vendredi, mai 22, 2026
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Hydrocarbures : Le gouvernement construit un centre de stockage gazier à Ebolowa

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Il aura fallu attendre longtemps. Trop longtemps, diront certains. Mais cette fois, les choses sont lancées. Sur le site de Mvila-Yeminsem, dans la région du Sud, c’est Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce qui a creusé de manière symbolique les premiers centimètres d’un chantier de plus de 7 milliards de FCFA, le Centre de stockage et d’emplissage de gaz domestique (GPL) d’Ebolowa. La cérémonie de lancement des travaux a été présidée par ce membre du gouvernement, représentant le Premier Ministre. Entouré de figures du gouvernement et de hauts responsables du secteur pétrolier, le ministre n’a pas caché l’ambition de ce projet, qui est de mettre fin à la dépendance coûteuse de la région aux approvisionnements venus de Yaoundé, souvent instables et propices aux spéculations tarifaires. « Ce centre de GPL, c’est bien plus qu’un chantier, c’est une réponse concrète à une inégalité territoriale qui n’a que trop duré », a déclaré Luc Magloire Mbarga Atangana.

 Le coût de cette infrastructure, évalué à plus de 7 milliards de FCFA, soulève naturellement des questions : comment justifier un tel investissement dans une région encore en développement ? La réponse est dans les chiffres, expliquent les responsables du projet : des pénuries fréquentes, des surcoûts logistiques liés aux longs circuits de distribution, et un pouvoir d’achat en berne à cause de la spéculation. À terme, le retour sur investissement se mesurera en stabilité des prix, sécurité énergétique, et réduction des importations logistiques coûteuses.

Le centre s’étendra sur 11 hectares, avec une capacité de stockage initiale de 220 m³, extensible selon les besoins futurs. Il s’ajoute à un réseau déjà amorcé dans d’autres régions (Maroua, Bertoua, Bamenda), marquant une volonté claire de mailler le pays d’infrastructures énergétiques de proximité. Mais au-delà du coût financier, c’est aussi le coût environnemental que le gouvernement cherche à alléger. En rendant le gaz plus accessible, ce centre devrait permettre de réduire la pression sur les forêts, encore massivement exploitées pour le bois de chauffe. Une action alignée sur les engagements du Cameroun en matière de développement durable et de lutte contre la déforestation.

Les travaux sont prévus pour une durée de 24 mois. Et le ministre n’a pas mâché ses mots : « Je veillerai personnellement au respect des délais », a-t-il lancé devant les autorités locales et les populations invitées à accompagner ce projet stratégique. Pour la région du Sud, c’est le début d’un changement structurel. Et pour les finances publiques, un pari sur un modèle énergétique localisé, sécurisé, et espèrent les porteurs du projet rentable à long terme.

Déchets Urbains : 53 000 tonnes d’ordures collectées en urgence à Yaoundé et Douala en 10 mois

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Les chiffres donnent le vertige : en moins d’un an, ce sont 53 300 tonnes de déchets qui ont été évacuées des axes stratégiques de plusieurs villes camerounaises, dont Yaoundé et Douala, dans le cadre des opérations « Coup de Poing » lancées par le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU). Une réponse musclée à une situation devenue critique, à la faveur d’une mobilisation exceptionnelle de l’État et des opérateurs privés. « Face à la persistance des dépotoirs sauvages, il a fallu agir vite », a expliqué le ministre, qui a mené des plaidoyers auprès du Ministère des Marchés Publics (Minmap) et du Ministère des Finances (Minfi) pour déclencher des procédures exceptionnelles. Cette démarche a permis, apprend-on, la remobilisation d’Hysacam, principal opérateur de collecte au Cameroun depuis plus de 40 ans, ainsi que la mobilisation de Tchycloff, deux acteurs désormais de nouveau actifs sur le terrain.

Trois phases ont marqué cette campagne d’envergure : du 18 juillet au 24 août 2024, 12 000 tonnes de déchets ont été évacuées ; une seconde opération, menée du 15 janvier au 21 février 2025, a permis de collecter 33 000 tonnes supplémentaires ; enfin, du 27 mars au 4 avril 2025, ce sont 8 300 tonnes qui ont été retirées des axes stratégiques, portant le total à 53 300 tonnes de déchets éliminés dans le cadre de cette initiative d’assainissement intensif. Si l’intervention d’urgence a permis un net assainissement des grandes métropoles, le diagnostic reste préoccupant. À Yaoundé, par exemple, la production annuelle des déchets augmente d’environ 20 000 tonnes par an, avec une production quotidienne estimée à 3 000 tonnes, mais seulement 45 % de ces déchets sont effectivement collectés dans le cadre contractuel. « La situation s’est améliorée, mais elle reste fragile », reconnaît le ministère.

 Le vrai défi est structurel : financement, logistique, diagnostic, mais surtout changement de paradigme. Il ne s’agit plus de gérer les déchets comme une simple charge, mais de les intégrer dans un écosystème économique viable, où ils sont perçus comme une ressource, une richesse. À moyen terme, le gouvernement entend s’appuyer sur les leçons de ces opérations d’urgence pour repenser en profondeur la gouvernance des déchets urbains et aller vers des solutions durables. Les prochaines étapes devraient intégrer une vision circulaire de l’économie des déchets, avec des investissements ciblés, une implication renforcée des collectivités locales et une participation accrue des citoyens.

Libreville : 250 financiers africains attendus à l’Africa Capital Markets Forum 

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Cover ACMF
Cover ACMF

Le rendez-vous est donné à Libreville, au Radisson Blu, pour trois jours d’échanges de haut niveau sur l’avenir des marchés financiers africains. Du 4 au 6 mai 2025, la capitale gabonaise accueillera la 4e édition de l’Africa Capital Markets Forum (ACMF), un événement phare organisé par One Africa Forums en partenariat avec la COSUMAF, sous le haut patronage du ministère de l’Économie et des Participations du Gabon. Plus de 250 décideurs, experts, régulateurs, banquiers, fintechs et investisseurs issus de plus de 20 pays sont attendus.

Un programme ambitieux, des sujets stratégiques

La thématique centrale – « Dynamisation des marchés : une révolution en marche » – donne le ton. L’édition 2025 s’inscrit dans une dynamique forte d’intégration financière régionale. Le forum entend faire le point sur la réforme des marchés de capitaux en Afrique centrale, tout en favorisant la coopération interrégionale et la mobilisation accrue de l’épargne locale.

Parmi les temps forts du programme : des panels sur l’émergence d’une nouvelle génération d’investisseurs, les innovations telles que la blockchain ou le mobile money, l’impact de la fiscalité sur les instruments financiers, ou encore les mécanismes de titrisation et obligations vertes.

Le lundi 5 mai, les échanges débuteront par une session inaugurale animée par des figures incontournables telles que Louis Banga Ntolo (BVMAC), Jacqueline Adiaba-Nkembe (COSUMAF), Badanam Patoki (AMF-UMOA), ou encore Edoh Kossi Amenounve (BRVM). Les débats porteront notamment sur les stratégies à mettre en œuvre pour transformer les marchés de capitaux africains d’ici à 2030, et sur les synergies encore inexploitées entre les places financières du continent.

Inclusion, innovation et confiance

L’événement mettra un accent particulier sur l’inclusion financière, la digitalisation et la gouvernance. Comment capter l’épargne des petits porteurs ? Quelles garanties pour protéger les nouveaux investisseurs ? Autant de questions abordées dès le mardi 6 mai, avec des interventions d’acteurs clés comme Richard Evina Obam (CDC Cameroun), Mehdi Bouriss (CDG Capital), ou Serge Yanick Nana (Financia Asset Management).

Les tables rondes finales organisées par la COSUMAF permettront de formuler des recommandations concrètes, nourries par deux jours de débats intenses et prospectifs.

Libreville : pôle stratégique

Le choix de Libreville n’est pas anodin. Il confirme la volonté des acteurs régionaux de faire du Gabon un pôle financier de référence en Afrique centrale. En accueillant cet événement, le pays affirme son rôle de hub pour les capitaux internationaux en quête de sécurité, de transparence et de rendement.

Pour One Africa Forums, cette édition s’ajoute à une longue série de forums panafricains (plus de 250 organisés depuis 2004) visant à connecter idées, acteurs et opportunités sur l’ensemble du continent.

L’ACMF 2025 s’annonce comme un tournant majeur dans l’accélération de l’intégration financière africaine. Portée par une vision stratégique 2025–2030, cette édition entend poser les fondations d’un écosystème financier africain plus attractif, interconnecté et résilient. Libreville entend ainsi se positionner comme un centre financier régional de premier plan.

Encadré 

Des enjeux stratégiques pour la transformation des marchés de capitaux africains

L’organisation de la 4e édition de l’Africa Capital Markets Forum (ACMF) à Libreville, du 4 au 6 mai 2025, intervient dans un contexte où l’Afrique centrale cherche à renforcer la solidité et l’attractivité de ses marchés financiers. Plus qu’un simple rendez-vous d’experts, l’événement incarne une volonté commune : faire des marchés de capitaux africains des leviers efficaces de financement du développement.

L’un des enjeux majeurs est l’intégration régionale. En facilitant la coopération entre les bourses, les régulateurs et les États, l’ACMF ambitionne d’harmoniser les réglementations, de mutualiser les efforts de digitalisation et d’augmenter la liquidité des places financières. Un marché plus vaste, plus transparent et mieux interconnecté attire davantage d’investisseurs, locaux comme internationaux.

Autre enjeu essentiel : la mobilisation de l’épargne domestique. Aujourd’hui, une part importante des ressources africaines reste sous-utilisée. L’ACMF entend proposer des stratégies innovantes pour capter cette épargne, notamment à travers des produits adaptés aux jeunes générations et aux petits porteurs.

Enfin, l’innovation financière est au cœur des discussions. Blockchain, mobile money, titrisation ou obligations vertes : autant de solutions nouvelles qui pourraient redéfinir l’accès au financement, en particulier pour les PME.

En réunissant plus de 250 acteurs venus de 20 pays, l’ACMF 2025 est un catalyseur de changement, porteur d’une vision ambitieuse : transformer les marchés de capitaux africains en piliers de la souveraineté économique du continent.

Concours d’agrégation du CAMES : 84 enseignants en préparation à l’Université de Dschang

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Ce lundi, l’auditorium Joseph Fondjo de l’Université de Dschang a vibré au rythme de la cérémonie d’ouverture de la session internationale de préparation au 22e concours d’agrégation du CAMES. Venus du Cameroun, du Tchad, du Gabon, du Congo, du Niger, du Togo, du Bénin et du Burkina Faso, 84 candidats aspirant à l’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion ont entamé une semaine décisive de formation. Le ton a été donné par le Pr NDiaw Diouf, à travers une communication inaugurale intitulée : « Le concours d’agrégation : esprit et ficelles ». Cet agrégé en droit privé sénégalais a souligné que « rigueur et préparation méthodique sont les clés de la réussite à ce concours redoutable ».

Pr NDiaw Diouf.

L’ambiance studieuse s’est enrichie de retours d’expérience inspirants d’anciens lauréats, comme le Pr Prince Dubois Hikouatcha de l’Université de Dschang, major en sciences de gestion : « Je visais le titre Major en partant de Dschang, en me disant que si je n’obtiens rien, je serai juste lauréat. Finalement, j’ai été major ». Des témoignages empreints d’humilité et de discipline, à l’image du message de Pr Agnès Makougoum ou du Pr Christiane Bekada, venus rappeler que l’agrégation ne s’obtient pas sans abnégation. Ces échanges ont renforcé la motivation des agrégatifs, qui poursuivent désormais leurs travaux en ateliers : à l’École doctorale pour les juristes et politologues, et au Centre de développement numérique pour les économistes et gestionnaires.

Cette initiative conjointe des universités de Dschang et Toulouse Capitole, saluée par les autorités présentes dont le recteur de l’Université Omar Bongo (Gabon) et le président de l’Université de Toulouse Capitole (France), vise à maximiser les chances de réussite. « Profitez de la présence des maîtres invités. Puisez dans leur expérience », a exhorté le Professeur Roger Tsafack Nanfosso, Recteur de l’Université de Dschang. À l’évidence, cette session s’annonce comme une étape décisive dans le parcours de ces enseignants en quête d’excellence académique.

Marché De L’emploi : À Yaoundé, un incubateur allie sport et insertion professionnelle

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Par-delà les soutenances classiques des étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives, ainsi qu’en management du sport, une autre forme d’évaluation s’est jouée le 15 avril au sein de l’Institut des sports et de l’éducation physique Françoise Mbango : celle de l’engagement pour une jeunesse mieux outillée, mieux préparée et mieux insérée dans le monde du sport et au-delà. C’est dans ce contexte que s’est déroulée la visite de S.E. Matt Woods, Haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun. L’occasion pour lui de découvrir les infrastructures, de participer à une soutenance en direct, mais surtout de s’imprégner de l’esprit visionnaire qui anime cet institut.

Au cœur de ce dispositif, un incubateur sportif novateur, pilier central de la Fondation Africa Jump portée par l’icône de l’athlétisme camerounais, Françoise Mbango. L’incubateur n’est pas un simple centre d’entraînement. Il se présente comme un espace où les jeunes talents sont détectés, accompagnés et formés, non seulement à devenir des athlètes de haut niveau, mais aussi à embrasser les nombreux métiers gravitant autour de l’univers sportif. « Faire en sorte que la jeunesse s’inspire d’un grand esprit tel que celui de Françoise Mbango… Qu’on détecte les talents qu’eux-mêmes n’arrivent pas toujours à percevoir, afin de les accompagner vers la victoire », a souligné un responsable de l’établissement.

Cette vision, Matt Woods l’a saluée avec enthousiasme. Visiblement impressionné, il a insisté à plusieurs reprises sur le mot « inspiration » pour qualifier aussi bien le parcours de la double championne olympique que l’impact de ses projets sur la jeunesse camerounaise. « Mbango est une personne très inspirante, de par ce qu’elle a accompli dans l’athlétisme, mais surtout par ce qu’elle a construit ici. Elle a réussi à lier le monde du sport à celui de l’insertion professionnelle. C’est tout à fait passionnant », a-t-il déclaré. Ce modèle d’incubation sportive, encore rare en Afrique subsaharienne, associe exigence technique, développement personnel et préparation au monde professionnel. Il reflète une ambition forte, transformer les exploits individuels en résultats reproductibles grâce à un travail méthodique et structuré.  À l’Institut Françoise Mbango, le sport devient un levier de transformation sociale. L’incubateur, bras opérationnel de cette philosophie, trace un chemin vers l’excellence, où l’inspiration se conjugue à l’action pour que chaque jeune puisse porter haut les couleurs du Cameroun – sur les pistes comme dans les coulisses du sport.

« L’économie du sport se porte bien dans le monde » a confirmé Abdoul Salam Bello, administrateur, Groupe de la Banque mondiale révèle dans une tribune publiée en mai 2024. Indiquant que le sport est un langage universel capable d’unir les peuples, quels que soient leur origine, leur vécu, leurs convictions religieuses ou leurs conditions économiques, l’administrateur précise que le secteur connait « une croissance moyenne de 5% au cours des vingt dernières années. A l’échelle globale, le sport pèse environ 1200 milliards d’euros, soit 2% du PIB mais seulement 0.5% du PIB africain, même si les prévisions de croissance tablent sur 8% ». Et ceci, dit-il : « en dépit des contraintes inhérentes au déficit de développement, le sport constitue un avantage comparatif pour l’Afrique. En effet, 70% de sa population a moins de 30 ans, ce qui permet de susciter des vocations alliant sport, éducation et formation, notamment la mise en place d’académies et de centres dédiés ».

S.E. MATT WOODS, Haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun

« Elle a su relier le sport à ses métiers et promouvoir l’insertion des jeunes dans le monde professionnel »

« Le mot qui me revient le plus en tête est « inspiration ». Mbango est, sans aucun doute, une personne extrêmement inspirante, au regard de ses réalisations dans le monde de l’athlétisme, un domaine où l’on ne peut se cacher : elle a accompli tout cela par elle-même. C’était un véritable plaisir de rencontrer quelqu’un d’aussi inspirant. Ensuite, son inspiration dépasse sa carrière sportive.

Elle a su bâtir ici un projet remarquable, marqué par sa dédication et son engagement envers les jeunes et le monde du sport. Enfin, son travail au sein du centre montre comment elle a réussi à connecter le monde du sport à ses métiers, et à souligner l’importance de l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Ce rapprochement est fascinant. Il semblerait d’ailleurs que cet institut soit le premier du genre en Afrique subsaharienne. Je suis profondément impressionné par cette initiative. Aujourd’hui, j’ai découvert quelque chose de véritablement inspirant.

C’est une idée remarquable. Comme je l’ai mentionné, elle permet aux jeunes, non seulement ceux qui aspirent à devenir des athlètes de haut niveau, mais aussi ceux qui s’intéressent aux métiers du sport, de comprendre toute la richesse des opportunités qui entourent le monde sportif. Il y a tant de professions passionnantes et stimulantes dans cet univers. Je pense que l’institut peut jouer un rôle majeur en plaidant efficacement pour attirer les jeunes vers ces carrières prometteuses ».

FRANÇOISE MBANGO, fondatrice de l’Institut des Sports et de l’Education Physique Françoise Mbango (ISEP–FM)

« L’incubateur va accompagner ces jeunes en leur offrant des bourses de formation »

« C ’est un nouveau projet, certes, mais il s’inscrit dans la continuité de nos actions. Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons précédemment organisé un camp de formation dédié à la découverte des métiers. Aujourd’hui, nous formons ces jeunes, répondant ainsi à un besoin réel de formation, tout en tenant compte des réalités spécifiques de notre institution. Avec ce nouveau projet, nous souhaitons accompagner ces jeunes en leur offrant des bourses de formation, afin de soutenir les parents qui aspirent à voir leurs enfants devenir entrepreneurs et intégrer le monde du travail à travers des métiers encore peu connus mais offrant de nombreuses opportunités. À travers ces initiatives, nous envisageons de mettre ces bourses à disposition pour permettre aux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires et devenir, demain, des auto-entrepreneurs ou même des professionnels dans les métiers du sport.»

Nécrologie : Le pape François retourne « glorieusement » à Dieu

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« Chers frères et sœurs, c’est avec une profonde tristesse que je dois vous annoncer la mort de notre Saint-Père François ». Comme un signe des temps ! Le pape François est mort ce matin à 7h35 heure locale, dans sa résidence vaticane, la Casa Santa Marta. L’information a aussitôt été rendue publique par le cardinal Kevin Pharell, qui assurait l’intérim des fonctions du pape depuis peu. Le successeur de Saint Pierre quitte le monde des vivants à l’âge de 88 ans. Une coïncidence : le pape décède au lendemain de la célébration de la Pâques, la plus grande fête chrétienne. La seule célébration qui a vu l’homme se contenter de la bénédiction urbi et orbi. Affaibli par la maladie, François s’est par la suite éclipsé, cédant ses prérogatives au cardinal Kevin Pharell pour assurer son intérim. C’est ce dernier qui a dit la messe pascale place Saint Pierre de Rom. Et c’est ce dernier qui continue assurer cet intérim avec le décès du pape. Puis le camerlingue devrait prendre le relai.

Elu le 13 mars 2013, François est le premier pape non Européen et surtout venant de l’hémisphère Sud, de l’histoire de l’église catholique romaine. L’argentin Jorge Mario Bergoglio remplaçait Joseph Ratzinger dit Benoît XVI qui avait démissionné de ses fonctions, huit ans après avoir été porté à la tête de l’église catholique romaine. Sans clairement motiver son acte. Le premier pape à démissionner en 600 ans (depuis Grégoire III au 8ème siècle). L’Allemand décèdera en 2022. Son successeur, « pasteur des pauvres », comme il s’est toujours présenté, le suit dans la félicité céleste ce 21 avril 2025, amorti par la maladie. En effet, la santé de François a décliné depuis quelques années, et l’homme a passé les dernières années de son pontificat à se battre pour sa santé. Récemment hospitalisé pour une pneumonie à l’hôpital Gemmeli de Rome depuis le 14 février, pour 38 jours, François a quitté l’hôpital en mars dernier. Et à l’occasion de la semaine sainte, l’évêque de Rome est retourné remercier et bénir le personnel de l’hôpital qui l’a soigné. Malgré l’extrême fatigue, François a forcé le courage jusqu’à la dernière minute. Le 266ème pape de l’église catholique romaine a d’ailleurs reçu le vice-président américain dans son périple européen en fin de semaine dernière.  

Rupture au goût amer

Né en 1936 comme Jorge Mario Bergoglio, l’Argentin ‘était montré comme le pape de la rupture. En adoptant le nom de baptême de François, en hommage à Saint François d’Assises, le nouveau pape voulait rendre hommage à ce prédicateur du XIIIème siècle et amoureux des animaux. Il avait opté pour l’humilité plutôt que le prestige, la grandeur et le faste. On le voit avec le choix pour la Casa Santa Marta qu’il a préférée plutôt que la résidence papale et son chic. Mais la rupture du nouveau souverain pontife a laissé un goût amer auprès des Africains et des partisans durs de l’aile traditionnaliste de la curée romaine. Son invitation adressée aux prêtres de bénir les unions entre couples homosexuels le 18 décembre 2023, avait été clairement rejetée par une bonne frange de clergés africains. Sous François, le Cameroun a perdu son unique cardinal, Mgr Christian Tumi. Avant sa mort, François n’en a pas nommé un autre, au moment où il le faisait dans d’autres pays comme la République centrafricaine qu’il a visitée en 2015. L’homme n’a pas visité le Cameroun comme ses deux prédécesseurs.   

Au Nom de la Parole : Le Bréviaire de l’Art Oratoire par Yahaya Idrissou

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Fruit d’un long travail de réflexion et d’expérience, Au Nom de la Parole se présente comme un bréviaire de l’art oratoire, conçu pour aider les lecteurs à surmonter leur appréhension et à développer une aisance à l’oral. Yahaya Idrissou, dont la carrière dans les médias et l’animation d’événements lui a permis d’affiner ses techniques, partage dans ce livre des méthodes éprouvées, des cas pratiques et des conseils accessibles à tous.

Un outil universel, adapté à tous les secteurs

Que vous soyez étudiant, enseignant, entrepreneur, leader politique ou simplement quelqu’un désireux d’améliorer sa communication, cet ouvrage vous est destiné. À travers des situations concrètes, il propose des stratégies efficaces pour vaincre le trac, renforcer sa confiance en public, apprendre à structurer un discours percutant et captivant, et adapter son expression orale en fonction du contexte et de l’auditoire.

Disponible au prix modique de 5 000 FCFA, Au Nom de la Parole est un investissement judicieux pour quiconque souhaite transformer sa parole en un outil de persuasion et d’influence. Pour passer commande, il suffit de contacter le 698 02 77 92.

Dans un monde où savoir parler, c’est savoir convaincre, ce livre se positionne comme un allié indispensable pour briller à l’oral et marquer les esprits.

Nécrologie : Patrick Sapack n’est plus

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Patrick Sapack était désormais révolté contre le sous-développement de l'Est

La nouvelle parvenue sous forme de questionnements s’est finalement confirmée : Patrick Sapack est mort. L’activiste politique s’est éteint ce samedi 19 avril 2025 à Bertoua, la capitale de la région de l’Est. L’homme au discours « panafricaniste » et très virulent sur les antennes de la télévision Afrique média, n’était pas malade, du moins à ce qu’il semblait a priori. « Décès ce jour de Patrick Sapack à la suite d’un empoisonnement (il y a 8mois) selon sa petite sœur que j’ai eu au téléphone. Le compagnon de lutte de Chantal Roger Tuile s’en est allé. Que son âme repose en paix », a alerté Aristide Bounah, promoteur du média en ligne Afrik Inform. Plus tard, le lanceur d’alertes Paul Chouta, soutiendra que « d’aucuns soupçonnent un empoisonnement. Il a fait un malaise ce matin. Sa famille le conduisant à l’hôpital, il a avalé son bulletin de naissance en chemin ».

Amougou Bélinga

Après avoir été mis sous les feux des projecteurs lorsqu’il est arrêté en compagnie de David Eboutou et jeté en prison, par l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Bélinga, pour « malversations financières ». Puis l’homme qui avait passé deux ans de détention à la prison de Kondengui à Yaoundé, s’est quelque peu éclipsé de l’espace public, avant de prendre ses quartiers à Afrique média télévision, propageant des messages à vocation panafricanistes. Et ces derniers temps, l’homme s’était lié à Chantal Roger Tuile, journaliste, lui aussi originaire de la région de l’Est, pour lancer le mouvement politique L’Eveil de l’Et présenté comme un média en ligne, devant porter les préoccupations d’une région aux potentiels naturels riche, mais qui sombre dans la pauvreté et le sous-développement, malgré son soutien constant à Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Les deux animateurs de L’Eveil de l’Est dénonçaient au quotidien le délaissement de l’Est et l’ingratitude du régime envers cette région « qui lui a tout donné ». C’est dans ce cadre que l’on apprend que Patrick Sapack avait lancé l’« Opération 4000 Signatures », en vue de « sensibiliser les fils du Soleil Levant pour chasser Biya du pouvoir ». Celui qui avait déclaré sa candidature à l’élection présidentielle 2011, avant de ne pas être du rendez-vous, ne verra pas la fin de Biya au pouvoir. La faucheuse a anticipé sur le rêve que Patrick Sapack nourrissait.

Cameroun — Faillite imaginaire : quand l’alarmisme de Loïc Mpanjo prend le pas sur l’analyse économique

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Faillite imaginaire www.newsducamer.com
Faillite imaginaire www.newsducamer.com

Il y a quelques semaines, une équipe du Fonds monétaire international (FMI), après plusieurs séances d’examen des finances publiques camerounaises, quittait Yaoundé satisfaite. Cemille Sankak, cheffe de mission, résumait ainsi cette appréciation : « La croissance économique s’est établie à 3,2 % en 2023 et devrait se redresser pour atteindre 3,9 % en 2024. L’inflation moyenne sur douze mois s’est établie à 4,6 % en novembre 2024, contre 7,5 % l’année dernière. Les résultats du programme sont globalement satisfaisants. Les perspectives budgétaires pour 2024 sont positives, avec un objectif de déficit primaire non pétrolier de 2 % du PIB, en amélioration par rapport aux 2,5 % du PIB de l’année dernière (et aux 3,9 % du PIB en 2022). »
Cette bonne tenue des finances publiques, dans un contexte mondial marqué par des crises multiformes, fait du Cameroun un cas emblématique de résilience. C’est ce que le conseil d’administration du FMI a d’ailleurs reconnu en validant les analyses positives de ses équipes.
Nous en étions là lorsque, sorti de nulle part, un certain Loïc Mpanjo Essembe a publié dans le Journal Financial Afrik une tribune au titre sensationnaliste : « Le Cameroun au bord de la faillite financière ». Cet article d’opinion, à la limite du diffamatoire, surprend d’autant plus qu’il contredit frontalement les analyses les plus récentes du FMI — une institution pourtant réputée pour sa rigueur, voire sa sévérité.
L’usage du pléonasme « faillite financière » dès le titre annonce le ton général : celui d’un texte plus soucieux de frapper les esprits pour sortir son auteur de l’anonymat, que de livrer une analyse économique rigoureuse. Rappelons qu’en économie publique, la notion de « faillite » est inappropriée pour un État souverain, qui ne peut être mis en liquidation comme une entreprise.
Une avalanche d’épithètes anxiogènes
L’article mensonger à prétention scientifique est un chapelet d’épithètes choisis à dessein pour incliner le lecteur vers une perspective négative. Le choix des mots est clairement orienté pour susciter l’inquiétude, voire l’indignation. Un florilège : « Spirale de l’endettement définitivement incontrôlable », « Trésorerie exsangue », « Explosion alarmante de l’endettement », « Masse salariale hypertrophiée », « Politique myope », « Assiette fiscale catastrophiquement réduite », « Équation financière insoluble », « Service de la dette asphyxiant », on en passe et des meilleures. Cette accumulation d’une trentaine d’épithètes anxiogènes renforce la perception d’un discours polémique plutôt que rigoureusement analytique. Plus proche du discours militant que de l’analyse technique, l’auteur emploie tout au long de l’article un vocabulaire dramatique, évoquant une situation apocalyptique qui n’existe que dans son imagination. Le champ lexical de M. Mpanjo ne sert donc pas une démonstration objective, mais cherche à susciter la peur et l’indignation, quitte à tordre le cou à la vérité ou à ruser avec les chiffres.
Comparaisons faussées, chiffres manipulés
L’un des biais les plus notables du texte concerne la comparaison entre le niveau d’endettement de 2007 (12,2 % du PIB) et celui de 2023 (46,3 %). L’auteur passe sous silence un fait fondamental : en 2007, le Cameroun venait de bénéficier de l’Initiative PPTE et de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM), qui avaient entraîné un effacement significatif de la dette. Il est donc intellectuellement malhonnête de comparer ces deux périodes sans rappeler ce contexte exceptionnel. En outre, le FMI, dans ses dernières évaluations, continue de qualifier la dette camerounaise de « soutenable », idem pour les agence de notation telles que Standard & Poors, d’autant plus que le ratio dette/PIB du Cameroun (43 %) est très loin du seuil critique de surendettement de 70% fixé par les institutions financières internationale. D’ailleurs une récente étude de la Banque Mondiale classe le Cameroun parmi les pays les moins endettés d’Afrique.
Autre manipulation : la masse salariale de l’État est présentée comme représentant 42,7 % des recettes fiscales, ce qui est faux car ce chiffre de M. Mpanjo omet les recettes douanières (fiscalité de porte). Or, si l’on considère correctement les recettes fiscales globales (impôts + douane), ce ratio tombe à 36,3 %. Par ailleurs, l’article cite à tort un niveau de recettes internes de 3 745 milliards FCFA, ce qui est largement inférieur aux prévisions contenues dans la Loi de finances 2025, qui table sur plus de 5 500 milliards FCFA de recettes internes ordinaires. L’auteur en déduit un déficit structurel fictif, amplifié artificiellement.
Si le diagnostic sur l’étroitesse de la base fiscale est en partie vrai, l’analyse de M. Mpanjo enjambe les progrès tangibles pour verser dans la diatribe improductive. Car le gouvernement mène depuis plusieurs années une vaste réforme visant à élargir cette assiette fiscale. Parmi les mesures figurent le croisement des fichiers fiscaux, la digitalisation des procédures, mais aussi des initiatives innovantes comme l’obligation pour les demandeurs de visa de justifier de leur situation fiscale.
Quant au secteur informel, qui représente plus de 60 % de l’économie, il s’agit d’un défi commun à de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, et non d’une « anomalie camerounaise ». L’auteur feint d’ignorer que le Cameroun, justement, travaille à la formalisation progressive de ce secteur.
Des réalités ignorées ou déformées
Le texte ne dit mot de l’impact budgétaire du conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), ni des ravages du groupe terroriste Boko Haram dans l’Extrême Nord, un situation sécuritaire délétère qui pèse lourdement sur les finances publiques et les investissements. Il oublie également que le Cameroun a évité la récession au plus fort de la pandémie de Covid-19, là où de nombreuses économies comparables ont vu leur PIB chuter brutalement.
Si ces omissions volontaires traduisent clairement la mauvaise foi de l’auteur, les allusions hérétiques et hasardeuses, elles, montrent davantage une navrante faiblesse dans l’analyse. Un exemple frappant : Selon M. Mpanjo, « La chute prolongée des cours du pétrole et le déclin de la production nationale ont provoqué un effondrement des revenus pétroliers, autrefois pilier des finances publiques camerounaises. Cette manne financière, qui représentait 24,8% des recettes budgétaires en 2014, s’est réduite à seulement 9,6% en 2023 selon les chiffres de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) , exposant cruellement l’incapacité́ structurelle du pays à mobiliser des ressources alternatives ». Ici encore, M. Mpanjo se trompe lourdement. Car si la part du pétrole dans les recettes budgétaires a chuté, c’est bien parce que la part des recettes non pétrolières a augmenté de manière remarquable. C’est la preuve que les pouvoirs publics ont inlassablement mais surtout efficacement œuvré à mobiliser les recettes non pétrolières, des ressources alternatives pour lui emprunter l’expression. La baisse des recettes pétrolières, présentée comme un symptôme de « faillite », est due au déclin structurel de la production nationale, un phénomène géologique plus qu’une défaillance politique. L’auteur omet totalement de reconnaitre que le Cameroun a su diversifier ses sources de revenus, pourtant, l’émergence du secteur minier et l’accroissement des revenus hors hydrocarbures en témoignent amplement.
A travers cet article nous ne voulons pas nier les défis budgétaires auxquels le Cameroun est confronté comme quasiment tous les pays du monde. Mais en présentant une lecture sélective, approximative et globalement erronée des chiffres, l’article de Loic MPANJO ESSEMBE donne une vision exagérément noire d’une situation budgétaire qui, si elle n’est pas paradisiaque, est loin d’être chaotique. La crédibilité d’une analyse repose sur l’objectivité, la rigueur des sources et la prise en compte de tous les éléments du contexte. À cet égard, l’article de Loïc Mpanjo Essembe est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire.

Par Félicien Ndjock, Économiste

Minjustice : Le réquisitoire de Jean De Dieu Momo contre les procureurs

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« Manquements observés». C’est l’objet de la lettre que le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Garde des sceaux (Minjustice), adresse au procureur général près le Tribunal criminel spécial (TCS) et aux procureurs généraux près les cours d’appel. Relevant des plaintes et complaintes qu’il reçoit de façon récurrente sur des ces de « décisions sur la culpabilité ‘’motivées’’ uniquement par la non comparution des personnes poursuivies ; réquisitions sur la culpabilité et sur la peine muettes sur les moyens de preuves et sur le quantum de la peine ; de peines d’une légèreté blâmable concernant des faits d’une certaine gravité ; de peine d’une sévérité excessive ». Pour Jean De Dieu Momo, « ces entorses à l’orthodoxie semblent suggérer une démobilisation de certains personnels judiciaires».

Face à cette situation qui frise la crise de confiance, le ministre délégué auprès du Minjustice « engage [les procureurs généraux] à reprendre fermement  en main [leurs] collaborateurs magistrats du parquet». A l’occasion, celui qui assure « pleinement » les fonctions de Minjustice depuis plus mois, que le ministre plein, Laurent Esso, est absent du fait de la maladie, prescrit aux patrons des procureurs généraux, à charge pour ce derniers de répercuter à leurs subalternes : « dans les réquisitions sur la culpabilité et sur la peine, de se prononcer explicitement et au besoin par écrit sur les moyens de preuve et sur le quantum de la peine ; de s’abstenir désormais de ‘’se limiter’’ à ‘’l’application de la loi’’ ; de faire systématiquement appel ou pourvoi de tout jugement ou arrêt prononçant des peines d’une légèreté blâmable ou d’une sévérité excessive ou alors concluant à la culpabilité uniquement en raison de la non comparution des personnes poursuivies ».

Affaire Diane Yangwo

Cela survient alors que la justice traverse une crise de confiance de plus en plus grandissante. Avec notamment cette peine de cinq ans de prison avec sursis sur cinq ans infligée à xxx, époux de Diane Yangwo, en reconnaissant la culpabilité de ce dernier dans le meurtre de son épouse par coups et blessures. Une peine qui a suscité l’indignation collective et des associations de féministes et de défenseurs des droits humains. Lesquels se sont soulevés pour dénoncer la légèreté de la sentence d’une justice d’une rendue par une femme de surcroît. Aussi, en ouvrant la session parlementaire du mois de mars dernier, la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale, a invité la justice à dire le droit de façon objective et surtout à « appliquer rien que la loi ». les magistrats du parquet sont sous les feux des projecteurs et le Minjustice que l »écrivaine Djaïli Amadou Amal a récemment saisi pour le cas Diane Yangwo, se dit désormais vigilant et annonce des « réponses disciplinaires [en] cas de manquements aux présentes instructions ».  

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