vendredi, juin 5, 2026
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Inflation – Luc Magloire Mbarga Atangana: «l’objectif est de repasser sous le seuil communautaire de 3 %»

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L’Institut national de la statistique (Ins) a rendu publique sa «Note sur l’évolution des prix à la consommation finale des ménages au Cameroun». Dans ce document, l’Ins révèle que l’inflation s’est établie à 7,4% en 2023. Dans le même rapport, l’organisme chargé de l’élaboration de la statistique officielle au Cameroun précise que cette donnée dépasse largement le seuil de 3% admis dans la zone Cemac. Par ailleurs, ce taux est le 3e le plus élevé enregistré au cours des 29 dernières années, après les taux respectifs de « 32,5% et 9% en 1994 et 1995, à la suite de la dévaluation de 50% du Franc CFA intervenue le 11 janvier 1994 », souligne le statisticien national.

Pour ne rien arranger, l’inflation pourrait davantage se creuser en 2024, au regard des conséquences nées de la dernière augmentation des prix du carburant entérinée le 2 février par une note signée du secrétaire général des services du Premier ministre. En effet, depuis que la hausse des prix du carburant a été officialisée, on assiste à une spéculation sauvage sur les prix de plusieurs biens et services, au mépris de la procédure d’homologation préalable des prix,  qui selon le ministère du commerce «réserve le soin de la saisine de l’administration en charge des prix soit au producteur, soit à l’importateur selon le cas, à charge, par la suite, à la commission centrale des prix d’examiner la demande d’homologation et de soumettre son avis motivé à la sanction du ministre en charge des prix».

baisser l’inflation

Si cette situation perdure, elle pourrait contrecarrer les plans du Cameroun qui souhaite faire passer l’inflation sous le seuil communautaire de 3% en 2024. Pour y parvenir, Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce,  envisage d’établir un cadre de concertation entre le gouvernement et le secteur privé afin d’éviter une hausse sauvage des prix. «Nous espérons faire mieux et nous allons travailler en ce sens. Personne, ni l’exécutif ni le secteur privé, n’a intérêt à voir les prix s’envoler. Il s’agit pour le gouvernement, à travers le mécanisme de concertation évoqué, non pas d’imposer un prix mais bien de parvenir, par la discussion, à un juste équilibre entre les contraintes des opérateurs économiques et celles des consommateurs. Une chose est sûre, malgré l’incertitude de la conjoncture internationale, l’objectif est de repasser au plus vite sous le seuil communautaire de 3 %.», a confié le membre du gouvernement à nos confrères de Jeune Afrique.

Le ministre du Commerce mise également sur le renforcement de la politique d’import-substitution. Le maître-mot dans le cadre de cette initiative  est de renforcer la production locale des biens  afin de satisfaire pleinement la demande nationale et ainsi limiter les importations qui ont des répercussions haussières sur les prix à la consommation. A en croire le membre du gouvernement, cette dernière a déjà produit des résultats encourageants depuis son lancement en 2021.  «La stratégie mise en œuvre a permis des avancées notables. Nous sommes exportateurs nets d’huile raffinée, nous répondons largement à nos besoins en eau minérale, nous avons plus que doublé notre production de ciment ces dernières années, tout en développant celle de fer à béton. Nous exportons chez nos voisins des produits frais, mais aussi des biens semi-finis et finis. La margarine est un autre très bon exemple. Quasi-inexistante par le passé, notre production locale couvre désormais les trois-quarts de la consommation nationale».

Vaste chantier

Toutefois le gap à combler reste encore énorme. D’après des données de l’Institut national de la Statistique rendant compte de l’évolution de l’économie camerounaise au cours du second trimestre 2023, le Cameroun  a dépensé 1 325,7 milliards de Fcfa pour importer les biens et services au deuxième trimestre de l’année en cours. Comparé à la même période en 2022, ce chiffre est en hausse de 274,4 milliards de Fcfa (+26,1%) soit une contribution négative de 4,5 points à la croissance du Produit intérieur brut. Par ailleurs précisait l’Ins dans le même rapport «Cette évolution résulte de l’intensification du niveau des importations de biens qui augmentent de 28,6% conjuguée à une hausse des importations de services de 11,3% »

Secteur pétrolier: Simo Njonou rebondit à Cotco

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Au terme d’un conseil d’administration extraordinaire tenu ce 15 février 2024, Jean Paul Simo Njonou a été nommé directeur général de la Cameroon oil transportation company (Cotco). Remplaçant Harouna Bako qui lui aussi l’a remplacé à la tête de la Société nationale de raffinage (Sonara) le 9 février dernier. Mettant un terme aux supputations sur le successeur du magistrat. Des noms avaient déjà commencé à circuler mais Paul Biya a décidé d’un changement poste pour poste. Une simple permutation de postes.

A lire aussi : Sonara: Simo Njonou débarqué

Le temps de disette n’aura donc pas duré pour Jean qui Simo Njonou. L’homme qui avait été débarqué de la Sonara quelques jours après la revalorisation des prix des carburants était perçu comme le bouc-émissaire dans la crise née de cette augmentation des prix du super et du gasoil. Mais l’homme écarté de la gestion de cette structure dont les travaux de modernisation peinent à avancer, a plutôt bénéficié de la confiance de Paul Biya pour gérer une autre société digne d’intérêts. La Cotco est la société qui gère la partie camerounaise du pipeline Tchad -Cameroun.

Succession: l’Afrique centrale tient son candidat pour la présidence de la BAD

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Le second mandat de l’actuel président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Akinwumi Adesina, s’achève en 2025. Selon les textes en vigueur au sein de cette institution financière, le Nigérian élu pour la première fois en 2015 ne pourra plus se représenter. Dans les starting-blocks des différents pays membres de la BAD et dans les sous-régions, des tractations se font déjà en vue de fédérer les énergies autour d’une candidature unique et puissante.
En Afrique centrale, selon le communiqué final publié à l’issue de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la Cemac, le président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno a soumis à l’approbation des chefs d’Etat de la Communauté la candidature de Abbas Mahamat Tolli au poste de président de la Bad. « La conférence a pris acte de la candidature proposée par la République Sœur du Tchad et y a exprimé son appui sans réserve », indique la correspondance susmentionnée.
Il ne fait donc plus l’ombre d’aucun doute, le gouverneur sortant de la Beac-qui a officiellement quitté ses fonctions le 9 février courant- sera le candidat-unique- de l’Afrique centrale. En attendant d’autres éventuelles candidatures venues des autres sous-régions et d’autres pays, le Tchadien pourrait déjà, selon des indiscrétions, avoir en face de lui le Sénégalais Makhtar Diop, actuellement directeur général de la Société financière internationale, organisation membre du groupe de la Banque mondiale. Cet ancien vice-président de la Banque mondiale chargé de l’Afrique s’était désisté de la course à la présidence de la BAD en 2014.
Une autre candidature qui, selon nos sources sort également la tête de l’eau est celle du ministre Béninois Ousmane Digana. Cet ancien directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et la Guinée aurait jeté son dévolu sur l’institution financière régionale.
D’après les textes régionaux en vigueur à la BAD, tout candidat au poste de président du groupe de la Banque Africaine de Développement doit être un ressortissant d’un pays membre régional. Il doit avoir de hautes compétences dans les domaines qui concernent les activités, la gestion et l’administration de la Banque.
Pour mémoire, un candidat de la Cemac n’a jamais occupé la fonction de président de la BAD. Lors de sa première élection en 2015, l’actuel président était face à huit candidats dont le Tchadien Kordjé Bedoumra. En 2004, la Cemac avait fait bloc derrière le candidat gabonais Casimir Oyé Mba. Celui-ci avait échoué face au Rwandais Donald Keberuka

Vie chère : le taux d’inflation atteint 7,4% en 2023

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Une note de l’Institut national de la statistique sur « l’évolution de l’inflation en 2023 et perspective pour 2024 » récemment rendue publique indique que les prix à la consommation finale des ménages ont augmenté à 7,4 % en 2023. Cette hausse des prix à la consommation finale des ménages est tirée principalement par les prix des produits alimentaires qui ont grimpé de 11,1%.
Selon la note sus-évoquée, c’est la troisième fois en 29 ans que le Cameroun connaît un taux d’inflation aussi élevé après respectivement 32,5% et 9,0% en 1994 et 1995 à la suite de la dévaluation de 50% du Fcfa intervenue le 11 janvier 1994. A côté des prix des produits alimentaires, les coûts des transports ont également contribué à cette flambée inflationniste.
En effet, les coûts associés à la composante « transport », renseigne l’Ins, ont exercé une pression à la hausse sur l’inflation, affichant une augmentation de 15,0%. La hausse des prix des produits alimentaires peut être attribuée en grande partie au renchérissement des légumes, des pains et céréales, des fruits, ainsi que des poissons et fruits de mer. En ce qui concerne le transport, l’inflation, qui s’est installée de manière durable à partir de février 2023, est directement liée à l’augmentation du prix du carburant à la pompe, observée à compter du 1er février 2023.
Sur les trois dernières années 2021 à 2023, apprend-on, l’inflation cumulée a atteint 16,7% ; résultant d’une forte augmentation des prix à la consommation en 2022 et 2023, après plus d’une décennie de stabilité entre 2009 et 2021au cours de laquelle le taux d’inflation n’avait pas dépassé 3%, précise la note.
Pour l’année 2023, cette inflation découle de divers facteurs à la fois nationaux et internationaux. Au niveau national, apprend-on, la réduction des subventions sur les prix des hydrocarbures, les perturbations climatiques et les défis sécuritaires, en particulier dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ont contribué à alimenter l’inflation.
Au niveau international en revanche, les tensions liées au conflit russo-ukrainien, les séquelles de la pandémie du COVID-19, les fluctuations du FCFA par rapport au dollar américain, entre autres, ont été les principaux contributeurs à l’inflation.
Cependant, la communauté internationale a œuvré pour faire baisser l’inflation, avec le rétablissement de l’efficacité des chaînes d’approvisionnement internationales, la baisse des prix mondiaux des produits de base et des frais de transport, ainsi que l’adoption par la plupart des banques centrales d’une politique monétaire restrictive. Il en résulte que les prix des produits locaux ont enregistré une augmentation plus marquée de 8,1% comparativement à ceux des produits importés qui ont grimpé de 5,6%.

La hausse des prix du carburant et son impact sur les consommateurs

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 Par Ferdinand Haiwang Djamo, analyste de Recherche et Henri Kouam,  fondateur CEPI

Introduction

Depuis la hausse des prix du carburant intervenue en février 2023, le gouvernement camerounais enregistre une nouvelle hausse de 15% du prix à la pompe du super et du gasoil, alors qu’il sortait à peine d’une grande pénurie du carburant super qui a été en grande partie imputée aux retards dans la livraison et qui a négativement impacté sur l’économie. Désormais, le prix du litre du super qui coûtait auparavant 750 FCFA est passé à 850 FCFA dans les stations-services soit une augmentation de 110 FCFA. Le litre du gasoil quant à lui est passé à 828 FCFA contre 725 FCFA auparavant, soit une hausse de 108 FCFA. Cette hausse est justifiée entre autre par la nécessité de résorber les contraintes budgétaires croissantes auxquelles l’Etat est confronté et d’éviter les tensions dans l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers. Afin de tempérer les conséquences de cette décision sur les consommateurs, le gouvernement a annoncé la mise en œuvre à bref délai des mesures d’accompagnement. Il s’agit entre autres de la revalorisation de 5% du salaire de base des agents publics, l’ouverture du dialogue avec le secteur privé, l’allégement de certaines charges fiscales et douanières dans le secteur du transport routier. Cependant, ces mesures, quoique justifiées par le gouvernement et malgré les mesures d’accompagnement, ne seront pas sans conséquences sur les consommateurs.

La hausse des prix du carburant impacte fortement sur le budget des ménages

Les impacts d’une hausse des prix du carburant se répercutent directement sur le budget transport des ménages. Au regard du très faible pouvoir d’achat des ménages camerounais, une telle augmentation sur l’envolée des prix  aggraverait les conditions de vie des populations. Ainsi, du fait d’une mobilité accrue des ménages, due à l’allongement des distances et la multiplication des trajets, la hausse des prix du carburant impacte fortement les dépenses des ménages. Certains ménages seront contraints de réduire leurs activités. Ce qui remet inévitablement en cause leurs modes de vie.

La hausse actuelle des prix du carburant pourrait naturellement augmenter les coûts pour les transports interurbains et périurbains qui dépendent du carburant pour faire fonctionner leurs véhicules. Les agences de transport camerounais pourraient très vite procéder à la revalorisation de leur grille tarifaire (Touristique Express, Danay Express etc.)  Cela se répercuterait ensuite sur les tarifs des billets, ce qui rend le transport plus cher pour les usagers. Cela aurait également sans doute un impact sur les tarifs des taxis et les consommateurs de ce secteur seront naturellement affectés.  Comme ils sont contraints à parcourir de longues distances pour leurs déplacements domicile-travail, ils s’en trouvent vulnérables. Ils seront contraints de restreindre d’autres postes budgétaires, changer de modes de transports, baisser la fréquence de leurs déplacements ou supprimer des motifs de déplacements.

Cependant, même si le gouvernement a envisagé la revalorisation de 5% du salaire de base des agents publics, suivie d’autres mesures d’atténuation, cela ne permettrait pas de réduire la vulnérabilité de toutes les couches sociales, car il s’agit d’un  problème de politique structurelle et de soutenabilité auquel l’État doit résorber.

La majeure partie des secteurs d’activités doivent faire face à une augmentation des coûts

En effet, La hausse actuelle des prix du carburant peut accroître les charges de certaines  entreprises et renchérir les coûts des marchés en cours d’exécution. 

 Les prestataires de transport d’abord, tels les agences de voyage, subissent directement l’augmentation et doivent l’inclure dans leurs charges. Mais aussi les entreprises qui expédient les marchandises, qu’elles disposent de leurs propres moyens de transport ou qu’elles passent par un prestataire logistique. Sans oublier les petites et moyennes entreprises pour qui les déplacements sont essentiels et indispensables à leurs activités. Les entreprises peuvent répercuter ces frais supplémentaires sur les prix des produits et services pour maintenir leurs marges bénéficiaires. Dans certains cas, les entreprises peuvent décider de rogner sur certains autres maillons de la chaîne logistique pour pouvoir assumer les dépenses de transport.

Le secteur agricole étant un secteur clé de l’économie camerounaise, la hausse des prix du carburant peut augmenter les coûts de la production agricole, y compris les coûts de transport des produits agricoles et cela affecte la rentabilité.

Conclusion/ recommandations

La hausse des prix du carburant aura sans doute des conséquences négatives sur les consommateurs. Elle pourrait fortement impacter sur le budget des ménages et la majeure partie des secteurs d’activités seraient affectés. Cela peut entraîner une inflation plus élevée. Le gouvernement camerounais devrait prendre des mesures appropriées pour atténuer les conséquences. Nous proposons une suspension de la TVA sur les produits importés tels que les pâtes et le riz pour supporter les ménages. Nous conseillons un investissement dans le raffinage du pétrole pour réduire la dépendance vis-à-vis des pays internationaux. Ceci devrait suivre le rapidement des dettes de la SONARA et l’utilité des fonds spéciaux à cet égard

Impôts: le centre régional Littoral 2 a mobilisé 68 milliards de FCFA en 2023

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Le montant des recettes  a ainsi atteint un chiffre record   comparé  au rendement de la première année de fonctionnement de ce centre où on avait enregistré 43,6 milliards de FCFA. 

 Quatre ans après son démarrage, le centre régional des impôts littoral 2 (CRIL2) affiche des performances positives.   Elles sont en perpétuelle croissance autant sur l’élargissement de l’assiette fiscale que sur la mobilisation des recettes.  En chiffres, le nombre des contribuables est passé de 11520 en 2020 à 26521 à fin 2023.  Soit une progression de 105%.  Ainsi, les recettes fiscales  ont atteint un chiffre record   de 68,2 milliards de FCFA en 2023  contre 43,6 milliards en 2020.  Soit une hausse de 56%.

 Pour le chef de centre Hamidou Bouba Adji, cette performance découle de la politique fiscale mise en place par les autorités mais aussi  de l’amélioration des conditions de travail. « Au plan opérationnel,  les facteurs  ci-après expliquent cette  réussite: primo, le leadership avisé du Directeur Général  des Impôts  qui a permis de traduire  cette vision stratégique en une réalité tangible. Secundo, un plan d’actions finement élaboré au niveau régional et rigoureusement mis en œuvre en prime une stratégie d’élargissement de l’assiette fiscale  et d’amélioration de la conformité fiscale des contribuables ont permis d’atteindre des résultats probants. Tertio,  un environnement de travail propice à l’épanouissement et à la performance a été mis en place », explique-t-il.  

 Avec le nouveau cadre de travail qui vient d’être mis en place, le centre régional des impôts littoral 2 vise pour l’année 2024, un objectif  de recettes  budgétaires de 91 milliards  de FCFA. Soit une augmentation  de 23milliards  FCFA en valeur absolue par rapport aux réalisations de 2023.

Succession : les défis qui attendent le nouveau gouverneur de la Beac

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vue partielle du siège de la Beac à Yaoundé



Le nouveau gouverneur de la Beac, Yvon Sana Bangui, dont la nomination a été entérinée le 9 février courant par les chefs d’Etat de l’Afrique centrale, a du pain sur la planche. Sa désignation intervient dans un contexte marqué par des crises au sein de la Banque centrale. Le dernier épisode met en scène le gouverneur sortant, Abbas Mahamat Tolli et le directeur général du Contrôle général, Blaise Eugène Nsom. Le 6 février courant, ce dernier, via une correspondance principalement destinée au vice-gouverneur, au secrétaire général, au directeur général de l’exploitation et au gouverneur [sortant], informait de ce que le mandat de Abbas Mahamat Tolli était à son terme. Conséquemment, il devait immédiatement arrêter ses activités afin de protéger la Banque centrale du risque juridique de non-conformité que pourrait poser tout acte managérial et administratif que prendrait le gouverneur à partir du 7 février 2024. Ceci en conformité des prérogatives statutaires et spécifiées au sein du règlement intérieur du gouvernement de la Beac, en son article 5 portant « attributions des membres du gouvernement de la banque ». En réaction, Abbas Mahamat Tolli a informé ses pairs du gouvernement de la Beac du fait que la lettre du DGCG est « nulle et non avenue » suivant les dispositions de l’article 4.2 de la charte de l’audit qui disposent de « la non-ingérence du DGCG dans les responsabilités opérationnelles … ». La nomination d’un nouveau gouverneur pourrait, diraient certains mettre fin cette crise. Sauf que le vice-gouvernement de la Beac Michel Dzombala via une correspondance signée le 7 février a également condamné la décision du DGCG en concluant que « les dispositions de sa lettre du 6 février sont nulles et sans effet, de ce fait ne seront pas exécutées par les responsables de la Banque centrale. Au regard de ses sorties épistolaires, malgré le départ du Tchadien, la Beac demeure divisée. Le nouveau gouverneur devra donc ramener les membres du gouvernement sur la même table.
Un autre chantier et non des moindres auquel fera face le nouveau gouverneur est celui de la transparence et du respect de l’éthique au sein de la Banque centrale. L’on a encore souvenance de la nomination d’un conseiller spécial du secrétaire général de la Commission Bancaire en Afrique centrale par le gouverneur. Une décision qui avait alors suscité une réaction du DGCG. Blaise Eugène Nsom avait enjoint au gouverneur de reporter ladite décision qui, disait-il, était « sans fondement juridique. Par ailleurs, le processus du concours de recrutement des cadres supérieurs de la Beac a également fait parler du gouverneur sortant de la Beac, et surtout pas dans le bon sens. A cet effet, le Comité ministériel de l’Union Monétaire en Afrique centrale, organe supervisant entre autres le fonctionnement de la Beac et la nomination de ses dirigeants a demandé la suspension du processus dudit concours entaché de beaucoup d’irrégularités, selon l’organe susmentionné. Le nouveau gouverneur de la Beac doit donc veiller à l’accomplissement des missions [statutaires] de cette Banque centrale en respectant un certain nombre de principes dont la transparence, l’obligation de rendre compte et un respect de l’éthique prescrivant notamment l’équité et l’impartialité, renseigne un ancien cadre de l’institution.
Sur un autre plan, Yvon Sana Bangui fera également face à la question de l’inflation qui a d’ores et déjà dépassé de loin le seuil de 3% prescrit dans la zone Cemac en veillant à la stabilité des prix et des changes et soutenir les politiques économiques dans ses pays membres. Il n’échappe également à personne que le nouveau gouverneur de la Beac devra mettre un accent sur l’appui sous forme de conseils et d’assistance technique, y compris en matière de finances publiques afin d’améliorer la qualité des dépenses publiques des pays membres. A date, les pays de la CEMAC sont parmi les derniers dans le monde en matière de performance économique et sociale ainsi que de gouvernance, font savoir les économistes. Il revient donc au Centrafricain de repositionner la sous-région sur l’échiquier mondial. Il devrait par ailleurs trouver des solutions à la rareté des pièces de monnaie, tout comme en collaboration avec la Commission de la CEMAC, il devra poursuivre la réflexion sur la réforme du cadre actuel de coopération monétaire en vue de proposer une stratégie alternative de coopération monétaire en Afrique Centrale.

Septentrion : Paul Biya désavoue Cavaye

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L'homme semble avoir perdu la confiance de son protecteur

Le Forum baptisé « Action de lutte contre la famine dans les régions septentrionales du Cameroun » qu’entendait organiser Cavaye Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale (PAN) n’aura plus lieu. Un courrier du Secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr), daté du 9 février 2024, a annulé la rencontre. Cinq jours avant sa tenue. L’événement était prévu pour avoir lieu ce 14 février 2024. Les petits plats étaient en train d’être mis dans les grands lorsque Ferdinand Ngoh Ngoh a sévi au nom de Paul Biya : « J’ai l’honneur de vous faire connaître que Monsieur le président de la République a instruit l’annulation de l’organisation du forum de haut niveau sur le thème ‘’Action de lutte contre la famine dans les Régions Septentrionales du Cameroun’’ prévu le 14 février 2024 », peut-on lire dans le courrier adressé au directeur de cabinet du PAN, à l’intention de son patron.

En réaction, Cavaye Yeguie Djibril a pondu un communiqué dans lequel il écrit que « le président de l’Assemblée nationale et président du comité septentrional pour la paix, le vivre-ensemble et le développement, porte à la connaissance des filles et fils de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, que la réunion du 14 février 2024 est reportée à une date ultérieure ». Laissant croire que l’événement est simplement reporté, alors que le palais d’Etoudi ne lui a pas donné une chance de l’organiser ultérieurement.

L’objet du Forum querellé semble pertinent : la famine. Un sujet important pour un pays qui subit des turbulences d’ordre sécuritaire, mais aussi énergétique et des catastrophes naturelles. Avec parmi les conséquences le spectre de la famine. Du coup, cette situation fragilise un gouvernement qui ne cesse e multiplier les projets et programmes de lutte contre la pauvreté, la famine, et le développement de cette partie du pays particulièrement. Il s’avère pourtant que le Septentrion, et particulièrement la région de l’Extrême-Nord dont est originaire le PAN, est présentée comme la pupille de Paul Biya. Déjà que cette zone du pays concentre presque la moitié des électeurs. « Cavaye Yéguié et ses thuriféraires étaient les seuls à ne pas sentir le piège d’un tel événement, guidés par leurs intérêts. Comment pouvaient-ils penser qu’une rencontre autour de la famine dans les régions septentrionales prospèrerait ? Voulait-il saper la campagne de Paul Biya dans le Grand-Nord en associant son image à la famine et à la pauvreté qu’il ne s’y serait pas pris autrement », analyse un député du Grand-Nord, dans les colonnes du journal L’œil du Sahel de ce 14 février 2024.

C’est dire si la tenue d’un tel forum peut être perçue comme une volonté de trahir l’inefficacité des actions de L’Homme du Renouveau à sortir le Grand-Nord du sous-développement. Paul Biya qui est au soir de la carrière politique, mais qui ne montre pas des signes d’une sortie de la scène à la fin du mandat actuel qui s’achève en novembre 2025, ne veut pas prendre de risques. Et n’a pas manqué d’asséner un coup sec contre son principal lieutenant dans le Septentrion. L’homme dont les actes semblent parfois trahir une volonté d’en découdre avec son protecteur, première personnalité du pays. Lui qui n’est plus reçu en audience au palais présidentiel depuis belle lurette.

De toutes les façons, ce n’est plus l’amour parfait entre Paul Biya et Cavaye Djibril. Et le renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale en mars prochain pourrait donner plus de visibilité dans ce climat pour le moins brumeux.

Attentat de Nkambé : La solution que propose l’UPC

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Robert-Bapooh-lipot fidèle à ses positions

Comme il est de tradition désormais, les grandes célébrations de l’Etat camerounais sont marquées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par des attaques des sécessionnistes. Cette année, c’est la ville de Nkambe dans le Nord-Ouest qui a subi la fureur des terroristes se revendiquant de l’Etat virtuel d’Ambazonie ce 11 février 2024, jour de célébration de la Fête de la jeunesse. Une bombe artisanale a explosé pendant le défilé scolaire et a fait un mort et plusieurs blessés, selon les sources officielles.

« L’UPC condamne ces attaques barbares », peut-on lire dans un communiqué signé de son secrétaire général. Pour Robert Bapooh Lipot, « les terroristes-sécessionnistes se sont attaqués à la Fondation de notre Nation qu’est notre Jeunesse». Un acte de défiance que le secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (UPC) ne souhaite pas voir laissé impuni. D’autant plus que « cet acte barbare et odieux vient nous rappeler la détermination des terroristes-sécessionnistes à semer la terreur et provoquer la déstabilisation des Institutions de notre Pays», regrette Bapooh Lipot.

Durcissement de ton

Refusant la capitulation, le secrétaire général de l’UPC milite pour l’usage de la violence face à la violence : « Aucune négociation ne doit être envisagée avec ceux qui ont décidé de faire de la barbarie, l’arme pour déstabiliser le Cameroun et ses Institutions », soutient le leader de l’UPC. « Tout en réitérant qu’il n’y a pas à mettre la République et l’Etat du Cameroun à genoux devant les Barbares Terroristes », Robert Bapooh Lipot pense que « la force légale et légitime de l’Etat doit totalement être mise en mouvement pour l’intérêt supérieur du Cameroun ». Mieux, « l’UPC, condamne ces attaques barbares et appelle à l’Union Sacrée de toute la Classe Politique Camerounaise derrière le chef de l’Etat, S.E Paul Biya et les Forces Armées Camerounaises pour vaincre les Terroristes-Sécessionnistes et ramener la Paix dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest», lance-t-il.

A lire aussi: Des élèves froidement assassinés à Kumba

Robert Bapooh Lipot avait déjà fait la même demande au lendemain de l’attaque de Bamenda en 2023. Paul Biya reste sourd à ce qu’il semble. Jusqu’ici, le gouvernement se contente de condamner et de rechercher les auteurs des différents crimes qu’il neutralise. Toujours est-il que le Chef suprême des Armées qui tend la main aux sécessionnistes, refuse tout de même de mettre l’Etat à genoux face aux extrémistes. Maniant à la fois le bâton et la carotte. De toutes les façons, « l’UPC apporte son soutien à l’Armée camerounaise et au chef de l’Etat, S.E. Paul Biya, pour donner des pouvoirs exceptionnels aux Forces de défense et sécurité dans cette guerre d’usure imposée à notre Etat par les terroristes-Sécessionnistes et leurs alliés ». Plus important, le secrétaire général du Parti des crabes va plus loin cette fois-ci. En proposant à Paul Biya de rompre les relations diplomatiques avec les pays dits amis qui « hébergent ces terroristes-Sécessionnistes et leurs leaders sur leurs territoires ».

Beac : Yvon Sana Bangui, nouveau gouverneur

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Yvon Sana Bangui, nouveau gouverneur de la Beac

Yvon Sana Bangui est le nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale. La confirmation de sa nomination intervient sans grande surprise pour quiconque suit de près l’actualité autour de la Beac. D’ailleurs, dans l’une de ses récentes publications-qui dressait les portraits de potentiels prétendants au poste de gouverneur de la Banque centrale-, Défis Actuels présentait déjà ce proche du président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadera, comme un successeur du Tchadien Abbas Mahamat Tolli. En plus, il y a quelques jours, son nom a fuité sur les réseaux sociaux comme étant le nouveau gouverneur de la Banque centrale.

Bon gré, mal gré, le communiqué final de la session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etats de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale qui s’est tenue par visioconférence le 9 février courant a finalement confirmé ce qui n’était alors qu’une rumeur. « La conférence a pris connaissance de la fin du mandat de Monsieur Abbas Mahamat Tolli au poste de gouverneur de la Beac et a suivi avec attention la proposition de la candidature de Monsieur Yvon Sana Bangui, présenté par la République centrafricaine, conformément au principe de la rotation institué en 2010, et l’a approuvée ». Comme pour ses deux prédécesseurs, l’Equato-guinéen Lucas Abaga Nchama et le Tchadien Abbas Mahamat Tolli-, le principe cardinal selon lequel les Etats doivent présenter trois candidats au poste de gouverneur n’a pas été respecté, la République centrafricaine ayant présenté une candidature unique.

Au-delà de toute polémique, Yvon Sana Bangui cumule une riche expérience professionnelle. Selon une biographie devenue virale sur les réseaux sociaux quelques jours avant sa nomination-, le nouveau gouverneur de la Beac a effectué des études en informatique et en économie et gestion publique au Maroc et en France. Il débute son parcours professionnel comme ingénieur data pour un opérateur de téléphonie, enseigne à l’Université de Bangui [capitale de la Rca], avant de rejoindre la Banque centrale en 2005 comme agent d’encadrement supérieur. De promotion en promotion, il gravit les échelons jusqu’à devenir directeur des systèmes d’information de la Banque en 2017. Cet originaire de la Lobaye-région du Sud-Ouest du pays âgé actuellement de 49 ans fêtera son cinquantenaire au mois de mai prochain. Conformément aux textes communautaires en vigueur son mandat de 7 ans non renouvelable s’achève le 9 février 2031. Outre l’approbation de la candidature de Yvon Sana Bangui au poste de gouverneur de la Beac, la session extraordinaire de la conférence des chefs d’Etat- sur proposition de son pays, a entériné la candidature du Tchadien Mahamat Djibrine Souleyman au poste de directeur général des Etudes, Finances et Relations internationales de la Beac.

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