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Le Cameroun enregistre un recul de l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation

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Par Henri Kouam, Directeur exécutif Institut camerounais de politique économique (CEPI)

Introduction

Les pays considérés comme « économiquement libres » ont tendance à obtenir de meilleurs résultats et à attirer des investissements qui leur permettent de se développer beaucoup plus rapidement. Ces pays disposent également d’un plus grand bassin d’entrepreneurs, car il y est plus facile, plus rapide et plus efficace de gérer une entreprise. La Fondation Heritage publie chaque année un indice de liberté économique, qui établit une corrélation positive entre liberté économique et progrès.

L’Indice de liberté économique de la Fondation Heritage fournit une évaluation complète de l’environnement économique des pays, basée sur quatre piliers : l’État de droit, la taille de l’État, l’efficacité réglementaire et l’ouverture des marchés. Cet article analyse la performance du Cameroun dans l’indice sur la base de ces quatre indices. Globalement, le Cameroun a perdu 1,5 point pour atteindre 52,1 points en 2025, contre 75 pour Maurice, le pays africain le mieux classé.

  1. État de Droit: cet indice comprend les droits de propriété, les droits judiciaires et l’intégrité du gouvernement. Avec 31 points, les droits de propriété au Cameroun sont entravés par la faiblesse des mécanismes d’application, la corruption et un système juridique complexe qui sape la confiance des investisseurs et des entrepreneurs. Il est important de noter que les droits de propriété sont essentiels à une économie florissante. Maurice est classée avec 86,4 points. L’efficacité du système judiciaire est entravée par les retards, la corruption et le manque d’indépendance. Le Cameroun a obtenu 10 points tandis que l’ île Maurice a obtenu 81 points. La corruption est néfaste pour la croissance économique et le classement de l’intégrité du gouvernement du Cameroun s’établit à 20,7 points contre 53,2 points à Maurice.
  • Taille du gouvernement : Au Cameroun, les impôts sont nombreux et peuvent entraver la liberté économique. Cependant, le régime fiscal actuel exclut tout impôt pour les nouvelles entreprises pendant une période de 3 ans et pour les investisseurs locaux et internationaux pendant 10 ans. Compte tenu des besoins de développement du Cameroun, aucun scénario ne permet de croire qu’un impôt inférieur à 25 % stimulera un développement durable et inclusif. Le Cameroun se classe à 72,9 points contre 89,8 % pour l’île Maurice. Cependant, l’île Maurice compte 1,3 million d’habitants contre 30 millions pour le Cameroun. Par conséquent, les impôts ne devraient être abaissés à 25 % que lorsque plus de 70 % de la population sera employée dans le secteur privé, car le faible impôt sur les sociétés sera remplacé par un impôt sur les plus-values. Des recherches antérieures sur le CEPI montrent que les dépenses publiques peuvent évincer la consommation privée et nous partageons donc l’avis de la Heritage Foundation sur ce point. Le Cameroun se classe à 91,2 points contre 81 points pour l’île Maurice. La dette du Cameroun est en baisse, mais le risque de surendettement persiste, d’où la nécessité d’investissements stimulant la productivité et d’objectifs quantifiables en matière d’infrastructures et de développement du capital humain.
  • Efficacité réglementaire :La lourdeur des réglementations et les obstacles bureaucratiques freinent l’entrepreneuriat, et la lourdeur de la réglementation rend difficile la création et l’exploitation d’une entreprise. La réglementation du marché du travail au Cameroun s’améliore très lentement, alors que le Cameroun fait partie d’un bloc, de sorte que sa politique monétaire ne peut être indépendante. Si nous convenons que l’autonomie monétaire confère certains avantages, la politique monétaire est indépendante du contrôle politique, ce qui lui confère une certaine légitimité. En ce qui concerne l’environnement des affaires, la liberté du travail et la liberté monétaire, le Cameroun se classe respectivement à 48,8, 46,5 et 73,7, contre 82,9, 69,3 et 62,4 pour Maurice.
  • Ouverture du marché: Les barrières commerciales du Cameroun affectent son score de liberté commerciale, mais il est important de noter que les barrières non tarifaires telles que l’étiquetage, l’emballage, les limites de produits chimiques et de traces protègent toutes la santé des consommateurs.

Il est important de rendre la conformité moins coûteuse et accessible aux exportateurs, et non de supprimer ces mesures. La réglementation camerounaise sur les jus importés, par exemple, est similaire à celle de pays comme le Japon, l’Égypte et la Corée du Sud. La réglementation camerounaise sur les changes devrait être clarifiée et limiter les obstacles bureaucratiques et les délais d’attente afin de stimuler l’investissement. Le secteur financier devrait être rendu plus inclusif grâce à une application permettant aux utilisateurs d’acheter et de vendre des actions numériquement sans tiers, et une plus grande transparence des institutions financières améliorera le flux de crédit aux entreprises. En matière de commerce, d’investissement et de liberté financière, le Cameroun est classé 57,2, 30 et 50, contre 87,4, 70 et 70 pour Maurice respectivement.

L’Institut camerounais de politique économique (CEPI) reconnaît qu’il faut redoubler d’efforts pour garantir l’indépendance économique du Cameroun. Cependant, les récentes réformes visant à stimuler la croissance et le développement du secteur privé pourraient avoir un impact positif sur son classement dans les années à venir. Le CEPI propose trois réformes urgentes :

  • Numérisation :Personne ne devrait avoir à se rendre dans un bureau public pour un service autre que les procédures KYC. Particuliers et entreprises devraient pouvoir déclarer et payer leurs impôts en ligne en toute simplicité. En cas de changement d’emploi, payer ses impôts au Cameroun peut s’avérer compliqué ; des améliorations sont donc nécessaires.
  • Impôts :Les impôts obligatoires devraient être réduits pour les nouvelles entreprises. Bien qu’exonérées d’impôt sur les sociétés, elles devraient bénéficier d’un taux réduit. Après tout, chacun devrait contribuer au ramassage des déchets et à l’éclairage public. La collecte des impôts locaux devrait être numérisée.
  • Faire respecter les droits de propriété :Les droits de propriété doivent être respectés, et des avis juridiques et un mécanisme de plainte doivent être mis en place pour garantir que les droits des femmes, en particulier, ne soient pas menacés. Le droit coutumier doit être clairement relégué au second plan et les délais d’attente doivent être réduits afin d’assurer une plus grande efficacité et une baisse des coûts pour les entreprises.
  • Accélération de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) :Le Cameroun doit faciliter la conformité des entreprises aux normes locales et internationales. Par exemple, l’utilisation des données de l’Observatoire africain du commerce permettra aux entreprises de mieux connaître les exigences d’exportation de tous les produits destinés aux pays africains. Toutes les exigences de santé et de sécurité pour les produits frais et les produits animaux qui protègent la santé des consommateurs doivent être respectées, mais les entrepreneurs doivent d’abord être informés de ces processus afin de réduire les coûts de conformité. La CEPI appelle les décideurs politiques à élaborer un plan d’action et à communiquer régulièrement sur la mise en œuvre de la ZLECA.

En conclusion, la performance du Cameroun dans l’Indice de liberté économique met en évidence des défis importants pour la plupart des indicateurs. Remédier à ces problèmes par des réformes qui renforcent l’État de droit, réduisent l’intervention de l’État, améliorent l’efficacité réglementaire et favorisent l’ouverture des marchés est essentiel pour favoriser une croissance économique durable et améliorer le bien-être de ses citoyens. Il est important de noter que certaines réformes ont été mises en place pour alléger le fardeau des nouveaux entrepreneurs, mais les décideurs politiques doivent numériser les services publics et accélérer la mise en œuvre du libre-échange.

Elevage : la peste porcine déclarée dans la région du Nord

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«Dans le cadre de la lutte préventive contre la propagation de la peste porcine africaine dans la région du Nord, et compte tenu de l’existence de foyers déclarés de ladite maladie dans l’arrondissement de Garoua II, il est instauré, à compter de la date de signature du présent arrêté, des mesures de veille sanitaire », peut-on lire dans une décision signée le 21 février 2025 par Abate Edi’i, gouverneur de la région du Nord. Par cette déclaration, l’autorité administrative confirme officiellement la présence de la Peste Porcine Africaine (PPA) dans l’arrondissement de Garoua II, situé dans le département de la Bénoué. Confrontée à la menace grandissante de cette maladie, la collectivité a mis en place une série de mesures de veille sanitaire visant à contenir la propagation et à protéger l’ensemble du secteur agro-pastoral régional. Dans le cadre de la lutte préventive contre la propagation de la PPA, le gouverneur a instauré plusieurs mesures strictes : la circulation et le transit des porcs ainsi que de leur viande sont interdits dans la région et à ses frontières, y compris à l’aéroport de Garoua, afin de limiter la mobilité des vecteurs potentiels du virus ; les porcs ne doivent plus divaguer dans les zones touchées ; les marchés, foires dédiés aux porcs ainsi que la vente publique de viande de porc sont suspendus pour réduire les risques de contagion ; et les détenteurs de porcs ont l’obligation de déclarer leurs effectifs, leur état de santé et leur origine aux services vétérinaires compétents. Enfin, les éleveurs doivent participer aux programmes de prévention établis par les autorités pour être formés aux bonnes pratiques sanitaires.

 UN DISPOSITIF D’EXÉCUTION RIGOUREUX

Ces mesures, déployées par les services techniques de la Direction Régionale de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales, reposent sur la loi du 16 avril 2001. Le gouverneur précise que toute infraction aux dispositions de l’arrêté exposera les contrevenants aux sanctions prévues par la législation en vigueur. Les autorités administratives, municipales et traditionnelles, ainsi que les forces de maintien de l’ordre, ont reçu pour mission d’assurer l’exécution effective de ces mesures. Le dispositif a été conçu pour être appliqué de manière coordonnée et rigoureuse, garantissant ainsi une réponse rapide et adaptée face à ce risque sanitaire majeur. La déclaration d’infection par la PPA et la mise en place de ces mesures de veille sanitaire illustrent la volonté des autorités locales d’agir rapidement pour protéger l’économie locale et la santé publique. La découverte de la peste porcine en 2010 avait conduit à l’abattage de 26 000 porcs, plongeant plus de 800 éleveurs dans le désespoir et entraînant des pertes économiques considérables.

 Selon une récente étude réalisée par le cabinet londonien Trends & Poor, le marché du porc au Cameroun pesait 231 milliards de FCFA en 2024. À la faveur d’une croissance annuelle estimée à 9% chaque année, ce marché devrait peser 490 milliards de FCFA d’ici l’année 2030. Cette croissance devrait être tirée par les régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest, qui représentent à elles seules environ 71% du marché local du porc en 2024.

Drame de Souledé-Roua : Les corps des deux chercheurs et leur guide exhumés

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Les corps des trois victimes du drame de Mbalda ont été exhumés ce vendredi 14 mars 2025. Sur autorisation du procureur de la République, et en présence des autorités administratives, les corps de Frédéric Mounsi, Bienvenue Bello et Oumarou Kabaly, ont été sortis des terres du cimetière de Roué, « pour complément d’enquêtes». On apprend que deux commissions d’enquête sont constituées à cet effet. On devrait davantage en savoir sur les circonstances de l’assassinat de ces trois Camerounais dont les images véhiculées sur les réseaux sociaux, ont laissé découvrir une mort tragique par calcination, après une dure épreuve de torture.

Pour mieux comprendre: Mayo-Tsanaga, fin tragique de deux chercheurs

Les dépouilles ou ce qu’il en reste, seront par la suite remises aux familles concernées. Lesquelles avaient fait un sit-in dans les Services du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord le 10 mars dernier, pour exiger que les corps soient exhumés et remises aux familles, et que justice soit rendue. Les obsèques seront prises en charge par l’Etat, sur instruction du président de la République, apprend-on d’Ibrahim Yiche, jeune leader politique.

Cela se passe pendant que vingt personnes ont été arrêtées, pour les besoins d’enquête. Ces suspects sont été interpellés dans les villages Mbalda et Fogom.

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Aux premières heures du 11 mars 2025, une escouade de gendarmes a débarqué dans les villages Fogom et Mbalda. Bouclant les deux villages, les pandores ont organisé la rafle des personnes soupçonnées d’avoir participé au meurtre des deux chercheurs et leur guide le 2 mars dernier. Le quotidien L’œil du Sahel, dans son édition du 12 mars 2025, indique que le capitaine Parito Parito Armeld, commandant de la compagnie de gendarmerie de Mokolo, a personnellement conduit les opérations. A la tête d’une cinquantaine d’éléments des forces de l’ordre. « La moisson a été particulièrement abondante dans le village de Fogom où 16 personnes au total dont deux employés du centre de santé de la localité, l’infirmier au nom d’Amadou Ismaël et le gardien, Menewed Gazawa, ont été arrêtées», apprend-on d’une source contactée par le confrère. Et de poursuivre : «A Mbalda, lieu du crime tragique, 4 personnes ont été interpellées dont deux femmes, Wedekai Ndawakai et Jermé Dégoué. Des indiscrétions laissent entendre qu’elles seraient des épouses de deux suspects en cavale».

Mieux comprendre: Drame de Souledé-Roua: Arrestations massives à Fogom et Mbalda

Si 20 personnes ont été interpellées, toutes ne sont pas directement liées à l’affaire. Deux femmes du groupe sont des épouses des personnes ayant été citées comme faisant partie des bourreaux. Ayant déserté le village comme bon nombre d’habitants de Mbalda et des villages voisins par peur, la gendarmerie s’en est prise à leurs épouses, a-t-on appris de L’œil du Sahel. Les suspects subissent des interrogatoires afin que la justice parvienne à la manifestation de la vérité.

Liste des personnes interpellées 

Village Fogom

1-Alioum Sadamai

2-Dedekoi Sadamai

3-Hojengo kerheo

4-Dzapa Wendeyek

5-Aissatou

6-Digozai

7-Kolefer cheffai

8-Berlem

9-Fidai

10- Kalkama

11-Marcel Ndoumai

12-Bazama Tekoko

13-Nguelekei

14-Matamba

15-Amadou Ismaël

16-Menewed Gazawa

Village Mbalda                                 

1-Jerme Dégoué Epse Ngolesh

2- Wedekai Ndawakai Epse Sadaka

3-Alioum Koujetai

4-Tekoulemai Abraham

« Agents un peu trop Secrets » : la comédie camerounaise de l’année à découvrir dès le 14 mars !

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« Agents un peu trop Secrets », le tout nouveau long métrage du réalisateur camerounais Franck Thierry Léa Malle, débarque en salles dès le 14 mars 2025. Une comédie fine et percutante qui explore, à travers une intrigue délirante, les réalités identitaires et managériales d’une communauté en quête de repères : le Cameroun.

Pour son troisième long métrage, Franck Thierry Léa Malle parvient à réunir des figures emblématiques du théâtre, du stand-up et des web-séries, une première dans l’industrie cinématographique camerounaise. À l’affiche, Rigobert Tamwa (Eshu), Joy’s Sa’a, Delpiso Manga, Thierry Nyamsi, Valery Ndongo et Carles Antonio, qui fait ici ses premiers pas dans un long-métrage.

L’histoire tourne autour d’un haut fonctionnaire qui, persuadé d’être promu Directeur, voit finalement le poste attribué à un incompétent. Dépité, il mettra tout en œuvre pour pousser son nouveau patron à l’erreur… jusqu’à ce que le titre foncier du pays disparaisse mystérieusement. Il se retrouve entre les mains d’une association de femmes de ménage décidées à vendre le pays et se partager l’argent ! S’ensuit une enquête rocambolesque où des agents secrets sont dépêchés pour récupérer ce document crucial… mais rien ne se passera comme prévu ! Derrière l’humour, « Agents un peu trop Secrets » aborde des thématiques profondes : corruption, incompétence, et absurdité des décisions politiques. Une critique subtile de notre société, traitée avec légèreté et intelligence.

Produite par Inception Arts and Com, cette œuvre a nécessité un mois de répétitions et un mois de tournage. Une expérience exigeante, comme l’explique Rigobert Tamwa (Eshu) : « Physiquement, la comédie est épuisante. J’ai mis du temps à m’adapter, mais nous avons donné le meilleur de nous-mêmes ». De son côté, Carles Antonio, star montante du web, confie : « Le cinéma est un art incroyable qui demande une immersion totale dans son personnage. Ce fut une aventure magnifique pour moi ! » Distribué par Canal+ et soutenu par TV5 Monde, « Agents un peu trop Secrets » sera projeté en avant-première le 14 mars à 19h au Canal Olympia de Yaoundé.

Francis Nganou-Fernand Lopez : le grand maître William Ndongo rompt le silence

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Le grand maître rompt le silence et fait la part des choses

« Je déplore la légèreté avec laquelle les Camerounais se précipitent à diviser deux frères qui mettent notre pays en lumière dans le monde ». La sortie est signée de William Ndongo, père fondateur de la Fédération camerounaise de taekwondo camerounais et mentor de Fernand Lopez, ancien entraîneur de Francis Ngannou. Au sujet de la tournure que prend une interview de son poulain, parlant de son mentor aujourd’hui au sommet du MMA (multi martial art). C’est que Fernand Lopez a dans une interview, revient sur sa relation tant avec Francis Nganou qu’avec Cyrille Ngan, dans laquelle il souligne que « la loyauté c’est quand c’est dur, ce n’est pas quand tu gagnes». L’interview intitulée sur youtube, « l’interview la plus controversée de Fernand Lopez», est diversément interprétée. Parmi, certains ont considéré comme une demande d’excuse formulée à l’endroit de Francis Nganou qui a eu le coup de pouce ce dernier, pour voir sa carrière décoller en MMA.

Recadrage

Entre partisans et adversaires de deux frères devenus « ennemis », Fernand Lopez a cru devoir siffler la fin du capharnaüm. « Fernand Lopez n’a pas à demander pardon, et n’a pas de pardon à demander à qui que ce soit», se révolte-t-il. Pour William Ndongo, « Francis Nganou a  posé des actes désobligeants, qui sont plutôt liés à l’éducation et à la culture », recadre-t-il. Revenant sur Fernand Lopez, William Ndongo déclare : « adepte et fervent de la philosophie de l’excellence et de la vérité, il a revisité son impulsion, dans le souci de s’améliorer dans la voie de la perfection ; attitude très honorable», explique-t-il. « Fernand Lopez est un monsieur qui mérite du respect, alors un très grand respect, pour non seulement le génie de son cerveau, mais aussi tous les sacrifices mis à contribution de maniière bénévole, au service de son pays », réitère-t-il. 

Pour autant, William Ndongo ne prend pas la défense aveugle de son poulain, face à la nouvelle star du Cameroun, et non moins poulain de son poulain. Le porte-parole du Conseil national des leaders des arts martiaux et sports de combat au Cameroun, joue davantage les équilibristes face à deux fils du pays divisés sur un terrain où ils ont besoin d’afficher une unité pour l’image de leur pays et le bonheur de leurs concitoyens. « Nous devons avoir une attitude d’apaisement au nom du Cameroun que nous voulons pour demain, et l’héritage que nous devons laisser à la postérité ; une attitude non négociable est qu’il n’y aurait jamais eu de Francis Nganou sans Fernand Lopez », assure-t-il, avec conviction. Et de fait, Francis Nganou doit sa carrière exceptionnelle à son compatriote Fernand Lopez Owonyebe. Mais aujourd’hui, les relations se sont détériorées ente les deux hommes, relayées et amplifiées par les fans respectifs.

D’abord et toujours le Cameroun

William Ndongo est le mentor de plusieurs personnalités dont Fernand Lopez Owonyebe. Mais le porte-parole du Conseil national des leaders des arts martiaux et sports de combat au Cameroun, parle davantage Cameroun et met plus en avant l’avenir. « Francis Nganou par la conséquence de la nature, est en fin de carrière, et le Cameroun bien devra continuer de briller. Il est donc capital de séduire le coach Fernand Lopez pour qu’il regagne la motivation à prendre en charge le maximum de Camerounais dans son écurie, pour que nous n’ayions pas seulement un Francis, mais plusieurs et dans toutes les catégories de poids, sachant que la nature a gratifié notre pays d’un potentiel à l’état brut énorme. Commençons dès à présent à savoir prendre du plaisir au progrès de nos vis-à-vis, et travaillons ensemble, car c’est unis que nous serons plus forts que les autres, pour le rayonnement de la patrie, qui est sacrée», prêche-t-il. Au sujet de Nganou, « je vois des changements notoires dans son attitude », dit-il. William Ndongo estime que Francis Nganou « continue d’apprendre, et aura l’opportunité de revenir dans le bon sens de la marche. Ce sera fait avec le temps».Indiquant que « c’est un homme honnête et intègre, on ne peut pas le qualifier d’ingrat. Nous devons tous l’accompagner à hisser le drapeau national encore plus haut dans le concert des grandes nations (…) Je ne veux pas qu’il soit perturbé dans sa carrière ». Plus important encore, William Ngongo ne souhaite pas vivre la brisure d’une relation qui peut davantage faire rayonner le Vert-rouge-jaune à travers le monde. « La courtoisie reviendra entre les deux, je suis certain, et je promets».

TOUZA ISAAC : « « Ndemri » est une application adaptée à l’agriculture en zones à faible connectivité »

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Pouvez-vous nous raconter comment l’idée de créer l’application « Ndemri » est née ?

 L’idée de créer « Ndemri » est née d’un constat alarmant : les agriculteurs de l’Extrême-Nord du Cameroun sont confrontés à de nombreux défis, notamment la baisse des rendements agricoles due à la dégradation des sols, aux maladies des plantes et aux changements climatiques. En tant que chercheur en intelligence artificielle et passionné d’innovation, j’ai voulu apporter une solution technologique accessible et adaptée à leurs réalités.

Quel est le mode opératoire de l’application « Ndemri » ?

« Ndemri » fonctionne de manière intuitive. L’utilisateur capture une image de sa culture ou de son sol via son smartphone. Grâce à l’intelligence artificielle, l’application analyse l’image pour détecter d’éventuelles maladies et évaluer la qualité du sol. Elle fournit ensuite des recommandations adaptées en temps réel, permettant aux agriculteurs de prendre des décisions éclairées. De plus, nous avons développé un kit d’analyse qui permet aux agriculteurs d’effectuer des tests de sol sur le terrain. Les données du kit sont ensuite intégrées dans l’application pour une analyse plus approfondie et des recommandations encore plus précises.

Comment l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique sont-ils utilisés dans l’application pour analyser la qualité des sols et détecter les maladies des plantes ?

Nous utilisons des modèles d’apprentissage automatique et de vision par ordinateur basés sur TensorFlow pour analyser les images des cultures. L’application combine également des données météorologiques et des analyses de sol en temps réel afin d’optimiser les conseils fournis aux agriculteurs. Ces technologies permettent une détection rapide des maladies et une meilleure gestion des ressources agricoles. En complément, le kit d’analyse composé des capteurs permet d’obtenir des paramètres physico-chimiques du sol, qui sont traités par notre algorithme pour fournir des recommandations adaptées aux cultures locales.

Quels premiers retours avez-vous reçus de la part des agriculteurs et des coopératives agricoles, et en quoi ces retours ont-ils influencé l’évolution de l’application ?

Les premiers retours des agriculteurs sont très encourageants. Beaucoup d’entre eux ont constaté une amélioration de leurs rendements et une réduction des pertes. Ces retours nous ont permis d’améliorer l’ergonomie de l’application et d’intégrer de nouvelles fonctionnalités, comme des alertes précoces en cas de conditions climatiques défavorables. Nous avons conçu « Ndemri » pour qu’elle fonctionne même dans des zones à faible connectivité, en proposant une version accessible par SMS et via des interfaces simplifiées. Cette approche garantit que les agriculteurs, même ceux ne disposant pas de smartphones avancés, puissent bénéficier de la technologie.

Quelles méthodes ou indicateurs utilisez-vous pour mesurer l’impact de « Ndemri » sur l’amélioration des rendements agricoles et la gestion des ressources naturelles ?

Nous utilisons plusieurs indicateurs pour évaluer l’impact de « Ndemri », notamment l’augmentation des rendements agricoles, la réduction des pertes dues aux maladies, et l’adoption des pratiques recommandées par l’application. Nous collaborons également avec des institutions locales pour affiner nos métriques. Le principal défi reste le financement du projet afin d’assurer son déploiement à grande échelle. Nous avons entamé des démarches pour obtenir des brevets et cherchons à établir des partenariats avec des institutions agricoles et des ONG. L’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) fait partie des organismes avec lesquels nous envisageons de collaborer pour protéger et valoriser cette innovation.

Quelles sont vos ambitions pour « Ndemri » à moyen et long terme, et envisagez-vous de nouer des partenariats avec d’autres acteurs du secteur agricole pour étendre son impact ?

À moyen et long terme, nous souhaitons élargir l’usage de « Ndemri » à d’autres régions du Cameroun et à d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis agricoles. Nous travaillons également à intégrer davantage de langues locales pour améliorer l’accessibilité de l’application et à nouer des collaborations avec des acteurs du secteur agroalimentaire pour un impact encore plus large.

Le logiciel « Ndemri » révolutionne l’agriculture, atténue les impacts climatiques

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Dans une région où les aléas climatiques compromettent chaque année les récoltes et la survie des exploitations, l’innovation apparaît comme une bouée de sauvetage. C’est dans ce contexte que l’application, baptisée « Ndemri » – qui signifie agriculture en langue Fulfuldé – s’inscrit dans une démarche de transformation digitale et d’adaptation aux défis environnementaux. Mise sur pied par la startup Maroua Innovation Technology (MIT), un incubateur novateur destiné à accompagner les agriculteurs dans l’amélioration de leurs rendements, cette initiative est portée par Isaac Touza, doctorant en informatique de 29 ans à l’université de Maroua, qui a décidé de mettre son expertise technologique au service des agriculteurs de sa région.

Conçue pour être accessible et pratique, l’application offre aux producteurs divers outils numériques permettant d’analyser la qualité des sols, de détecter précocement les maladies des plantes et de gérer l’irrigation de façon optimale. Il s’agit d’une solution aux multiples problématiques auxquelles font face les agriculteurs, en particulier ceux du septentrion. La sécheresse des sols, l’assèchement des zones de pâturage, les variations climatiques majeures, les perturbations des cycles de croissance et la rareté des températures favorables au repos des cultures en sont quelques exemples.

Ces phénomènes, accentués par les effets du changement climatique, affectent lourdement la production agropastorale et imposent aux agriculteurs une remise en cause permanente de leurs méthodes traditionnelles. « Mon équipe et moi avons développé, grâce à l’intelligence artificielle et au machine learning, plusieurs applications innovantes adaptées aux réalités locales. Nous avons déjà constitué un réseau de plus de 100 agriculteurs ayant testé et apprécié Ndemri pour son apport dans l’amélioration de leurs rendements. Nous avons établi des partenariats avec des ONG agricoles et des coopératives locales pour la collecte des données et la promotion de l’application. Par ailleurs, nous multiplions les collaborations avec des institutions telles que l’université de Maroua pour tester et valider les modèles scientifiques intégrés à l’application, ainsi que des campagnes de sensibilisation et des démonstrations dans les zones rurales pour encourager son adoption », a confié Isaac Touza.

L’aventure Ndemri débute modestement, avec un fonds initial constitué d’un million de francs CFA, complété par environ cinq millions de francs CFA provenant des apports personnels des membres fondateurs de MIT. Ces ressources ont permis d’acquérir le matériel nécessaire, de concevoir les logiciels et d’intégrer des modèles avancés d’intelligence artificielle dans l’application. Par ailleurs, la participation à des compétitions telles que le Y’ello Digital Talent, organisé par la Fondation MTN, et l’AgriTech Innovation Challenge a permis de remporter des fonds supplémentaires, facilitant ainsi l’achat de capteurs agricoles et de kits d’analyse de sol pour recueillir des données essentielles sur le terrain.

L’objectif est d’étendre l’utilisation de Ndemri dans toute la région de l’Extrême-Nord et, plus largement, sur l’ensemble du territoire camerounais. À moyen terme, Isaac Touza envisage l’ajout de fonctionnalités avancées, telles que la détection par drone et des prévisions agricoles plus précises grâce à l’intelligence artificielle. Enfin, sur le long terme, la vision est ambitieuse : faire de Ndemri le leader africain des solutions numériques pour l’agriculture.

Cameroun: la vidéo surveillance bientôt obligatoire dans le transport interurbain

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 Le gouvernement a en effet décidé de généraliser dès le second trimestre 2025, la solution ymane driver à toutes les compagnies de transport à la suite du succès récolté par cette technologie  implémentée  avec MTN Cameroun et Camtrack.

    A compter d’avril 2025, toutes les compagnies de transport inter-urbain auront l’obligation d’avoir des dispositifs de video surveillance dans leurs véhicules en circulation. Il est question en effet de s’arrimer à la technologie mise en place dans le cadre du projet Ym@ne driver mis en œuvre dans le cadre d’un contrat de partenariat public privé signé en février 2022 au terme d’un pilote lancé en 2021. 

   Environ 1500  véhicules ont expérimenté la solution ces quatre dernières années. Ils ont ainsi pu tester le dispositif de suivi à distance et de vidéo surveillance développé dans le cadre du partenariat public privé entre le ministère des Transports et le groupement Camtrack / MTN Cameroon. Dans ce partenariat, Camtrack  assure l’aspect lié au tracking ou la géolocalisation tandis que MTN s’occupe de la connectivité. Une caméra centrale installée dans le véhicule capture les images et alerte immédiatement en cas de comportements pouvant générer des accidents. En l’occurrence, des signes de fatigue du chauffeur, l’utilisation du téléphone au  volant,  l’excès de vitesse etc.  « Pour le simple mois de janvier 2025, 32800 cas d’excès de vitesse ont été recensés. Le système a pu être alerté pour ramener ces vitesses à la normale.  On a aussi enregistré 304 conducteurs  qui dorment au volant. Vu cette performance, le gouvernement a décidé de généraliser cette solution d’ici  le 31 mars », indique Divine Mbamome Nkendong, directeur des Transports au ministère des Transports.

D’après les résultats d’une étude commandée  par le gouvernement camerounais et publiés en 2020, 35% des accidents sont causés par les mauvais comportements au volant et 17%  par  l’état des véhicules. Ce sont ces facteurs humains qui sont visés par la solution.  L’objectif déclaré par le gouvernement est de parvenir à  “Zéro accident”  sur les routes.  Le système contrôle   par ailleurs en amont les aspects mécaniques et fait des alertes sur l’échéance des documents  tels que l’assurance, la visite technique.

 S’agissant des tarifs, les compagnies de transport peuvent se faire installer ce dispositif au prix de 275 000 FCFA pour les véhicules de transport de  marchandises et produits dangereux.  Ceci, en plus de 25 000 FCFA pour la maintenance mensuelle. Pour le transport des personnes,  l’installation est de 200 000 FCFA pour les Hiaces, 275 000 FCFA  pour les coasters, et 480 000 pour les gros porteurs. Le service mensuel étant respectivement de  15000 FCFA, 20 000FCFA et 35 000 FCFA.  Cet abonnement volontaire jusqu’ici va donc désormais être obligatoire.

Hubert Otele Essomba:« Il faut améliorer l’application des Partenariats Public Privé »

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 L’expert financier et directeur associé du cabinet G &M Finance analyse les instruments financiers de l’Etat du Cameroun et déroule les avantages des financements structurés.

Comment appréciez-vous les techniques de financement actuelles déployées par l’État du Cameroun?

Les techniques de financement actuellement déployées par le Cameroun sont classiques et correspondent à notre éco système marqué par une absence de liquidités pour financer les investissements longs. L’État fait systématiquement recours au marché financier sous régional des OAT et des BAT en dehors de ses ressources propres essentiellement constituées des recettes  fiscales et douanières. L’État a prévu plusieurs techniques de financement pour l’exercice 2025 et notamment: emprunts 1775 milliards de FCFA pour financer les dépenses publiques ; avals et garanties de la dette extérieure dont le plafond est fixé à 120 milliards de FCFA. Des recettes fiscales et non fiscales pour un budget 2025 qui s’équilibre en recettes et dépenses à la somme de 7 317,7 milliards de FCFA ; partenariats public-privé pour financer des projets d’infrastructure et de développement. Ces techniques de financement devraient permettre à l’État du Cameroun de financer ses dépenses publiques. Mais ça reste insuffisant comme le rappelle à chaque fois le ministre des Finances. Nous pouvons et devons mieux faire.

Cette année, le gouvernement a par exemple mis un accent sur la mobilisation de l’épargne nationale pour financer son budget en élargissant l’accès au marché financier aux EMF et plate-formes de mobile money.  Comment analysez-vous cette décision et quelles peuvent en être les limites?

Plusieurs pays lancent des appels à l’épargne nationale. C’est le cas lors du dernier entretien télévisé du Président Macron en France. Le Japon qui est le pays le plus endetté au monde, soit en 2025 263% de son PIB (résultat des déficits cumulés des budgets des différentes administrations et, principalement, de l’administration centrale) a une spécificité. C’est que, sa dette est détenue  à 90% par des investisseurs japonais dont 44% par la banque du Japon. C’est la 3e puissance économique mondiale, ce qui démontre que l’épargne nationale est un levier indispensable du financement du développement. Que le Cameroun ait recours à l’épargne nationale est une bonne nouvelle, mais il faudra peut-être voter une loi d’amnistie pour sortir l’argent des plafonds et maquis. La digitalisation permettra également aux petits épargnants de participer au financement de l’économie de notre pays. Les avantages de faire appel à l’épargne nationale sont multiples: mobilisation de l’épargne pour financer les projets de développement; diversification des sources de financement grâce à une alternative aux sources de financement traditionnelles; réduction de la dépendance à l’égard des bailleurs de fonds internationaux et plus de contrôle sur ses projets de développement; soutien à l’économie nationale. Les inconvénients pour les épargnants sont le risque de non-remboursement à temps par l’État, ce qui pourrait entraîner des conséquences négatives pour l’économie nationale; et pour l’Etat,  la dépendance à l’égard des investisseurs nationaux, ce qui pourrait limiter sa capacité à prendre des décisions stratégiques vis-à-vis de certains groupes de pression.
 La réalisation des grands projets d’infrastructures au Cameroun, que ce soit dans le secteur des transports ou l’énergie par exemple, reste caractérisée par une rallonge des délais et une consommation  financière importante. Qu’est-ce qui fait selon vous pose problème ?

La mauvaise gouvernance économique et financière, la non maturation efficiente des projets, les études de faisabilité qui ne sont pas bien faites par des spécialistes, la lenteur dans la passation des marchés et des financements non adaptés peuvent justifier ce que vous décriez. Si l’on ajoute à cela des comportements criminels et égoïstes tels que la corruption excessive ou les détournements de deniers publics, l’on a le package des raisons pour lesquelles nos grands projets sont l’objet de scandales systématiquement. Nos routes sont par exemple parmi les plus chères au monde, cela plombe le développement et la croissance économique de notre pays.

Vous recommandez l’utilisation des financements structurés pour la réalisation des projets de long terme…En quoi serait-il bénéfique pour un pays comme le Cameroun?

Les financements structurés notamment la maîtrise des PPP, la titrisation qui fonctionne bien en zone UEMOA, les produits dérivés et les financements à la carte offrent une panoplie de possibilités à l’État en ce sens qu’ils lui ouvrent le marché des investisseurs internationaux en dehors des banques traditionnelles et leurs produits non moins traditionnels. L’État peut donc lever des fonds très importants en mettant en place des SPV (Special Purpose Véhicule) qui pourront structurer et obtenir des financements. Il existe de nombreux financements innovants que l’État peut capter, mais pour cela il faut s’entourer de compétences et d’expertises avérées dans le domaine de l’ingénierie financière. Tous les jours, on se plaint que le marché domestique n’est pas assez profond pour lever la dette, cela est vrai et l’exposition des banques sur les emprunts obligataires de l’État (80% du stock) est élevée, créant un effet d’éviction pour les autres emprunteurs. Ce qui pourrait ralentir l’économie. Les financements structurés sont une solution indiquée de diversification et d’effet de levier important.

 Les financements structurés d’une certaine manière sont déjà utilisés par le Cameroun qui a l’usage des PPP notamment. En quoi votre formule sera-t-elle différente?

Il n’y a pas une formule différente, la finance est la même partout si elle est appliquée dans les règles de l’art. Lors des récentes journées économiques du Cameroun, plusieurs chefs d’entreprises se sont plaints de la mauvaise application des PPP dans notre pays pour plusieurs raisons qu’il faut adresser alors que c’est  un outil efficace pour financer et réaliser des projets d’infrastructure et de développement: le cadre juridique et réglementaire est insuffisant, ce qui entraîne des risques pour les investisseurs privés; la préparation et le suivi des projets n’est pas efficace; il manque souvent de la transparence dans les processus de passation des marchés et de gestion des PPP. Certains projets de PPP sont complexes et coûteux, ce qui rend difficile leur financement et leur réalisation s’il n’y a pas une bonne structuration financière couplée à un manque d’expérience et des compétences nécessaires pour gérer les PPP. Un problème de technique financière se pose également, à savoir les risques de change et de taux d’intérêt qui peuvent affecter la viabilité financière des PPP si des produits de couverture ne sont pas mis en place.

 Vous avez récemment organisé un séminaire à Douala sur les financements structurés.  Quel bilan?

Le bilan du séminaire récemment organisé pour la 1ere fois dans notre pays est bon en ce sens qu’il a connu la participation du personnel de la direction générale du Trésor. Et particulièrement de la direction de la trésorerie qui gère au quotidien les problèmes de trésorerie de l’État et doit trouver des solutions de liquidité, mais aussi les administrations sectorielles concernées par des besoins de financement (Ministère des travaux publics, MINEPAT, Caisse autonome d’amortissement) et d’autres organisations importantes : Caisse des dépôts et consignations qui est un financeur long, COSUMAF qui veille sur le marché financier de la sous région et protège l’épargne investie en valeurs mobilières et autres actifs financiers, la NFC Bank…. Ces participants ont bénéficié de l’expertise de notre cabinet G&M Finance et ses divers experts dont certains sont venus de France et de Côte d’Ivoire. Les besoins en formation exprimés par les participants nous permettent aujourd’hui de mieux calibrer l’accompagnement que nous pouvons apporter aux Etats de la CEMAC pour trouver des financements indispensables pour leurs infrastructures en vue de leur développement économique et de la lutte contre la pauvreté. En cela, je remercie le diligent ministre des finances du Cameroun qui a parrainé ce séminaire international.

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