Au moment où s’achèvent les « deux sessions » 2025, autrement appelés les réunions parlementaires chinoises et reconnues comme le principal rendez-vous politique de l’année, nous pouvons retenir de la Chine moderne au moins trois choses : une économie chinoise restée forte et surtout résiliente ; une volonté clairement affichée de gouvernement de promouvoir les meilleures conditions de vie et de travail à la population chinoise; et enfin une économie chinoise qui impacte sur le marché du monde, de même qu’une Chine qui déborde d’initiatives pour la réforme de la gouvernance mondiale.
Aujourd’hui, l’économie chinoise affiche : un marché immense; un système industriel complet; des ressources humaines abondantes; une capacité à faire face à des situations complexes. Pour l’année 2025 en cours, le Gouvernement chinois ambitionne une croissance de 5% avec un PIB évalué à 134 900 milliards de Yuan et se fixe un objectif de réaliser la modernisation socialiste d’ici 2035.
Consécutivement à l’objectif de croissance fixé à 5%, le Gouvernement envisage, au plan économique, de prendre un train de mesure pour : stabiliser l’emploi; prévenir les risques; améliorer les moyens de subsistance des gens; répondre à des changements complexes dans l’environnement extérieur; renforcer continuellement la compétitivité international. Et pour déjà anticiper dans l’impact positif de ces mesures, le Gouvernement annonce la création de 12 millions d’emplois urbains de même qu’un accroissement des revenus des ménages au même rythme que la croissance économique.
Dans le but de construire une attractivité de l’économie chinoise et de la Chine, le rapport d’activité du gouvernement propose de promouvoir des reformes dans les domaines clés, de se concentrer sur l’abolition des obstacles institutionnels. Il en est ainsi de l’approfondissement de la construction d’un marché national unifié ; l’approfondissement de la reforme des systèmes fiscaux de taxation et financiers.
Tout ceci va : stimuler l’enthousiasme et les initiatives d’innovation sociale et de création ; favoriser l’accumulation économique continue; stimuler davantage la force motrice endogène et la vitalité du développement économique.
Ainsi, la gouvernance chinoise parie sur la transparence et l’efficacité pour répondre aux grands défis d’un monde en constante mutation.
Par Etienne de Tayo
Journaliste au magazine panafricain « Afrique Intègre «
LES « DEUX SESSIONS » OU LE SYMBOLE DE LA TRANSPARENCE ET DE L’EFFICACITÉ DE LA GOUVERNANCE CHINOISE
CAF : Samuel Eto’o aux portes du Comité exécutif
Les cartes vont être redistribuées au sein du gouvernement de la Confédération africaine de football (CAF) ce jour. Au terme de l’Assemblée générale extraordinaire de l’instance qui a lieu à son siège au Caire. Patrice Motsepe est assuré de rempiler. Le président sortant de la CAF est l’unique candidat à sa propre succession, et devrait logiquement voir sa candidature passer comme une lettre à la poste. Une élection par acclamation est attendu, comme ce fut déjà le cas pour son premier mandat.
En revanche, l’élection des membres du Comité exécutif (Comex) et des représentants de la CAF au Comité exécutif de la Fifa est couverte d’incertitudes. Les carottes sont cuites pour trois membres sortants : Mamoutou Touré, le président de la fédération malienne emprisonné par la junte au pouvoir ; le colonel Djibrila Hima Hamidou du Niger ; et Séidou Mbombo Njoya dont la candidature n’a pas été parrainée par la fédération camerounaise de football (Fécafoot). Et justement, en l’absence de Seidou Mbombo Njoya dont le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rejeté la candidature, Samuel Eto’o devrait triomphalement être élu comme le représentant de la zone Afrique centrale, certainement par acclamation, faute d’adversaires. Lui qui a dû passer par le TAS pour valider sa candidature initialement rejetée par la CAF pour une affaire de matchs truqués et de contrat avec une société de paris sportifs. Il est même fort probable que le président de la Fécafoot remplace son prédécesseur comme vice-président de la CAF.
L’élection des représentants de l’Afrique au Conseil de la Fifa s’annonce particulièrement disputée. L’Afrique en compte six dont cinq places pour les hommes. Si le Sénégalais Augustin Senghor peut espérer continuer de compter sur le retrait de sa candidature en 2021 au profit de patrice Motsepe pour garder sa place, les trois autres places devraient être âprement disputées. Idriss Diallo de Côte d’ivoire et l’ambitieux Ahmed Yakhya de Mauritanie, devront batailler dur pour prétendre à une place au soleil. Les choses semblant faciles pour un Fouzi Lekja du Maroc, conforté par le succès de Patrice Motsepe dans le redressement des finances de la CAF (Fouzi est président de la commission des finances de la CAF) ; ou encore l’Egyptien Hany Abou Rida (71 ans) qui vient d’échapper à la limitation d’âge pour le poste.
Drame de Souledé-Roua : Arrestations massives dans le village Mbalda
Une vingtaine de personnes, hommes et femmes, ont été interpellées ce matin dans le village Mbalda, dans l’arrondissement de Souledé-Roua, département du Mayo-Tsanaga. La gendarmerie qui a bouclé le village dès les premières heures du jour, et a engagé les interpellations des personnes soupçonnées d’avoir participé à la torture et au meurtre des deux chercheurs et leur guide, dans ce village. C’est ainsi le début des enquêtes au sujet de ce drame survenu le 2 mars dernier, et qui a suscité l’émoi du monde entier.
Cela survient au lendemain d’un sit-in des familles et proches des trois victimes, dans les Services du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord. Ils sont venus réclamer les restes des leurs, et surtout exiger que justice soit rendue. Reçus par Evariste Atangana Zoua, le secrétaire général des Services du gouverneur, les familles ont reçu la promesse que l’Etat ne les abandonnera pas. Entre temps, une procédure judiciaire est en cours pour l’exhumation des cours, du moins ce qu’il en reste, afin de les remettre aux familles. Le préfet du Mayo-Tsanaga, lui, est annoncé sur les lieux et dans les familles des victimes, ce jour.
Pour mieux comprendre: Trois personnes brûlées par les populations dans le Mayo-Tsanaga
Ce jour-là, Frédéric Mounsi et son accompagnateur Dr Bello Bienvenue, à bord d’une moto conduite par Oumarou Kabalay, débarquent dans le village Mbaldé, pour les besoins de recherche. Ils sont vite confondus à des éléments de Boko Haram, dans un contexte où quelques jours avant, des individus non identifiés, étaient déjà arrivés nuitamment dans le village, et prenaient des renseignements sur des personnes « nanties », avant de fondre dans la nature. Alors que la rumeur annonçant des personnes suspectes enflait, Frédéric Mounsi et ses compagnons vont ainsi être pris pour des éléments de Boko Haram et capturés par des populations qui ont déserté le marché. Des sources indiquent que cinq autres personnes qui devaient faire partie du groupe d’accompagnateurs du chercheur, ont réussi à s’échapper. Les chercheurs seront torturés sur la place publique, alors qu’un notable et un responsable du Comité de développement du village vont s’activer à saisir la gendarmerie. Laquelle enverra cinq éléments qui ne parviendront pas à sauver Frédéric Mounsi et ses accompagnateurs. «Les gendarmes sont arrivés pendant qu’on les torturait, mais ont eu peur de la foule et sont restés à quelques dizaines de mètres pour observer la scène», renseigne une source. Le sous-préfet qui s’y est déporté par la suite, trouvera déjà le bûcher. Les trois hommes brûlés seront inhumés.
Filière bois : 103 entreprises fermées et 2750 emplois perdus en 2024
Alors que le Cameroun, à l’instar des autres pays d’Afrique centrale, se prépare à l’arrêt de l’exportation du bois en grumes, le secteur se trouve aujourd’hui au cœur d’une véritable tourmente. Dans un contexte où l’Union européenne a dénoncé l’accord de partenariat volontaire (APVFlegt) pour le commerce du bois, les acteurs de la filière se sont mobilisés pour faire entendre leur voix. La situation actuelle dans la filière bois est jugée « assez inquiétante » par les professionnels.
Face aux multiples problèmes qui se multiplient, l’Association des acteurs de la filière bois (AFIB) a décidé de réunir, le 5 mars 2025, tous les intervenants en la matière. L’objectif principal de cette rencontre était de rechercher des solutions consensuelles aux problèmes communs affectant la filière. Lucien Posho, président de l’AFIB, a expliqué lors de cette réunion que « cette rencontre est justifiée par la conjoncture actuelle qui est assez inquiétante pour notre filière en raison de multiples problèmes que nous rencontrons. C’est pour cela que nous nous sommes dit qu’il fallait que nous puissions nous rencontrer pour parler d’une même voix et soumettre nos doléances aux autorités compétentes. »
Les répercussions de cette crise ne se font pas attendre sur l’économie nationale. En 2024, sur un total de 303 unités de transformation recensées, 103 ont été contraintes de fermer leurs portes, provoquant la perte de 2750 emplois. Selon la cellule de communication de l’AFIB, la menace plane toujours sur 75 autres entreprises, qui pourraient également être amenées à cesser leurs activités si aucune solution n’est trouvée rapidement. Dans ce climat de tension, la réunion organisée par l’AFIB a revêtu une importance capitale. Elle visait non seulement à échanger sur les difficultés rencontrées, mais également à définir une stratégie commune pour faire face aux défis à venir.
La mobilisation des acteurs de la filière témoigne d’une volonté de collaborer étroitement avec les autorités compétentes afin de préserver ce secteur vital pour l’économie du pays. En attendant des réponses concrètes, le secteur du bois reste en alerte, avec l’espoir que cette concertation aboutira à des mesures qui permettront de limiter les pertes économiques et de préserver les emplois.
Energie : Eneo sollicite la Chambre de Commerce de Paris pour une expertise de ses investissements
Alors que le processus de cession des parts d’Actis dans Eneo suit son cours, une autre procédure, indépendante de cette opération, est en cours devant la Chambre de Commerce Internationale (CCI) de Paris. Et il ne s’agit ni d’un contentieux judiciaire entre Actis et l’État du Cameroun, ni d’une tentative de blocage de la vente des actions du fonds d’investissement britannique. La démarche engagée auprès de la CCI concerne uniquement une expertise technique demandée par Eneo, portant sur une portion de ses investissements réalisés entre 2014 et 2024 et encore en attente de validation par l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL).
UN BILAN DÉCENNAL CONTRASTÉ
Depuis une décennie, Eneo, dont Actis détient actuellement 51% des parts, a investi près de 400 milliards de FCFA pour moderniser le réseau et renforcer l’accès à l’électricité, a révélé le Directeur Général de l’énergéticien, Amine Homman Ludiye, lors d’une rencontre avec la presse le 7 mars 2025 à Yaoundé. En 2024 par exemple, 26 nouvelles lignes de distribution ont été construites, portant à 19000 KM le nombre total des lignes de distribution moyenne tension (en croissance de 80% par rapport à 2014). Il faut noter aussi la modernisation des infrastructures de production et des avancées significatives dans la gestion commerciale. Ces efforts ont permis de faire passer le taux d’accès à l’électricité de 56% en 2014 à 75% en 2024, selon les données de l’entreprise. La sollicitation d’une une expertise technique indépendante auprès de la CCI de Paris par Eneo s’inscrit dans le cadre du contrat de concession liant l’entreprise au gouvernement camerounais et vise à établir une valorisation objective des investissements concernés.
UN DIFFÉREND TECHNIQUE, MAIS PAS UNE ACTION EN JUSTICE
Contrairement à certaines interprétations, il ne s’agit pas d’une action en justice intentée par Actis contre l’État du Cameroun. Les parties impliquées dans cette procédure sont Eneo et l’ARSEL, et non pas Actis et le gouvernement camerounais. L’objectif de cette expertise est d’obtenir une évaluation impartiale des investissements contestés et de faciliter leur reconnaissance officielle. “Solliciter une expertise technique auprès d’une instance internationale comme la CCI de Paris n’est pas un événement exceptionnel », assure un responsable d’Eneo. Il s’agit d’un mécanisme prévu dans le contrat de concession, permettant de résoudre les désaccords sur la validation des investissements sans recourir à un arbitrage judiciaire ou à des sanctions financières”, explique-t-il.
IMPACT FINANCIER
En attendant une issue à cette procédure, la situation financière d’Eneo se tend. L’entreprise qui affiche une dette estimée autour de 500 milliards de FCFA à fin 2024 avec des créances de l’ordre 400 milliards de Francs CFA, voit ses capacités d’investissement directement affectées. Malgré ce contexte, Eneo a opté pour une dynamisation des investissements. Elle revendique 59 milliards d’investissements en 2024 contre 36, 6 milliards en 2023 (voir tableau). En parallèle, les négociations autour de la sortie d’Actis du capital d’Eneo suivent leur cours. Avant de finaliser cette opération, les autorités camerounaises ont lancé un inventaire physique des actifs de distribution d’Eneo, principalement dans les régions du Centre et du Littoral. Cet audit vise à évaluer l’état des infrastructures, préciser les caractéristiques techniques des installations, déterminer leur valeur comptable, vérifier le respect du cahier des charges de l’entreprise. Ce processus est essentiel pour établir une base de négociation équilibrée et éviter tout litige ultérieur sur la valorisation des actifs.
INCERTITUDES
Avec le départ envisagé d’Actis et les négociations en cours autour de la reconnaissance des investissements en attente, l’avenir d’Eneo reste marqué par plusieurs incertitudes. Toutefois, la question de la relève d’Actis au capital d’Eneo reste ouverte. L’État camerounais, qui possède 44% des parts de l’entreprise, pourrait être amené à jouer un rôle plus important dans la transition, à moins qu’un nouvel investisseur stratégique ne vienne reprendre les parts du fonds britannique. En attendant, Eneo continue d’assurer la fourniture d’électricité à des millions de Camerounais, dans un contexte où la modernisation des réseaux (transport et distribution) et l’amélioration de la qualité du service restent des enjeux majeurs pour le secteur énergétique national.
Discours haineux : les patrons de presse disent STOP
Face aux discours haineux, la presse doit se ressaisir, l’État doit prendre ses responsabilités
En facilitant la propagation des discours haineux, les journalistes trahissent leurs codes d’éthique. En restant laxiste face aux entrepreneurs de la haine, les pouvoirs publics font le lit d’un possible déchirement de la cohésion nationale.
À qui profite le crime (car le tribalisme en est un !) ? La question se pose avec gravité, depuis que prolifèrent sur la toile et à la télévision une surenchère de discours tribalistes, stigmatisants et haineux. Désormais, c’est de manière totalement décomplexée et parfaitement docte que des compatriotes organisent des forums sur les réseaux sociaux et des débats télévisés pour conforter et enrichir leur haine, juger et condamner telle ou telle ethnie, coupable des agissements supposés ou réels de certains de ses membres.
Pourquoi est-ce un crime de tribaliser le débat politique et social ? C’est évident. Parce qu’en cultivant le rejet de l’autre et la méfiance vis-à-vis des non-membres du groupe, en les présentant comme des dangers imminents, en prêchant la haine de l’autre, que ce soit ouvertement ou à force de sous-entendus, ces discours menacent gravement la cohésion sociale de notre nation encore fragile.
Pourtant, comme l’indique la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la FIJ, « Le/la journaliste veillera à ce que la diffusion d’une information ou d’une opinion ne contribue pas à nourrir la haine ou les préjugés et fera son possible pour éviter de faciliter la propagation de discriminations fondées sur l’origine géographique, raciale, sociale ou ethnique, etc. » Autant dire que certains journalistes camerounais piétinent allègrement les règles de base de leur métier.
Selon l’UNESCO, le discours de haine est défini comme « tout type de communication, orale ou écrite ou de comportement, constituant une atteinte ou utilisant un langage péjoratif ou discriminatoire, à l’égard d’une personne ou d’un groupe, en raison de leur identité ». Or que voyons-nous à la télévision camerounaise ? Que lisons-nous sur les réseaux sociaux ? Une prolifération de discours et de sous-entendus qui cultivent la haine de l’autre. Une surenchère de poncifs tout aussi nauséabonds les uns que les autres.
Quelle gloire professionnelle peut revendiquer le journaliste ou le panéliste qui alimente les rancœurs à coups de stéréotypes ? Quelle ambition veut atteindre l’homme politique qui montre de la complaisance face à la prolifération des discours haineux et/ou de l’intolérance dans ses rangs ?
Certes, le contexte préélectoral est propice à la constitution de camps idéologiques et de chapelles partisanes. Mais la polarisation actuelle ne se fait plus sur les programmes et les idées, elle se fait à tort sur les origines ethniques.
Parmi ces gladiateurs des claviers et des petits écrans, les plus modérés appellent à la solidarité tribale en faveur des politiciens de leurs contrées (chose clairement interdite par la loi), tandis que les plus radicaux appellent purement et simplement à l’extermination d’autres groupes ethniques (une dérive sévèrement punie par la loi). Il est curieux de constater que le ton monte sans conséquence, les tribalistes invétérés en rajoutant à chaque fois une couche, assurés de leur impunité.
Il semble donc de plus en plus certain qu’au-delà de l’éducation, le terreau fertile de ces discours clivants et de ces appels au meurtre, c’est l’impunité. Pourtant, la loi prévoit des poursuites et des peines d’emprisonnement contre « celui qui, par quelque moyen que ce soit, tient des discours de haine ou procède aux incitations à la violence contre des personnes en raison de leur appartenance tribale ou ethnique ». La liberté d’expression ne peut pas être la liberté de propager la haine.
L’article 241-1 du Code pénal camerounais prévoit des peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et des amendes de 300 000 à 3 000 000 FCFA pour de tels actes. Pire encore, lorsque l’auteur est un fonctionnaire, un responsable politique ou un journaliste, ces peines sont doublées et les circonstances atténuantes interdites.
Le plus écœurant est de constater que ces discours haineux émanent souvent d’intellectuels et de leaders d’opinion que l’on croyait au-dessus de ces basses considérations. Il y a quelques années, un écrivain Camerounais vivant à l’étranger appelait au meurtre d’une communauté, et nous avons tous détourné le regard, par pudeur et peut-être même par honte. Hier toujours, des Camerounais ont été pourchassés de certaines régions du pays, leurs biens pillés, impunément. Aujourd’hui, on entend journalistes et universitaires aboyer ouvertement leur rage contre d’autres communautés, toujours impunément. Et désormais, les appels au meurtre se multiplient.
Le plus glaçant, c’est le flegme des pouvoirs publics face à cette dérive qui menace la cohésion sociale et, par extension, la paix et la stabilité du pays. Bien des États, parfois voisins du nôtre, ont sombré dans le chaos sous l’effet combiné des discours haineux et du laxisme des autorités. Pourtant, l’État camerounais ne manque pas d’instruments pour endiguer cette vague délétère qui se propage à travers les médias et les réseaux sociaux. Outre les dispositions du Code pénal révisé, on peut citer les lois en vigueur contre la cybercriminalité, l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC), la Commission Nationale pour le Bilinguisme et le Multiculturalisme, ainsi que le Conseil National de la Communication (CNC). Chacune de ces institutions a un rôle à jouer dans la lutte contre les discours de haine. Encore faut-il que ces mécanismes soient mobilisés avec rigueur et efficacité, et non laissés à l’état d’outils dormants face à un péril grandissant.
Les hommes de médias camerounais doivent faire preuve de retenue et de responsabilité face à la tentation du sensationnalisme et de la quête d’audience. Le Cameroun est un pays composite, constitué de plus de 200 ethnies qui, depuis à peine un demi-siècle, apprennent à forger ensemble une identité nationale. Les discours clivants fragilisent ce tissu social encore en construction et attisent des antagonismes dangereux. Or, les communautés sont aujourd’hui profondément imbriquées, unies par des alliances, des mariages et des filiations qui transcendent les clivages ethniques. En soufflant sur les braises du tribalisme, certains médias ne mesurent pas les risques qu’ils font courir à l’ensemble de la société. L’histoire, notamment en Afrique, regorge d’exemples tragiques où de simples mots ont mené à l’horreur et au chaos. Les médias doivent refuser de servir de caisse de résonance à la haine et aux ressentiments, sous peine d’être complices des fractures qu’ils contribuent à creuser.
L’élection présidentielle qui s’annonce ne doit pas nous diviser ; l’enjeu certes capital ne peut pas autoriser toutes les dérives, d’autant que nous savons déjà qu’il y aura un seul vainqueur et plusieurs déçus.
Les entrepreneurs de la haine ne devraient pas se pavaner librement sur les plateaux de télévision ou sur les réseaux sociaux pour détruire les acquis encore fragiles de notre nation. Il est temps que la presse se ressaisisse et que l’État prenne ses responsabilité.
Ont signé cette tribune collective :
François BAMBOU, Directeur de publication de Défis Actuels et président de ONE NATION, Association pour l’élimination du tribalisme et la promotion du vivre-ensemble
Georges Alain BOYOMO, Directeur de publication, MUTATIONS
Séverin TCHOUNKEU, Directeur de Publication, La Nouvelle Expression, PDG Équinoxe,
HAMAN MANA, Président de la fédération des éditeurs de presse du cameroun (Fedipresse), Directeur de Publication, Le Jour
Guibaï GATAMA, Directeur de publication, L’Œil du Sahel
Émile FIDIECK, Directeur de publication, EcoMatin
Christian NGAH, Directeur de Publication, The Guardian Post
Chantal NGA, Directrice de Publication, Ladies News
Valentin Siméon ZINGA, Directeur de publication, Lignes d’Horizons, président de l’association Médias, Médiations et Citoyenneté
Nancy FAWOH, Directeur de Publication, Le Gideon
Yerima KINI NSOM, Directeur de publication, The Post
Randy Joe SA’AH, The Daily Voice
Thierry NDONG OWONA, Directeur de publication, Intégration
Jean François CHANNON, Directeur de Publication, Le Messager
Michel Eclador PECKOUA, Directeur de publication, Ouest Échos
François MBOKE, Directeur de publication, Diapason, Président du Réseau des patrons de presse
Economie verte : La révolution des véhicules électriques au Cameroun en panne de courant ?
La loi de finances 2025, qui prévoit un abattement de 50 % sur la valeur des véhicules électriques importés, s’inscrit dans une démarche double : lutter contre le changement climatique et stimuler l’adoption des technologies propres. Si cette mesure fiscale vise à réduire le coût d’acquisition des véhicules électriques, les acteurs du secteur pointent du doigt un obstacle majeur : la disponibilité insuffisante des bornes de recharge sur les axes routiers. « La disponibilité des bornes de recharge, c’est justement la principale contrainte évoquée aujourd’hui pour l’arrimage à l’électrique », souligne Wadih Assaad, directeur général de 3S Motors Cameroun dans les colonnes de l’hebdomadaire gouvernemental Cameroon Business Today.
Ce constat met en exergue la nécessité de développer rapidement des infrastructures adaptées, notamment sur des axes stratégiques comme Douala-Yaoundé, où Total s’investit activement dans l’installation de points de recharge. Dans le cadre du lancement du programme pilote de promotion de la mobilité électrique, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, avait déclaré en juillet 2024 : « C’est une initiative importante pour notre pays. Nous allons adjoindre dans ce projet les collaborateurs de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (Minepded) pour que le travail soit réalisé en parfaite synergie. Je tiens à dire que je n’ai aucun doute sur sa faisabilité. »
Cette collaboration interinstitutionnelle témoigne d’une volonté forte de créer un écosystème propice à l’essor de la mobilité électrique, en associant les différents acteurs pour surmonter les défis techniques et logistiques. Néanmoins, certains experts restent prudents quant aux retombées économiques de ces mesures. Julien Bikouth, ingénieur général en construction automobile, met en garde : « Il faut reconnaître que les véhicules électriques coûtent cher à l’acquisition par rapport aux moteurs thermiques. Faire un abattement de 50 % sur les frais de douane ne va pas nécessairement galvaniser les importateurs. En comparant les coûts, l’importateur se rendra compte rapidement qu’il est plus avantageux d’opter pour un moteur thermique. » Ce constat met en lumière le besoin de repenser l’ensemble de la chaîne de valeur pour que l’électrification devienne réellement compétitive sur le marché.
UN CONTEXTE ÉNERGÉTIQUE EN PLEINE MUTATION
Le projet s’inscrit dans un contexte énergétique complexe. Le Cameroun fait face à des défis liés à un approvisionnement en électricité parfois insuffisant en raison d’infrastructures vieillissantes. Pour pallier ces lacunes, l’État a engagé d’importants investissements dans la construction de barrages, comme celui de Nachtigal, qui devrait permettre de doubler, voire tripler, la capacité actuelle de production. Par ailleurs, des partenariats, notamment avec Total Cameroun, visent à intégrer la recharge solaire aux côtés des réseaux classiques, capitalisant sur l’abondance du soleil dans la région. Avec l’adoption de la loi de finances 2025, une première vague d’importations de véhicules électriques, principalement des motos et des taxis, est prévue.
L’objectif est de représenter entre 10 et 15 % des ventes totales de véhicules dès les premiers temps de cette transition. Selon Vivacar, entité de Société Générale spécialisée dans le financement innovant, le classement des 10 voitures électriques à petit prix en vente en 2025 situe leurs coûts entre 11 millions de FCFA (16 900 euros) et 22,4 millions de FCFA (34 000 euros). Toutefois, le véritable potentiel du marché résiderait dans les motos, tricycles et camionnettes de livraison, qui, grâce à leur faible émission de bruit et l’absence de gaz CO₂, devraient rapidement conquérir les villes. Des initiatives de déploiement dans d’autres villes africaines, telles que Abidjan, sont également envisagées, afin de renforcer la présence des véhicules électriques sur des axes stratégiques comme celui reliant Douala et Yaoundé.
La 2ème édition de LinkedIn Local Douala annoncée le 22 mars prochain
Désormais reconnu comme un rendez-vous immanquable, la deuxième édition de LinkedIn Local Douala est placée sous le thème : « LinkedIn : Levier de croissance professionnelle et catalyseur de performances commerciales pour les Entreprises ». Conçu pour rassembler professionnels, entreprises et leaders d’opinion, LinkedIn Local Douala va au-delà du simple réseautage. Il s’agit d’une véritable plateforme d’échanges et de stratégies, visant à démontrer comment LinkedIn peut devenir un moteur de croissance pour les entreprises et un accélérateur de carrières pour les individus. Dans un contexte où le réseautage digital est primordial, l’événement offre notamment des stratégies pratiques pour optimiser l’utilisation de LinkedIn, des clés pour renforcer la visibilité et la présence des professionnels et entreprises, ainsi que des conseils pour créer des partenariats commerciaux et dynamiser le recrutement et la vente via la plateforme.
LinkedIn Local Douala va bien au-delà d’un simple rassemblement en réunissant professionnels, entreprises et étudiants afin de les sensibiliser à l’importance stratégique de LinkedIn pour le développement de carrière et la performance commerciale, tout en leur fournissant des outils et stratégies concrets pour optimiser leur utilisation de la plateforme. L’événement met également l’accent sur la promotion d’un réseautage qualitatif et sur la création de collaborations fructueuses au sein de l’écosystème professionnel camerounais.
À l’échelle mondiale, LinkedIn s’affirme comme le premier réseau social professionnel, rassemblant plus d’un milliard de membres, et offre aux professionnels, entreprises et étudiants l’opportunité de développer leur réseau à l’international, de partager leur expertise et leurs réussites, tout en découvrant de nouvelles perspectives de carrière et d’affaires. Malgré une utilisation en croissance continue, LinkedIn reste encore en deçà de son potentiel sur le sol camerounais. En 2024, seulement 1,2 million d’utilisateurs – soit 4,3 % de la population – exploitaient la plateforme. Ce constat met en lumière l’urgence de promouvoir une adoption plus large de LinkedIn afin de renforcer la présence des professionnels camerounais sur la scène internationale et de permettre aux entreprises locales de saisir les nombreuses opportunités qu’offre cette plateforme mondiale.
StayUp Consulting, moteur de cette initiative, est une agence marketing experte en personal branding et en optimisation de la présence sur LinkedIn, qui propose également des formations aux outils digitaux pour les professionnels et entreprises, tout en offrant un accompagnement stratégique pour renforcer la visibilité et stimuler le développement commercial sur les plateformes digitales.
Chez StayUp Consulting, la mission est claire : fournir aux entreprises et aux professionnels les moyens de transformer leur présence en ligne en un véritable levier de performance et de croissance. En fédérant une communauté LinkedIn Cameroun dynamique, l’agence entend accompagner chacun dans la réalisation de ses objectifs professionnels et commerciaux.
Election à la CAF : Le TAS réhabilite Samuel Eto’o
Samuel Eto’o Fil sera candidat au Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). Ainsi en a décidé le Tribunal arbitral du sport (TAS) ce 7 mars 2025. L’instance basée à Lausanne en Suisse « annule la décision rendue par le Comité exécutif de la CAF le 25 janvier 2025 en ce qu’elle ne mentionne pas le nom de Samuel Eto’o sur la liste des candidats à l’élection par l’Assemblée générale extraordinaire du 12 mars 2025 des membres du Comité exécutif de la Confédération africaine de football », peut-on lire dans la décision rendue publique ce 7 mars 2025. De façon plus claire, le TAS « ordonne au Comité exécutif de la Confédération africaine de football d’intégrer Samuel Eto’o Fils sur la liste des candidats à l’élection par l’Assemblée générale extraordinaire du 12 mars 2025 des membres du Comité exécutif » de la CAF. L’instance faîtière du football africain devra par ailleurs payer au président de la Fécafoot la somme de 8000 francs suisse, représentant les frais d’avocat.
A lire aussi: CAF : Seidou Mbombo Njoya et Samuel Eto’o s’affronteront
C’est un gros revers pour la CAF qui avait écarté le patron du football camerounais de la course pour une place au Comité exécutif de la CAF. Au motif de violation du Code éthique de la CAF. Une décision que la CAF avait prise en se basant sur le rapport de la Sous-commission d’examen de la commission de gouvernance de la CAF. Laquelle s’était basée sur la condamnation de Samuel Eto’o par la justice espagnole pour fraude fiscale, et sa condamnation par la CAF dans l’affaire de son contrat avec 1Xbet. Le jury d’appel de la CAF avait condamné le patron du football camerounais d’une amende pécuniaire. Des éléments qui avaient permis à la CAF d’invalider la candidature de Samuel Eto’o. En même temps, la candidature de Séidou Mbombo Njoya, son prédécesseur à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), avait été également écartée, car n’ayant pas bénéficié du parrainage de la Fécafoot. Du coup, sur les quatre candidats à la candidature qui s’étaient annoncés pour le compte de l’Afrique centrale, aucun des deux Camerounais, n’avait été retenu.

Aujourd’hui, Samuel Eto’o sauve sa peau. Le chemin était balisé pour cette décision depuis quelques semaines. En effet, le 21 février dernier, le Camerounais avait eu gain de cause en appel de sa condamnation par le jury d’appel de la CAF. Du coup, plus rien n’empêchait sa réhabilitation. Cela survient au moment où Samuel Eto’o se trouve en Afrique du Sud, où il a rencontré Patrice Motsepe, le patron de la CAF.
L’élection du président de la CAF est prévue le 12 mars prochain. A l’occasion, le gouvernement de l’instance sera renouvelé. Si Samuel Eto’o n’a plus finalement déposé son dossier de candidature pour succéder à Patrice Motsepe, il est fort probable que le Camerounais fasse partie de ce nouveau gouvernement.
L’Université de Dschang s’ouvre aux formations américaines
L’Université de Dschang a récemment accueilli une délégation de l’ambassade des États-Unis au Cameroun pour une séance de travail axée sur les échanges académiques et les opportunités de formation. Cette rencontre, qui s’est tenue dans la salle Victor Fotso, a réuni des représentants des différentes facultés, sous la présidence du Professeur Guimdo Bernard Raymond, Vice-recteur en charge de la Recherche, de la Coopération et des Relations avec le Monde Économique (VR-RECOME).
Conduite par Gaïna Dàvila, directrice de la diplomatie publique à l’ambassade des États-Unis au Cameroun, la délégation américaine a présenté plusieurs programmes destinés aux étudiants, enseignants-chercheurs et cadres universitaires. Parmi eux, le programme Fulbright, qui offre des séjours académiques aux étudiants en Master et Doctorat ainsi qu’aux enseignants, a particulièrement retenu l’attention.
D’autres initiatives telles que le Hubert H. Humphrey Fellowship, conçu pour les cadres universitaires occupant des postes de gestion, le Study of the U.S. Institute (SUSI) et le Fulbright ARSP Application Component ont également été exposées. Ces programmes visent à renforcer les compétences des bénéficiaires tout en favorisant un dialogue académique et culturel entre le Cameroun et les États-Unis.
Des témoignages inspirants et un appel à la participation
Lors de la séance, plusieurs étudiants ayant déjà bénéficié de ces opportunités ont partagé leurs expériences, mettant en avant l’impact positif de ces échanges sur leur parcours académique et professionnel. Ces témoignages ont renforcé l’intérêt des participants, soucieux d’explorer ces pistes pour enrichir leur formation et leur carrière.
Le Pr. Guimdo Bernard Raymond a souligné l’importance de diffuser largement ces opportunités afin que le plus grand nombre puisse en profiter. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer davantage la coopération entre l’Université de Dschang et l’ambassade des États-Unis, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles collaborations académiques et scientifiques. Cette rencontre marque une avancée significative dans les relations entre l’Université de Dschang et les États-Unis, promettant de nouvelles perspectives pour les étudiants, enseignants et cadres administratifs en quête d’excellence et d’ouverture internationale.














