vendredi, mai 22, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 105

Adamaoua : La mission qui attend Théophile Baoro pour le Rdpc

0

« Ce qui compte, comme en toute chose, pour réussir, ce qui est fondamental pour parvenir à de bons résultats, c’est la volonté. Comme dit l’adage, « là où il y a la volonté, il y a le chemin. C’est nettement ce qu’ont fait les courageux guerriers de l’Adamaoua, qui ont repoussé de nombreuses invasions tout au long de l’histoire, et les valeureux militantes et militants ayant du Rdpc, le premier parti de l’Adamaoua en son temps. Ils ont réussi parce qu’ils ont su se tenir prêts à affronter n’importe quel adversaire, sans peur. C’est cela que nous attendons de vous désormais». Voilà le portrait du militant modèle du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) que dresse Jean Nkuété. Le secrétaire général du Comité central du parti au pouvoir le peignait hier en installant Théophile Baoro, chef de la Délégation permanente régionale du parti dans la région de l’Adamaoua.

Jean Nkuété s’adresse à une région qui a la particularité d’être inéquitablement partagée entre le Rdpc et l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), un parti de la majorité présidentielle. En dehors du Faro et Déo qui a un député du parti au pouvoir, le parti de Bello Bouba règne en maître. Ici, l’alliance n’a pas vraiment son sens. On affiche clairement son adversité au « partenaire ». Mais en interne, le Rdpc n’évolue pas en rangs serrés. Le parti est déchiré par des guerres fratricides. « Dans le Rdpc, je l’ai toujours dit ici dans l’Adamaoua, la haine, la rancune, la méchanceté n’ont pas de place», prêche-t-il.

Un chrétien au milieu de musulmans

Parviendra-t-il à convertir les positions des uns et des autres ? Rien n’est sûr. Théophile Baoro est un homme nouveau, qui remplace El Hadj Mohamadou Abbo Ousmanou (Alhadji Abbo), un puisant homme d’affaires qui semblait peser de tout son poids pour parvenir dans une certaine unité. Musulman qu’il était, comme la presque totalité des patrons régionaux du parti, l’homme parvenait tout de même à obtenir des parts de pouvoir dans cette région qui a réussi l’exploit de donner au Social democratic front (SDF) jadis leader de l’opposition, des sénateurs dans une région où il n’avait aucun conseiller municipal et donc aucun électeur. Le Rdpc avait ainsi fait échouer l’Undp avec qui il était aux coude-à-coude et qui est un allié de longue date. Nourrissant ainsi une guerre qui allait s’intensifiant entre les deux partis dans la région. Théophile Baoro est chrétien. Il est originaire d’un département qui est le seul à offrir encore au Rdpc la première place.

C’est dire si la bataille sera rude pour la reconquête des cœurs. Mais la tâche ne sera pas facile pour ce député sur qui Paul Biya le président national du parti a jeté son dévolu le 25 mars dernier. Lui qui, selon des sources locales, n’a pas jusqu’ici bénéficié du soutien total des cadres du parti. Mais Jean Nkuété qui était déjà venu scruter le terrain à la mort d’Alhadji Abbo, ne baisse pas les bras. « De la Vina au Mbéré, du Faro et Déo au Mayo-Banyo, en passant par le Djérèm, nous attendons que se mettent en place de nouvelles solidarités pour permettre au Rdpc de remporter avec brio les élections qui se profilent à l’horizon, en commençant par l’élection présidentielle d’octobre prochain», lance le patron administratif du Rdpc. Et de citer d’autres élections qui arriveront après. « Vous ne devez ménager aucun effort, aucune peine, pour donner au président Paul Biya, votre illustre candidat, une victoire historique, des majorités importantes et imposantes au sein des conseils régionaux, du parlement et des communes dans votre belle région», essaie-t-il de flatter. Le maçon est attendu au pied du mur. Le premier test c’est l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Ecobank Cameroun : près de 200 personnels décorés

0

226 médailles d’honneur du travail  leur ont été décernées lors d’une cérémonie présidée à Douala pour le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale.

 Ils sont  total 196  employés d’Ecobank Cameroun qui ont reçu la reconnaissance du management de la banque panafricaine. Ils ont été décorés  de médailles d’honneur du travail par l’entreprise qui  a décidé de célébrer la loyauté et la fidélité de  son personnel. La remise de médailles a eu lieu le 25 avril dernier au Palais de la Culture Sawa à Douala,  au cours d’une cérémonie  présidée par le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale  Grégoire Owona.  « Les employés que nous honorons aujourd’hui ont démontré au fil des années un dévouement exemplaire et une détermination sans faille. Leurs contributions à Ecobank sont appréciées par la nation tout entière, qui a par conséquent décidé de les récompenser au nom de celui qui l’incarne, le président de la République son excellence Paul Biya », a déclaré le ministre.

226 médailles d’honneur du travail ont été décernées à raison de 7 médailles en or, 96 médailles en vermeil et 123 en argent.  Pour l’entreprise, cette action  vise à « reconnaître et récompenser les contributions remarquables de ceux qui ont démontré un dévouement exemplaire et un esprit d’innovation au sein de l’entreprise. Elle est également la reconnaissance envers les employés qui depuis 10, 15 et 25 ans ont servi pas seulement la banque, mais le Cameroun tout entier ».

Filiale d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI), groupe financier panafricain ayant son siège à Lomé au Togo, Ecobank Cameroun a enregistré des chiffres record en 2024.  Et pour le management de la banque, cette performance est le fruit du travail de ses collaborateurs.  La banque a en effet obtenu le résultat  le plus élevé enregistré depuis le démarrage de son exploitation en 2001.  Le total de bilan  s’élevait de 588 117 millions de FCFA, tiré par les dépôts de ses clients qui s’élèvaient à 434 millions de FCFA. Soit une progression de 13% en glissement annuel. Le Produit Net Bancaire à la fin de l’exercice  connait aussi une hausse de 50 112 millions de FCFA, soit une croissance de 10 % par rapport à 2023. Le résultat avant impôt s’est établi à  22 862 millions contre 17 296 millions de FCFA en 2023, pour une hausse de 32 % sur un an. Le résultat net de l’exercice est de 21 051 millions de FCFA. Soit une variation de +47,51% par rapport à  2023.

Réactions

Gwendoline Abunaw, Administrateur Directeur Général Ecobank Cameroun

 « Nous célébrons les efforts de plus de 50% de notre effectif »

« Cette cérémonie représente une étape importante dans l’histoire d’Ecobank au Cameroun. Elle représente une occasion unique de reconnaître et de célébrer les efforts et les réalisations exceptionnelles de plus de 50% de notre effectif. C’est une source de fierté de voir nos collaborateurs se surpasser et contribuer de manière significative à notre succès collectif. Elle est également une opportunité de motiver et d’inspirer l’ensemble de notre équipe à continuer à viser l’excellence. Nous remercions l’État du Cameroun, par l’intermédiaire du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, pour tous les conseils et le soutien technique apportés à cette cérémonie réussie. Nous sommes également reconnaissants à l’ensemble du personnel d’Ecobank Cameroun pour leur contribution inlassable à la réalisation de la vision de la banque.  Cette année revêt une signification particulière car le groupe Ecobank célèbre son 40e anniversaire et nous sommes fiers de marquer 24 ans d’existence au Cameroun. Cette étape importante nous donne l’occasion de réfléchir à notre parcours et d’apprécier ceux qui ont été avec Ecobank depuis sa création en 2001. Notre parcours a été celui d’une performance rose et remarquable. Echo Bank a inspiré et lancé certaines des innovations révolutionnaires dans le secteur bancaire et financier camerounais, comme le passage à la banque numérique, l’intégration de l’inclusion financière pour les femmes et leurs propres banques, ainsi que des contributions exceptionnelles au développement communautaire à travers des projets d’impact. »

 Hortense Deffo, récipiendaire

 « Le climat au sein de l’entreprise est très paisible »

 « C’est une énorme joie pour moi. Je reçois cette dernière médaille avec beaucoup de gratitude envers mon employeur et  envers toutes les équipes qui m’ont accompagnée toutes ces années.  C’était très challengeant mais aussi passionnant. Donc je rends grâce à Dieu et je dis merci à Ecobank. J’ai rejoint cette banque en 2003 donc ça fait 22 ans.  Le climat social au sein de l’entreprise est très paisible. J’ai traversé des générations des « ecobanquiers » et tous ceux qui sont passés pour aller chez les concurrents, on se retrouve toujours avec beaucoup de plaisir pour partager les vieux souvenirs et pas mal d’anecdotes. Donc on est écobanquier un jour et ecobanquier toujours. »

Le Cameroun  et le suédois Scania préparent le retour des bus à Douala et Yaoundé

0

En décembre 2023, après l’échec de la Société de transports et équipements collectifs de Yaoundé (Stecy SA), la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) a lancé un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour revitaliser le transport de masse. Quatre opérateurs se sont manifestés. Mais à l’issue des discussions, trois se sont retirés, laissant seul en lice Salam Tours Mfoundi (STM).

 En signant son contrat de concession en décembre de la même année, STM s’est engagé à déployer un réseau pilote sur trois lignes, avec au moins 50 bus, à aménager une base logistique et à installer des arrêts matérialisés sous six mois. Pourtant, plus d’un an plus tard, rien n’a vraiment bougé. « Les négociations n’ont pas abouti », confie Patrick Mfoulou Olugu, économiste spécialiste des transports à la CUY, dans Cameroon Business Today.

« Bien que la Communauté urbaine ait signé un contrat de concession, le prestataire n’a pas pu lever les fonds nécessaires pour acquérir le matériel roulant », précise-t-il. Un nouvel échec qui s’ajoute à une longue série dans la capitale, où, depuis 2005, trois tentatives successives ont échoué, plombées par des routes délabrées, des embouteillages endémiques et un modèle économique difficilement viable sans subventions ni voies dédiées.

Face à cette impasse, les autorités ont décidé de changer de cap. « La nécessité de relancer un nouvel avis de sollicitation est en réflexion. Parallèlement, le gouvernement a engagé des études dans les villes de Douala et Yaoundé avec Scania pour mettre en place un véritable système de transport par bus. Les termes de référence sont déjà finalisés », révèle Patrick Mfoulou. Concrètement, il s’agit d’un projet co-construit avec le constructeur suédois Scania, soutenu par l’agence suédoise de financement public Swedfund.

lire aussi: https://www.newsducamer.com/transport-urbain-le-suedois-scania-et-son-offre-de-transport-de-600-bus-a-douala-et-a-yaounde/

SCANIA PRÉPARE LE TERRAIN

 Interrogé par Défis Actuels, François Lechat, directeur général de Scania West Africa, confirme que des études de faisabilité sont bel et bien en cours, partiellement financées grâce à Swedfund. « Ce n’est pas un partenariat direct entre Scania et le gouvernement camerounais, mais entre le gouvernement suédois via Swedfund et le gouvernement camerounais via le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (Minhdu) », précise-t-il.

 Ces études, indispensables, doivent permettre de calibrer le projet avec précision. « Nous avons besoin d’informations fiables pour construire un réseau adapté. Notre partenaire, RHT Africa, chargé du design du réseau, doit disposer de données précises afin que nous puissions offrir les bons produits et services (véhicules et services associés) », poursuit François Lechat.

C’est d’ailleurs Scania qui est à l’initiative de ces études, ayant sollicité Swedfund pour soutenir le projet. « Ces études doivent nous fournir toutes les informations nécessaires pour concevoir un réseau urbain efficace », insiste-t-il.

UN PROJET STRUCTURÉ AU PLUS HAUT NIVEAU

lire aussi: https://www.newsducamer.com/francois-lechat-directeur-de-scania-west-africa-ltd-nous-sommes-enclins-a-nous-installer-durablement-au-cameroun-si-ce-projet-se-realise/

Les études de faisabilité ne sont que la première étape d’un projet beaucoup plus vaste. Le 4 avril 2024, une délégation de Scania a été reçue par le Premier ministre Joseph Dion Ngute pour lui présenter cette vision, élaborée depuis deux ans avec RHT Africa et l’opérateur camerounais Intercity Blue Bus. L’objectif est de déployer 600 bus à Yaoundé et Douala d’ici 2027, en complément des futurs Bus Rapid Transit (BRT).

Le projet prévoit aussi la réhabilitation des dépôts existants, l’installation de quelque 500 arrêts par ville, ainsi que la mise en place de portiques de lavage pour les véhicules. Au cœur de cette stratégie, une flotte verte, composée de bus fonctionnant à 100 % au biodiesel ou au biogaz, avec l’ambition de produire localement ces carburants à partir de déchets ou de graines d’hévéa. La modernisation ne s’arrête pas aux véhicules. Elle inclut une billettique dématérialisée, une information en temps réel pour les usagers, la création d’autorités de transport locales inspirées d’Abidjan (AMUGA) et de Dakar (CETUD), ainsi qu’un dispositif robuste de maintenance (pièces détachées, ateliers, assistance technique par Scania sur place).

Le projet intègre aussi un vaste programme de formation, avec l’objectif de former 2 000 conducteurs et techniciens locaux. Pour soutenir cet investissement ambitieux, Scania propose un crédit acheteur garanti par l’État suédois, afin de ne pas alourdir immédiatement la dette publique du Cameroun. Et si ce projet pilote se révèle concluant, Scania et RHT Africa envisagent de s’implanter durablement dans le pays.

Extrême-Nord : Mission commando de Dion Ngute

0
PM-DION-NGUTE-780x440

Joseph Dion Ngute est actuellement dans la région de l’Extrême-Nord depuis ce dimanche. Le Premier ministre va présider ce jour aux côtés de son homologue tchadien l’inauguration du nouveau pont sur le Logone, reliant les villes camerounaise de Yagoua et tchadienne de Bongor. C’est une infrastructure de grande portée pour la zone Cemac car elle fait partie des ouvrages rentrant dans le cadre du projet régional intégrateur du réseau routier dans le bassin du lac Tchad. Lancés en 2020, les travaux de construction du pont sur le fleuve Logone étaient prévus de s’achever en 2023, mais le chantier a connu des difficultés, tant en ce qui concerne des questions sécuritaires avec la secte terroriste Booko Haram, que la pandémie du covid-19 et les mouvements d’humeur des populations riveraines. Mais aussi, il y a eu le défaut d’une carrière dans l’environnement immédiat du projet, les lourdeurs douanières, tout comme la pénurie du gasoil due à la guerre russo-ukrainienne. 

Deux ans après, l’ouvrage a été livré il y a quelques mois. Fruit de la coopération entre le Cameroun et le Tchad, le nouveau pont sur le Logone a été construit par le groupement Razel Cameroun/Razel-BEC/Sotcocog. Financé à hauteur de 37,6 milliards de francs CFA par l’Union européenne et la Banque africaine de Développement (BAD), le pont est long de 620 ml. Outre le pont, des voies de raccordement ont été construites ainsi que d’autres infrastructures connexes dans les deux côtés de l’ouvrage.

Parc de Mabed bed

Mais avant ce volet festif de son voyage dans la région de l’Extrême-Nord, Joseph Dion Ngute est passé par Kaélé dimanche. Rien n’a encore filtré de sa visite, mais le Premier ministre devait recevoir les forces vives du département du Mayo-Kani. Avec comme sujet central, la crise née de la création du parc de Mabed bed. Les populations riveraines voient d’un mauvais œil la création de ce parc. D’une part, les riverains dénoncent la priorité que le gouvernement accorde aux animaux qui vont être déversés dans cet espace pour être protégés, au détriment des humains, et d’autre part, le nom de baptême du parc divise les communautés Moundang et Tupuri. Le nom Mabed bed signifie « les non circoncis», en langue Moundang. Ce que les Tupuri voient comme une injure à leur endroit. En arrière-plan, la communauté Tupuri voit le ministre Hele Pierre, en charge de l’Environnement de la protection de la nature, d’origine Moundang.

Le décret de création du parc a été pris en 2020 par le Premier ministre. Depuis, les riverains contestent. EN 2024, la situation a atteint une côte alarmante. Le gouverneur de l’Extrême-Nord venu calmer les populations, a été pris en otage par une horde de mécontents armés de gourdins, de machettes et de flèches. Il a fallu l’intervention du Bataillon d’intervention rapide (BIR) pour que Midjiyawa Bakari puisse être extirpé du piège dans lequel il s’était retrouvé, avec tout son état-major. Un gendarme s’en était tiré avec une blessure par flèche. Les protestataires exigent pas autre chose que le retrait du décret du Premier ministre. L’on en saura un peu plus au retour de Dion Ngute.

Le Port de Douala renforce son partenariat avec le Tchad pour consolider son leadership sous-régional

0
Cyrus Ngo'o www.newsducamer.com
Cyrus Ngo'o www.newsducamer.com

Ce 28 avril 2025, le Port de Douala signe avec le Conseil des Chargeurs du Tchad un protocole d’accord stratégique. En signant un protocole d’accord stratégique avec le Conseil des Chargeurs du Tchad (COC-TCHAD), le Port Autonome de Douala démontre une réactivité exemplaire et une volonté claire de préserver son statut de plateforme logistique de référence en Afrique centrale.

Ce partenariat, conclu pour une durée de quatre ans renouvelable, s’inscrit dans un contexte de diversification des options d’accès à la mer pour le Tchad. L’accord de transit signé récemment entre N’Djamena et la Guinée équatoriale, ouvrant l’accès au port de Bata, constitue une incitation pour le Cameroun à moderniser son offre logistique et renforcer ses liens historiques avec son voisin sahélien.

Des engagements forts pour fidéliser le trafic tchadien

Par ce protocole, le PAD s’engage à simplifier les procédures portuaires pour les marchandises en provenance ou à destination du Tchad, à réduire les délais de transit, et à appliquer une tarification préférentielle. Des couloirs et guichets spécifiques pour le traitement des cargaisons tchadiennes seront également créés, de même que des facilités pour l’exploitation d’une zone logistique dédiée au Tchad dans la zone portuaire de Douala.

Le Port de Douala s’engage en outre à renforcer la sensibilisation et la formation des chargeurs et transporteurs tchadiens sur les procédures de transit, avec l’appui de sa représentation permanente à N’Djamena.

Un partenariat gagnant-gagnant

De son côté, le COC-TCHAD s’engage à promouvoir le Port de Douala auprès des acteurs du commerce extérieur tchadien, à relayer les procédures de transit en vigueur, et à encourager l’utilisation accrue des services du port camerounais.

Un comité paritaire de suivi-évaluation, coprésidé par les directeurs généraux du PAD et du COC-TCHAD, veillera à la mise en œuvre effective du protocole et à l’ajustement des actions en fonction des défis rencontrés.

Des enjeux économiques majeurs pour le Cameroun

Pour le Cameroun, cet accord présente plusieurs avantages stratégiques. Il contribue à sécuriser une part importante du trafic international du Tchad, générateur de revenus pour le port et les opérateurs économiques du corridor Douala-N’Djamena. Il permet également de renforcer l’attractivité du Port de Douala face à une concurrence régionale de plus en plus vive.

En outre, en consolidant ses relations économiques avec le Tchad, le Cameroun réaffirme son rôle central dans l’intégration sous-régionale et dans le développement des corridors de transport essentiels à la croissance économique de l’Afrique centrale.

Un message clair de modernité et de compétitivité

À travers cette démarche proactive, les autorités du Port Autonome de Douala adressent un message fort : celui d’un port en transformation continue, attentif aux besoins de ses clients, et résolument tourné vers la compétitivité et l’efficacité.

Dans un environnement sous-régional en mutation rapide, la capacité d’anticipation et d’adaptation des grands ports africains est plus que jamais un levier déterminant de leur réussite. Douala l’a bien compris.

 L’Ordre des Architectes célèbre 50 ans d’engagement pour une architecture durable et innovante

0

Fondé en 1975, l’ONAC célèbre en 2025 un demi-siècle d’existence en se projetant résolument vers l’avenir. Du 5 au 10 mai, le Palais des Congrès de Yaoundé accueillera une série d’événements marquant ces « noces d’or », sous le signe d’une architecture durable et connectée aux défis contemporains.

Lancé le 21 avril dernier lors d’une conférence de presse tenue à Yaoundé, le président de l’ONAC, Jean Christophe Ndongo, a esquissé les grandes lignes de cette célébration tournée vers l’innovation. « Notre 50e anniversaire est un moment de bilan, mais surtout d’anticipation. Face aux urgences climatiques, notre manière de penser et de concevoir la ville doit évoluer », a-t-il déclaré.

Parmi les temps forts prévus, une demi-journée sera dédiée à la Fondation Jacques Rougerie, une institution française de référence dans la promotion de l’architecture écologique, sur terre comme sur mer et même dans l’espace. À travers ses concours internationaux, plusieurs jeunes architectes camerounais ont d’ailleurs déjà été primés pour leurs projets innovants dans le domaine de la construction durable.

Ce partenariat illustre l’orientation que souhaite prendre l’Ordre à savoir, encourager une architecture plus verte, capable de répondre aux enjeux environnementaux sans sacrifier l’esthétique et la fonctionnalité.

Mais pour l’ONAC, l’innovation ne saurait se limiter à l’écologie. À l’ère du numérique, l’intelligence artificielle (IA) est également appelée à transformer la pratique architecturale. Loin d’être perçue comme une menace, elle est vue comme un levier d’optimisation et de créativité. « L’IA ne remplace pas l’architecte, elle l’accompagne. Elle accélère certaines tâches, mais seule l’humain peut concevoir l’harmonie d’un espace ou comprendre les attentes d’un client », a précisé Jean Christophe Ndongo.

À l’instar des logiciels de conception assistée par ordinateur (DAO) qui ont remplacé le dessin à la main, les outils basés sur l’IA s’intègrent progressivement au quotidien des architectes camerounais, sans pour autant éclipser leur savoir-faire et leur sensibilité.

À travers cet anniversaire, l’Ordre des Architectes du Cameroun entend réaffirmer son rôle central dans la construction de villes intelligentes et respectueuses de l’environnement. « Un projet d’architecture ne doit pas seulement être esthétique ; il doit être fonctionnel, et surtout, désormais, durable », a martelé son président.

À l’heure où les métropoles africaines font face à une urbanisation accélérée, l’ONAC veut inscrire l’architecture camerounaise dans une dynamique qui allie croissance maîtrisée, innovation technologique et respect des équilibres naturels.

Vatican : Le Cameroun,  »spectateur » à l’élection du nouveau pape

0

Le pape François sera inhumé demain 26 avril 2025. Le 266ème pape de l’église catholique romaine a choisi dans ses dernières volontés de ne pas reposer à la Basilique Saint Pierre de Rome comme les autres papes. Ce sera le clou des obsèques entamées depuis son décès survenu 21 avril dernier, au petit matin. Depuis mercredi dernier, le corps du Saint Père est exposé à la Basilique Saint Pierre, pour les hommages des fidèles du monde entier.

Depuis la mort du pape François, c‘est le cardinal Kevin Farrell, qui assure l’intérim. L’Irlandais de 77 ans qui avait déjà annoncé la nouvelle triste, assurera la transition à la tête du Vatican, jusqu’à l’élection d’un nouveau pape.  Le droit canonique prévoit que « dans un délai de 15 à 20 jours, après le décès du souverain pontife, sera organisé le conclave au cours duquel 137 cardinaux, notamment ceux âgés de moins de 80 ans dont près de 80% choisis par le pape François lui-même, auront la lourde tâche d’élire son successeur ». Sur le site internet du Vatican, on peut lire que « tous les plus hauts responsables du gouvernement  de l’Eglise, c’est-à-dire la Curie romaine, doivent se démettre de leurs fonctions à la mort du pape. Seul le cardinal camerlingue reste en poste pour administrer les affaires courantes de l’Eglise », peut-on lire sur le site du Vatican.

Christian Tumi

Cette succession se fera à travers un vote à bulletin secret, dans la stricte confidentialité de la chapelle Sixtine. Le peu que l’on en sait est qu’il n’y a pas de candidat, pas de campagne électorale. Mais en course, tous les cardinaux âgés de moins de 80 ans. Tous ces cardinaux se trouvent actuellement au Vatican. Mais à la vérité, le jeu est ouvert à tout chrétien catholique reconnu comme tel.

Le moment venu, chaque électeur vote le candidat de son choix, inspiré du Saint esprit. Si aucun nom n’est retenu au terme du premier vote, un autre tour de scrutin sera organisé, ainsi de suite jusqu’à ce qu’un nom soit retenu. Cela se saura avec la fumée blanche apparaisse, signe qu’une majorité d’électeurs s’est dégagée en faveur d’un candidat. Avant cela, le public verra une fumée noire apparaître d’une cheminée, signe à chaque fois de l’échec. Conformément au droit canonique en vigueur au Vatican, le collège des cardinaux va proclamer depuis l’estrade de la basilique Saint-Pierre, le célèbre « Habemus papam », locution latine qui signifie « Nous avons le pape ».

La mission du camerlingue sera achevée une fois un nouveau pape élu. Les fidèles catholiques du monde entier attendent ce moment avec impatience, pour découvrir le nouveau souverain pontife. Si les supputations vont bon train sur les chances des uns et des autres, il est certain que le Cameroun ne pourra ni prétendre à une candidature à la succession du pape François, ni prendre part au vote. Avec la mort de Christian Tumi, le Cameroun n’a plus le privilège d’avoir un pape. En 12 ans de pontificat, le pape François n’a pas nommé de cardinal au Cameroun, et n’a pas non plus remplacé le défunt Christian Tumi. Le 266ème souverain pontife a pour autant nommé de nouveaux cardinaux en Afrique dont au Maroc et en Centrafrique. Sauf  »miracle ».

Protection de la faune : une femme aux arrêts à Douala pour trafic d’ivoire

0

Selon des sources proches de l’enquête ayant requis l’anonymat, cette femme serait liée à deux hommes arrêtés en février 2025 dans la capitale économique avec deux défenses d’éléphants en leur possession. L’un d’eux aurait avoué s’être procuré les précieuses défenses directement au domicile de la suspecte. Un détail qui a suffi à orienter les enquêteurs vers cette nouvelle piste. Les autorités n’ont pas encore révélé son identité, mais plusieurs sources indiquent qu’elle est la fille d’un ancien haut responsable du ministère du Tourisme et des Loisirs. Un statut qui ne l’a pas empêchée d’être immédiatement conduite dans les locaux des services de la faune pour y être entendue.

Le Cameroun, à l’instar d’autres pays de la région, a récemment renforcé sa législation en matière de protection des espèces sauvages. La loi de 2024 prévoit des peines lourdes pour les trafiquants, allant jusqu’à 20 ans de prison et 50 millions de FCFA d’amende. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette hémorragie qui vide nos forêts de leurs espèces emblématiques », déclare un responsable local de la lutte contre la criminalité faunique. L’affaire, désormais entre les mains des autorités compétentes, n’en est qu’à ses débuts. Les enquêteurs cherchent à démanteler l’ensemble du réseau et à comprendre l’ampleur de ses ramifications.

Une espèce en danger

L’éléphant, cible privilégiée des braconniers pour ses précieuses défenses, joue pourtant un rôle vital dans l’écosystème forestier. « C’est le jardinier de la forêt », rappellent les experts. En dispersant les graines et en créant des clairières, il contribue à maintenir la biodiversité et l’équilibre écologique dont dépendent d’innombrables espèces… y compris l’homme.

 Malgré les efforts croissants des États, les chiffres restent alarmants. En 2024, 67 défenses ont été saisies dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, représentant la mort d’au moins 33 éléphants. Ces saisies s’inscrivent dans le cadre des opérations conjointes entre les gouvernements et le réseau EAGLE, qui soutient l’application effective des lois fauniques.

L’arrestation de Douala pourrait ainsi constituer une avancée significative dans cette guerre de longue haleine contre le trafic d’espèces protégées. Reste à savoir si les poursuites judiciaires iront jusqu’au bout… et si les têtes pensantes du réseau seront, elles aussi, traduites en justice.

Célestine Ketcha Courtes : « L’objectif des états généraux est de transformer les déchets en ressources financières »

0
CÉLESTINE KETCHA COURTES, ministre de l’Habitat et du Développement Urbain

Le recyclage, la récupération : comment mieux organiser le système actuel pour valoriser les déchets et assainir nos quartiers ?

Comment améliorer l’organisation actuelle pour transformer les déchets en richesse, dans une véritable logique d’économie circulaire ? Je voudrais partir d’un exemple concret : celui d’un maire, à Bangangté, qui faisait face à l’absence de collecte d’ordures ménagères. Que s’est-il passé ? Nous savons que, dans notre pays, environ 80 à 85 % des déchets sont d’origine ménagère. Cela signifie que la majorité des déchets que nous voyons, dans les rues, aux abords des marchés, viennent de nos activités domestiques : ce que nous rejetons en cuisinant, après avoir mangé, ou ce qui reste des étals.

 En tant que maire, j’ai donc pris l’initiative de créer un centre de tri. Ce centre a permis de créer des emplois pour plus de 60 jeunes et à terme, c’est près d’une centaine de jeunes qui y travaillaient, dans le centre de tri de Noumgha. Leur mission était simple : séparer les déchets biodégradables des non-biodégradables. Ces derniers étaient enfouis, tandis qu’une approche spécifique de gestion était mise en place pour les biodégradables. J’ai d’ailleurs travaillé avec Emmanuel Ngnikam, directeur de ERA Cameroun, que j’ai associé à ces initiatives. Grâce à cette collaboration, nous avons pu transformer les déchets biodégradables en compost biologique, que j’ai ensuite distribué gratuitement aux mamans du village.

Lors des semis, je leur ai demandé de comparer les résultats de trois types de culture de maïs : celui nourri avec le compost préparé, celui fertilisé avec des fientes de poules, très prisées pour leur richesse en nutriments, et enfin, celui traité avec des engrais chimiques provenant de la quincaillerie, afin d’évaluer leur efficacité respective. Les résultats ont été parlants : le maïs produit avec notre compost était de meilleure qualité.

 Ce compost que je donnais gratuitement, j’ai pu le vendre par la suite à 2 300 FCFA contre 2 500 FCFA pour les fientes de poules, et 4 000 FCFA pour les engrais chimiques. Cela prouve que si nous transformons nos déchets, ceux que nous voyons dans la rue, nous pouvons créer de la richesse, tout en préservant durablement notre environnement. Car, et nous le savons, dans le contexte actuel du changement climatique, l’environnement que nous polluons aujourd’hui peut décider de nous tuer demain. Il est donc vital d’en prendre soin.

Voilà, en résumé, l’expérience que je voulais partager. Je ne prétends pas donner une solution miracle. Le rôle du Minhdu, comme cela a été rappelé, est avant tout de coordonner, de mettre les acteurs ensemble, dans une sorte de think tank, un espace d’intelligence collective où experts, pollueurs, opérateurs, partenaires peuvent réfléchir ensemble et proposer des solutions. L’une de ces solutions doit porter sur toute la chaîne de gestion des déchets. Il s’agit de la production des déchets ; la pré-collecte, est-elle faite en vrac ? Dispose-t-on d’assez d’espace pour trier ; le transport et enfin, le traitement. Et ce traitement, au bout de la chaîne, doit permettre d’entrer pleinement dans une économie circulaire : produire, transformer et valoriser nos déchets comme des ressources.

En prenant une place prépondérante, le Minhdu ne risque-t-il pas d’outrepasser ses prérogatives et d’interférer avec les missions du Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable ?

Nous n’empiétons pas sur le champ de compétences du ministère de l’Environnement. D’ailleurs, nous avons associé ce ministère aux États généraux, car il est en charge des questions liées à l’impact des déchets sur le climat, ainsi que des politiques d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Pour notre part, nous gérons concrètement les déchets. Nous avons également associé le Ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), car près de 80 % des déchets que nous produisons proviennent de l’agriculture et de la pêche, secteurs dans lesquels le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia) est également impliqué. Cela témoigne de la cohérence de l’action gouvernementale, conformément à la vision du président de la République. Il n’y a aucun empiètement : chaque ministère est représenté au sein du groupe de travail, qui a commencé ses travaux avant l’ouverture des contributions, le 15 avril.

Nous avançons dans la même direction, assainir nos villes et faire en sorte que la transformation des déchets en ressources soit une réponse durable au défi environnemental. Comme l’a souligné le ministre, il s’agit d’envisager un véritable retour sur investissement. L’objectif n’est pas de considérer les déchets comme un simple fardeau pour les finances publiques, mais de les traiter comme une ressource capable de générer des solutions pérennes.

Un plan d’action national de gestion des ordures en gestation

0

Comment transformer une crise structurelle en opportunité de développement ? C’est la question au cœur des États généraux sur la gestion des ressources en déchets urbains, une initiative conjointe du Minhdu et du Minddevel, lancée dans un esprit de concertation inclusive et participative. Face à l’ampleur du défi, ces assises marquent un tournant stratégique dans la manière d’aborder la question des déchets dans les villes camerounaises. Portée par le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, compétent en matière de coordination de la gestion des déchets urbains, et par le Ministère de la Décentralisation, en charge de l’accompagnement des collectivités territoriales décentralisées (CTD), cette initiative vise à poser les bases d’un changement de paradigme.

Il ne s’agit plus simplement de « gérer » les déchets, mais de les considérer comme ressources à valoriser dans une économie circulaire. La démarche se déroule en deux grandes phases. La première, ouverte depuis le 15 avril et jusqu’au 30 avril 2025, est celle des consultations : elle permet aux acteurs de terrain, collectivités, entreprises, société civile, diaspora – de soumettre projets, propositions et bonnes pratiques, notamment autour de la pré-collecte et de la valorisation des déchets. La deuxième phase, prévue les 6 et 7 mai 2025, sera la Session nationale. À Yaoundé, dans la salle Ongola du Conseil Régional du Centre et à l’Hôtel de Ville, se tiendront des plénières, des ateliers thématiques, une table ronde de haut niveau sur le financement, ainsi que des visites de terrain et une exposition dédiée à l’économie circulaire.

L’objectif : transformer la réflexion collective en feuille de route concrète, avec des mesures directement applicables sur le terrain. Ces États généraux s’inscrivent pleinement dans les grandes orientations de développement durable du Cameroun, notamment les ODD 11 et 12, la Stratégie nationale de Développement (SND30), et la Politique urbaine nationale. Il ne s’agit pas de remettre en cause les compétences des maires, mais bien de renforcer leurs capacités à répondre à un enjeu qui dépasse l’échelle locale. « La complexité du problème nécessite une intervention de l’État pour impulser des réponses structurelles », a insisté le ministre, soulignant la volonté de créer un cadre normatif, institutionnel et économique propice à une gestion durable et rentable des déchets.

 L’annonce de ces assises a suscité un fort engouement médiatique et institutionnel. Déjà, apprend-on, plus d’une centaine de contributions ont été enregistrées, venues du Cameroun, de l’étranger, et même de la diaspora. Le succès de cette mobilisation laisse espérer que ces États généraux ne seront pas une simple consultation, mais bien le point de départ d’une révolution verte dans les villes camerounaises

- Publicité -
Google search engine