garde un analyste en sécurité informatique. Le Cameroun doit ainsi redoubler d’efforts pour intégrer ces avancées technologiques tout en renforçant la protection des données personnelles. La mise en place de réglementations strictes et de cadres juridiques adaptés à ces nouvelles réalités est un passage obligé.

L’Etat veut s’appuyer sur la digitalisation et les caisses de retraite pour se financer

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  Au moment où le Cameroun doit recourir à des émissions de titres publics d’un montant de 380 milliards FCFA sur le marché des capitaux,  le ministre des Finances face aux investisseurs à Douala a dit la volonté du gouvernement de déployer des outils financiers innovants afin de capter plus d’épargne locale notamment à travers les établissements de micro finance pour financer les projets de développement inscrits dans la loi de finances de cette année.

 Le Cameroun poursuit sa stratégie nationale de diversification des instruments financiers. Après avoir été présent en 2024 sur le marché monétaire de la Beac et sur le marché financier international, le pays y retourne cette année encore avec pour objectif de mobiliser 380 milliards de FCFA.  Seulement, un constat  se dégage sur le marché monétaire de la Beac. « La violation des titres et les taux de souscription continuent de baisser pendant que les taux de sortie continuent de progresser. En effet,  les taux d’intérêt moyen pondérés des BTA qui étaient de 2,67% en 2020 passent à 6,33% à fin 2024. Les taux de couverture passent de 206,98% à 69,03%.  Il en est de même des prix moyen pondérés », fait observer le ministre des Finances. 

Cette situation couplée à un contexte mondial marqué par des pressions inflationnistes et la raréfaction des financements concessionnels poussent le Cameroun à mettre en place une stratégie de financement innovante. Le gouvernement  a ainsi présenté son plan de financement pour 2025 à Douala le 13 février dernier.  A l’occasion,  il a été indiqué  que le pays souhaite attirer davantage d’investisseurs institutionnels et individuels, notamment les petits épargnants jusqu’ici exclus, mais surtout accroitre la part de l’épargne locale, notamment grâce à la digitalisation.

Vers la digitalisation des souscriptions des titres publics

« Nous avons le devoir de démocratiser l’accès à l’épargne, de faire en sorte que chaque citoyen,  chaque petite entreprise,  chaque acteur économique puisse en un simple clic dans son téléphone, investir dans les obligations  de l’Etat et participer activement à l’édification de notre pays », déclare Louis Paul Motaze, ministre des Finances. Au-delà de la modernisation du financement de l’économie, le gouvernement souhaite à travers la digitalisation, attirer des petits épargnants.  En effet le constat fait est que  le Cameroun dispose de 26 millions de comptes mobile money, mais moins de 0,01% de la population investit dans les titres publics. Parmi les freins, il y a par exemple le seuil d’investissement trop élevé, souvent compris entre 100 000 et 1 million  de FCFA.  En faisant recours à la digitalisation,  l’Etat pourrait mobiliser jusqu’à 500 milliards FCFA par an, avec un potentiel de 50 milliards FCFA dès la première année.  Les comptes mobile money et les solutions fintech seront donc mis à contribution.  Il sera question de créer un marché secondaire où les détenteurs de titres pourraient échanger leurs actifs à travers la mise en place d’émissions spécifiques pour financer des actifs identifiés.  Cette approche permettra en gros de capter 1 000 milliards FCFA d’épargne informelle qui sont jusqu’ici inexploitables faute de mécanismes adaptés.  C’est dans ce même ordre d’idées que  le gouvernement souhaite désormais permettre aux établissements de micro finance de détenir des titres publics, au même titre que les banques.  Ces établissements sont exclus du circuit depuis les réformes de 2010, visant à développer le marché des titres publics au Cameroun.  Or, les EMF détiennent les fonds des petits épargnants et peuvent jouer un rôle décisif dans l’élargissement de la base des investisseurs.  Il est envisagé l’émission d’obligations dédiées aux petits épargnants, avec des montants adaptés et des taux légèrement plus attractifs que ceux du marché.

  Les fonds de pension pour lever l’épargne locale

 En plus des établissements de micro finance et des compagnies d’assurance, l’Etat compte sur les fonds de pension. La Caisse de Retraite de la Banque Centrale (CRBC)  est prise pour exemple. Avec 235,18 milliards FCFA d’actifs sous gestion à fin 2023, elle détient une part importante de son portefeuille en titres publics, représentant 72,32% de ses actifs. Ce, pour avoir créé des fonds communs de placement pour ses adhérents.  Cette stratégie garantit à la fois sécurité et rendement, tout en participant activement au financement des infrastructures et des projets de développement du pays. Les mutuelles des entreprises sont donc ainsi interpellées à investir sur le marché financier pour soutenir les projets du gouvernement.

Les autorités se disent toutefois conscients des limites à relever pour encourager la détention de titres publics par les EMF, les compagnies d’assurance et caisses de retraite. Il est notamment question d’ajuster la réglementation afin d’intégrer les besoins spécifiques de ces acteurs, d’allonger la durée des titres publics pour offrir des maturités adaptées aux investisseurs institutionnels et de renforcer la transparence et la traçabilité des émissions obligataires, afin d’améliorer la confiance des investisseurs.

Kousséri : délivrance pour Ngoh Ngoh après 24 houleuses heures

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Ferdinand Ngoh Ngoh a finalement quitté Kousséri hier 16 février 2025, pour Maroua. Vingt-quatre heures plus tard que prévu. Le secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) a dû recevoir en urgence les élus locaux du département du Logone et Chari. Députés, maires, conseillers municipaux et régionaux, ont été reçus, par communauté et/ou circonscriptions administratives. Le temps d’une nuit, l’émissaire de Paul Biya a ainsi échangé avec les élus locaux sur les problèmes de la région frappée tant par les inondations que la secte terroriste Boko-Haram. Crises qui ont considérablement affecté le quotidien des populations. Lesquelles semblent ne pas ressentir l’attention des pouvoirs publics.

C’est dans ce contexte que l’émissaire de Paul Biya est arrivé dans la région de l’Extrême-Nord, pour prendre le pouls de la région des mois après les inondations de juillet dernier. La mission express de 24h sera rallongée par la détermination des élus locaux à se faire écouter par le Sgpr. Après des passages éclairs à Yagoua et à Kousséri, Ferdinand Ngoh Ngoh qui n’a reçu que quelques autorités locales à Kousséri, sera pris en otage par l’ensemble des élus de la région qui bloqueront son hélicoptère, exigeant que l’homme proche de Biya au propre comme au figuré, écoute ce qu’ils avaient concocté à son intention, pour être transmis au président de la République. Une bonne partie de la nuit, Ferdinand Ngoh Ngoh recevra différentes délégations. Pour à la fin être obligé cette fois-ci de faire le voyage Kousséri-Maroua par route, afin de mieux apprécier par lui-même la réalité de cette route. Si Ngoh Ngoh a cédé à la première exigence, il parviendra à se faire comprendre pour la seconde.

Et en quittant Kousseri, l’homme qui, aux yeux des élus locaux du Logone et Chari, n’était pas au faîte de l’exactitude de la réalité du terrain du Logone et Chari et même de l’ensemble de l’Extrême-Nord, a promis un appui financier très bientôt. Yaoundé a reçu les premiers signaux contestataires d’une région généralement tendre envers le régime. Le temps ne sera pas du côté des dirigeants.

Climat politique : Ferdinand Ngoh Ngoh séquestré à Kousséri

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Les images de la scène sont pour le moins irréalistes. Des maires échangeant violemment avec Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République. On peut entendre entre autres « il doit nous recevoir tous», « vous avez des armes non? tirez sur nous», « nos frères sont en train de mourir en brousse et… il est qui ? Il est qui ? il est evoyé par le chef de l’Etat, il va aller mentir», « dans ce cas nous démissionnons tous du parti»,… Arborant leurs écharpes tricolores, les élus bloquent l’hélicoptère de l’envoyé spécial de Paul Biya. Le gouverneur tente en vain de calmer les mécontents. En face, on ne fait l’économie d’aucun mot pour dire son ressenti.

Ferdinand Ngoh Ngoh est allé dans la région de l’Extrême-Nord prendre le pool de la situation après les inondations. Dans ce département dont on a peu parlé dans le cadre des inondations de juillet dernier, l’envoyé spécial du président de la République n’a pas reçu tous les maires, selon certaines informations, mais quelques-uns seulement, à la résidence du préfet. Ce qui a irrité les autres maires. Le blog sesucam360blog.wordpress.com écrit que « on a présenté à la télé le département du Mayo-Danay comme étant le département le plus touché, pourtant c’est faux. Les localités comme Darak et autres sont dans le département du Logone et Chari, mais on n’en parle pas, pourtant ces zones ont été plus touchées que Yagoua», rapporte une source locale. 

La tension monte de plus en plus dans cette partie du pays. La semaine dernière, c’est le gouverneur de la région qui a été pris à partie par des populations de Kourbi dans l’arrondissement de Guidiguis. Midjiyawa Bakari est allé calmer les populations qui avaient barré la voie publique pour protester contre la création du parc de Ma Mbed Mbed. Le numéro un de la région n’a pas pu se faire entendre par une foule déchaînée et armée de gourdins, machettes et flèches. Coincé dans une haie d’épines et de branchages, le gouverneur, le préfet du Mayo-Kani et tout l’état-major régional et départemental, n’ont eu la vie sauve que grâce à l’intervention du Bataillon d’intervention rapide (BIR).

Le Port  de Douala renforce ses infrastructures de sûreté        

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   La deuxième phase de sécurisation du combinat portuaire qui vient de s’achever a permis de doter le périmètre du Port de Douala-Bonabéri  d’infrastructures de pointe et ainsi de s’aligner aux normes internationales de sûreté et de gestion portuaire.

Un centre ultra moderne d’archives, comprenant des bibliothèques physiques et numériques, ainsi qu’un système avancé de classification documentaire. Cet important outil de gestion de la préservation des données portuaires est l’un des fruits visibles de la phase 2 du projet Douala Port Security (DPS).  Le Port Autonome de Douala (PAD)  a officiellement réceptionné les travaux le 7 février 2025. Le projet a également permis de réaliser l’extension du réseau de vidéosurveillance (CCTV) pour une couverture étendue vers de nouvelles zones d’activités du domaine portuaire. Dans le même sillage, la tour de contrôle du port a été davantage modernisée. Ce qui renforce les capacités en matière de gestion du trafic maritime, de supervision et d’intervention.

La première phase du projet , menée en partenariat avec l’entreprise cocontractante PORTSEC SA, avait déjà permis d’avoir des équipements de sûreté  plus optimaux. Cette nouvelle phase vient donc renforcer ce dispositif avec des infrastructures et de technologies de pointe. Dans la première phase, il a notamment été question de l’installation d’un système de suivi et de surveillance des navires (VTMIS), la mise en place d’une série de radars de navigation de longue portée pour surveiller les mouvements des navires sur le plan d’eau de la bouée d’atterrissage jusqu’au port de Douala-Bonabéri. On note également la sécurisation des accès via des cartes dotées de puces RFID, le déploiement d’un scanner mobile pour passer au crible les marchandises en importation et en exportation, ainsi que la construction d’une clôture périmétrique renforcée et des portes d’entrée dans le domaine portuaire.

 Globalement, ce projet annoncé par le président de la République le 6 octobre 2011 dans son discours de campagne à Douala, vise par ailleurs à aligner le Port de Douala-Bonabéri aux normes internationales de sûreté et de gestion portuaire.  Le PAD a d’ailleurs obtenu en 2023, la certification aux normes de l’International Ship and Port Facility Security (ISPS). Ce « code  international pour la sûreté des navires et des installations portuaires » découle d’un audit des installations du combinat portuaire de Douala Bonabéri par des gardes-côtes américains. Ce qui a permis de relever plusieurs aspects. Notamment, le contrôle de l’accès aux navires et aux installations portuaires ainsi que le passage des personnes, marchandises, les approvisionnements, l’organisation des entraînements de sûreté  au moins une fois par trimestre.
Le management du port envisage déjà la phase 3 du projet DPS.  Cette phase entend accroître encore davantage la sûreté et les capacités opérationnelles du port de Douala-Bonabéri à travers plusieurs initiatives structurantes.  Entre autres, la construction et la mise en service d’une nouvelle porte principale à la zone de Youpwe, l’extension du réseau de vidéosurveillance et de l’éclairage public solaire pour la sécurisation de nouvelles zones industrialo-portuaires à Essengue et Youpwe etc.

 Réaction

Charles Michaux Moukoko Njoh, DGA du Port Autonome de Douala

 « Le niveau de satisfaction est au-delà de 100%»
« Le port de Douala est déjà en train de vivre une transformation radicale. Et celle-ci intervient à la suite des engagements pris à un très haut niveau par le chef de l’Etat lui-même qui lors de la campagne dans le cadre des élections d’octobre 2011, avait pris l’engagement de faire du port de Douala, le pôle de référence dans le golfe de Guinée. Les études ont été menées pour donner corps à cet engagement  et ce sont elles qui ont abouti à cette transformation que nous observons aujourd’hui. Depuis le président de la République, nous avons trois phases qui ont été déjà validées.
La première a permis de mettre le port dans un enclos, avec un minimum d’éléments de sécurisation. La seconde que nous réceptionnons aujourd’hui est celle qui a permis de donner corps à la formation d’un certain nombre de personnel.
Il y avait au total 8 solutions ; des travaux et la formation du personnel pour leur donner un standard qui permet de rivaliser avec les meilleurs standards qu’il y a dans les ports.
Nous venons de vivre une réception qu’on n’a pas souvent vue. Tous ceux qui utilisent le matériel qui a été installé, manifestent un niveau de satisfaction au-delà de 100%
Nous sommes très satisfait par ce que nous venons de réceptionner aujourd’hui. Nous serions très heureux si le DG était là lui-même pour voir ce qu’il a engagé. »

Réglementation de change : l’Etat appelle à plus de conformité

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A l’occasion d’un séminaire organisé par le ministère des Finances à Douala, les institutions financières ainsi que les opérateurs économiques sont encouragés au respect des procédures pour  préserver les réserves de change du pays en baisse.

La réglementation de change  en vigueur dans la  zone Cemac depuis 2018 n’est pas toujours appliquée de manière totale.  Les faits de non-conformité sont nombreux autant pour les opérateurs économiques, les bureaux de change que pour les établissements de crédit. Pour ces derniers par exemple, il leur est reproché la non déclaration des opérations ou même parfois l’absence de détails financiers, notamment des montants des taux d’intérêt, l’échéancier de remboursement etc.  Ces manquements, selon le ministère des Finances (Minfi) , fragilisent  les efforts de préservation des réserves de change qui demeurent un défi majeur pour le pays actuellement, et même dans la sous-région.  Car, le déficit se creuse d’année en année.

En 2016,  selon les données publiées par le Minfi, les réserves du Cameroun s’établissaient à 636 milliards de FCFA. Soit moins de la moitié de leur niveau de 2008. Au 31 décembre 2023, les réserves de change de la Cemac atteignaient 6 698,85 milliards de FCFA. Cependant, ce stock a diminué de 5,8% en décembre 2024, pour s’établir à environ 6 484,8 milliards de FCFA, correspondant à 4,4 mois d’importations des biens et services. Cette tendance baissière a été relevée lors du Sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC tenu le 16 décembre 2024 à Yaoundé. Les chefs d’États se sont montrés inquiets et ont appelé les gouvernements à plus de vigilance.

C’est dans cette perspective que des experts financiers, opérateurs économiques,  responsables d’établissements de crédit ainsi que des bureaux de change étaient réunis à Douala le 05 février 2025. A l’initiative du ministère des Finances, à travers la Direction Générale du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire, ils ont été mobilisés pour un séminaire sur la vulgarisation de la Réglementation des Changes.  La rencontre a ainsi permis de revisiter ce texte, ses dispositions et les difficultés rencontrées par chacune des parties dans son implémentation.

Pour le gouvernement, les acteurs  doivent renforcer les efforts d’application stricte de la réglementation des changes. Ce qui va favoriser le rapatriement effectif des recettes d’exportation et une gestion optimisée des flux financiers.  

Interview

Eric Pokem, sous-directeur de changes et de transfert, Minfi

 « Nous devons renforcer le rapatriement des recettes d’exportations »

 Le cadre  de la direction générale du trésor de la coopération financière et monétaire du ministère des Finances relève les enjeux autour du  respect de la réglementation de change et des défis liés notamment aux opérations clandestines.

La nouvelle réglementation de change date déjà de quelques années. Mais des séminaires de sensibilisation au sujet de son application sont toujours  d’actualité. En quoi est-il important de tenir des concertations et qu’est ce qui coince dans l’implémentation de cette règlementation ? 

La réglementation de changes date de 2018. Mais, on doit toujours être à la veille parce que la stabilité financière de toute la sous-région de la Cemac en dépend. Donc ce séminaire est beaucoup plus un séminaire d’encouragement de nos opérateurs économiques, des banques et de tous les intermédiaires agréés. Mais aussi un séminaire pour les appeler à plus de conformité.  Donc nous évaluons aujourd’hui les opérateurs économiques sur leur conformité. La première conformité est d’abord ce qu’ils doivent faire avec l’autorité monétaire qui est le ministre des finances. Un autre aspect c’est la conformité avec la banque centrale. Et maintenant la Cobac qui est l’organe qui est chargé de les contrôler surtout les intermédiaires agrées. Nous essayons d’échanger pour qu’ils soient plus conformes pour une meilleure applicabilité de la réglementation de change et une meilleure stabilité financière de notre zone Cemac. Le Cameroun est la locomotive de la Zone Cemac. On a environ 51 à 52% des réserves de la zone Cemac. 

Quelles sont les principales failles que vous observez notamment du côté des établissements financiers et des bureaux de change ? 

Les principales failles dépendent des intermédiaires agrées. Si on prend le secteur des bureaux de change, la grande gangrène c’est le problème d’approvisionnement en devises. On a longtemps souligné cette problématique. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas assez de devises pour pouvoir répondre aux besoins de leur clientèle. Parce qu’actuellement il y a que les établissements de crédit qui peuvent importer les devises et c’est l’Euro. Car, pour importer le dollar et d’autres monnaies, c’est souvent difficile. Ils sont obligés de s’approvisionner  cette monnaie-là auprès des voyageurs. Ils n’ont pas assez de devises, ce qui fait que le champ clandestin gagne la rue.

En ce qui concerne le secteur bancaire, on les incite à faire toutes les déclarations, à apporter tout à l’autorité monétaire pour que nous ayons connaissance et qu’on puisse mieux suivre l’actualité. Ils le font déjà bien, mais il y a quelques failles que nous avons portées au niveau des déclarations après des emprunts remboursés et des investissements directs sortants pour lesquels on n’a pas remboursé et pour lesquels nous ne sommes pas informés. Vous imaginez quand un opérateur économique de la zone Cemac, prend une action en France, ou une obligation, et qu’on dit vous devez avoir 100 000, chaque mois soit l’équivalent de 150 Euros. Donc il faut qu’il emmène dans notre zone monétaire 150 Euros chaque mois et à la fin il nous emmène le principal. Donc si un mois il ne nous emmène pas, il faut qu’il nous dise pourquoi il ne l’a pas fait. C’est cela la surveillance monétaire. C’est avec cela que nous constituons nos réserves de changes. Elles se constituent à partir de ses rapatriements d’emprunts et prêts accordés et aussi à partir de nos principales importations. Si vous regardez, le communiqué des chefs d’Etat on a beaucoup mis l’accent sur le rapatriement des recettes d’exportations qui est fondamentale et sans cela, on ne peut pas avoir les réserves de changes. Je pense qu’à ce niveau on doit féliciter les banques qui ont travaillé dur mais on les appelle encore à renforcer toutes les failles au niveau du rapatriement des recettes d’exportations et à fournir tous les documents bien détaillés. 

 Que va-t-on faire des recommandations à l’issue de cet atelier ? 

 Généralement, quand nous avons les recommandations, nous faisons un rapport et après nous faisons un plan de suivi des recommandations et nous les mettons en œuvre au niveau du ministère. Donc, nous allons transmettre ça au niveau du ministre des finances qui le valide. La réglementation de change prévoit un cadre permanent de concertation entre l’autorité monétaire et la banque centrale, donc nous mettons cela dans ce cadre permanent et nous faisons un plan de suivi évaluation. Nous le mettons en œuvre, s’il y a des activités qui dépendent de nous, on le fait.

Lutte contre le braconnage : Deux suspects arrêtés avec des défenses d’éléphant à Douala

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Ils ont été trouvés en possession de deux défenses d’éléphant qu’ils tentaient de vendre à Bonabéri, un quartier populaire situé dans le quatrième arrondissement de la capitale économique du Cameroun. Les arrestations ont eu lieu lors d’une opération coup de poing menée par les agents de la Délégation Régionale des Forêts et de la Faune du Littoral, en collaboration avec la Division Régionale de la Police Judiciaire. The Last Great Ape Organisation (LAGA) a également apporté son assistance technique à l’opération.

Les suspects ont été trouvés en possession de deux défenses d’éléphant dissimulées dans un sac. Ces défenses avaient été collectées au domicile d’un ancien fonctionnaire du Ministère des Forêts et de la Faune, qui les utilisait comme décoration dans sa maison. Elles ont ensuite fini entre les mains de l’un des suspects. Les deux trafiquants présumés ont été immédiatement emmenés dans les services de la Faune pour y être auditionnés et faire l’objet d’une enquête plus approfondie.

Les faits révèlent que l’un des suspects a voyagé de Ngaoundéré à Douala pour la vente des défenses. Il servait d’intermédiaire et était au centre de certains réseaux de trafic d’espèces sauvages dans la sous-région, notamment au Congo, au Tchad et en République centrafricaine. Les suspects faisaient partie de groupes sur les réseaux sociaux, tels que Facebook, qu’ils utilisaient pour faire de la publicité et vendre des produits dérivés d’espèces sauvages, y compris des défenses d’éléphants. Les efforts continus du gouvernement et de ses partenaires en matière de conservation des éléphants commencent à montrer les premiers signes de succès, bien que de nombreux défis subsistent. Une récente étude menée par le World Wide Fund for Nature (WWF) en collaboration avec le gouvernement a révélé que la population d’éléphants de forêt est restée relativement stable dans certaines zones du sud-est du pays. Cependant, des efforts supplémentaires sont encore nécessaires pour lutter contre le commerce illégal des défenses d’éléphants, alimenté par l’avidité humaine.

L’éléphant est une espèce emblématique qui joue un rôle crucial en tant que « jardinier de la forêt », aidant à maintenir l’écosystème de la forêt et de la savane pour d’autres espèces, y compris les humains. Les éléphants sont protégés par la loi de 2024 régissant la faune et la flore, et les deux personnes arrêtées encourent une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 20 ans et une amende pouvant atteindre 50 millions de FCFA si elles sont reconnues coupables, conformément aux dispositions de cette loi.

Le gouvernement renforce le contrôle des travailleurs étrangers

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S’appuyant sur la loi de finances  2025, qui institue des frais de visa de travail sur les contrats des consultants ou experts de nationalité étrangère et les pénalités, le ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle s’arme pour combattre ceux de ces travailleurs en situation irrégulière.

Le Cameroun compte actuellement 60 000 étrangers détenteurs de visas d’entrée ou de cartes de séjour sur le territoire national. Parmi eux, 12 000 sont des travailleurs de nationalité chinoise, renseigne le ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (Minefop), qui estime que la moitié de cet effectif serait  constituée des travailleurs en situation irrégulière. A ceux-ci, s’ajoutent des milliers d’étrangers qui s’établissent dans le pays pour mener des activités professionnelles indépendantes. C’est en effet cette catégorie qui est concernée par les innovations de la loi de finances de cette année.

 En réalité, les dispositions relatives aux frais de visa de travail apposés sur les contrats des travailleurs de nationalité étrangère telles que prévues dans les exercices précédents ont été reconduites en l’état. Soit, l’équivalent de deux (02) mois de salaire et traitement brut pour les travailleurs non africains; un mois de salaire et traitement brut pour les travailleurs africains, avec abattement de 50%.  

Les principales innovations de la loi de finances de 2025 portent spécifiquement sur l’institution des frais de visa de travail apposés sur les contrats des consultants ou experts de nationalité étrangère, et les pénalités. « sans préjudice du rappel des frais de visa liquidés suivant les modalités prévus ci-dessus, tout employeur faisant recours à un travailleur de nationalité étrangère en infraction aux lois et règlements en vigueur, est puni d’une pénalité équivalente à trois (03) mois de salaires et traitement brut par personnel de nationalité étrangère employé en situation irrégulière », prévoit le texte. Pour les consultants ou experts de nationalité étrangère, le prélèvement susvisé est fixé à l’équivalent de 5% du montant des honoraires du consultant individuel ou de l’expert de nationalité étrangère.

La loi prévoit également que tout employeur faisant recours à un consultant ou expert de nationalité étrangère en infraction aux lois et aux règlements en vigueur,  est puni d’une pénalité équivalente au double du montant des honoraires perçus par le consultant ou l’expert.

 C’est pour faciliter l’application de ces nouvelles dispositions que le Minefop a organisé le 5 février dernier à Douala, un séminaire de vulgarisation et de sensibilisation  sur les visas. « Nous devons définir de manière judicieuse ce qu’on entend par consultant ou expert, faire la typologie des experts susceptibles d’entrer dans le champ d’application de cette loi, ainsi que la forme que pourrait revêtir le visa en question. De même, je compte sur tous les experts en droit, pour mener des réflexions plus approfondies et proposer un formulaire de procès- verbal d’infraction conforme aux règles de l’art, la procédure, les intervenants et les mesures à prendre en cas de refus d’acquittement des sommes dues », a indiqué le ministre Issa Tchiroma Bakary.

 La démarche vise aussi à renforcer la lutte contre les travailleurs étrangers en situation irrégulière.  « Certains travailleurs étrangers se sont fait établir de nouveaux actes constitutifs chez les notaires pour devenir actionnaires ou gérants-associés sur papier sans un véritable capital d’investissement. Les effectifs concernés sont assez impressionnants, 15 à 20 personnels de nationalité étrangère par entreprise », relève le Minefop.

Réaction

 Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle

 « Tous les prestataires de services étrangers  sans  agréments vont tomber »

« Le gouvernement, à travers ces innovations veut optimiser la collecte de la parafiscalité issue du visa apposé sur le contrat de travail du personnel de nationalité étrangère, assainir le travail des personnels de nationalité étrangère sur le territoire national et promouvoir l’emploi salarié et l’auto-emploi des nationaux. Il s’agit d’un défi que nous devons relever ensemble dans le cadre d’une approche coordonnée, cohérente, concertée, partagée et consensuelle, chacun devant jouer pleinement sa partition. Car, toutes les entreprises ou entrepreneurs individuels et autres experts, prestataires de services de nationalité étrangère qui mènent des activités sur le territoire national, en qualité de promoteur, gérant associé, co-gérant, consultant individuel sans des agréments des administrations sectorielles des chefs de structures qui assurent la tutelle technique de ces activités vont tomber dans le champ d’application de cette loi, même s’ils sont détenteurs des registres de commerce, des expéditions de justice ou des actes notariés.»

Développement économique: La Banque mondiale veut plus de contribuables et moins de dépenses inefficaces

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Malgré ses atouts naturels et démographiques, le Cameroun peine à atteindre l’émergence économique promise par ses dirigeants. Son revenu par habitant « est aujourd’hui inférieur à celui des années 80, un recul qui s’explique par une gouvernance budgétaire défaillante, des investissements insuffisants et une forte dépendance à l’endettement ». Indique la Banque mondiale. C’est dans ce contexte que cette institution a publié sa Revue des finances publiques (RFP), un document d’analyse et de recommandations destiné à guider les réformes économiques du pays.

Avec un taux de prélèvement fiscal de 11,3 % du PIB, « le Cameroun est en retard par rapport à ses voisins comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal. Plus inquiétant encore, 73 % des recettes fiscales non pétrolières proviennent de seulement 0,5 % des entreprises », rappelle l’institution financière. Face à cette situation, la Banque mondiale recommande une réforme fiscale ambitieuse axée sur trois priorités : l’extension de l’assiette fiscale, la lutte contre l’évasion et la réduction des exonérations fiscales excessives. Selon l’institution, ces mesures pourraient permettre d’augmenter les recettes publiques de 6 % du PIB, soit une manne financière considérable pour le développement du pays.

L’enjeu est double. D’une part, il s’agit de « répartir plus équitablement la charge fiscale en intégrant davantage d’entreprises et de contribuables dans le système. D’autre part, une meilleure collecte des impôts permettrait de financer les infrastructures essentielles, d’améliorer les services de santé et d’éducation, et de réduire la dépendance à l’endettement », peut-on lire dans le document d’analyse susmentionné.

Pour La Banque mondiale, mobiliser plus de recettes ne suffit pas, encore faut-il que ces ressources soient mieux dépensées. « Aujourd’hui, une part trop importante du budget est consacrée à des dépenses inefficaces, au détriment des investissements productifs. En optimisant l’exécution budgétaire et en allouant les fonds aux secteurs prioritaires, le Cameroun pourrait économiser jusqu’à 3 % du PIB par an. », conclut-elle.

Autonomisation : des femmes vulnérables formées à l’agriculture, l’élevage et l’e-commerce

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Le projet d’«Autonomisation des jeunes filles et femmes en situation de vulnérabilité à Yaoundé et à Eboné » est sur les rails depuis le 28 janvier dans le Littoral et le 12 février dans le Centre. L’enjeu est notamment de renforcer l’insertion socioprofessionnelle de 100 femmes vulnérables au Cameroun. Ce programme, mis en œuvre par l’association Professionnels avec différence (Pradi) avec le soutien financier de l’Organisation internationale de la Francophonie, s’adresse à des femmes âgées de 18 ans et plus, sélectionnées dans deux régions du pays : 40 dans le Centre Yaoundé et 60 dans la localité d’Eboné dans la région du Littoral.

Ce projet inclusif cible spécifiquement les filles et femmes vivant avec un handicap, les déplacées internes ou réfugiées, les mères célibataires ayant plusieurs enfants à charge, ainsi que les femmes rurales en situation de pauvreté. Il offre une formation dans des domaines cruciaux tels que l’agriculture, l’élevage, l’e-commerce et le leadership, permettant ainsi aux bénéficiaires d’acquérir des compétences précieuses pour améliorer leur intégration socioprofessionnelle. L’objectif principal de cette initiative est de fournir non seulement une formation, mais également un soutien aux femmes souhaitant développer une activité économique.

Le projet les accompagne tout au long de ce processus pour maximiser les chances de succès. La durée prévue de ce programme est de 36 mois, durant lesquels les participantes bénéficieront d’un accompagnement constant. Le projet d’autonomisation des femmes à Eboné et Yaoundé représente une réelle opportunité pour ces femmes vulnérables de transformer leur vie et de contribuer de manière significative à leur communauté. En leur offrant des outils et des ressources adaptés, ce programme entend créer des opportunités durables et renforcer la résilience économique et sociale des participantes.

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