mercredi, mai 20, 2026
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Positionnement : le navire Biya en passe de perdre le Nord

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Paul Biya lors de son dernier passage à Maroua, en 2018

Au cours de la réunion du Comité central de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), élargie au Conseil national et aux représentants des jeunes et des femmes, Bello Bouba a annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Une annonce attendue tant la base de son parti la réclamait et exigeait même la rupture pure et simple de l’alliance avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de Paul  Biya. Plateforme signée en novembre 1997. « Il est dit dans la plateforme que l’Undp et le Rdpc s’engagent à travailler ensemble pour l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, l’amélioration du processus électoral, la promotion de l’Etat de droit. De tout ceci, rien n’est fait », dénonce Célestin Yandal. Le parti entend reprendre son combat d’antan, pour « améliorer les conditions de vie des Camerounais ». Même si l’ancien Premier ministre n’a pas encore démissionné du gouvernement, il a finalement mis fin aux supputations sur le sujet, en indiquant sur les antennes de RFI qu’il le fera. « C’est le président de la République qui nomme les ministres et c’est à lui que je vais adresser une lettre écrite, présentant ma démission. Ma lettre ne lui est pas encore parvenue, mais elle est en voie. J’ai accepté d’être candidat, j’aurai besoin de tout mon temps consacré à la campagne », a indiqué Bello Bouba.

Au Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), on n’a pas mis les gangs pour aller au front. Issa Tchiroma, jadis ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a quitté le navire gouvernemental la semaine dernière. Dans une lettre adressée aux Camerounais le 26 juin dernier, le natif de Garoua, dénonce le fait que « ce n’est plus Biya qui gouverne ce pays». Celui qui, il y a quelques mois encore, était un défenseur patenté du président Paul Biya, a radicalement changé de ton. « Aujourd’hui, la situation de notre peuple est grave. Notre peuple est à bout, il étouffe, il souffre, il attend et il espère. Et si nous voulons honorer le sacrifice des pères fondateurs, alors c’est à notre tour de nous hisser au-dessus des intérêts particuliers. Il nous faut faire preuve de transcendance et unir nos forces, car le péril est là : celui d’un régime à bout de souffle, qui entraîne la Nation vers un effondrement aussi prévisible qu’inacceptable.», écrit-il dans une lettre aux Camerounais. « Mes chers compatriotes, nous devons nous unir pour réussir cette transition démo­cratique. Elle ne réussira que si chacun, gouvernants comme gouvernés, militants ou non, accepte le principe fondamen­tal de l’alternance. Le pouvoir n’appartient ni à un individu, ni à un clan. Il appartient au peu­ple. Et celui qui l’exerce le fait au nom du peuple, non en tant que maître, mais en tant que serviteur.», lance-t-il en perspective de la présidentielle pour laquelle il annonce sa candidature.

Les mouvements ne se font pas qu’au sommet. Abdoulaye Nana qui a déposé sa démission des rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a rejoint les rangs de l’Undp le 25 juin dernier, en devant en janvier dernier Abdoullaye Nana. Après avoir appelé à Paul Biya le président de la République et non moins président national du Rdpc, à se reposer, il devient désormais le 1er vice-président de la fédération départementale de l’Undp dans le Mbéré. Des sources annoncent d’autres démissions du Rdpc, notamment dans l’Adamaoua, une région parmi les plus vastes du pays, riche en ressources naturelles et en produits agricoles, mais pauvre en termes de projets de développement et de fils nommés ou cooptés dans l’appareil de l’Etat.

Le Sgpr humilié, le gouverneur pris en otage

Les signaux semblent faire état du navire Biya qui perd son Nord. Les anciens partenaires politiques de Paul Biya, ceux-là qui ont longtemps aidé le président et son parti, à consolider son emprise sur la région du Nord, ne sont plus avec lui. Ce sera chacun pour soi. Cela survient à un moment où le Rdpc lui-même semble tanguer, et les secousses se ressentent plus dans le Grand-Nord. Paul Biya, 93 ans, est de plus en plus éloigné des affaires. Physiquement absent de la scène politique nationale et même internationale, le président de la République fait de plus en plus valoir son décret qui accorde au Secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) de s’approprier certaines prérogatives du président de la République. Une situation qui perdure et commence à susciter des doutes et inquiétudes sur le vrai gestionnaire du pouvoir exécutif au Cameroun.

Le 15 février dernier, Ferdinand Ngoh Ngoh le Sgpr a essuyé une humiliation à Kousséri. Allé « en catimini) dans les localités du Mayo-Danay et du Logone et Chari qui ont subi des inondations avec de lourdes conséquences, pour « évaluer la situation », l’homme qui disait parler au nom du président de la République, a été insulté par des élus du Logone et Chari. Au motif que ledit émissaire n’envisageait pas rencontrer ces derniers qui avaient pourtant des doléances et récriminations à lui remettre, à l’intention du président de la République. Ferdinand Ngoh Ngoh qui avait prévu un aller-retour, avait dû passer une nuit dans la région de l’Extrême-Nord, le temps de rencontrer les élus du peuple avec lesquels il avait échangé nuitamment. Des faits similaires sous le Renouveau étaient, pour ne pas dire inexistants ces dernières décennies ; mais ces derniers mois, des mouvements de protestation se sont multipliés. Comme cette sorte de prise d’otage contre la personne du gouverneur de l’Extrême-Nord par des populations révoltées de Guidiguis, contestant la création du parc national de Ma mbed mbed. Si Paul Biya n’a pas encore perdu le Nord, il est en train de le perdre.

Rdpc-Undp: Fin d’un concubinage de 28 ans

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« Nous avons délibéré à huis clos comme le prévoient les dispositions de nos statuts. La réunion du Comité central de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès, le Conseil et les membres du secrétariat permanent, le comité directeur, ont délibéré et nous sommes arrivés à la conclusion que notre parti présentera son candidat à l’élection présidentielle ; et que j’ai accepté la proposition : je suis désormais le candidat à l’élection présidentielle(Sic)». En ces mots, Bello Bouba Maïgari a annoncé sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025. Au terme de la réunion du Comité central de son parti, élargie au Conseil national et aux représentants des jeunes et des femmes du parti, le 29 juin dernier. Cédant ainsi à la pression de la base de son parti qui n’entendait plus accompagner Paul Biya et le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à l’élection présidentielle. En revanche, l’avenir de Bello Bouba au sein du gouvernement est flou. L’homme n’a pas évoqué cet aspect, et a renvoyé la presse à « ses affaires ». Indiquant que ce n’est pas à la presse qu’il l’adresserait éventuellement. Toujours est-il que la logique voudrait que le désormais candidat qui s’est détaché du « joug » de l’alliance avec le parti au pouvoir, se mette dans des conditions de liberté pour pouvoir mieux se déployer dans sa campagne.

Si les militants ont longtemps appelé simplement à la rupture de l‘alliance scellée en novembre 1997 avec le Rdpc, Bello Bouba n’a pas été clair sur cette question. Accord qui a permis l’entrée au gouvernement d’un certain nombre de cadres de l’Undp dont Bello Bouba (Issa Tchiroma et Hamadou Moustapha, qui se sont par la suite brouillés avec Bello Bouba et ont chacun créé son propre parti). Et depuis lors, l’Undp n’a plus présenté de candidat à l’élection présidentielle, préférant soutenir Paul Biya, « candidat naturel » du Rdpc. Aujourd’hui, outre Bello Bouba, l’Undp compte quatre autres militants au sein de l’appareil de l’Etat : Nana Aboubacar Djalloh secrétaire d’Etat auprès du ministre en charge de l’environnement), Rose Dibong (secrétaire d’Etat auprès du ministre en charge de l’habitat), Mohamadou Badjika Ahidjo (ambassadeur itinérant à la présidence de la République, par ailleurs fils de l’ancien président Ahmadou Ahidjo) et son secrétaire général Pierre Flambeau Ngayap, sénateur nommé par Paul Biya. Tous pourraient être appelés à quitter le navire gouvernemental (sauf le sénateur). Mais des négociations souterraines que des sources attribuent au pouvoir, tentant de dissuader Bello Bouba de rompre les accords, pourraient avoir de l’effet sur certains militants engagés dans l’appareil de l’Etat.

Dans cette perspective, Rose Dibong a clairement indiqué sur les antennes de la Crtv que « je n’ai pas été consulté…mais que j’aie été consulté ou non, je continue de gérer en tant que responsable du gouvernement qui travaille pour le Cameroun. Je ne travaille pas pour mon parti». D’ailleurs « aucun texte ne nous oblige de le faire. Si on doit le faire, on le fait personnellement. Et moi je ne le ferai pas. Je ne vais pas démissionner du gouvernement pour ça. Je vais personnellement. Et moi je ne le ferai pas. Je ne vais pas démissionner du gouvernement pour ça. Je vais attendre que mon décret me fasse partir, parce que c’est un décret qui élimine un autre décret », assure Rose Dibong la secrétaire d’Etat auprès du Minhdu.

Toujours est-il que la distance se crée et s’élargit entre le Rdpc et l’Undp, après 28 ans de compagnonnage. « Il n’y a pas d’alliance définitive. Les alliances se construisent à l’aune des échéances électorales importantes, et puis elles se font et se défont», rappelle Célestin Yandal, maire Undp de Touboro dans le département du Mayo-Rey, région du Nord, sur Radio Balafon. Cette alliance était de plus en plus dénoncée par la base du parti depuis le Congrès de 2011 au cours duquel René Emmanuel Sadi, alors secrétaire général du Comité central du Rdpc, avait dû jouer les pompiers pour calmer les congressistes en furie. Mais aux yeux des militants de l’Undp, le partenaire politique n’a pas changé sa politique. « L’Undp voudrait prendre ses responsabilités, au regard d’un certain nombre de manquements et de violations de l’alliance qui existe entre les deux partis depuis novembre 1997. C’est la base militante qui ne veut plus évoluer dans cette plateforme », souligne Célestin Yandal. « Malgré le soutien que nous avons toujours apporté à notre allié, il n’y a pas de retour de l’ascenseur ». Le coup fatal fut asséné lors des sénatoriales 2013 : « Dans l’Adamaoua, le Rdpc a préféré remettre sept sénateurs au SDF qui a toujours été très dur vis-à-vis du Rdpc, plutôt que de permettre à son allié d’avoir ces sept sénateurs », dénonce-t-il. « Et le SDF n’avait aucun conseiller dans la région de l’Adamaoua. 2ème chose ; la ville de Ngaoundéré est la seule dont l’Undp contrôle la mairie de ville ; et l’Undp contrôle également le conseil régional. Ngaoundéré ne bénéficie pas de contrats C2D, Capitales régionales, à cause de l’assise de l’Undp dans cette région. Vous croyez qu’on va continuer dans une telle alliance ? », interroge Yandal. Avec autant de frustrations, « la base a décidé que si le sommet du parti continue dans cette alliance, ce ne sera plus avec elle», assure le maire qui a souffert le martyr dans un département du Mayo-Rey où règne en maitre le très puissant et craint lamido de Rey Bouba, militant du Rdpc et premier vice-président du sénat. Il ne pouvait pas en être autrement, faute d’évaluation. « Il y avait un comité de suivi pour évaluer l’alliance, mais qui n’a jamais fait ce travail», confie Célestin Yandal.

L’Association des Petites Entreprises du Cameroun désigne son premier bureau exécutif

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L’Association des Petites Entreprises du Cameroun (APEC), nouvellement créée, a élu son tout premier bureau exécutif à l’issue de son assemblée générale constitutive tenue le samedi 28 juin à Yaoundé. Deux entrepreneurs issus du think tank The Okwelians ont été portés à sa tête. Il s’agit d’Yves Bertrand Solanga, président, et Jean Bernard Essengue, vice-président chargé des partenariats et financements.

L’APEC se positionne comme une nouvelle instance de représentation des petites entreprises dans un pays où, selon l’Institut national de la statistique (INS), plus de 393 000 PME, soit 99,8 % du tissu entrepreneurial, demeurent en marge des structures patronales existantes. L’organisation revendique déjà environ 150 membres et entend jouer un rôle actif dans les discussions économiques avec les pouvoirs publics et les partenaires techniques et financiers.

Le nouveau président, Yves Bertrand Solanga, dirige Light Group, une jeune pousse spécialisée dans la gestion intelligente des produits pétroliers. Son entreprise a développé Light Oil, une solution de télé-jaugeage en temps réel. Physicien de formation, il a récemment intégré le programme d’incubation Minetech Hub, piloté par le PNUD en Zambie, aux côtés de neuf autres entrepreneurs africains sélectionnés parmi 350 candidats.

À la vice-présidence, Jean Bernard Essengue est quant à lui le fondateur d’ABM, une institution de microfinance axée sur l’économie solidaire, qui mobilise à ce jour une communauté de plus de 3 200 acteurs économiques à travers le pays.

Tous deux ont bénéficié du soutien de The Okwelians Venture Fund (OVF), un mécanisme de financement et d’accompagnement lancé en 2023 avec une dotation initiale de 200 millions FCFA, visant à structurer et accélérer la croissance de jeunes entreprises camerounaises à fort potentiel.

La création de l’APEC répond à un vide institutionnel souvent dénoncé par les entrepreneurs locaux, notamment en matière de représentation, de plaidoyer et d’accompagnement. Son action s’articulera autour de cinq axes : la formalisation des entreprises, l’accès au financement, l’accompagnement, le plaidoyer et la mise en réseau stratégique.

Pour mémoire, The Okwelians, structure à laquelle sont affiliés les deux nouveaux dirigeants de l’APEC, est un think tank fondé en 2020 et basé au Cameroun. Il rassemble près de 1 200 membres, dont 220 actifs, répartis sur quatre continents. L’organisation œuvre à la promotion de l’innovation sociale et de l’engagement civique à travers des initiatives multisectorielles.

L’officialisation du bureau exécutif marque une étape structurante pour l’APEC, qui ambitionne désormais de s’imposer comme une plateforme nationale crédible pour la défense des intérêts des petites entreprises dans un contexte de réformes économiques et de relance post-pandémie.

 INTELLIBRA réduit les coûts du dépistage du cancer de 35 000 à 3 000 FCFA

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Chaque année, des milliers de femmes en Afrique subsaharienne apprennent trop tard qu’elles sont atteintes d’un cancer du sein, réduisant drastiquement leurs chances de survie. Face à ce fléau silencieux, que né Intellibra, un dispositif médical portable et abordable, révolutionne le dépistage précoce grâce à l’intelligence artificielle. Une lueur d’espoir, notamment pour les femmes des zones rurales, souvent privées d’accès aux structures de santé. Porté par la start-up camerounaise Anora, le projet Intelibra s’attaque frontalement à l’inaccessibilité du dépistage du cancer du sein, aggravée par le manque d’infrastructures, de personnel qualifié et des coûts souvent dissuasifs. « Aujourd’hui, un dépistage coûte en moyenne 35 000 FCFA. Avec Intellibra, nous ambitionnons de le ramener à 3 000 FCFA, afin que chaque femme puisse se faire dépister trois fois par an, comme le recommande l’OMS », explique Abdoul Azis, fondateur du projet et lauréat du deuxième prix au concours national du meilleur projet TIC 2025.

Une innovation pensée dans un contexte préoccupant : selon les données du Registre national du cancer, le cancer du sein représente à lui seul 31 % des cas recensés chez les femmes, devant le cancer du col de l’utérus (23 %), avec plus de 1 500 décès chaque année. Au cœur d’Intellibra, une combinaison inédite de capteurs échographiques miniaturisés, de thermographie et d’une intelligence artificielle formée sur des données locales. Contrairement aux outils importés, souvent calibrés pour d’autres populations, ce dispositif offre une analyse en temps réel, non invasive et adaptée aux spécificités physiologiques des femmes africaines. Un avantage crucial dans une région où les retards de diagnostic sont fréquents et où les centres spécialisés se concentrent dans les grandes villes. Grâce à son prix remporté lors d’un concours national, l’équipe derrière Intellibra passe à la vitesse supérieure.

Le prototype est finalisé, et une campagne de dépistage gratuite sera lancée dès octobre, à l’occasion du mois de sensibilisation au cancer du sein, apprend-on. « Nous allons offrir 1 000 dépistages dans les dix régions du Cameroun. C’est une étape majeure », a déclaré Abdoul Azis, visiblement ému, lors de la cérémonie. Il a également salué le soutien de la ministre des Postes et Télécommunications et du Chef de l’État, dont l’appui a permis de concrétiser ce projet. Plus qu’un simple gadget, Intellibra se présente comme une arme technologique contre le cancer du sein, conçue pour être accessible, mobile et économique. Si les tests confirment son efficacité, le dispositif pourrait redéfinir la stratégie nationale de lutte contre la maladie. À plus long terme, l’ambition est claire : production à grande échelle, formation d’agents de santé communautaires et exportation vers l’Afrique centrale et de l’Ouest. Une innovation made in Cameroon qui pourrait bien sauver des milliers de vies.

L’État va verser 46 milliards FCFA à Geocoton pour racheter ses parts dans Sodecoton

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Le Cameroun va mobiliser 46 milliards FCFA sur ressources propres pour finaliser le rachat des parts détenues par le groupe français Geocoton dans le capital de la Société de développement du coton (Sodecoton). L’information est consignée dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2026-2028). Ce document officiel indique que « Cette augmentation [des dépenses d’investissement sur ressources propres] prend en compte l’achat des actions de la Sodecoton détenues par le groupe Geocoton pour 46 milliards FCFA. »

Cette provision de 46 milliards FCFA figure désormais parmi les dépenses nouvelles introduites dans la loi de finances rectificative 2025, en instance de soumission au Parlement. Elle porte les dépenses d’investissement financées sur ressources propres, y compris les opérations de réhabilitation des infrastructures, à 980,5 milliards FCFA, contre 891 milliards dans la loi de finances initiale, soit une hausse de 6,1%.

Dès mars 2024, le média Africa Business + évoquait une première estimation des parts de Geocoton à 32,7 milliards FCFA, soit environ 50 millions d’euros. Cette valorisation avait été présentée comme base de négociation, mais elle fut vivement contestée par les dirigeants de Geocoton. Abbas Jaber, PDG du groupe Advens (maison mère de Geocoton), déclarait en mai 2024 que « L’origine de ce chiffre avancé par certains journalistes reste inconnue », rejetant ainsi cette évaluation qu’il jugeait sous-estimée.

En janvier 2025, des sources proches de la direction de Geocoton confirmaient que les deux parties étaient convenues d’un montant avoisinant les 40 milliards FCFA. L’introduction d’une enveloppe de 46 milliards dans la loi de finances rectificative suggère que l’État a non seulement validé l’opération, mais qu’il a également provisionné une marge additionnelle pour sécuriser la transaction ou couvrir d’éventuelles dépenses connexes.

Au-delà de la simple opération financière, cette prise de contrôle s’inscrit dans un mouvement plus large de reconfiguration de l’actionnariat de la Sodecoton. En parallèle du désengagement de Geocoton, Yaoundé a ouvert le capital de l’entreprise à des acteurs locaux. L’État voit ainsi sa participation passer de 59 à environ 73 %, tandis que la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), qui fédère plus de 200 000 producteurs, détient désormais 12 % des parts. Le personnel de l’entreprise entre également au capital avec une participation de 2,5 %, et la Société mobilière d’investissement du Cameroun (Smic), propriété de l’homme d’affaires Baba Danpullo, conserve ses 11 %.

La flambée des prix du cacao dope la croissance économique en 2024

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Entre octobre et décembre 2024, l’économie camerounaise a poursuivi sa progression, notamment grâce à la bonne tenue des secteurs primaire et tertiaire. Le secteur primaire a enregistré une croissance de 1,3 % sur le trimestre, selon les données corrigées des variations saisonnières. Cette performance est principalement due à la sylviculture et l’exploitation forestière (+1,7 %) et à la hausse des exportations agricoles (+1,0 %), en particulier grâce à la flambée des prix du cacao.

 En revanche, l’agriculture vivrière (+0,2 %) et les activités d’élevage, chasse et pêche (+0,3 %) ont connu une croissance plus modeste. Sur un an, le secteur affiche une progression de 3,0 %, marquant une reprise après un ralentissement observé précédemment. L’agriculture d’exportation reste le principal moteur de cette hausse, avec une croissance annuelle de 9,5 %. En comparaison, l’agriculture vivrière progresse de 3,0 %, l’élevage, chasse et pêche de 3,4 %, tandis que la filière bois recule légèrement de 0,6 % sur l’ensemble de l’année. Au quatrième trimestre 2024, le secteur tertiaire confirme sa place de locomotive de l’économie nationale, avec une croissance soutenue de 3,6 %.

Cette performance est portée par la vitalité de plusieurs branches clés. En tête, les services d’information et de communication enregistrent une hausse de 5,5 %, suivis de près par les services financiers (+5,1 %) et ceux de l’hébergement et de la restauration (+5,0 %). Les services non marchands de l’administration publique, quant à eux, affichent une progression de 3,8 %. Des chiffres qui traduisent la robustesse du secteur tertiaire dans un contexte économique en mutation. Par rapport à la même période en 2023, la croissance du tertiaire atteint 4,4 %, avec une dynamique soutenue dans les services numériques, les finances et le secteur public.

En revanche, les services de transport et la restauration connaissent un léger ralentissement. Sur l’ensemble de l’année 2024, le secteur tertiaire progresse de 4,5 %, confirmant sa place centrale dans l’économie nationale. Contrairement aux deux autres secteurs, le secteur secondaire a connu un recul de 0,7 % sur le trimestre. Ce ralentissement est principalement dû à la mauvaise performance des industries extractives, en baisse de 8,8 %, et à la stagnation des industries agroalimentaires. Les autres industries manufacturières ont également reculé légèrement (-0,8 %).

Cependant, certaines branches restent dynamiques, comme les bâtiments et travaux publics (+5,7 %) et la production d’électricité (+2,3 %). Sur un an, le secteur secondaire enregistre une légère croissance de 1,2 %, affaiblie par une chute marquée de 8,5 % des industries extractives. Toutes les autres branches affichent des résultats positifs, notamment les industries agroalimentaires (+2,5 %), les industries du bois, les BTP (+6,9 %) et la production d’eau et d’assainissement (+1,0 %).

Lutte contre la fraude : plus de 3,2 milliards FCFA d’amendes douanières encaissés en juin 2025

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Des résultats en nette progression ont marqué les travaux de la 205e session, au grand satisfecit des commissaires. En moins d’un mois, pas moins de 800 dossiers contentieux ont été traités, soit 177 de plus que lors de la session précédente. Les indicateurs financiers confirment cette dynamique. Les droits compromis ou éludés atteignent 2,14 milliards FCFA, contre 906 millions FCFA auparavant, soit une hausse de 62,6 %. Quant aux amendes douanières, elles bondissent à 3,22 milliards FCFA, contre 1,22 milliard FCFA, enregistrant ainsi une progression spectaculaire de 139,5 %. À elles seules, les structures centrales de la Direction Générale des Douanes ont généré 1,64 milliard FCFA de droits compromis et 2,73 milliards FCFA d’amendes.

Elles représentent près de 78 % des droits et près de 85 % des amendes, avec seulement un quart des dossiers traités. Une performance qui souligne leur rôle clé dans le dispositif national de lutte contre la fraude. Comparée à la cinquième session de 2024, la progression des indicateurs contentieux est tout simplement spectaculaire. Les droits compromis ont enregistré une hausse de 241 %, tandis que les amendes ont connu une explosion de 355 %. Le nombre de dossiers traités s’est également accru de 34,7 %, traduisant à la fois un renforcement des contrôles douaniers et une intensification des actions répressives sur le terrain.

Neuf secteurs douaniers ont contribué à cette performance, avec une domination nette des secteurs Littoral 1 et Sud 2. Ces derniers cumulent respectivement 249 millions FCFA et 111 millions FCFA de droits compromis. Ils occupent aussi la tête du classement en matière d’amendes, avec des montants de 248 millions FCFA pour Littoral 1 et 130 millions FCFA pour Sud 2. Parmi les faits notables, la Brigade commerciale des Douanes de Touboro, dans la région du Nord, s’est distinguée en mobilisant près de 28 millions FCFA d’amendes.

Côté volume, Littoral 1 se classe en première position avec 176 dossiers contentieux, suivi par le Nord avec 97 dossiers. Le fichier de la fraude confirme la persistance des pratiques illicites aux frontières. L’importation en contrebande reste l’infraction la plus courante, avec 159 cas, suivie de près par les fausses déclarations de valeur (157 cas) et les importations sans déclaration (101 cas). Ces chiffres traduisent la persistance de zones de vulnérabilité dans les dispositifs de contrôle. Les infractions les plus coûteuses en termes de droits compromis sont liées à l’inexécution des engagements souscrits, à la fausse déclaration d’espèce et au détournement de destination privilégiée, avec un préjudice estimé à 384 millions FCFA. Ces mêmes manquements figurent également parmi les plus lourdement sanctionnés, avec des amendes atteignant jusqu’à 633 millions FCFA.

 À l’issue des travaux, le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a salué les performances remarquables des services douaniers, en appelant ses collaborateurs à « redoubler d’efforts pour renforcer la lutte contre la fraude, protéger l’économie nationale et mobiliser davantage de recettes contentieuses. » Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour la 206e session de la Commission, dans un climat de mobilisation accrue face aux défis du commerce illicite.

À Yaoundé, les étudiants mettent leur génie au service de l’agriculture, la santé et l’économie locale

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Sous la chaleur de midi, à l’esplanade du Musée national de Yaoundé, le secteur agro-pastoral et halieutique du Salon du Génie et Talent de l’Étudiant Camerounais (Getec) attire l’attention des visiteurs. Ce 17 juin 2025, assise à l’ombre d’un stand, derrière sa table aux côtés de ses camarades, Ngo Libong Sipora Glwadys, étudiante à l’université de Yaoundé I, parle avec passion du dispositif de fabrication de biofertilisant à base de larves de mouche soldat noir. C’est le deuxième jour de la 7ème édition du Getec, sur le thème : « l’université entrepreneuriale, levier de la stratégie d’émergence du Cameroun à travers la politique d’import-substitution ». Avec un calme assuré, Sipora Glwadys déroule devant les visiteurs les secrets de l’entomoculture, cette méthode qui consiste à élever des insectes pour transformer les déchets organiques.

« Le projet que nous présentons aujourd’hui repose sur une approche écologique. Il permet à la fois de traiter les déchets et de produire un biofertilisant ainsi qu’un aliment riche en protéines pour la volaille et les poissons, à partir des mouches », explique-t-elle. Devant elle, une volière pédagogique capte l’attention : des mouches adultes vrombissent, des œufs fraîchement pondus s’accrochent aux parois, et des larves grouillantes s’activent dans un bac. Le cycle de vie complet de la mouche soldat noire y est reconstitué, à la fois fascinant et instructif. Ces larves, surnommées les « forasses de la matière organique », sont de véritables dévoreuses de déchets. En quelques heures, elles réduisent des kilos de matières en compost fertile, dans un ballet biologique aussi spectaculaire qu’efficace.

Pour Sipora, cette démonstration va bien au-delà de la science : elle incarne une réponse concrète aux défis de la gestion urbaine. Une ambition partagée par les États généraux sur la gestion des déchets, tenus les 6 et 7 mai 2025 à Yaoundé, et organisés par le gouvernement autour de la vision de faire des déchets une ressource et un levier de développement économique. « Cette perspective nouvelle permettra à notre pays, et à nos villes en particulier, de tirer parti des opportunités offertes par l’économie circulaire en matière de création d’emplois et de croissance », déclarait à l’ouverture des travaux Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement urbain.

UN CORDON OMBILICAL NUMÉRIQUE

A quelques mètres de Glawdys, Tabe Stéphane Boris, jeune bio-ingénieur camerounais en mécatronique et spécialiste de mécanique quantique quaternionique, attire l’attention avec un projet aussi ambitieux que vital, le « Mouboua Quantum », une couveuse interactive, pontique et hybride. Destinée aux nouveau-nés prématurés ou à faible poids, cette machine, apprend-on, assure la régulation thermique lorsque le cerveau du nourrisson n’est pas encore capable de produire ou d’évacuer la chaleur. Plus qu’un simple appareil, la couveuse « Made In Cameroon » se présente comme un cordon ombilical numérique entre l’enfant et sa mère.

Sa particularité ? Une intelligence artificielle intégrée qui détecte automatiquement les reflux ou vomissements pouvant obstruer les voies respiratoires, l’une des causes fréquentes de mort subite du nourrisson. « Nous évitons ainsi les morts subites du nourrisson, encore trop fréquentes dans nos hôpitaux », explique Stéphane Boris étudiant à l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé. En cas de danger, une alerte est instantanément envoyée aux médecins et aux parents. Connectée à une application mobile, la couveuse permet de surveiller en temps réel les paramètres vitaux tels que la température, l’humidité, la masse, et la fréquence cardiaque… Elle autorise aussi les parents à interagir avec leur bébé à distance : écoute, berceuse, visuel. A l’esplanade du Musée national, plusieurs étudiants, entrepreneurs en herbe, enseignants, bailleurs de fonds, ONG, collectivités locales et entreprises, publiques comme privées sont tous là pour valoriser l’innovation étudiante et promouvoir le « Made in Cameroon ».

Ce, jusqu’au 21 juin à Yaoundé. À chaque stand, des visages jeunes, des projets concrets et un discours confiant. Car pour ces jeunes, il ne s’agit pas seulement d’exposer. Il s’agit de convaincre, démontrer que l’université camerounaise peut être un moteur économique, un vivier d’entreprises innovantes et créatrices d’emplois. Les jeunes exposants ont présenté des projets concrets et diversifiés dans des secteurs tels que l’agroalimentaire, l’élevage, la communication, le BTP ou encore l’agriculture, certains étant opérationnels depuis plus de deux ans et employant déjà entre 5 et 10 personnes. C’est en effet, vingt-six PME, issues de l’incubateur d’entreprises qui ont été sélectionnées pour représenter l’innovation étudiante lors du Getec 2025 dans la capitale politique du Cameroun.

 300 MILLIONS DE FCFA POUR LES JEUNES CRÉATEURS D’ENTREPRISES

A l’ouverture du Getec, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jacques Fame Ndongo qui présidait l’événement affirme que « l’université se positionne comme un des acteurs de premier plan en matière de création, croissance et développement des entreprises innovantes créatrices d’emplois décents dans le secteur formel. » Et d’ajouter, dans un appel à la transformation du modèle éducatif : « Les étudiants doivent être formés non seulement à chercher un emploi, mais à en créer. À devenir des catalyseurs d’innovation, des bâtisseurs d’entreprises, des porteurs de solutions. » Mais l’enthousiasme ne suffit pas.

 Dans la foulée de la cérémonie, le Pr. Marcel Fouda Ndjolo, inspecteur général au ministère de l’Enseignement supérieur, n’a pas mâché ses mots : « L’engouement entrepreneurial des étudiants risque de s’essouffler si rien n’est fait pour lever les barrières financières. » Un message que le gouvernement a visiblement entendu. Le ministre des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a annoncé une enveloppe de 300 millions de FCFA pour soutenir ces jeunes créateurs d’entreprises. Un fonds initialement destiné au Programme d’innovation et de soutien à l’artisanat (PISA), mais désormais réorienté vers les projets étudiants. « Il s’agit de créer un dispositif concret d’accompagnement, capable de transformer l’idée en produit, le rêve en emploi », a conclu Achille Bassilekin III.

Le Cameroun va recourir à un emprunt extérieur inédit de 330 milliards FCFA en 2025

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Louis Paul Motaze www.newsducamer.com
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Le Cameroun s’apprête à intensifier son recours à l’endettement extérieur pour couvrir ses besoins croissants de financement public. D’après le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2026-2028), annexé au débat d’orientation budgétaire de juillet 2025, le pays envisage de mobiliser un nouvel emprunt extérieur de 330 milliards de FCFA au titre de l’année en cours. Cette opération, absente de la loi de finances initiale 2025, figure désormais dans la loi de finances rectificative que le gouvernement prévoit de soumettre au Parlement.

Cette initiative vise à combler une partie des 2 326,5 milliards de FCFA de besoins de financement identifiés pour l’année 2025, contre 1 795 milliards dans la loi de finances initiale, soit une augmentation de 531,5 milliards. Ce recours accru à l’endettement extérieur s’inscrit dans un contexte de pressions accrues sur la trésorerie de l’État, notamment liées à la hausse imprévue de certaines dépenses courantes, comme l’a révélé Samuel Tela, directeur de la Trésorerie au ministère des Finances.

En parallèle, une opération distincte d’emprunt à court terme de 100 milliards FCFA est en cours de montage avec l’appui de la Banque mondiale, à travers son agence de garantie MIGA, et la banque française Natixis. Cette ligne de crédit s’inscrit dans une enveloppe globale de 200 milliards FCFA, autorisée par le président de la République depuis le 19 mai 2025. Elle vise à pallier des tensions de liquidité attendues entre mai et août, période traditionnellement marquée par un pic de décaissements publics et un creux de recettes fiscales.

Selon Samuel Tela, ce financement aura une durée maximale d’un an renouvelable deux fois et sera exclusivement dédié à des paiements de fournisseurs dans des secteurs jugés prioritaires, tels que l’agriculture, les infrastructures de transport ou encore l’approvisionnement en eau potable. La garantie apportée par la MIGA permet de sécuriser l’opération tout en préservant le profil de soutenabilité de la dette, les remboursements étant exigés avant le 31 décembre 2025.

Cette évolution marque un virage assumé vers le marché international, dans un contexte de saturation du marché domestique. En effet, le volume projeté d’émissions de titres publics en 2025 a été révisé à la baisse à 350 milliards, contre 380 milliards dans la loi de finances initiale, en raison de conditions de financement jugées défavorables. Le gouvernement s’appuie désormais sur une palette élargie d’instruments pour diversifier ses sources de financement.

Outre les emprunts extérieurs, les prévisions actualisées intègrent notamment 440,1 milliards FCFA de financements bancaires domestiques, en forte hausse (+219,5 milliards) par rapport aux prévisions initiales. Une part importante de ce montant correspond à un prêt direct de 250 milliards FCFA, garanti par Afreximbank.

Les appuis budgétaires dans le cadre du Programme économique et financier (PEF) FMI-Banque mondiale sont également réévalués à la hausse à 214 milliards, intégrant un glissement de 45 milliards des décaissements du FMI et une rallonge de 4 milliards de la Banque mondiale. S’ajoutent enfin 217,4 milliards de financements dits « exceptionnels », comprenant notamment le report partiel du déclassement du FMI au titre de la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD).

Bauxite de Minim Martap : Canyon Resources veut 40% de Camrail pour un accès privilégié au rail

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Le groupe australien Canyon Resources, contrôlé par le magnat indien Gagan Gupta, mène de discrètes tractations afin d’accroître sa participation au capital de Cameroon Railways (Camrail). Il bute cependant depuis deux mois sur la réticence des actionnaires historiques », ont rapporté nos confrères d’Africa Intelligence. Ces informations ont été confirmées le 30 juin 2025 par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, à l’ouverture du Salon de l’action gouvernementale (SAGO) à Yaoundé. « (…) Il est important de rappeler que la société camalco porteuse du projet dispose de quatre milliards cinq cent mille francs FCFA pour ces travaux et compte intégrer le capital de Camrail à hauteur de 40% », a déclaré le membre du gouvernement, sans donner de détails précis sur cette opération.

Cette prise de participation accrue dans l’opérateur ferroviaire national s’inscrit dans la stratégie logistique globale de Canyon Resources. Le groupe australien souhaite sécuriser l’évacuation, dès 2026, de la bauxite extraite du gisement de Minim Martap, dans la région de l’Adamaoua. L’entreprise a en effet opté pour le transport ferroviaire comme principal moyen d’acheminement du minerai vers le port autonome de Douala. En mars 2025, Canyon a franchi une première étape en annonçant l’acquisition de 9,1 % des parts de Camrail via sa filiale Camalco.

 Cette opération a été réalisée en deux temps. Premièrement, 3,8 % des parts de Camrail ont été rachetés à la Société d’Exploitation des Bois du Cameroun (SEBC) pour 575,7 millions de FCFA. Ensuite, la compagnie minière a conclu un accord pour le rachat de 5,3 % des parts auprès de Total Cameroun, pour 812,8 millions de FCFA. « Nous nous félicitons de l’approbation par le conseil d’administration de Camrail de la vente à Camalco de la participation de 9,1 % précédemment détenue par Total Energies et SEBC. Cette acquisition est une étape importante dans l’accès à l’infrastructure ferroviaire et dans la réalisation de nos objectifs logistiques au cours du premier semestre 2025 », a indiqué Jean-Sébastien Boutet, directeur général de Canyon, dans un communiqué.

La montée à 40 % au capital de Camrail permettrait donc à Camalco d’accompagner plus directement la réhabilitation de la voie ferrée entre l’Adamaoua et le littoral, maillon logistique essentiel pour transporter les 6,4 millions de tonnes de bauxite attendues chaque année selon les projections de production.

NIVEAU DE MISE EN OEUVRE

À ce jour, selon Fuh Calistus Gentry, le projet d’exploitation de la bauxite de Minim Martap est exécuté à 24 % et dispose de toutes les autorisations nécessaires pour le lancement effectif des activités. La phase de construction des infrastructures minières et ferroviaires s’intensifie. « La réhabilitation des infrastructures ferroviaires débutera le 15 juillet 2025, en collaboration avec Camrail,», a précisé le ministre. Par ailleurs, les travaux de construction de la mine, du centre de stockage et de la gare minière de Makor sont attendus à partir de mi-juillet, suivis par l’aménagement de la route minière reliant le site à la ligne ferroviaire nationale.

 Le groupe a également reçu les autorisations pour importer locomotives et wagons. Un contrat a été signé avec le constructeur chinois CRRC Ziyang Co. Ltd pour la livraison de 22 locomotives. L’opération est financée dans le cadre d’un crédit syndiqué de 140 millions de dollars US (82 milliards de FCFA), obtenu auprès de la banque AFG Bank, complété par un prêt de 15,8 millions de dollars australiens d’Eagle Eye Asset Holdings, principal actionnaire de Canyon Resources.

Côté logistique portuaire, plus de 6 hectares ont déjà été mis à disposition de Camalco dans l’enceinte du port de Douala, en attendant de nouvelles surfaces. Deux bases-vie seront construites à Makor à partir de septembre 2025. Les travaux de la base du site minier débuteront, quant à eux, en novembre. Le gouvernement assure suivre l’évolution du projet de près. Des études de faisabilité sont en cours pour envisager, à moyen terme, la transformation de la bauxite en alumine localement. Des projets sociaux doivent également accompagner le développement minier, conformément à la réglementation.

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