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14e Conférence Ministérielle De l’OMC : Agriculture, pêche, numérique sont les priorités des pays du Sud

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« À partir de l’organisation du CM14 à Yaoundé, l’Afrique voudrait se présenter désormais comme un acteur majeur, dans les discussions sur les questions commerciales internationales », a déclaré Tuo Siriki, directeur de la coopération inter-régionale à l’ouverture de l’atelier de concertation francophone pour l’Afrique et l’Océan Indien qui s’est tenu à Yaoundé le 28 avril 2025. Un rendez-vous organisé en prélude à la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), prévue à Yaoundé du 26 au 29 mars 2026.

 « l’Afrique compte peser, dans les priorités et dans le nouvel agenda de l’OMC. Monsieur le ministre vient de l’indiquer. Que les questions de discussion à l’OMC aujourd’hui ne se centrent plus sur les questions de développement. Et vous le savez certainement que l’agenda de Doha, qui date de 2001, a complètement été mis à l’écart. Aujourd’hui, les questions en négociation à l’OMC sont un peu prises comme à la carte. Donc il n’y a plus de prévisibilité dans l’agenda. Et l’Afrique, à partir de CM14 à Yaoundé, permettra de pouvoir recadrer les différents membres sur cet aspect », avertit le directeur de la coopération inter-régionale au Ministère du Commerce et de l’Industrie ivoirienne qui a pris part aux travaux de concertation de Yaoundé.

À douze mois de ce grand sommet, les pays francophones de l’Afrique subsaharienne et de l’Océan Indien affûtent leur position commune. Objectif : parler d’une seule voix sur des enjeux cruciaux tels que l’agriculture, la sécurité alimentaire, la subvention à la pêche ou encore le commerce électronique. Au cœur des débats, la question agricole concentre toutes les tensions. « On ergote depuis de longues années autour de l’agriculture », a lancé Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre camerounais du Commerce. « Oui, l’agriculture nous intéresse. Mais depuis des années, aucun accord n’a été trouvé. Chacun défend ses intérêts », a déploré le ministre camerounais. Or, a-t-il insisté, l’agriculture est indissociable de la sécurité alimentaire : « C’est une évidence. »

Sept dossiers majeurs, apprend-on, sont actuellement en négociation à l’OMC. Parmi eux figurent les subventions agricoles, les restrictions à l’exportation de denrées alimentaires, les barrières à l’accès aux marchés pour les producteurs, ou encore les règles sur les achats publics à prix administrés. Le ministre a également attiré l’attention sur une proposition de mécanisme de sauvegarde destiné à protéger les pays en développement face à la volatilité des marchés.

Un multilatéralisme en panne de sens

Dans un ton mêlé d’indignation et de lucidité, Luc Magloire Mbarga Atangana a questionné les fondements mêmes du système commercial multilatéral : « On a oublié que le but du multilatéralisme, c’était de promouvoir le développement des États par le commerce — pas de faire du commerce pour lui-même, au détriment des peuples. » Le ministre a plaidé en outre pour une réforme en profondeur de l’OMC : « Nous avons besoin d’un secrétariat qui décide, qui tienne compte de nos réalités, et pas seulement installé à Genève. Pourquoi n’aurait-on pas des représentations régionales ? D’autres organisations le font déjà. » Derrière cette proposition, c’est tout un modèle de gouvernance commerciale mondiale que le ministre du Commerce remet en question, un système souvent pensé loin des côtes africaines, appliqué sans nuance à des économies fragiles.

Les combats des pays du sud

Trois grands combats ont été particulièrement soulignés par le ministre. D’abord, les subventions à la pêche. Si la lutte contre la surexploitation est une priorité, elle ne doit pas se faire au détriment des communautés locales. « Ce sont les filets des pêcheurs artisanaux qu’il faut protéger, pas les flottes industrielles dopées aux aides publiques étrangères », at-il martelé, dénonçant une justice environnementale à double vitesse.

Ensuite, le commerce électronique. Présenté comme une « opportunité majeure » pour les PME africaines, il nécessite selon lui des règles équitables et protectrices : « Favoriser l’accès au marché numérique, oui, mais avec des garde-fous : sécurité des données, protection du consommateur, encadrement des plateformes. » Enfin, l’appel à un traitement différencié pour les pays en développement. « On a oublié ce principe fondamental ! Où en est-on avec la flexibilité dans les accords ? Avec la classification des États ? », a-t-il interrogé, appelant à une révision « courageuse, juste, différenciée ». Pour Luc Magloire Mbarga Atangana, l’heure est à la lucidité et à l’action. Les pays du Sud, dit-il, ne demandent pas des privilèges, mais la reconnaissance de leurs réalités dans un système mondial trop souvent déséquilibré.

« Nous voulons que Yaoundé soit ce New Deal que nous souhaitons de l’OMC »

LUC MAGLOIRE MBARGA ATANGANA, ministre du Commerce

« J ‘aime dire que le commerce mondial, c’est-à-dire le multilatéralisme commercial, a une origine. Je renvoie volontiers chaque fois au Kennedy Round, qui disait qu’on ouvrait les marchés pour promouvoir le développement des États par le biais du commerce. Promouvoir le développement des États par le biais du commerce. On ne disait pas promouvoir le développement du commerce. Nous voulons que Yaoundé marque le premier pas de ce New Deal que nous souhaitons de l’Organisation mondiale du commerce. Donc, la concertation devra travailler, réfléchir, cogiter sur un certain nombre de thèmes qu’il nous faudrait ensuite vendre aux autres membres pour éviter justement cet enlisement à travers des débats qui portent sur des sujets multiples et qui ne nous permettent pas, depuis Doha, réellement d’aboutir à des choses qui soient utiles à nos États et qui favorisent le commerce mondial. Donc il faut qu’on s’appuie sur un certain nombre de thématiques qui intéressent nos États et qui vont continuer à donner du sens à l’OMC. L’agriculture nous intéresse. On ergote depuis de longues années autour de l’agriculture. Mais il n’y a pas d’accord. Il n’arrive pas à trouver un accord à cause des égoïsmes. L’agriculture renvoie aussi à la sécurité alimentaire. C’est un thème sur lequel il nous faudra travailler dur pour essayer de trouver des consensus et les partager avec les autres. Il y a l’accord sur les subventions à la pêche, La première partie de cet accord a fait l’objet d’une décision, et c’est un pas important au sein de l’OMC. »

« A la CM14 l’Afrique va présenter les avancées de la Zlecaf »

TUO SIRIKI, directeur de la coopération inter-régionale au ministère du Commerce et de l’Industrie ivoirienne

« Aujourd’hui, à l’analyse, vous vous rendez compte qu’on est en train de chercher à mettre l’OMC à l’écart des négociations commerciales internationales. Ce qui n’est pas bien et ce qui n’est pas normal pour l’avenir du commerce international. Donc cette CM14 sera une occasion pour l’Afrique de dire clairement au monde, si nous voulons aller vers un monde de paix, si nous voulons aller vers un monde de commerce libre, il faudrait que tout le monde se retrouve au sein de l’OMC et que tout le monde accepte de négocier au sein de cette organisation. L’un des éléments également que je voulais indiquer, c’est de présenter le cadre de la Zlecaf, pour lequel tous les pays africains se déploient à mettre en œuvre cet accord. Et cette CM14 serait également l’occasion de dire au monde entier que l’Afrique avance sur son agenda personnel, son agenda qui lui permettra de pouvoir faire du marché africain un marché promoteur »

Jacqueline Adiaba-Nkembe (COSUMAF) appelle à une révolution inclusive et innovante des marchés financiers africains

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Jacqueline Adiaba Nkembe www.newsducamer.com
Jacqueline Adiaba Nkembe www.newsducamer.com

L’honneur m’échoit de prendre la parole aujourd’hui à l’Africa Capital Market Forum, un événement d’une importance capitale pour l’avenir de nos marchés de capitaux.
Permettez-moi tout d’abord de remercier chaleureusement les organisateurs, One Africa Forum, pour leur dévouement et leur vision, ainsi que les partenaires qui ont rendu cet événement possible.

Le thème de notre rencontre aujourd’hui, « Dynamisation des marchés de capitaux : une révolution en marche », est à la fois pertinent et urgent. Les marchés de capitaux jouent un rôle crucial dans le développement économique de nos pays. Ils facilitent le financement des Etats et des entreprises, soutiennent l’innovation et favorisent la création d’emplois. Cependant, pour que ces marchés atteignent leur plein potentiel, il est impératif d’adopter de nouvelles approches et de tirer parti des opportunités offertes par l’innovation.

Nous vivons une époque de changements rapides. Les avancées technologiques, les nouvelles réglementations et les attentes croissantes des investisseurs redéfinissent notre paysage financier. Les marchés de capitaux doivent s’adapter pour rester pertinents et compétitifs. Cela passe par trois éléments fondamentaux :

D’abord l’inclusion financière qui est au cœur de la dynamisation des marchés de capitaux. Nous devons veiller à ce que tous les segments de la population aient accès aux services financiers. Cela comprend non seulement les grandes entreprises, mais aussi les PME et les entrepreneurs individuels. En élargissant l’accès au capital, nous pouvons stimuler l’innovation et le développement économique dans nos communautés.

Ensuite l’innovation technologique. C’est un moteur essentiel de cette révolution. Les fintechs, par exemple, transforment la manière dont nous interagissons avec le marché financier. Elles offrent des solutions novatrices qui rendent les services financiers plus accessibles et plus efficaces. Nous devons encourager cette dynamique en favorisant un écosystème propice à l’innovation, tout en garantissant une régulation adéquate pour protéger les investisseurs.

The last, and not the least, la transparence et Confiance. Elle est primordiale pour instaurer la confiance des investisseurs. Nous devons garantir des pratiques de reporting claires et accessibles, tout en mettant en place des mécanismes de surveillance efficaces. Une meilleure transparence renforcera la confiance dans nos marchés et attirera davantage d’investissements.

Si nous devons conclure, nous dirions que la dynamisation de nos marchés de capitaux est non seulement une nécessité, mais aussi une opportunité. En travaillant ensemble, en partageant nos expériences et en adoptant des pratiques innovantes, nous pouvons transformer nos marchés de capitaux en moteurs de croissance durable et inclusif.

Je vous remercie de votre attention et de votre engagement envers cette noble cause.

Ensemble, faisons avancer cette révolution en marche !

Le port de Douala et les chargeurs tchadiens formalisent leur collaboration

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Les deux parties  ont signé un protocole d’accord visant à faciliter le transit au Port de Douala des marchandises en provenance ou en direction du Tchad par des tarifs préférentiels et des conditions plus attractives.

Le Port Autonome de Douala (PAD) et  le Conseil des Chargeurs Tchadiens (Coc-Tchad) renforcent leurs liens. Les responsables des deux entités ont procédé le 28 avril dernier à Douala, à la signature d’un protocole d’accord pour la facilitation du transit  des marchandises à destination ou  en provenance du Tchad. «  Les échanges sont en cours depuis l’année dernière. Les relations entre les deux parties existaient déjà et le présent protocole vise à  structurer notre cadre de coopération en droite ligne avec les orientations gouvernementales», a expliqué le Directeur Général du PAD, Cyrus Ngo’o.

 Le protocole d’accord conclu pour une durée de quatre ans renouvelable porte de manière générale sur plusieurs axes. Concrètement, pour le PAD, il sera question de réduire les délais de transit via le port de Douala, de concourir à la simplification des procédures portuaires pour le transit des marchandises tchadiennes ; de mettre en œuvre des couloirs/guichets spécifiques dans les installations portuaires au traitement des marchandises tchadiennes en transit au Port de Douala. Le Port de Douala s’engage aussi à appliquer une tarification préférentielle pour les marchandises tchadiennes en transit via le Port de Douala, de poursuivre la mise à disposition des ristournes aux chargeurs tchadiens et de sensibilisation des chargeurs, CAD et transporteurs tchadiens d’organiser de manière régulière à la représentation du PAD à N’Djamena des sessions de formation et de sensibilisation des chargeurs tchadiens sur les procédures de transit en vigueur au Port de Douala.

De son côté, le conseil des chargeurs tchadiens, s’engage à transmettre au PAD de manière régulière toute statistique sur le commerce extérieur tchadien ;  relayer en permanence auprès des chargeurs tchadiens les stocks des marchandises en attente au Port de Douala ; encourager les chargeurs tchadiens à fréquenter la représentation du PAD à N’Djamena pour les solutions à leurs préoccupations de transit via le Port de Douala. Le Coc Tchad devra organiser des sensibilisations des chargeurs et autres intervenants tchadiens afin de les familiariser aux procédures et avantages du transit via le Port de Douala. Il doit aussi Œuvrer auprès de l’État tchadien à la mise en exploitation rapide de la zone logistique attribuée au Tchad au Port de Douala etc.

Pour la mise en œuvre et le suivi-évaluation de ce protocole d’accord, les parties vont mettre en place un comité paritaire placé sous la co-présidence du Directeur Général du Port Autonome de Douala et du Directeur Général du Conseil des Chargeurs du Tchad. Ce Comité sera composé de huit membres pour chacune  des  parties.  Par cet accord, les chargeurs tchadiens vont également intégrer le conseil d’administration du PAD.

 Réactions

Joseph Nguene Nteppe, Chef de division de la coopération PAD

 « Les délais de passage ne doivent pas dépasser 7 jours »

«  Les engagements vont dans le sens des intérêts de nos opérateurs économiques et de nos deux Etats. Il était temps de formaliser un certain nombre de facilités qui existaient déjà parce qu’il vaut toujours mieux consolider les acquis en les consignant sur le papier parce que les paroles s’envolent, mais les écrits restent.  Les délais de passage portuaire au port de Douala se sont beaucoup améliorés depuis quelques années à travers d’importants investissements qui ont été fait sur le plan logistique. Aujourd’hui, il est question de veiller à ce que les marchandises ne durent pas plus de 7 jours pour les opérateurs qui veulent aller le plus vite possible. Je voudrais vous rassurer que pour des opérateurs diligents, ils peuvent enlever leurs marchandises au port de Douala, 3 à 4 jours après l’arrivée du navire. Il est question de veiller à ce que les marchandises en transit qui souffrent du passage sur les corridors, qui représentent un autre segment supplémentaire, puissent bénéficier de cette célérité, de cette fluidité dans le passage portuaire. »

HAMID DJOUMINO, Directeur Coc Tchad

 « Nous  cherchons des facilités pour les opérateurs économiques tchadiens »

« Il faut savoir que les relations entre le Tchad et le Cameroun sont des relations de sang. Le Port autonome de Douala est notre port naturel et est très stratégique pour nous. Nous avons signé un accord avec la Guinée équatoriale, la Libye, le Nigeria et d’autres pays frontaliers.  Partout, on cherche des facilités pour les opérateurs économiques tchadiens. Aujourd’hui on a signé un protocole d’accord avec le port de Douala pour des facilités. Les chargeurs tchadiens vont  ainsi bénéficier de cette convention.  Donc nous sommes dans une synergie pour trouver des facilités pour les chargeurs tchadiens. »

Auguste Mbappe Penda, Directeur conseil national des chargeurs

 « Près de 80% des marchandises du Tchad passent par le port de Douala »

« Il faut déjà relever que les conventions internationales obligent nous, les pays qui avons le littoral de donner accès aux pays qui n’ont pas de littoral. Environ 80% des marchandises du Tchad passent par le port autonome de Douala. Donc il était très important de formaliser les rapports d’échange que le conseil des chargeurs du Tchad entretient aussi bien avec le port autonome de Douala qu’avec le conseil des chargeurs du Cameroun, et toutes les entreprises de la place portuaire. Nous sommes des pays frères. Nous avons des relations de bon voisinage qui ne pouvaient que se concrétiser par la signature de cette convention aujourd’hui. Ironie du sort, au moment où nous sommes en train de signer la convention entre le Pad et le Coc-Tchad, les deux premiers ministres de nos deux pays sont en train d’inaugurer le port de Bongor. Tout cela montre le dynamisme, la fraternité et la solidarité qu’il y a entre les deux pays et qui est entretenu au plus haut niveau des deux pays. »

Pêche : le Cameroun adhère à la charte mondiale pour la transparence

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Selon les acteurs de la société civile, cette action du gouvernement permettra de préserver les pêcheurs artisanaux et de renforcer les efforts contre la pêche illicite.

  S’exprimant dans le cadre de la conférence mondiale sur les océans, àBusan, en Corée, le conseiller technique auprès du ministre de l’élevage, de la pêche et des industries animales, a fait une déclaration largement partagée par les défenseurs de l’environnement.  Guy Irene Mimbang a en effet indiqué que « le Cameroun soutient la Charte mondiale pour la transparence et, au cours des prochaines années, il s’efforcera de mettre en œuvre ses principes ».

En d’autres termes, le Cameroun a adhéré  à la Charte mondiale pour la transparence dans les pêches et s’engage à respecter ses dix principes.  Ces derniers, dont certains sont peu coûteux et d’autres pas du tout, favorisent l’accès à des données essentielles, telles que le suivi des navires à travers les océans ou l’enregistrement des personnes qui bénéficient de leurs activités.  Il y a par exemple, l’obligation de publier toutes les données collectées et les évaluations scientifiques afin de faciliter l’accès à l’information pour les pêcheurs artisanaux, les professionnels de la pêche, les communautés locales, les associations professionnelles et la société civile lors de l’élaboration des règles, des règlements, des subventions et des budgets dans le domaine des pêches. La charte recommande aussi de rendre public la propriété effective des navires et exiger que la position des navires soit publique en partageant les données VMS ou d’autres systèmes non publics etc.

 Selon la Fondation pour la justice environnementale (EJF), il s’agit d’une avancée importante qui permettra de préserver les pêcheries du pays. « Ce sont les communautés côtières et les pêcheurs camerounais qui en bénéficieront le plus, car leurs moyens de subsistance et leur sécurité alimentaire seront renforcés, mais cette démarche aura des répercussions à l’échelle mondiale. Le problème est clair : sans transparence, il est impossible de gérer les pêcheries ou de demander des comptes à ceux qui enfreignent la loi. En mettant en œuvre les principes de la Charte, le Cameroun peut aider les petits pêcheurs, reconstituer les populations de poissons et renforcer l’application de la loi à l’encontre de ceux qui enfreignent les lois nationales sur la pêche», commente Steve Trent, fondateur de l’EJF.

D’après les données de cette ONG, plus de 212000 pêcheurs camerounais dépendent directement des eaux pour leur subsistance.  Mais leurs activités sont menacées par la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), souvent pratiquée par des chalutiers étrangers. Plusieurs cas d’abus à bord des navires ont d’ailleurs été signalés à maintes reprises.

 Avec cette démarche, le Cameroun démontre son engagement à promouvoir une pêche durable. Le pays a dans le même sens, adopté en début de cette année, une nouvelle loi sur la pêche.

Liberté d’expression : Le Cameroun recule d’une place

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Au dernier classement de Reporters sans frontières (RSF) publié ce 2 mai 2025, le Cameroun est 131e pays en matière de respect de la liberté d’expression. Le pays perd ainsi une place au classement annuel car il était 130ème en 2024. Bien bien qu’il ne soit pas parmi les derniers au monde, le Cameroun est tout de même mal classé, derrière des pays comme la Somalie. Le pays de Paul Biya est ainsi perçu par RSF comme l’un des pays les plus dangereux pour l’exercice de la libre du métier de journaliste et assimilés.

Le Cameroun affiche pourtant l’allure d’un pays ouvert à la liberté d’expression, avec un paysage médiatique particulièrement riche. Selon une cartographie réalisée par le Conseil national de la Communication en février dernier, il existe 760 organes de presse implantés sur l’ensemble du territoire dont 232 titres de presse écrite, 93 chaînes de télévision, 129 stations de radio commerciales, 169 radios communautaires, 72 médias en ligne et 65 organes de télédistribution.

Et au quotidien une certaine liberté de ton peut être perçue sur les titres des journaux et la pluralité d’opinions dans les émissions radio et télévisées. Mais il s’avère que depuis quelques années, le monde de la presse, paupérisé tant par une gestion peu professionnelle que par une mauvaise répartition du marché de la publicité, peine à évoluer dignement, en respect de l’éthique et de la déontologie. A cela s’ajoute une sorte d’épée de Damoclès qui pèse sur la tête du journaliste camerounais contre qui le ministre de l’Administration territoriale et le Conseil national de la Communication agitent régulièrement la menace de représailles face à certains sujets brûlants de l’actualité. C’est le cas des émissions TV (Droit de réponse sur Équinoxe Tv par exemple) suspendues récemment par le CNC mais qui n’ont pas pu être remplacé dans la grille des programmes. Le CNC s’y etant opposé.

Il faut rappeler que les exécutions extrajudiciaires de journalistes comme Martinez Zogo et Samuel Wazizi ne sont pas des cas pouvant contribuer à donner une image positive auprès de Reporters sans frontières.

Yaoundé : les pays francophones affûtent leurs priorités commerciales avant la CM14

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OMC OIF Yaoundé
OMC OIF Yaoundé

Yaoundé, Défis Actuels/www.newsducamer.com – À moins d’un an de la 14ème Conférence ministérielle de l’OMC (CM14), prévue en mars 2026 dans la capitale camerounaise, les pays francophones membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se mobilisent. Du 28 au 30 avril, des représentants de pays d’Afrique francophone et de l’océan Indien se sont réunis à Yaoundé dans le cadre d’une concertation stratégique visant à définir leurs priorités dans le système commercial multilatéral.
Placée sous le thème « En route vers la 14ème Conférence Ministérielle de l’OMC », cette rencontre a été organisée conjointement par le Secrétariat de l’OMC et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Elle répond à la volonté des États francophones de mieux préparer leur position commune et de peser davantage dans les négociations commerciales internationales.
Hôte de la prochaine CM14, le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a ouvert les travaux en soulignant les enjeux de la conférence : « La CM14 doit servir de rampe de lancement pour un futur meilleur. » Il a mis en lumière les nombreux défis auxquels les pays francophones font face, allant des crises sanitaires et sécuritaires à l’insécurité alimentaire et aux tensions géopolitiques. Il a surtout rappelé que le commerce multilatéral doit rester un vecteur essentiel de développement pour les pays du Sud.
Les discussions ont permis d’identifier des domaines prioritaires pour les négociations à venir : l’agriculture et la sécurité alimentaire, la facilitation des investissements pour le développement, le commerce électronique, les subventions à la pêche, le lien entre commerce et environnement, ainsi que la réforme de l’OMC et les questions de développement. Autant de thématiques cruciales pour assurer une croissance inclusive et durable dans les pays francophones.
En clôturant la session, les participants ont souligné l’opportunité historique que représente la tenue de la CM14 en Afrique. Ils ont réaffirmé leur volonté commune d’inscrire le développement économique et commercial des pays francophones en tête de l’agenda de l’OMC. Le Secrétariat de l’OMC a pour sa part présenté les dernières Perspectives et statistiques du commerce mondial et fait le point sur l’état de ratification de l’Accord sur les subventions à la pêche.
Cette concertation s’inscrit dans la dynamique de coopération renforcée entre l’OMC et l’OIF, illustrée par la signature, en 2023, d’un nouveau Mémorandum d’entente. L’objectif affiché : appuyer l’intégration des pays francophones – en particulier les pays les moins avancés – dans les échanges commerciaux internationaux, à travers le renforcement des capacités, la promotion du commerce et le soutien au développement.

Hydrocarbures : L’Etat renforce l’équité énergétique avec un nouveau centre de gaz à Kumba

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Le gouvernement intensifie la décentralisation de l’accès au gaz domestique. Moins deux semaines après avoir lancé la construction d’un centre d’emplissage de gaz à Ebolowa, dans la région du Sud, le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, représentant le Premier Ministre, a procédé ce mardi 29 avril 2025 à la pose de la première pierre d’un projet similaire à Kumba, dans le chef-lieu du département de la Mémé, région du Sud-Ouest. C’est dans la localité de Barombi Kang, en présence d’autorités administratives, traditionnelles et de hauts responsables du secteur énergétique, que le ministre a donné le coup d’envoi des travaux du futur centre de stockage et d’emplissage de gaz de pétrole liquéfié (GPL) de Kumba.

Cette nouvelle infrastructure, évaluée à 6 milliards de FCFA, constitue un maillon de plus dans le vaste chantier de la décentralisation de la distribution du gaz domestique engagé par l’État. Elle s’inscrit dans une dynamique amorcée récemment à Ebolowa, et devrait répondre aux besoins croissants des populations tout en corrigeant les déséquilibres géographiques d’approvisionnement. Jusqu’ici, apprend-on, la région du Sud-Ouest dépendait presque exclusivement de Douala, chef-lieu du littoral, pour son ravitaillement en gaz, une situation qui exposait les consommateurs à de longs trajets, des pénuries fréquentes et à une flambée des prix. En effet, « au Cameroun, le gaz domestique est considéré comme un produit de première nécessité, et le taux de croissance annuel se situe autour de 13%. Les mises à la consommation nationales quant à elles sont de l’ordre de 220 000 TM », a précisé Luc Magloire Mbarga Atangana.  

Dans un contexte où l’on observe une disparité criarde dans l’approvisionnement du gaz, l’urgence pour le gouvernement est d’égaliser l’accès au GPL sur l’ensemble du territoire. « Aujourd’hui, Yaoundé et Douala concentrent 80 % de la consommation nationale. Il est temps d’inverser cette tendance et de rapprocher le gaz domestique des populations », a affirmé Luc Magloire Mbarga Atangana. Le centre de Kumba, cinquième du genre après Maroua à l’Extrême-nord, Bertoua à l’Est, Bamenda au Nord-ouest et plus récemment Ebolowa dans le Sud, viendra ainsi renforcer l’équité territoriale dans l’accès à cette ressource essentielle. Implantée sur cinq hectares, la future infrastructure disposera d’une capacité de stockage initiale de 200 m³, avec des possibilités d’extension. Elle contribuera à la baisse du prix du gaz dans la région, actuellement vendu entre 7 500 et 10 000 FCFA pour une bouteille de 12,5 kg, bien au-delà du prix officiel fixé à 6 697 FCFA.

Mais l’enjeu est aussi écologique et économique. Le gouvernement ambitionne de réduire la pression sur les forêts en promouvant les énergies modernes et de créer de l’emploi pour les jeunes. « Cette infrastructure permettra non seulement de stabiliser les prix, mais aussi de générer des opportunités pour les populations locales », a souligné le ministre, en invitant les entreprises en charge des travaux à respecter les délais fixés à 24 mois, soit en avril 2027. Chief Emmanuel Angwa, représentant des chefferies traditionnelles de la circonscription, a salué « une réponse concrète aux difficultés quotidiennes des ménages ». Le maire de la ville a, quant à lui, exhorté les habitants à « s’approprier ce projet structurant pour en garantir la pérennité ». Avec Kumba et Ebolowa désormais engagées sur la voie de l’autonomie énergétique, le Cameroun poursuit sa stratégie de maillage national en matière d’accès au GPL. Un choix qui allie équité territoriale, développement durable et amélioration du quotidien des citoyens.

Le salon Mboa Paris revient une 3e fois pour connecterla diaspora camerounaise aux enjeux économiques du Cameroun

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Après deux premières éditions saluées pour leur capacité à fédérer les talents camerounais de la diaspora, le Salon Mboa Paris monte en puissance pour sa troisième édition. L’événement se tiendra du 28 au 31 mai 2025 au Beffroi de Montrouge, un nouveau lieu emblématique en région parisienne. Pour l’occasion, l’Association Mboa Paris et son partenaire Sembe Agency élargissent la programmation en passant d’un format d’un jour à quatre jours complets, afin d’offrir un espace d’échange, de réflexion et d’action à quelque 2 500 participants attendus.

Pensé comme un carrefour d’opportunités, le salon articulera cette année ses temps forts autour de rencontres B2B cibléesateliers, conférences et plénièresexpositions, et animations culturelles. L’objectif ? Accélérer les projets entrepreneuriaux à fort impact, repenser l’image du Cameroun dans le monde (nation branding) et favoriser la mise en réseau d’acteurs économiques, culturels et institutionnels.

Parmi les temps forts annoncés le White Business Brunch (29 mai), sponsorisé par TapTap Send, principal soutien de l’événement, réunira investisseurs, porteurs de projets et décideurs. Le Hemlè Talk, causerie inspirante sur l’esprit de résilience camerounais, fera son retour, avec la participation annoncée de Rigobert Song, icône nationale et symbole de ténacité. Le dîner de gala privé (28 mai) offrira un cadre privilégié pour renforcer les synergies entre les élites de la diaspora et les acteurs du développement. La journée de clôture du 31 mai, fidèle au format classique, rassemblera conférences, expositions et concert, dans une ambiance festive et militante.

 « La diaspora camerounaise constitue une force vive indispensable au rayonnement de notre nation. Elle est riche de talents, d’idées et d’expériences à valoriser pour le développement du Cameroun », affirme Fatimatou Ousmanou, présidente de l’Association Mboa Paris et CEO de TapTap Send.

Dans un contexte où les transferts de fonds des Camerounais de l’étranger ont grimpé à 650 milliards FCFA en 2022, contre 373 milliards en 2021, le salon veut structurer et orienter ce potentiel. Cette édition sera l’occasion de débattre des mécanismes concrets pour canaliser les flux financiers, intellectuels et entrepreneuriaux de la diaspora vers des projets à fort impact durable.

La précédente édition, organisée en 2023, a déjà jeté les bases de cette ambition. En une journée intense, le Salon Mboa Paris a réuni plus de 2 000 visiteurs venus d’Europe, d’Afrique et d’ailleurs ; 35 intervenants de haut niveau, du monde des affaires, de la culture et de la société civile ; 100 organisations représentées, des fintechs aux ministères ; 50 exposants, sur un espace de plus de 1 000 m² et un concert de clôture avec Cysoul, Mani Bella ou encore PhillBill.

Premier salon business et socio-culturel entièrement dédié à la diaspora camerounaise, Mboa Paris se distingue par son approche hybride, entre networking professionnel, réflexion stratégique et célébration culturelle. Organisé par l’association Mboa Paris, avec l’appui technique de Sembe Agency, il ambitionne de faire de la diaspora un acteur structurant de la transformation du Cameroun.

Au-delà de la vitrine pour le « label Cameroun », Mboa Paris se veut un outil de mobilisation patriotique, notamment auprès des jeunes générations nées à l’étranger. En témoigne l’intervention marquante de l’écrivaine Djaïli Amadou Amal en 2023, ou encore la valorisation de figures inspirantes comme Francis Ngannou, Joël Embiid, Abdon Atangana ou encore Rebecca Enonchong, attendue cette année.

La Banque mondiale appelle les États africains à mieux intégrer la diaspora dans leurs stratégies de développement. Mboa Paris répond à cet appel, en faisant émerger une vision partagée et structurée de l’engagement diasporique. Pour TapTap Send, master sponsor fidèle, il s’agit de « canaliser les flux financiers et humains vers des projets structurants ».

APE : quelles retombées après neuf ans de mise en œuvre ? (Par Emmanuel YANGAM, économiste)

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Emmanuel-Yangam-www.newsducamer.com
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Le Cameroun reste confronté à des handicaps d’ordre structurel, notamment des capacités insuffisantes de suivi et d’évaluation des politiques publiques. Par cette modeste contribution, nous souhaitons humblement combattre les idées reçues sur l’APE, en jouant le rôle d’intellectuel public tel que défini par Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008. Pour ce dernier, le rôle de l’intellectuel public consiste moins à avoir de bonnes idées – ce qui est extrêmement difficile – qu’à faire office de gendarme, éliminant les mauvaises idées et empêchant leur résurgence. Or, ces mauvaises idées et leurs défenseurs sont souvent plus nombreux que leurs équivalents vertueux.
Depuis la signature de l’APE entre le Cameroun et l’Union européenne (à 27 États), les évaluations rigoureuses de cet accord sont rares. On se contente généralement de déclarations unilatérales mettant en avant ses prétendues retombées positives. Pourtant, à l’heure où l’on s’interroge sur la capacité de l’APE à résoudre les problèmes structurels que la Convention de Lomé n’avait pu solutionner – faible productivité, non-diversification ou spécialisation inadéquate de l’économie – on entend surtout que l’APE aurait permis au Cameroun d’enregistrer une balance commerciale excédentaire avec l’UE.
Une affirmation que démentent les chiffres du commerce bilatéral entre 2010 et 2023. En effet, la balance commerciale avec l’UE était excédentaire entre 2012 et 2016, bien avant l’entrée en vigueur de l’APE. En 2021, elle affichait un déficit de 199,7 milliards de FCFA. En 2022, seule l’exportation de gaz naturel liquéfié vers l’UE, pour un montant de 285 milliards de FCFA, a permis de retrouver un excédent.
Fondamentalement, on attend d’un accord bilatéral une hausse des flux commerciaux entre les partenaires. Pourtant, entre 2016 et 2017, la valeur des échanges a chuté de 54,3 milliards de FCFA pour s’établir à 1 957,2 milliards. En 2021, elle s’élevait à 1 828,1 milliards. Malgré l’entrée du gaz naturel parmi les produits exportés, les échanges ont légèrement baissé de 2 881,9 milliards en 2022 à 2 853,4 milliards en 2023. Cette évolution erratique s’explique par la fluctuation des cours mondiaux et la concentration des exportations camerounaises sur quelques produits bruts (77,5 % en 2022 : pétrole, gaz, cacao, coton, bois). La part des exportations totales du Cameroun représente en moyenne seulement 0,06 % de la demande d’importations de l’UE sur la période 2019-2022. Quant aux produits transformés, ils en représentent moins de 0,15 %.
Pour mémoire, les APE visaient à instaurer une zone de libre-échange entre l’UE et les pays ACP, avec suppression immédiate des droits de douane sur les importations européennes de produits ACP, et suppression progressive de ces droits sur les importations européennes dans les pays ACP. Deux contreparties majeures étaient attendues : la suppression progressive des subventions agricoles européennes et une hausse significative de l’aide au développement, notamment pour moderniser les infrastructures, l’agro-industrie, l’industrie en général, et accompagner les réformes institutionnelles. Ces engagements sont restés lettre morte.
Pour encourager le Cameroun à ratifier l’accord, l’UE avait pourtant mis en place un programme de mise à niveau des entreprises camerounaises, à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, dans des secteurs clés (sidérurgie, textile, agroalimentaire, tourisme, BTP, électronique, cuir, etc.). Mais sur le terrain, les résultats sont décevants. La CICAM, fleuron du textile camerounais, s’est tournée davantage vers l’importation que vers la conquête du marché européen. De manière générale, l’évolution des exportations camerounaises laisse penser que la mise à niveau promise n’a pas été efficace. Cela était prévisible, compte tenu de l’absence d’avantages comparatifs dans ces secteurs, des contraintes de capacités et des barrières non tarifaires.
Autrement dit, l’APE a, dans une certaine mesure, contribué à la disparition de certaines industries locales, incapables de rivaliser avec leurs homologues européennes. Le résultat est une transformation du Cameroun en marché de consommation au profit d’entreprises étrangères, au détriment de la production locale.
L’une des principales leçons à tirer est que la mondialisation constitue une forme moderne de perpétuation des inégalités économiques. Sans une stratégie claire de développement économique et d’indépendance, le Cameroun continuera à servir de débouché aux produits manufacturés du reste du monde. Lors de la dédicace de leur livre Relations internationales contemporaines : mythes, manipulations et réalités, Daouda Fall et le Pr Michel-Cyr Djiena avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur la qualité des accords commerciaux signés par les pays africains – bien souvent des marchés de dupes.
Signé le 4 août 2016, l’APE reflète davantage les faiblesses du Cameroun en matière de négociation que ses besoins stratégiques. Les asymétries dans les capacités de négociation ont contribué à l’incohérence de cet accord et ont pesé négativement sur l’économie nationale. Cette ouverture réciproque a notamment affaibli les secteurs agricole et industriel, au moment même où le pays avait besoin de les renforcer.
À la lumière des résultats obtenus, l’heure est au pragmatisme : il faut rechercher des solutions originales, centrées sur les attentes des populations. De nombreux économistes plaident pour une politique économique fondée sur la préférence nationale, encourageant la consommation de produits locaux pour stimuler la production intérieure.
Notre conviction, aujourd’hui comme en 2016, est que l’APE aurait dû intégrer une libéralisation commerciale plus progressive et mieux adaptée aux réalités productives du Cameroun. Il aurait fallu des engagements clairs sur les infrastructures, un appui technique aux entreprises et une stratégie de présence sur les marchés européens. Ce volet développement aurait permis au pays de renforcer sa base industrielle et sa compétitivité, en construisant notamment les routes, ports et industries indispensables à une participation équitable à l’économie mondiale.


Par Emmanuel Yangam
Ingénieur statisticien-économiste

Jean Nkuété : « En bons guerriers, vous savez qu’on gagne toujours les batailles en rangs serrés»

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Ce qui compte, comme en toute chose, pour réussir, ce qui est fondamental pour parvenir à de bons résultats, c’est la volonté. Comme dit l’adage, « là où il y a la volonté, il y a le chemin ». C’est nettement ce qu’ont fait les courageux guerriers de l’Adamaoua, qui ont repoussé de nombreuses invasions tout au long de l’histoire, et les valeureux militantes et militants ayant du Rdpc, le premier parti de l’Adamaoua en son temps. Ils ont réussi parce qu’ils ont su se tenir prêts à affronter n’importe quel adversaire, sans peur. C’est cela que nous attendons de vous désormais. De la Vina au Mbéré, du Faro et Déo au Mayo-Banyo, en passant par le Djérèm, nous attendons que se mettent en place de nouvelles solidarités pour permettre au Rdpc de remporter avec brio les élections qui se profilent à l’horizon, en commençant par l’élection présidentielle d’octobre prochain qui sera suivie par les régionales, les législatives et les communales. Vous ne devez ménager aucun effort, aucune peine, pour donner au président Paul Biya, votre illustre candidat, une victoire historique, des majorités importantes et imposantes au sein des conseils régionaux, du parlement et des communes dans votre belle région. C’est bien possible ; vous en êtes capables. L’Adamaoua étant très importante pour la nation, elle ne saurait être laissée dans des mains stériles. Pour cela, en bons stratèges, vous devez renforcer davantage, entre vous, l’harmonie, la concorde, l’apaisement, le travail en équipe, l’esprit de concertation, l’écoute, la patience, la tolérance, l’humilité, la considération mutuelle et le respect des prérogatives de chacun. Car en bons guerriers, vous savez qu’on gagne toujours les batailles en rangs serrés…

Dans le Rdpc, je l’ai toujours dit ici dans l’Adamaoua, la haine, la rancune, la méchanceté n’ont pas de place. Car ces attitudes dans nos rangs valorisent nos opposants et nos adversaires. La région ne doit pas continuer de se tromper alors qu’elle regorge des personnes sages, pragmatiques et réalistes, capables de conduire les populations vers le sens de son développement porté actuellement uniquement par le Rdpc, au lieu de se perdre dans les méandres ethniques vides de pouvoir et partant, d’actions constructives. J’ai beau être Bamiléké, j’ai beau être Peulh, j’ai beau être Haoussa, j’ai beau être même Beti, si je ne suis pas là où je peux pousser à favoriser votre développement, mon aide ne sert à rien.

Dans votre région comme ailleurs, le président Paul Biya doit être réélu, sans contestations et par un score sans appel. C’est très important, pour qu’il exerce son mandat dans la sérénité et qu’il poursuive dans la paix la réalisation de son ambitieux programme de développement du pays, malgré les difficultés économiques et les incertitudes du monde. L’Adamaoua et le reste du pays ont encore besoin de la sagesse et de l’expérience du président Paul Biya pour maintenir votre région et notre pays dans la paix.

Nous sommes venus vous dire ne pas avoir peur, alors que ce sont les autres qui doivent avoir peur de nous parce que nous sommes au pouvoir. Surtout, ne vous laissez pas décourager par tous ceux qui prétendent que le Rdpc est en souffrance dans l’Adamaoua. Ils ne vous connaissent pas, ils ne savent pas de quoi vous êtes capables. Ils seront surpris par votre dynamique fidélité. Maintenant, les pendules sont remises à zéro. D’autres matchs vont commencer. Surtout, continuons à nous y préparer avec efficacité. Soyez plus forts encore, plus déterminés encore ; et le moment venu, faites taire les porteurs de mauvaises nouvelles et les oiseaux de mauvais augure.

Source: L’Oeil du Sahel

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