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Transport urbain: Le suédois Scania et son offre de Transport de 600 bus à Douala et à Yaoundé

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Un bus de fabrication Scania

Douala et Yaoundé, les deux plus grandes villes du Cameroun qui comptent plus de 5 millions d’habitants ne disposent pas d’un système de transport efficient. Toutefois, contrairement à Douala où la Société Camerounaise de transports urbains (Socatur) joue à la résistance malgré une diminution drastique de ses dessertes, A Yaoundé, cela fait plus de 2 ans qu’il n’existe plus de sociétés opérant dans le secteur du transport urbain de masse par bus. Les échecs successifs des entreprises Le Bus et Stecy S.A ont laissé le marché complètement inexploité, même si en février 2024, la communauté urbaine de Yaoundé a décidé de se tourner vers la société Salem Tours Mfoundi (STM) pour l’exploitation d’un réseau de transport urbain par bus. Ce qui fait de cette entreprise, le nouveau concessionnaire de ce type de transport dans la capitale.

Le joker Scania

Cependant dans les couloirs des ministères se peaufine une offre qui pourrait venir chambouler le monopole de STM ou alors l’aider à maintenir une offre de transport parfaitement adaptée à la ville. En effet, depuis 2022,  le constructeur de poids-lourds et d’autocars suédois Scania arpente les couloirs du pouvoir au Cameroun, afin d’obtenir l’accord du gouvernement pour la mise en œuvre des solutions de transport rapide et moins polluant, avec des équipements qui correspondent aux attentes des populations. Après une entrevue en avril 2022 avec Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, François Lechat, directeur West Africa LTD de Scania était chez le Premier ministre le 4 avril 2024. «Il s’agissait d’obtenir la bénédiction du Premier ministre chef du gouvernement, sur le projet que nous avons proposé à l’Etat du Cameroun. Il s’agit d’un projet de transport durable et de mobilité urbaine pour Yaoundé et Douala», a déclaré le responsable français au sortir de son entrevue avec Joseph Dion Ngute. A en croire nos confrères de  Cameroon Tribune, «L’offre comprend 600 bus pour Yaoundé et Douala, mais aussi des services d’entretien des bus et de maintenance, des chauffeurs et des opérateurs».

Cadre de collaboration

Toutefois, le cadre de collaboration entre l’Etat et Scania n’a pas été précisé. Le constructeur suédois pourrait signer des conventions avec les communautés urbaines de Yaoundé et de Douala pour la fourniture de véhicules, de produits associés, de services connexes et de prestations au profit du concessionnaire du transport urbain de masse dans ces métropoles. C’est d’ailleurs ce type d’accord que sa branche ouest-africaine a signé le 29 mars 2024 avec la mairie de Ouagadougou. La convention signée entre les deux institutions va permettre à cette communauté urbaine d’acquérir trente-quatre (34) autobus de 13 mètres ; une camionnette de service ; la formation de 90 techniciens de la Société de Transport en commun (Sotraco) au Ghana ; la livraison de pièces de rechange et d’outils d’équipement ; une visite d’inspection à Rio de Janeiro au Brésil, lieu de production des autobus et un service après-vente. Coût total du projet, 6,8 milliards de FCFA.

Le plaidoyer mené par Scania auprès des autorités camerounaises pourrait également aboutir à sa contractualisation comme principal partenaire des villes de Yaoundé et de Douala dans le développement de leur projet de Bus Rapid Transit (BRT) pour lequel les deux villes ont obtenu des financements de la Banque mondiale et de l’Union européenne. En effet, sur son site internet Scania met en avant son expertise dans le BRT et son financement, mais également dans la fourniture de bus adaptés à ce type de projets. «Grâce à notre longue expérience en planification de réseau et en infrastructures, nous pouvons accompagner nos clients dans toutes les étapes de leur projet par le biais de notre cabinet-conseil. Nous pouvons vous aider à définir la meilleure solution de distribution de tickets et vous accompagner dans la définition du concept et le choix du fournisseur. Nous proposons également des solutions de financement qui s’adaptent à votre activité», ont-ils indiqué.

Finances publiques : SGS aux côtés de l’Etat pour la sécurisation des recettes douanières

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Une délégation de la Société générale de surveillance conduite par son directeur sous-régional Afrique centrale, Patricia Nzondjou a été reçue en audience le 4 avril 2024 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Occasion entre les deux partenaires de faire le point de leur relation, mais aussi, pour cette société de proposer de nouvelles solutions au Cameroun en matière de sécurisation des recettes douanières.
« Dans un monde qui change, nous proposons une nouvelle solution pour permettre la sécurisation des recettes douanières et aussi éviter les cas de cybercriminalité qui constituent aujourd’hui des risques majeurs auxquels les entités font face », a indiqué le directeur sous- régional Afrique centrale de la SGS Patricia Nzondjou, par ailleurs représentante de la société au Cameroun.
L’une des meilleures sociétés mondiales en matière de l’inspection, du contrôle, de l’analyse et de la certification et la meilleure en matière de sécurité Bright Sight, selon ses dirigeants, entend ainsi renforcer la sécurité des opérations liées aux paiements de SGS mais aussi voir comment trouver des solutions pour s’assurer que tous les véhicules qui entrent au Cameroun paient effectivement les recettes sans contournement, a fait savoir le directeur sous- régional Afrique centrale de la SGS.
Indiquons qu’en 2024, l’Etat compte mobiliser 1079,9 milliards de FCFA de recettes douanières. Des prévisions en hausse de 10% par rapport à l’exercice précédent. Ces objectifs ne pourront être atteints que si les recettes douanières sont sécurisées et les cyberattaques contrecarrées.
Présente au Cameroun depuis 1988, cette filiale du groupe SGS œuvre pour la dynamisation de l’économie, la facilitation des échanges et la mise à disposition de prestations dans le cadre du contrôle des importations. C’est dans ce sens qu’elle contribue à la sécurisation et l’optimisation des recettes douanières à travers divers programmes.
L’occasion faisant le larron, l’audience susmentionnée a également permis de présenter les nouveaux responsables de la région Afrique de SGS au Minfi.

Patronat : la première assemblée générale élective du Gecam prévue le 9 avril

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Le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), nouveau patronat camerounais, né de la fusion entre le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) et Entreprises du Cameroun (ECAM) tient sa toute première assemblée générale élective le 09 avril. Ce sera au cours d’un conseil d’administration à Douala, précisément au siège de cette nouvelle structure.
Cette élection annoncée n’est qu’une formalité car, Célestin Tawamba, président du défunt Gicam, est assuré d’être élu à la tête du nouveau patronat dont il est cofondateur. Sa liste est l’unique qui a été enregistrée par la directrice exécutive du Gecam, Aline Valérie Mbono, à en croire la confirmation faite par cette dernière.
Célestin Tawamba, sauf miracle, deviendra ainsi le tout premier président du Gecam, confirmant ainsi les dires de ses adversaires, en occurrence Emmanuel Wafo, qui le soupçonnait déjà de vouloir s’éterniser à la tête du patronat camerounais. En effet, les textes du Gicam ne prévoyant que deux mandats non renouvelables, le PDG de Cadyst Group -qui sera élu ce 9 avril président du Gecam-, n’a ménagé aucun effort pour se maintenir à son poste, se posant en s’imposant comme l’homme providentiel, le seul capable de porter le patronat pour les prochaines années.
La fusion entre le Gicam et Ecam a été actée le 5 avril 2023 entre Célestin Tawamba et Protais Ayagma, respectivement présidents des deux defuntes organisations patronales suscitées.
Arrivé à la tête de la grande organisation patronale du Cameroun en 2017 pour deux mandats non renouvelables, l’homme d’affaires de 58 ans compte encore y rester pour une durée qui nul doute sera déterminée lors de l’assemblée générale élective qui se tient le 9 avril.

Avancées : Marc Brys est au Cameroun

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Ça y est ! Marc Brys a atterri à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen aux environs de 22h, avec un retard de près de deux heures dû aux mauvaises conditions météorologiques à Libreville où l’avion qui le transportait a transité. Le technicien belge a été accueilli par Cyrille Tollo, le Conseiller technique du ministre des Sports et de l’éducation physique. Initialement annoncé le 12 avril, le nouveau patron de l’encadrement technique des Lions indomptables est arrivé finalement plus tôt que prévu. « Je suis content d’arriver. J’étais au Cameroun il y a plusieurs années. Je suis revenu. Je suis curieux de commencer. On est prêt pour mettre des choses en place. On verra. J’étais content de la manière avec laquelle le Cameroun a fait la sélection. C’était professionnel. Ça ouvre beaucoup de portes pour nous », a-t-il déclaré à la presse à sa descente d’avion.

C’est un but de plus marqué par le Minsep contre Samuel Eto’o. Ce dernier qui, après avoir rejeté la décision de nomination du nouveau staff des Lions indomptables, a réuni son comité d’urgence pour annoncer qu’il nomme son staff à lui dans 72h. Un délai qui expire ce jour-même. En attendant cet autre acte de bravade du président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Marc Brys et le Minsep tiennent une réunion de travail ce jour. Réunion que présidera le ministre Narcisse Mouelle Kombi à laquelle devrait en principe prendre part Samuel Eto’o le patron de la Fécafoot. Il est peu probable que le dieu de Tsinga fasse profil bas et se rende à cette rencontre. Toujours est-il que les contours du contrat devraient y être peaufinés, pour la signature du contrat. Mais déjà, l’homme a annoncé sur les antennes de la Cameroon radio television (Crtv) avoir déjà commencé le travail. Le maçon est attendu au pied du mur en juin prochain en éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Un rendez-vous important tant le Cameroun qui a été éliminé précocement (en 8ème de finale) de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023, après la 3ème place à domicile à la Can 2021, cherche à redorer son blason. Et le contexte dans lequel le nouveau technicien arrive est de nature à lui mettre une certaine pression. De toutes les façons, le vin est tiré, et reste à boire.

Lions indomptables : Samuel Eto’o va nommer son entraîneur

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Le groupe qui durcit le ton face à Paul Biya

Samuel Eto’o Fils ne s’est pas arrêté à dire son opposition à la présidence de la République au sujet de la nomination unilatérale d’un nouvel encadrement à la tête des Lions indomptables. L’homme a réuni le Comité d’urgence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ce 6 avril 2024, sur la question. Et la résolution la plus attendue est que « le comité d’urgence recommande au président de la Fécafoot de lui soumettre en application des articles 4 du Décret N°2014/384 du 26 septembre 2014 et 40 alinéa 11 des Statuts de la Fécafoot des propositions de nominations des membres des structures d’encadrement des sélections nationales de football dans un délai de soixante-douze heures ». Après avoir « à l’unanimité de ses membres », fait le constat « qu’au mépris des textes visés plus haut, la Fécafoot n’a pas été associée à la procédure ayant conduit à la désignation en date du 2 avril 2024 des membres des structures d’encadrement de la sélection masculine ‘’A’’…»

Pour mieux comprendre: Lions indomptables: le ministre nomme un nouveau staff

D’après le communiqué final de cette rencontre tenue au siège de la Fécafoot, tous les cinq membres dudit comité (la Ligue de football professionnel du Cameroun étant suspendue, son président n’y a pas pris part) étaient présents. Il s’agit de Samuel Eto’o, suivi par ordre de préséance de Céline Eko, Abdoulkarimou, Arthur Djampir et Félix Mbigha. C’est donc ce groupe qui a décidé de conforter le président de la Fécafoot dans son option de « rébellion » contre les instructions du président de la République. Lesquelles ont abouti à la nomination de Marc Brys à la tête de l’encadrement des Lions indomptables. Le délai des 72h expire ce 9 avril 2024. Les yeux sont donc rivés du côté de Tsinga où des noms devraient être publiés en lieux et places de ceux désignés par Narcisse Mouelle Kombi, après avis de la présidence de la République.

Mieux comprendre: Lions indomptables: Eto’o Fils dit niet à Paul Biya

A titre de rappel, dans ses propositions faites à la tutelle, Samuel Eto’o avait misé sur Hervé Renard, José Victor Dos Santos Peseiro et Fabio Cannavaro ; et comme potentiels adjoints, David Pagou et Thomas Nkono (pour entraîner les gardiens). Le comité ministériel de d’étude des dossiers avait rejeté ces dossiers en raison notamment de fortes exigences financières et de requêtes « insoutenables » et « dissuasives » de la Fécafoot.

Sur le même sujet: Nomination de l’entraîneur: Mouelle Kombi s’explique chez Eto’o

Nomination de Brys : Eto’o force Mouelle Kombi à s’expliquer

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Moulle Kombi obligé de s'expliquer

« Subséquemment au non renouvellement en février dernier des contrats des membres de l’encadrement technique conduit par Monsieur Rigobert Song, le processus de recrutement d’un nouveau staff d’encadrement de nos Lions indomptables a été initié, en cohérence avec les Hautes orientations du Chef de l’Etat. Dans ce contexte un groupe de travail ministériel constitué de personnalités à l’expertise avérée, a été mise en place à l’effet d’enregistrer, d’analyser et d’évaluer méthodiquement et rationnellement l’ensemble des candidatures ». En ces termes, Narcisse Mouelle Kombi a cru annoncer les couleurs dans la réponse qu’il a adressée à Samuel Eto’o Fils au sujet du recrutement du nouveau staff dirigeant des Lions indomptables. Au lendemain du rejet par le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), de cet acte posé par ses soins en qualité de ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Le patron de la Fécafoot a déclaré avoir découvert la décision ministérielle nommant Marc Brys à la tête de l’encadrement technique des Lions indomptables seniors dans les réseaux sociaux et ne s’y reconnait pas. Lui qui indique avoir déposé une liste de trois entraîneurs, à charge pour le ministre de transmettre ladite listes à la présidence de la République pour le choix final.

Le facteur ne réfute pas cette information. « Une trentaine de candidatures ont été reçues au Minsep, parmi lesquelles trois transmises, en connaissance de cause et de la procédure, par vos soins…» Pour autant, relève le Minsep, « Toutes ces candidatures ont été examinées dans la transparence et l’objectivité, sur la base d’une grille de notation et de critères d’évaluation rigoureusement définis». Révélant que « ces critères intégraient entre autres le niveau de qualification et de motivation, les performances, les habilitations connexes et complémentaires, la connaissance du football camerounais, la capacité à travailler en toute indépendance et probité sans interférences extérieures, le cursus professionnel, les distinctions set l’expérience en tant qu’entraîneur ». Mais aussi et surtout, « le groupe de travail était particulièrement attentif tant à la qualité du projet présenté par le candidat en vue du relèvement et de l’amélioration des performances des Lions indomptables qu’à la soutenabilité des prétentions salariales et exigences financières des candidats », a-t-il souligné.

Plus d’un milliard Fcfa de salaire par an

Et c’est là que tout aurait basculé contre les candidatures proposées par la Fécafoot : «Il n’est pas sans intérêt de signaler que les trois candidatures soumises par vos soins, présentaient chacune des prétentions salariales exorbitantes variant d’environ 1 milliard et 1,6 milliard de Fcfa de rémunération (hors primes diverses) par an… ». Mouelle Kombi va plus loin en précisant « respectivement entre 82 000 000 Fcfa et 132 000 000 Fcfa par mois». Des montants que le ministre juge « excessifs jamais payés à un quelconque entraîneur dans l’histoire des Lions indomptables». Plus grave, trahit-il, « l’exigence formulée par vous relative à la mie à disposition des moyens financiers et logistiques deux semaines avant la prise de fonction éventuelle des candidats présentés par la Fécafoot, rendaient difficilement soutenables et rédhibitoires, pour ne pas dire dissuasives, leurs prétentions salariales, au vu de fortes contraintes budgétaires de l’Etat ». Voilà qui justifie le rejet des candidatures déposées par la Fécafoot, selon le ministre de tutelle.

Pour mieux comprendre: Nomination de l’entraîneur: Eto’o Fils se rebelle contre Paul Biya

« Au demeurant, le choix et la désignation de l’ensemble de l’équipe d’encadrement technique ont été faits dans l’optique de téléologique et stratégique, avec en toile de fond le souci de l’efficacité et de la cohérence dans l’atteinte des objectifs de performance Assignés aux Lions indomptables», conclut le Minsep. Mouelle Kombi ne manque pas « d’attirer [votre] attention sur la nécessité de redorer le blason des Lions indomptables et de les amener à écrire de nouvelles pages victorieuses et glorieuses, ceci dans la sérénité, la cohésion et l’harmonie », à Samuel Eto’o. Une réponse qui certainement va susciter une nouvelle réaction de son adversaire qui se montre particulièrement braqué dans cette autre crise.

Gouvernance:Décalage de 2 ans pour le méga projet d’adduction d’eau de Douala

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une canalisation d'eau en cours d'installation

« J’ai demandé au gouvernement de finaliser en urgence des diligences relatives au lancement, dès 2023, du mégaprojet d’adduction d’eau potable de la ville de Douala et de ses environs », a déclaré Paul Biya lors de son discours à la nation du 31 décembre 2022. L’exhortation du chef de l’Etat n’a pas connu de déclinaison opérationnelle à la date annoncée par ce dernier. Pour toute réponse, le ministre de l’Eau et de l’Energie s’est contenté,  au mois de novembre 2023, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, de détailler les derniers obstacles à lever afin que le projet puisse démarrer en 2024. «Rendu en novembre 2023, les études d’avant-projet sommaires sont déjà validées et les études d’avant-projet détaillées sont en cours. Pour 2024, il est question d’achever la maturation en vue du démarrage des travaux du mégaprojet», a-t-il déclaré.

Démarrage en 2026

Toutefois, alors qu’on est rendu au 2e trimestre de l’année en cours, il semblerait que celle-ci ne sera pas celle du démarrage du mégaprojet d’adduction d’eau de la ville de Douala et ses environs. Du moins, si l’on s’en tient aux projections qui figurent dans le Programme d’investissement prioritaire du gouvernement pour la période 2024-2026. Dans ce document qui regroupe les projets prioritaires du gouvernement qui vont bénéficier d’une attention particulière, notamment en termes d’allocation des ressources financières et du suivi de la mise en œuvre, ce dernier a été placé dans la liste des projets d’investissement prioritaire à lancer à partir de 2026. Selon le même document, la fin des travaux est prévue en 2029, pour un coût global de 450 milliards de FCFA, en maîtrise d’ouvrage public. Ce qui signifie que pour ce projet, l’Etat renonce à un partenariat public privé.

Les raisons du décalage

Les raisons de cet important décalage dans le démarrage des travaux demeurent un mystère, car les demandes d’information adressées au ministère de l’Eau et de l’Energie sont restées lettre morte. Toutefois, en 2023, Blaise Moussa, directeur général de Cameroon Water Utilities, l’entreprise publique chargée de la production, de la distribution et de la commercialisation de l’eau potable au Cameroun, laissait entendre que la date de démarrage du mégaprojet d’alimentation en eau potable de la ville de Douala pourrait être prorogée en raison  des tergiversations dans le choix  du financement le mieux adapté au projet, ou encore de la prise en compte des éventuels conflits d’intérêts entre les parties prenantes. Globalement, pour le financer, l’Etat compte s’endetter. Pour ce faire, il aurait opté pour des prêts à taux concessionnels, qui sont des financements accordés à des conditions bien plus avantageuses que celles du marché. « Il faudrait au minimum 300 milliards de FCFA, voire 400 milliards de FCFA pour les travaux du méga projet d’adduction d’eau de la ville de Douala. La condition fixée par l’Etat c’est que les financements soient à taux concessionnels, et que le plafond d’endettement de l’Etat ne soit pas atteint. Toujours est-il que ce sont des projets qui doivent être validés par le Comité national de la dette», a-t-il déclaré.

Le Mémorandum d’entente (MoU) paraphé en juillet 2023 par la Cameroon water utilities (Camwater) et les entreprises belges Besix NV/SA et turque Ersa Construction a certainement obéi à la prescription gouvernementale susmentionnée. Si l’on s’en tient au compte rendu qui a été fait à l’issue de la cérémonie de signature susmentionnée, ces nouveaux partenaires vont investir 125 milliards de FCFA dans le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Douala. Partenariat public-privé ou prêt ? On n’est toujours pas fixé. Mais au regard des données consignées dans le Programme d’investissement prioritaire du gouvernement pour la période 2024-2026 et les confidences faites par le directeur général de Camwater, l’éventualité d’un prêt semble la plus plausible.

Consistance du projet

Pour mémoire, le mégaprojet d’adduction d’eau de la ville de Douala consiste à renforcer l’offre en eau potable de la ville de Douala et ses environs, à travers la production supplémentaire de 400 000 m3 par jour d’eau potable, à partir du fleuve Wouri.  Conçu pour résorber un déficit journalier d’environ 500 000 m3, Camwater est convaincue que sa concrétisation va permettre d’améliorer la qualité du service d’alimentation en eau potable, de même que l’offre, augmenter le chiffre d’affaires vente eau et favoriser la création d’emplois.

Consommation: Controverse autour des politiques de lutte contre la vie chère

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Ce n’est pas un poisson d’avril. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a annoncé le 1er avril 2024 la baisse du prix de l’huile raffinée conditionnée en bidons de 20 et 25 litres. Selon le membre du gouvernement, les quantités susmentionnées de ce produit de grande consommation passent respectivement de 22 000 et 27 500 FCFA, soit à 1 100 FCFA le litre au lieu de 1 600 FCFA tel qu’il était vendu avant la mesure du 1er avril. L’opérationnalisation de cette mesure, précise le Mincommerce, s’effectue dans le cadre de « La foire aux huiles raffinées en bidon » qui se tient dans les villes de Yaoundé et Douala sur certains points précis dont le Boulevard du 20 mai, entre autres, pour ce qui est de Yaoundé et l’Esplanade de la délégation régionale du Commerce de Littoral, entre autres, s’agissant de Douala.
La décision du Mincommerce comme bien d’autres prises précédemment [vente promotionnelle des denrées alimentaires au profit des étudiants et ventes promotionnelles des produits de première nécessité sur trois sites à Yaoundé à savoir le Boulevard du 20 mai, le Carrefour MEEC et l’Esplanade de l’ancienne sous-préfecture de Kondengui] s’inscrit dans le prolongement d’une campagne contre la vie chère, à en croire le Mincommerce.
Sauf que, d’après Louis-Marie Kakdeu, ces mesures du gouvernement sont loin de résoudre le problème de l’inflation généralisée qui, selon l’Institut national de statistique, se situait à 7,2% fin janvier 2024. Ainsi, le deuxième vice-président national du Social Democratic Front, suggère-t-il trois choses pour inverser la courbe sans cesse croissante de la vie chère.
43% de pertes post-récoltes
D’abord, indique-t-il, « lutter contre les pertes post-récoltes ». Selon lui, « l’on enregistre officiellement 43% de pertes post-récoltes au Cameroun depuis bientôt une décennie. Cela signifie que près de la moitié de la production agricole du pays pourrit bord champ ». L’action de ramener toute cette production sur le marché garantirait l’augmentation automatique de l’offre et donc, la baisse généralisée des prix, souligne-t-il.
Ensuite, l’économiste suggère de subventionner l’agriculture plutôt sous forme de prime à la production. « Le ministère en charge de l’agriculture dispose depuis quelques années d’environ 119 milliards de FCFA de budget annuel sans compter une enveloppe plus importante qui arrive sous forme de projets. Le pays dispose des projets dont l’enveloppe avoisine ou dépasse les 50 ou 65 milliards de FCFA et qui finissent sans impact. Par exemple, le projet PACA avait pour vocation de produire le riz. Ce projet a été clôturé en 2015 et l’argent a été dilapidé. Il est impossible en 2024 de montrer un seul bénéficiaire qui continue la production. 40 milliards en fumée. Je ne parle pas projet PIDMA (50 milliards) ou encore d’Agropole (usine à gaz encore en cours) », déplore Louis-Marie Kakdeu.
Le Cameroun dispose d’après le recensement de 2005 (20 ans en arrière) de 3 millions d’exploitations familiales. Ce sont ces exploitations familiales qui ravitaillent des ménages de nos jours, souligne l’économiste. Si vous voulez avoir un impact immédiat sur la consommation des ménages, alors vous ciblez plutôt ces exploitations familiales. Vous leur apportez une subvention. Ces exploitations produisent en moyenne un demi-hectare chacune. Si vous les subventionnez pour qu’elles doublent simplement leurs productions (et passent à un hectare chacune), alors vous doublez l’offre sur le marché et agissez durablement sur la baisse des prix, propose-t-il.
Mirap
Enfin, indique-t-il, la promotion des semences améliorées. Comment pouvons-nous comprendre que le taux d’utilisation des semences améliorées au Cameroun soit de 3% alors que ce matériel végétal et animal est bel et bien disponible à l’IRAD ? Comment la SEMRY peut-elle continuer de produire un riz en décalage avec la demande du marché alors que l’IRAD a déjà développé 26 variétés de riz directement utilisables ? Pour que l’on se comprenne bien, le Cameroun dispose par exemple de plus de 300 variétés traditionnelles de manioc. Le problème est qu’il faut attendre entre 18 et 24 mois pour que ces variétés produisent au plus 5 tonnes à l’hectare.
Indiquons que des économistes ont généralement, entre autres, proposé le désenclavement de grands bassins de production pour lutter contre la vie chère. L’Etat dans sa politique privilégie plutôt des ventes promotionnelles. Outre les campagnes du Mincommerce, la Mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation qui ne fait plus trop parler d’elle, se déployait aussi dans ce sens.

Gouvernance: Une application pour consolider la  dette flottante

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vue partielle des services du ministère des Finances

En octobre 2022,  Louis Paul Motaze, le ministre des Finances s’est fendu d’un communiqué. Dans ce manifeste, il invitait les agents économiques et autres prestataires reconnaissant avoir déposé une requête auprès du ministère des Finances afin de rentrer en possession d’une créance due par l’Etat, à se rapprocher de la Direction générale du Budget (DGB) pour confirmer cette dette. 2 ans plus tard, la DGB veut rompre avec ce procédé en numérisant le processus d’enregistrement des requêtes.

Debt Control System

Pour ce faire, cette entité placée sous la tutelle du ministère des Finances, a mis sur pied une application baptisée Debt Control System (Decosys). A en croire la DGB, Decosys a été créé dans le le souci de faciliter les opérations de consolidation et de suivi des dossiers de la dette flottante entre l’Etat et les autres entités publiques d’une part, et, les co-contractants de l’Etat d’autre part. En outre, il permet de disposer d’une information complète sur ces dossiers et produire des états de suivi de la dette. «Basé sur une technologie web, cet outil a été mis en place grâce à la méthode itérative, qui permet de mettre en exploitation, l’application module par module, suite à des tests unitaires concluants effectués par les utilisateurs… l’accès à l’application est conditionné par la saisie de l’adresse http://a.b.c.d:3000 dans un navigateur (chrome, Edge, Firefox…)», précise la DGB. Sur la plateforme, les requérants ont la possibilité de s’enregistrer et de préciser la nature de la dette réclamée et l’identité de l’entité publique débitrice. Le dossier ainsi rempli est par la suite transmis par bordereau créé à l’aide des numéros des dettes, à la DGB. Cette structure est convaincue que Decosys va permettre d’améliorer la gestion de la dette et réduire les plaintes.

Quid de la dette flottante

Pour mémoire, la dette flottante découle des engagements pris par les entités publiques vis-à-vis des contribuables et qui n’ont pas subi un traitement complet (Ordonnancement, Prise en Charge et Paiement). Ces engagements qui devraient être reportés à l’exercice suivant ne sont ni priorisés par l’ordonnateur dans la consommation des Crédits de Paiement (Ordonnancement), ni par le Comptable public pour les paiements. La conséquence est que ces crédits s’accumulent au fil des exercices budgétaires, créant ainsi une accumulation du stock d’arriérés des personnes de droit public. Ce qui occasionne une dette dite flottante, dont le montant n’est pas toujours maîtrisé par les structures chargées de sa gestion, à l’opposé de la dette structurée qui, elle, est gérée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA) et le Minepat. En 2020, l’Etat a lancé un audit qui a  permis de recenser à ce jour, 38 015 créances contractées pendant la période allant du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2019. 5656 créances ont été définitivement rejetées par le cabinet d’audit chargé de cette opération pour des motifs allant  des simples doublons, au paiement partiel, mais également à la reconduction frauduleuse de certaines créances déjà retenues par l’équipe comptable. 32 359 créances restent à confirmer, dont 2 622 dettes locatives et 29 737 créances diverses.

Selon les données de la Caisse autonome d’amortissement, l’organisme public chargé de la gestion de la dette du Cameroun, la dette interne de l’Etat s’élève à 3 019 milliards de F au 30 septembre 2020.Ce montant ne tient pas compte de la dette flottante dont le montant exact ne sera connu qu’à la fin de l’opération de confirmation des créances évoquées supra. Pour mémoire, l’audit de la dette flottante de l’Etat est un engagement pris par le pays dans le cadre de son programme en cours avec le FMI. Il part d’un constat fait par Louis Paul Motaze  résumé dans la déclaration suivante: «en dépit des efforts consentis par le gouvernement pour apurer sa dette intérieure, son département ministériel continue de recevoir des réclamations de paiements de la part des opérateurs économiques». Cette opération a donc été initiée afin de déterminer le montant exact de la dette intérieure.

Djimadoum Mandekor, économiste :  » La surliquidité des banques rend inefficaces les mesures de la Beac contre l’inflation »

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La BEAC a lancé le 28 mars dernier une nouvelle émission de bons de 50 milliards de FCFA. Il s’agit de la 3e après celles du 25 mars et du 19 février, l’enjeu étant de soustraire 150 milliards de FCFA. A quoi servent principalement les bons BEAC ?
Les bons BEAC sont un des instruments utilisés par les banques centrales pour retirer de la liquidité dans l’économie. La Banque centrale sous-régionale l’a introduit dans son dispositif en juin 2016 afin d’absorber les ressources des banques non utilisées dans les crédits à l’économie et aux Etats, qui constituent structurellement, au niveau de la CEMAC, un volume important, excédant 1000 milliards de FCFA. Vous observez que le volume de ces bons émis est infime comparativement à la liquidité à neutraliser. L’existence de ces fonds oisifs perturbe l’action de la BEAC qui ne peut ainsi pas influer sur le comportement des établissements de crédit à travers les taux d’intérêt sur les prêts qu’ils accordent.
Selon les résultats des deux dernières émissions, la Banque centrale n’a pas pu collecter la somme escomptée. Qu’est-ce qui peut expliquer cet échec ?
Ce nouvel instrument, encore mal connu dans les faits, a besoin d’être rodé par les gestionnaires financiers des banques commerciales. Actuellement il est concurrencé par les prêts interbancaires dont le taux d’intérêt moyen pondéré à 7 jours est ressorti à 6,31 % fin mars 2024, de loin supérieur à celui de 2,5 % proposé par la Banque centrale. Pour accroître l’attrait des bons BEAC, la banque centrale doit accepter de limiter ses recettes d’exploitation en remontant le taux de ces bons, comme le recommande d’ailleurs le FMI.
Quel bilan faites-vous de la politique restrictive mise en place depuis 2022 par la BEAC en vue de lutter contre l’inflation d’origine monétaire ?
Les effets des mesures de politique monétaire de la BEAC sur les économies de ses pays membres ne sont pas facilement observables. S’agissant des taux d’intérêt payés par les établissements de crédit pour obtenir les avances de la Banque centrale, particulièrement du taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO), son relèvement de 3,25 % en novembre 2021 à 5 % en mars 2023, n’a pas trop affecté la distribution des crédits aux entreprises et le financement des Etats. Ainsi, les prêts bancaires aux économies auraient augmenté de 4,6 % en 2023. Comme indiqué plus haut, la liquidité excessive des banques soustrait ces dernières de l’impact des interventions de la Banque centrale, rendues ainsi inefficaces. En définitive, l’inflation globale dans la sous-région reflète largement la variation des prix des produits pétroliers et des importations alimentaires ainsi que les déficits saisonniers de production agricole.
En observant le déploiement de la Banque centrale, elle semble accorder une haute priorité à la lutte contre l’inflation. Ne devrait-elle pas revoir ses priorités ?
La maîtrise des prix est le premier objectif de la plupart des Banques centrales modernes. Dans les pays de la zone franc, grâce à la parité fixe entre le FCFA et l’euro et les obligations rattachées, notamment le contrôle étroit du financement monétaire et du taux de change, l’inflation a toujours été relativement faible. Malgré tout, ceci n’a pas induit de croissance économique dont il est théoriquement une des conditions. La croissance qui est dans nos pays, en grande partie, une responsabilité des Etats par le biais, principalement, de leur gestion des finances publiques, est également du ressort de la BEAC qui, sans préjudice de cet objectif prédominant, doit « apporter son soutien aux politiques économiques générales » dans la CEMAC.
Aujourd’hui la Banque centrale doit, avec la Commission bancaire sous-régionale, la COBAC travailler à consolider le système bancaire et à l’orienter, par des incitations ciblées et autres mesures facilitant le développement du crédit sain, vers le financement des investissements pour la diversification économique. Elle doit aussi montrer son indépendance institutionnelle en conseillant les Etats à mettre réellement en œuvre des réformes structurelles, notamment dans le domaine de la gouvernance, et à améliorer drastiquement leur efficacité en mieux gérant les ressources budgétaires tout en privilégiant les dépenses publiques productives. C’est le lieu ici de rappeler les engagements des chefs d’Etat de la CEMAC pris en novembre 2019 et renouvelés en mars 2023, de revoir les structures et les règles de fonctionnement de la zone franc. Pour dynamiser nos économies, il urge de mettre en place une véritable commission élargie au-delà de la Commission de la CEMAC et de la BEAC, composée d’experts de la sous-région et de l’extérieur, chargée de proposer des solutions pertinentes, inspirées des bonnes pratiques internationales, qui ne manquent pas.
Selon la première session du CPM de l’année 2024 tenue ce 25 mars, la BEAC envisage une légère baisse des réserves de change. Cela ne va-t-il pas influencer les importations ?
L’évolution des réserves des changes dans la sous-région est fortement déterminée par celle des recettes d’exportation pétrolière. Si dans l’ensemble ces dernières diminuent, entrainées surtout par un recul de la production pétrolière dans certains pays, cela impactera négativement les importations des pays concernés. Mais ici, l’objectif à rechercher est le développement de la production intérieure pour économiser les devises.
Dans la même veine les entreprises du secteur extractif refusent de se soumettre à la nouvelle règlementation sur le rapatriement des devises. Quel peut être la conséquence de cette mesure ?
La réforme des textes sur la gestion des devises date de décembre 2018. Elle répond en grande partie au besoin d’appliquer des mesures anciennes qui étaient peu mises en œuvre par les Etats au nom desquels la Banque centrale agit. Les entreprises, quelle que soit leur secteur, doivent s’adapter aux lois de leurs pays d’établissement, étant entendu qu’une concertation permanente est indispensable pour éviter des règles contreproductives. Si elles continuent à avoir des avantages à tirer de ces pays, elles y demeureront.

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