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Douala : le Forum Économique 2024 s’ouvre pour renforcer l’attractivité et l’industrialisation locales

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Ce lundi 11 novembre 2024 marquera le coup d’envoi de la troisième édition du Forum Économique de Douala (FED 3) au Palais de la Culture Sawa, Place de la Besseke. Organisé par le cabinet IMPACT ÉCONOMIQUE et parrainé par la Communauté Urbaine de Douala (CUD), cet événement s’étendra jusqu’au 15 novembre et réunira des acteurs économiques de divers horizons pour débattre des grands défis de la ville. Le thème central, « La logistique de transport et l’industrie de l’immobilier comme éléments d’attractivité économique de la ville de Douala, incluant la promotion de l’import substitution dans les territoires », reflète l’ambition de faire de Douala un modèle de développement économique en Afrique centrale.

Une logistique de transport au cœur de l’attractivité de Douala

Le premier axe de réflexion portera sur la logistique de transport dans Douala, une métropole déjà reconnue comme un pôle économique et commercial essentiel pour le Cameroun et l’Afrique centrale. La ville abrite des infrastructures majeures telles que le port autonome de Douala, l’aéroport international, et un réseau ferroviaire central pour les échanges intra-régionaux. Ce forum vise à évaluer comment améliorer l’efficacité et la compétitivité de ces infrastructures pour attirer davantage d’investissements et renforcer le rôle stratégique de la ville. Un enjeu clé sera l’amélioration de la connectivité routière pour fluidifier la mobilité des agents économiques et des biens.

L’immobilier : un secteur en plein essor au service de la logistique

La dynamique de transport à Douala entraîne une demande croissante dans le secteur immobilier, qui sera également au centre des débats du FED 3. Comment accompagner le développement de l’immobilier pour répondre aux besoins générés par la logistique de transport tout en structurant l’urbanisation de manière harmonieuse et durable ? Les discussions aborderont les enjeux de l’appropriation foncière et du financement immobilier, visant à créer une synergie entre les promoteurs immobiliers, les institutions de financement et la municipalité.

L’import substitution, une stratégie nationale enracinée dans les territoires

La troisième orientation du forum se concentrera sur la promotion de l’import substitution, en ligne avec la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). Le forum explorera comment les collectivités territoriales peuvent devenir les moteurs de cette politique, créant des richesses à l’échelle locale pour réduire la dépendance aux importations. La construction de politiques locales autour du « made in Cameroun » sera au cœur des échanges, impliquant les institutions gouvernementales, les organisations de développement, et le secteur privé.

Des tables rondes de haut niveau pour une réflexion profonde

Le FED 3 proposera des tables rondes de haut niveau. Le 13 novembre, deux sessions aborderont des sujets cruciaux. La première, animée par des intervenants tels que le maire de Douala, Dr Roger Mbassa Ndine, et Mme Ngalle Bibehé, portera sur les investissements dans le transport pour soutenir les chaînes de valeur locales. La seconde session s’intéressera à l’avenir de l’immobilier à Douala, en abordant la question de l’appropriation foncière, les défis liés aux conflits fonciers, et les perspectives de financement de l’habitat social. Ces discussions promettent de jeter les bases de politiques concrètes pour transformer la ville en un modèle de développement durable.

FED 3 : Un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques

À travers cet événement, Douala réaffirme son ambition de devenir un centre économique moderne et attractif, en renforçant ses infrastructures et en promouvant l’industrialisation locale. Les acteurs des secteurs public et privé, ainsi que les partenaires internationaux, sont appelés à y participer pour enrichir le débat et contribuer à l’essor de Douala et de ses territoires. Le Forum Économique de Douala 2024 s’annonce ainsi comme un espace d’échanges et de solutions pour répondre aux défis urbains de la métropole, et de là, bâtir une vision stratégique pour son avenir économique.

Filière Porcine : 40 fermes outillées pour accueillir des géniteurs de porcs améliorés

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L’enjeu est de préparer l’arrivée tant attendue de la 3ème vague des géniteurs de porcs améliorés, importés dans le cadre du Projet de Développement des Chaines de Valeur de l’Élevage et de la Pisciculture (Pdcvep). A cet effet, éleveurs, techniciens et acteurs de la filière porcine se sont retrouvés à Mbalmayo pour un atelier de sensibilisation. Cette initiative, pilotée par la Banque Africaine de Développement en partenariat avec le gouvernement camerounais, vise à doter la filière porcine d’une génétique de pointe pour accroître la productivité nationale et structurer l’ensemble de la chaîne de valeur.

Cette rencontre présidée par le Ministère de l’Elevage des Pêches et des Industries animales (Minepia), a permis d’examiner les outils nécessaires pour assurer le succès de l’introduction de ces géniteurs. Cahiers des charges, protocoles de réception et plans de multiplication : chaque aspect a été minutieusement discuté pour que le programme se déroule dans les meilleures conditions. L’Interprofession Porcine du Cameroun (Interporcam) a également apporté sa contribution en rappelant l’importance d’une approche concertée et professionnelle. L’objectif est de confier ces animaux aux fermes pilotes sélectionnées, des exploitations expérimentées qui serviront de socle à une filière porcine modernisée.

Parmi les soixante-dix candidats, quarante fermes de référence ont été retenues pour leur expertise et leur engagement à investir davantage dans le secteur. Ces fermes, formant le maillon clé de la chaîne de reproduction porcine, seront les premières à accueillir un troupeau de géniteurs améliorés pour ensuite distribuer cette génétique de haute qualité aux autres fermes du pays. Pour Dr Ondoua Zang, directeur du Développement des productions et des Industries animales du Minepia, l’importance de cette rencontre réside dans la nécessité de « convenir de la meilleure façon d’accueillir ces animaux et de les distribuer aux fermes choisies. », dit-il. Un accueil de qualité et sécurisé est en effet essentiel pour garantir que les animaux s’épanouissent dans leurs nouveaux foyers. Cette responsabilité partagée, comme il l’a souligné, exige la participation active de chaque acteur de la chaîne.

 Le Coordonnateur national du Pdcvep, Dr Aboubakar Njoya, a exprimé les ambitions du programme quant à la tenue de cet atelier, symbole d’un engagement fort du gouvernement envers la modernisation de la filière porcine. « Nous avons pour ambition d’élever le niveau de notre filière par l’amélioration génétique et de préparer les éleveurs à recevoir les géniteurs améliorés, » a-t-il déclaré. Cette troisième vague de porcs géniteurs dans le cadre du Projet de développement des chaînes de valeur de l’élevage et de la pisciculture (Pdcvep), financé par la BAD, viendra, espère les acteurs le gouvernement, renforcer l’efficacité de la filière porcine.

Le projet devrait permettre aux éleveurs camerounais de réduire leurs coûts, d’améliorer leur rendement, et, surtout, de participer à la sécurité alimentaire nationale. Les porcs améliorés pourront mieux répondre aux attentes du marché et, à terme, contribuer à un développement socio-économique durable pour les communautés rurales impliquées. D’après les experts du secteur porcin, le Cameroun produit environ 30000 tonnes de viande de porc chaque année, tandis que la demande s’élève à 50000 tonnes, créant un déficit annuel de 20000 tonnes. Le Projet d’amélioration de la compétitivité agricole (Paca) estime la valeur du marché national du porc à 55 milliards de FCFA.

ACHILLE BASSILEKIN III : « Nous déboursons 700 millions de FCFA pour soutenir les Organisations de l’Economie Sociale chaque année »

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ACHILLE BASSILEKIN III, ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa)

En ce qui concerne la mise en place d’un cadre permanent de promotion de l’Economie Sociale, il a été institué depuis 2013, l’organisation des Journées Nationales de l’Economie Sociale (JNES), une plateforme de concertation multi acteurs d’échanges et de partages autour des problématiques liées à l’Economie Sociale. Il s’agit d’une rencontre biennale dont la première édition s’est tenue en 2013 sous le thème : « L’Economie Sociale comme vecteur de croissance : la comprendre et la structurer pour assurer son émergence ». La toute dernière édition en 2023 avait pour thème : « Mobilisation des réseaux dans les territoires et développement des partenariats ». Nous serons en 2025, à sa septième édition. La question du financement demeure fondamentale pour nos acteurs. Néanmoins, depuis 2012, nous apportons des appuis financiers estimés à 700 millions de francs CFA chaque année aux Organisations de l’Economie Sociale, pour les soutenir dans la réalisation de leurs micros projets générateurs de revenus, créateurs de richesses et d’emplois. Par ailleurs, nous procédons depuis la même année, au renforcement de capacités des acteurs, à travers deux principales activités : le renforcement de capacités des exécutifs des collectivités territoriales notamment des Maires et des Conseillers Régionaux à la promotion de l’Economie Sociale et, la sensibilisation et la formation des femmes et des jeunes à la création et à la gestion des sociétés coopératives. Afin d’assurer la visibilité des OEES ainsi que la promotion et la commercialisation de leurs produits, nous accompagnons également ces dernières à l’organisation et à l’animation des marchés coopératifs. Comme je l’ai dit plus haut ,au niveau continental, le Cameroun a abrité, du 28 au 30 mai 2024 au Palais des Congrès de Yaoundé, les travaux du tout premier Forum Africain de l’Economie Sociale et Solidaire (FORA’ESS), sur le thème « Les modèles africains d’économie sociale et solidaire : vers la Co-construction d’une économie humaine ancrée dans les territoires » et dont l’objectif était de « Susciter une réflexion continentale multi acteurs, pour une Economie Sociale et Solidaire de construction et de transformation afin de partager, soutenir et accompagner les différents modèles d’ESS selon les contextes »

Économie Sociale et Solidaire : les acteurs se mobilisent pour une croissance inclusive en Afrique

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Mobiliser une large communauté de chercheurs, de praticiens, et de décideurs autour de l’Economie sociale et solidaire (ESS). C’est l’enjeu du colloque scientifique qui s’est déroulé du 4 au 5 novembre dernier en Côte d’Ivoire auquel a pris part Achille Bassilekin III, ministre camerounais des Petites et Moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa). Ce colloque s’inscrit, indique le ministre, dans la continuité du Premier Forum Africain de l’Economie Sociale, tenu à Yaoundé il y a quelques mois et dont l’objectif était de « Susciter une réflexion continentale multi acteurs, pour une Économie Sociale et Solidaire de construction et de transformation afin de partager, soutenir et accompagner les différents modèles d’Economie Sociale et Solidaire selon les contextes », a précisé Achille Bassilekin III.

Selon le ministre, l’ESS fait partie de la vision économique du Cameroun depuis les années 1980, lorsque le président Paul Biya a introduit le concept de « Libéralisme Communautaire ». Cette politique vise à établir une société où l’économie est au service de l’humain, avec une justice sociale comme fondement. Le colloque organisé par le Think Tank Africa Perspectives Institute (API) en partenariat avec le Réseau Africain de l’Économie Sociale et Solidaire (RAESS), a permis de formuler quelques recommandations. Selon le ministre camerounais, il est indispensable d’intégrer l’Économie Sociale et Solidaire dans les programmes gouvernementaux afin d’en faire un modèle de développement socio-économique. « La définition de cadres de mise en œuvre pour l’Économie Sociale et Solidaire, à tous les niveaux – local, régional et national – est cruciale. Il est essentiel de promouvoir une approche participative pour concevoir les modèles d’Économie Sociale et Solidaire », conseille Achille Bassilekin III. Il propose en outre l’encouragement de la transition des acteurs de l’informel vers le formel en tirant parti des avantages de l’Économie Sociale et Solidaire, le développement de partenariats multiacteurs et internationaux et surtout la mise en avant de la transformation des produits locaux afin de créer des chaînes de valeur et de réaliser l’import-substitution.

A Abidjan, la capitale ivoirienne, il était question de formuler des solutions adaptées aux réalités locales sur la base du thème : « Économie Sociale et Solidaire et développement des pays africains : États des lieux, défis et perspectives ». Cette rencontre intervient dans un contexte où selon la Banque mondiale, « La réduction de la pauvreté au Cameroun a stagné au cours des 20 dernières années, avec environ 4 Camerounais sur 10 vivant en dessous du seuil de pauvreté national », a indiqué l’institution de Bretton woods. Il est évident que la situation sociale au Cameroun est préoccupante. Les données de l’enquête auprès des ménages de 2021-2022 suggèrent que « 23,0 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté extrême international avec seulement 2,15 dollars par personne et par jour, selon un ajustement basé sur la parité de pouvoir d’achat (PPA) ».

Pour le ministre, les perspectives sont claires : il s’agit de renforcer l’ESS en Afrique, en la rendant plus visible dans les programmes gouvernementaux, en structurant les acteurs locaux, et en mobilisant des financements innovants pour garantir une croissance inclusive et résiliente. Il a conclu son discours en affirmant : « Le développement de l’Afrique doit être le leitmotiv des gouvernements, et l’ESS constitue un levier important pour la croissance de nos pays ».

Développement économique: Le Minpmeesa mise sur la méthode Schoeniger pour stimuler l’esprit l’entrepreneurial

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«Vous parlez là de monsieur Gary Schoeniger qui est aujourd’hui une sommité mondiale », a déclaré Achille Bassilekin III, ministre des Petites et moyennes entreprises, en marge du colloque international consacré à l’entrepreneuriat à Yaoundé. Le membre du gouvernement a exprimé avec enthousiasme l’arrivée de ce spécialiste au Cameroun, précisant que Schoeniger dirige l’Entrepreneurial Learning Initiative (ELI). Cette organisation, reconnue pour avoir conseillé le gouvernement américain et collaboré avec des institutions comme la Commission européenne, détient selon lui des méthodes précieuses pour libérer l’esprit entrepreneurial dans tous les secteurs de la société.

 Achille Bassilekin III a souligné que l’introduction de ces pratiques dans le tissu éducatif et professionnel camerounais est primordiale pour cultiver un esprit de créativité et d’innovation, longtemps bridé par un système qui peine à valoriser le potentiel entrepreneurial. «Il s’agit de la capacité à l’innovation, de cette volonté de se réaliser. C’est cela la vision entrepreneuriale», a-t-il précisé.

Le ministre a détaillé la méthode qui a été un franc succès en Afrique du Sud. Il s’agit notamment de «l’identification de 280 enseignants pilotes pour intégrer ces principes pédagogiques novateurs dans leur enseignement. Ce modèle permet non seulement de former des individus capables de créer de la valeur mais aussi de raviver une économie par le biais d’un entrepreneuriat de masse», a-t-il déclaré. Et de poursuivre en révélant «qu’Avec Gary Schoeniger comme guest-speaker, nous avons pour ambition de lancer un programme similaire ici, pour le développement de l’entrepreneuriat au Cameroun», a-t-il ajouté.

ENTREPRENEURIAL LEARNING INITIATIVE

L’Entrepreneurial Learning Initiative (ELI), que dirige Gary Schoeniger, «s’est imposée comme une référence mondiale en matière d’éducation entrepreneuriale», rappelle le membre du gouvernement. L’initiative propose plusieurs programmes adaptés à différents publics, visant à implanter une approche fondée sur l’expérience et le développement de l’esprit entrepreneurial. Le programme phare, l’Ice House Entrepreneurship Program, incarne cette philosophie : il invite les participants «à découvrir comment surmonter leurs croyances limitantes, identifier des opportunités et prendre des mesures concrètes pour concrétiser leurs idées», peut-on lire sur le site internet dédiée à cette initiative. Ce programme s’adresse tant «aux jeunes qu’aux professionnels et aux enseignants, favorisant une culture qui valorise la persévérance, la pensée critique et la résolution de problèmes», peut-on lire sur la même plateforme.

Le modèle éducatif proposé par Schoeniger est également mis en pratique dans le monde universitaire. En réponse aux défis tels que la baisse des taux d’obtention de diplômes et la demande croissante d’une main-d’œuvre dotée de compétences entrepreneuriales, «des universités ont intégré l’édition Student Success du programme Ice House. Cette initiative vise à responsabiliser les étudiants en les immergeant dans des processus créatifs qui améliorent leur adaptabilité et leur engagement, éléments essentiels pour réussir dans un environnement économique en mutation rapide», révèle les promoteurs de cette méthode.

Pour les petit tes entreprises, souvent confrontées à de forts taux d’échec durant leurs premières années, l’approche de l’ELI fournit des outils permettant aux entrepreneurs de voir au-delà des obstacles. L’édition « Small Business » du programme Ice House est conçue pour inculquer un état d’esprit entrepreneurial qui favorise la résilience et la capacité à innover.

Prix de la bière: Jusqu’à quand le gouvernement va-t-il résister à la pression des brasseurs ?

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Tout a commencé au début de l’année 2022, quand l’Association des producteurs de boissons du Cameroun (CAPA), qui regroupe les principales unités brassicoles (Boissons du Cameroun, Guinness Cameroun et UCB) et producteurs de vins (Sofavinc) et liqueurs (Fermencam) du pays, a entrepris un plaidoyer en faveur d’une augmentation des prix. D’après cette organisation, la demande était motivée par les lourds surcoûts subis par le secteur, dus à la hausse des prix des matières premières et du transport international, exacerbée par les retombées économiques post-Covid-19 et le conflit en Ukraine.

Ces derniers estimaient qu’une révision des prix de l’ordre de 8% était nécessaire pour compenser des pertes chiffrées à environ 28 milliards de FCFA. Malgré les arguments avancés par la CAPA et les appels répétés du défunt Groupement des entreprises du Cameroun (Gicam) en soutien au secteur, le ministre du Commerce est resté sur ses positions. En mars 2022, lors d’une réunion à Yaoundé, le gouvernement a réaffirmé son refus d’accéder à la requête des brasseurs, soulignant la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, déjà fragilisé par des hausses généralisées des prix.

L’INSTAURATION DE FRAIS CACHÉS ET SES RÉPERCUSSIONS

 C’est le même discours que Luc Magloire Mbarga Atangana, le chef de ce département ministériel a tenu en fin de semaine dernière, après que des informations relatives à une hausse unilatérale des prix des boissons opérés par les tenanciers des débits de boissons, sont parvenues à son cabinet. «Le ministre du Commerce tient à rappeler à cet égard, que la bière et les boissons hygiéniques figurent bel et bien sur la liste des produits soumis à la procédure d’homologation préalable des prix par son administration, et peuvent éventuellement, à défaut, faire l’objet de négociation par le mécanisme des prix concertés. La récente initiative des exploitants des débits de boisson, qui s’est traduite par une augmentation unilatérale du prix de la bière et des boissons hygiéniques (…) est par conséquent nulle et de nul effet», a indiqué le ministre Mbarga Atangana dans un communiqué publié le 4 novembre 2024.

En effet, Depuis le 1er novembre 2024, les consommateurs camerounais ont constaté une augmentation discrète des prix de la bière et des boissons gazeuses dans les débits de boisson, avec une majoration allant de 50 à 100 FCFA par bouteille. Cette initiative, imputée aux exploitants des débits de boisson résulte selon le ministre du Commerce, de la modification des contrats qui lient les brasseurs à leurs partenaires commerciaux. «Le ministre du Commerce (…) a l’honneur d’informer la communauté des consommateurs qu’à l’issue d’une relecture des conventions, qui relèvent de l’accord des parties, liant certaines sociétés brassicoles à leur circuit de distribution, les exploitants des débits de boisson ont cru devoir, en violation flagrante des textes applicables en la matière, procéder à une augmentation illégale du prix de la bière et des boissons hygiéniques», peut-on lire dans le communiqué évoqué supra.

Pour d’autres sources au sein de l’industrie, cette situation résulte de frais additionnels imposés par des sociétés brassicoles sur les distributeurs, notamment des «frais de chargement» introduits par la Société anonyme des Boissons du Cameroun (SABC), filiale du groupe Castel. Officiellement, comme l’indique l’entreprise dans un communiqué publié le 5 novembre 2024, ces frais visent à compenser la manutention, le contrôle et la mise à disposition des bouteilles consignées.

Bien que SABC se dit prête à collaborer avec les pouvoirs publics afin que ces frais supplémentaires n’affectent pas le consommateur final, la répercussion sur les prix est manifeste. Ces derniers sont brandis par de nombreux tenanciers de bars et distributeurs pour justifier la hausse du prix de la bière. Ce qui laisse penser, comme le soulignent plusieurs observateurs avertis, à un nouveau coup de pression de l’industrie brassicole sur le gouvernement.

UNE HAUSSE INÉVITABLE ?

Cette hypothèse n’est pas à écarter, surtout si l’on se rappelle du discours de Stéphane Descazeaud, directeur général de SABC en mars 2024, alors qu’il inaugurait une nouvelle ligne de production à Yaoundé. Selon lui, l’augmentation des prix était devenue impérative pour permettre aux brasseurs de récupérer au moins 50 FCFA par bouteille, montant jugé nécessaire après les multiples hausses de coûts.

Il avait souligné qu’une augmentation de 100 FCFA était nécessaire pour atteindre cet objectif, compte tenu de l’impact des impôts et taxes sur le prix de vente. «Il faudrait les augmenter de manière significative pour une simple raison : chaque fois que vous augmentez le prix de la bière de 100 FCFA, l’État prélève 50 FCFA en impôts et taxes. Ainsi, pour obtenir une hausse réelle de 50 FCFA, montant minimal que nous devrions récupérer après les multiples hausses subies ces dernières années, il serait nécessaire d’augmenter le prix de la bière de 100 FCFA », avait-il déclaré.

D’autre part, en dévoilant le chiffre d’affaires réalisé en 2023 par l’entreprise qu’il dirige, Descazeaud a insisté sur le fait que la SABC opère dans un environnement de plus en plus difficile. En 2023, la SABC a déclaré un chiffre d’affaires de 729 milliards de FCFA, en baisse par rapport à l’année précédente. Selon l’entreprise, cette baisse résulte non seulement de la pression fiscale – qui représentait 50,3 % du chiffre d’affaires total – mais aussi du maintien des prix depuis cinq ans et de l’instabilité dans les régions anglophones.

La dernière augmentation officielle des prix remonte à mars 2019, lorsqu’une hausse de 50 FCFA avait été consentie après l’adoption de la loi de finances 2019, qui avait relevé les droits d’accises sur les boissons alcoolisées. «Si le gouvernement résiste pour l’instant aux pressions, la question reste ouverte : jusqu’à quand pourra-t-il tenir cette position ? D’un côté, la protection des consommateurs demeure un enjeu prioritaire, surtout dans un contexte où le pouvoir d’achat est mis à rude épreuve. De l’autre, ignorer les signaux de détresse du secteur brassicole pourrait menacer l’emploi et l’économie, compte tenu de la place centrale de l’industrie des boissons dans le tissu industriel du pays», souligne un expert contacté par Défis Actuels.

Afrique centrale: la FAO  évalue le potentiel agro-alimentaire

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 Les financements publics et privés, le marché, la recherche ou encore les coûts  de ce secteur ont été abordés à l’occasion de la 17eme réunion de l’équipe multidisciplinaire de la FAO tenue en RDC.

 L’Afrique centrale réunit elle toutes les conditions pour assurer une sécurité alimentaire de ses citoyens ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les professionnels techniques du Fonds des Nations Unies pour l’Alimentation et l’agriculture (FAO).  Ils étaient réunis  à Kinshasa en RDC le 04 novembre dernier à l’occasion de la 17eme réunion de l’équipe multidisciplinaire de la FAO en Afrique centrale. Les acteurs de la lutte contre l’insécurité alimentaire de la sous-région, notamment les gouvernements, les communautés économiques sous régionales, les partenaires financiers, la société civile et le secteur privé y ont également pris part.

 Cette rencontre annuelle s’est déroulée sous le thème « Le potentiel de l’écosystème agroalimentaire en Afrique centrale (financements publics et privés, marché, recherche, certification, foncier et coûts ».  Il était donc question d’évaluer les potentialités naturelles de la région, notamment, un climat favorable et une population jeune, mais aussi les défis. Il faut dire que l’écosystème agroalimentaire en Afrique centrale  fait face au manque de cadres réglementaires et normatifs  ou encore l’insuffisance des investissements dans le secteur de la transformation agroalimentaire. « Cette 17e Réunion de l’équipe multidisciplinaire de la FAO en Afrique centrale marque un tournant décisif pour le devenir de l’agriculture dans la sous-région et en RDC, où s’amorce la revanche du sol sur le sous-sol à travers le plan de transformation des agrosystèmes dans un cadre de développement durable et dans la paix » a déclaré la Première ministre de la RDC Judith Suminwa Tuluka à l’ouverture des travaux.

La FAO  de son côté s’est montrée disposée à soutenir les efforts des gouvernements des pays visant à atteindre la souveraineté alimentaire et nutritionnelle. « Nous devons partager nos connaissances et valoriser les bonnes pratiques, les mettre au service de tous les pays de l’Afrique centrale. La sous-région doit prendre l’initiative de transformer son potentiel agroalimentaire et la FAO se tient prête à l’accompagner dans cette importante entreprise »  a indiqué le coordonnateur sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale, Athman Mravili.

 Il faut dire que la réunion de l’équipe multidisciplinaire de la FAO est un cadre d’échanges sur les principales réalisations de la FAO en Afrique, les défis et les opportunités, pour un monde sans faim. Elle se tient chaque année, dans quatre sous-régions du continent. Pour l’Afrique centrale neuf pays sont concernés. Le Burundi,  le Cameroun,  la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée-Equatoriale,  la RDC, Sao-Tomé-Et-Principe et le Tchad.

Microfinance : Oris Finance lance ses activités à Douala

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Après avoir obtenu son agrément en octobre, l’établissement de crédit de deuxième catégorie, a démarré ses opérations dans la capitale économique avec à sa tête, l’ancien Directeur général du Crédit communautaire d’Afrique, Alexis Megudjou.

 Le secteur de la microfinance au Cameroun s’enrichit d’un nouvel acteur. Oris Finance S.A   vient de faire son entrée sur le marché, en démarrant ses activités à Douala, la capitale économique.  

Parmi ses dirigeants figure l’ancien directeur général du Crédit communautaire d’Afrique (CCA bank), Alexis Megudjou, l’un des co-investisseurs. Titulaire d’un Master II, en Banque et finance, il  totalise plus de 20 années d’expérience dans ce secteur. Il a aussi suivi une formation certifiante à HEC Paris en leadership & entrepreneuriat.  Il a pour mission de réaliser les objectifs de cet établissement  de deuxième catégorie porté par un groupe d’investisseurs locaux. « L’idée de création de cette institution de cette microfinance de deuxième catégorie (…) naît de l’union d’experts dans le domaine bancaire et de la microfinance et d’investisseurs leaders dans des domaines variés », a déclaré Alexis Megudjou.

Oris Finance arrive dans un marché hautement concurrentiel où on enregistre plus de 400 établissements de micro finance. Ce dernier né a son approche de marché. « Nous mettons l’accent sur une prise en charge clientèle de qualité, la digitalisation de nos services, une gamme de produits innovants et adaptés à nos différentes cibles, ainsi que des propositions de valeur qui auront un impact positif sur les activités de nos clients. D’ores et déjà, nous mettons à leur disposition un personnel hautement qualifié et en perpétuelle formation, qui incarne les valeurs d’éthique et de développement », explique l’ADG.

L’établissement souhaite promouvoir la finance inclusive, avec une offre adaptée à chaque catégorie de clientèle. Les particuliers, les petites et grandes entreprises, les acteurs économiques dans les zones urbaines et rurales ; les petits commerçants «Bayamsellams», etc.

La nouvelle microfinance a noué  des partenariats  avec d’autres acteurs financiers pour conquérir le marché.  La structure a démarré ses activités avec sa direction générale, et sa première agence située à Douala. Quatre nouvelles agences sont en cours de finalisation à travers le pays, dont deux à Yaoundé et une à Bafoussam.

 Réaction

 Alexis Megudjou, Administrateur Directeur général d’ORIS FINANCE

 « Je suis désormais co-investisseur du projet Oris Finance »

« Je suis désormais co-investisseur du projet Oris Finance S.A, une EMF de 2e catégorie agréé en octobre 2024 et déjà en activité. Je suis ravi d’être passé d’employé à « business angel », avec le statut d’Administrateur Directeur Général. Mes sincères remerciements à la team leader d’ORIS FINANCE S.A. Il s’agit des collaborateurs et co-actionnaires, avec qui nous avons fédéré nos capacités techniques et financières, pour donner naissance à ce nouveau-né du système financier camerounais. Mes remerciements également au Ministre des finances, Louis Paul MOTAZE, pour la haute attention aux initiatives de développement de notre pays. Notre valeur ajoutée consiste à intégrer la méso finance dans le scope d’activité d’ORIS FINANCE S.A, en plus d’une version améliorée des missions dévolues à un établissement de microfinance classique. En résumé, nous nous distinguerons par une prise en charge de nos clients, à travers des propositions de valeur adaptées à chaque cible du tissu économique camerounais, et une haute proximité grâce aux canaux alternatifs boostés par la digitalisation de nos services. »

Dschang : La menace d’un 3ème éboulement se précise

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Alors que l’on n’a pas fini de déblayer le terrain pour libérer les corps engloutis par les deux éboulements de terrain à la falaise de Dschang le 5 novembre dernier, le retour à la normale n’est pas encore pour demain. L’alerte est donnée par le Pr Armand Kagou, géologue à l’université de Dschang. A la tête d’une équipe de géologue de cette institution universitaire, l’expert a effectué une descente sur le site sinistré. « Les répliques vont se produire encore, parce que la nature cherche à retrouver son équilibre naturel», prévient le Pr Kagou. D’autant plus que « des indices sont encore visibles sur le site le site comme l’apparition de nouvelles sources d’eau jaillissantes au pied », ont constaté les géologues sur le terrain. Alors « il ne faut pas se précipiter pour rétablir la circulation dans cet axe routier, au risque de provoquer d’autres déséquilibres dans le site», conseille le Pr Armand Kagou. « Il n’est pas exclu que le fait d’avoir cherché à rétablir la circulation après le premier éboulement à 10h30 a facilité le 2ème éboulement plus important», supute-t-il.

A l’occasion, l’expert explique ce qui a pu se passer mardi dernier : «les fortes pluies ont affecté la région de l’Ouest ces derniers temps. Elles ont saturé le manteau d’altération et la forte pente du massif rocheux n’a pas résisté. En général ce genre de phénomène se produit pendant les pluies. Dans le cas actuel, la pluie a cessé il y a environ six jours, le temps pour l’eau de s’évaporer et entraîner une contraction du sol et de nombreuses fissures devaient apparaître au sommet du massif », engage-t-il. Ajoutant que « l’activité humaine a un très faible impact sur l’occurrence du phénomène. La grande épaisseur du manteau d’altération et la forte pente du massif ont bénéficié de l’apport d’eau pour se mettre en mouvement». Soulignant que « ceux qui ont parcouru cet axe routier ces jours-ci ont vu de nombreuses chutes de blocs en route le long du trajet. C’étaient des indices d’instabilité du massif à plusieurs endroits».

Sorcellerie

Pour le moment, les recherches se poursuivent sur le site, pour extraire les véhicules et corps ensevelis. Le ministère de l’Administration territoriale a circonscrit l’accès du site aux seules personnes habilitées pour des situations similaires. La survenue du 2ème éboulement ayant renseigné à suffisance sur la dangerosité du site. Mieux, Armand Kagou conseille d’«interdire la circulation des populations dans le site, le temps de faire des études géotechniques des sols (épaisseur, cohésion, angle de frottement, stabilité des pentes,…)». Indiquant que « c’est un travail à grande échelle qu’il faut entreprendre non seulement sur le site mais tout le long de l’escarpement de Santchou». Mettant en garde contre des interprétations d’un autre genre : « Des gens vont penser à la sorcellerie, faire des rites traditionnelles, mais il faut être attentif à la nature pour la dominer», conseille l’expert.

Sur le même sujet: Double éboulement de terrain à Dschang

Danger : Deux médicaments d’origine douteuse en circulation

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Le ministre de la Santé publique (Minsanté), informe l’opinion nationale qu’un médicament contrefait est en circulation sur le marché national. Il s’agit du flacon de 250 ml du Cyteal. Cet antiseptique utilisé pour le nettoyage des lésions de la peau et des muqueuses, infectées ou exposées à un risque d’infection, est reconnaissable par son odeur. En effet, « l’odeur de la solution ne correspond pas à l’odeur caractéristique de Cyteal et se rapproche d’une odeur de détergent ménager», indique Malachie Manaouda dans son communiqué. Invitant les consommateurs à «déclarer tout événement indésirable qui pourrait survenir… » et surtout, à « retourner lesdits produits à vos fournisseurs, si constat d’un changement quelconque des propriétés organoleptiques de ce produit». Une adresse est précisée à cet effet : alertevigilancedpmlcameroon@gmail.com.

Dans le même temps, le Minsanté annonce l’interdiction la distribution d’un autre médicament sur le marché camerounais : Litacold comprimés. Un médicament souvent utilisé pour le soulagement de la congestion nasale et des sinus, C’est leur conditionnement qui trahit le pot-aux-roses. Malachie Manaouda fait savoir que suite à la vérification des lots G00729 et 3G05E, l’on a découvert que les flacons ne sont pas neufs. Mieux, le médicament est « emballés dans un flacon de trois bouteilles au lieu d’une seule ». Un signe facile à détecter.

Le Minsanté demande au personnel médical et pharmaceutique de «s’assurer que ledit Litacold du laboratoire médical pharmaceutique ne figure pas dans vos stocks ; arrêter le cas échéant sa distribution, sa dispensation et/ou son admission, puis procéder à sa mise en quarantaine ». Et de saisir l’Inspection générale des services pharmaceutiques et des laboratoires le cas échéant.

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