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Prix Castel : un accompagnement pour les entrepreneurs locaux

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Six jeunes porteurs de projets ont été primés dans le cadre du fonds Castel et bénéficieront d’un soutien pour la mise en œuvre de leurs projets.


Pour la quatrième année consécutive, le fonds Castel encourage l’entrepreneuriat local. Ce fonds destiné à soutenir des jeunes et des femmes dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire vient de livrer une autre cuvée. Au terme de l’appel à candidature lancé en Mars 2021 six projets sur 117 candidatures enregistrés ont retenu l’attention du jury. Deux sont des lauréats (Premier et deuxième prix) et les quatre autres des finalistes. Ils ont tous reçu leurs récompenses au cours d’une cérémonie officielle tenue le 02 juillet dernier à Douala. Un événement auquel ont pris part les membres du jury du prix Castel dont Emmanuel de Tailly, directeur général du groupe Société Anonyme des Brasseries du cameroun (Sabc) en était le Président. Les noms des lauréats avaient été dévoilés le 10 mai 2021 après qu’ils aient affronté le grand jury de Bordeaux en France présidé par Pierre Castel. Le 02 juillet dernier, ils ont reçu officiellement leurs récompenses. Le 1er prix est décerné au projet Coopérative TPA porté par Ahmadou Wadiri. Il promeut l’accroissement de la production du riz Made in Cameroun à travers un cluster de 300 GIC à Yagoua, à l’extrême Nord du pays. Le 2e prix est attribué à la Cuisine de nounou de Manuella Essomba epse Njankouo. Elle a présenté un projet sur la transformation et la commercialisation des épices locales, des fruits et des légumes.

Entendu du fonds

Le Prix Pierre Castel lancé en 2018 est décerné dans quatre pays en Afrique dans lesquels Pierre Castel exerce des activités. Le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la République Démocratique du Congo et le Cameroun où il est présent à travers la SABC. Comme au Cameroun, six meilleurs projets ont été sélectionnés dans les autres pays. Le premier lauréat bénéficie d’un appui financier de 15000 euros (près de 10 millions de francs ) et 5000 euros pour le deuxième lauréat soit un peu plus de 3 millions de Fcfa. Ceci en plus d’un coaching et d’une formation d’un an avec l’Institut Européen de Coopération et de Développement. Les 4 finalistes 2021 ont quant à eux droit à une formation certifiante par e-learning avec le Centre du Commerce International de Genève.

Le fonds Castel comprend en effet une dotation financière, un accompagnement dans la mise en œuvre des projets, la formation et le financement d’une chaire. C’est à ce titre qu’un accord a été signé avec le ministre de l’Enseignement supérieur en janvier dernier pour la création d’une chaire sur les systèmes alimentaires et l’entrepreneuriat des jeunes à l’Université de Dschang. Précisément au sein de la faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles (FASA).

Appui à L’entreprenariat féminin

Ce fonds porte également un intérêt sur des projets innovants de développement des circuits alimentaires courts qui favorisent l’autonomisation de la femme africaine. Pour l’édition de 2020, le Fonds a par exemple apporté un appui particulier aux femmes classées parmi les 10 finalistes. Manuella Essomba Minkoulou, 4e finaliste, avait bénéficié de l’accompagnement du Groupe Sabc pour la protection de sa marque à l’Oapi, en plus de la formation entrepreneuriale certifiante. Nfor Nora Bih, 5e finaliste, promotrice de Zuciya Sarl, spécialisée dans la production et la transformation du gingembre, a bénéficié d’un soutien financier d’un montant de 700 000 francs CFA pour accroître ses capacités de production. Le même montant a été attribué à Adeline Simo Simo, 6e finaliste, promotrice d’Industrial Light, spécialisée dans la Transformation des graines d’arachide en huile végétale, en vue de renforcer son équipement.

Foncier : Les députés dénoncent l’accaparement des terres par les élites

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Les élus ont en outre soulevé le problème des indemnisations relatives aux « expropriations pour cause d’utilité publique».


Henri Eyebe Ayissi, ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières n’a pas eu de répit lundi dernier à l’Assemblée nationale. De bout en bout les députés ont voulu voir clair sur quelques questions liées au foncier. Parmi les questions abordées, celle de l’accaparement des terres par une minorité de Camerounais. Une préoccupation qui a retenu l’attention de plusieurs élus, au cours de la séance plénière spéciale sur la gestion et la réforme foncière, présidée par l’honorable Kombo Gberi, vice-président de l’Assemblée nationale. Les députés qui sont intervenus sur la question disent avoir constaté que dans la plupart des localités, les terres sont de plus en plus confisquées par les élites. « Les minorités des riches, celle de la classe administrative et économique, s’accaparent des terres au Cameroun au détriment des populations vulnérables et sans défense », s’est offusquée l’honorable Marguerite Dissake. Cet accaparement des terres se fait selon les députés, au détriment certaines couches sociales, notamment les jeunes et les femmes.

A côté de cet accaparement, les députés déplorent une multiplication des conflits et des litiges liés à l’insuffisance des outils de modernisation de la gestion foncière. Ils notent aussi l’insuffisance de la protection des droits des collectivités coutumières sur leurs terres ancestrales et surtout une difficile prise en compte des spécificités du foncier rural, face aux perspectives et exigences du développement agricole et la nécessité de garantir l’expression des coutumes. Les députés ont en outre soulevé la question des indemnisations. Selon plusieurs élus, il existe un flou sur les mécanismes mis sur pied pour gérer les indemnisations relatives aux « expropriations pour cause d’utilité publique ». Selon plusieurs députés rencontrés, « il est douloureux que des familles qui ont vu leurs titres fonciers abandonnés à l’administration, et qui ont perdu leurs biens ne puissent pas, après des années, être indemnisées. Alors que les discours que nous entendons sont que ces indemnisations sont souvent faites après l’expropriation ». Une difficulté qui s’accompagne des autres complications qui sont l’acquisition des titres fonciers, leur sécurisation, et l’obsolescence des textes juridiques qui encadrent ce processus.

A côté des problématiques soulevées par ses pairs, l’honorable Cabral Libii s’est appesanti sur les déguerpissements et les démolitions perpétrés à Douala au lieudit New Town aéroport le 26 juin dernier. Le député s’est notamment intéressé sur le volet juridique de l’affaire. Selon Cabral Libii, la mise en demeure qui est censée être servie 30 jours avant, par l’autorité administrative, l’a été pour le cas d’espèce seulement deux jours avant. Le leader du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale a fait ressortir d’autres irrégularités liées à ces opérations. Il déplore le difficile accès aux titres de propriété par l’autorité morale qui a demandé ces déguerpissements. L’élu du peuple a fait remarquer que « des milliers de Camerounais sont virtuellement riches des hectares de terre hérités coutumièrement de leurs ascendants. Mais ils ne peuvent en jouir, attendant patiemment d’en être dépossédés par les riches et les puissants, faute de titre foncier », a déploré le député.

Les députés adoptent la vision de l’Etat

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Réunis le 6 juillet dernier dans le cadre du débat d’orientation budgétaire, les élus de la nation ont été satisfaits des propositions du gouvernement, portées et défendues par le ministre des finances Louis Paul motaze.


La programmation économique et budgétaire pour les deux prochaines années satisfait les élus de la Nations. Les députés ont approuvé les choix et priorités du gouvernement pour relever l’économie camerounaise durant les trois prochaines années. Le document de programmation économique et budgétaire (Dpeb) est passé à l’examen devant la Commission des finances et du budget le 4 juillet dernier, puis de 6 juillet en session plénière. Présenté et défendu par le ministre des Finances Louis Paul Motaze, et le ministre délégué au ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) Paul Tasong, il a permis aux députés de connaître et comprendre la vision du gouvernement, et ce précisément pour l’exercice budgétaire 2022, au cours de cette troisième session du débat budgétaire. Prévu par le Régime financier de l’État et des autres entités publiques, ce débat permet d’inclure les élus dans le Nation dans le processus d’élaboration du budget.

Pour les mettre au même niveau d’informations que le gouvernement, le ministre des Finances a présenté un document comprenant quatre parties. Le contexte macro-économique, l’exécution du budget en cours, les orientations stratégiques et les perspectives budgétaires pour la période 2022-2024. Le contexte macro-économique étant principalement influencé par les effets de la crise sanitaires et des menaces sécuritaires, le ministre des Finances a révélé qu’à fin avril 2021, l’exécution du budget en cours est marquée par une hausse généralisée des recettes de l’État, contrairement à la même période en 2020. Cependant, a-t-il indiqué, les recettes pétrolières ont connu une baisse de -14 % sur la même période. Les dépenses ont par contre baissé de -7,4% au cours de ce même trimestre.

En 2022, les orientations stratégiques que comptent mettre en œuvre le gouvernement portent notamment sur « la poursuite de la mise en œuvre du Plan global de riposte au Coronavirus ; l’entrée en service des grands projets de première génération ; l’exécution des plans de reconstruction des Régions du Nord-ouest, du Sud-ouest et de l’Extrême-nord ; le renforcement du processus de décentralisation ; le lancement de la Couverture Santé Universelle, la veille sécuritaire, l’organisation de la CAN 2021, la réduction progressive du stock de la dette et la mise en œuvre des réformes structurelles visant à maintenir le Cameroun sur le chemin de l’émergence à l’horizon 2035, notamment par la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) », a listé le ministre Louis Paul Motaze. L’État compte consacrer un peu plus de 5649 milliards de francs CFA de budget équilibré en recettes et en dépense. Soit 68 milliards (+1,2 %) de francs CFA de plus qu’au dernier exercice. Le déficit budgétaire devrait être réduit, passant de 753 milliards de francs CFA en 2021 à 516 milliards en 2022, soit une embellie de 237 milliards de francs CFA.

Le résultat de ces orientations stratégiques devrait consacrer la reprise de l’économie camerounaise avec un taux de croissance d’au moins 4,4 % en 2022, après les 3,4 % qu’elle compte engranger en 202

Juniors miniers : Le signal d’alarme dure depuis plus d’une décennie

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David Beylard a déconstruit chez nos confrères du bulletin Les afriques, les « arnaques » des entreprises minières présentes au Cameroun depuis 2009.


Le géologue et analyste considérait par exemple que Geovic est dotée d’une structure en pelure d’oignon propice à toute sorte de manigances. Dans le montage de cette entreprise particulière, la filiale camerounaise appartient à 60 % à une entreprise-mère basée elle aux Îles Caïmans – contre 39,5 % pour la Société Nationale d’Investissement qui représente les intérêts du Cameroun. Cette entreprise-mère est pour sa part propriété à 100 % de Geovic Mining Corp, la véritable société qui possède Geovic. L’expert explique alors que même si l’État du Cameroun siège au conseil d’administration de Geovic Cameroon, il est en réalité complètement absent du véritable conseil d’administration de l’entreprise. « Il n’a aucun droit de regard ni sur la stratégie de l’entreprise, ni sur l’identité de ses propriétaires ou de ses alliés, ni sur ses moyens et ses objectifs », s’inquiétait-il en conclusion. L’opacité est aussi le maître-mot dans le management des entreprises créées par Africa Aura Resources Limited. La société a obtenu des concessions pour l’exploitation de l’or, du diamant et du fer notamment dans la région de l’Est. Le problème identifié par les équipes de David Beylard est qu’aucun Camerounais ne siège dans des postes de direction des entités mises en place pour gérer ces actifs au courant de la décennie 2000. Plus, la société Africa Aura Resources Limited est elle-même dotée d’une « structure ambidextre ». En d’autres termes, elle est située fiscalement dans les Îles Vierges Britanniques, est cotée à la bourse de Toronto au Canada, gérée administrativement depuis Londres au Royaume-Uni, bien que l’essentiel de ses actifs sont au Cameroun ! Cerise sur le gâteau, plus de 88,23 % des propriétaires des titres émis par l’entreprise ne sont pas identifiables par l’État du Cameroun.

Plus-value

Les pêcheurs en eau trouble ne sont pas les seuls acteurs présents dans le marigot minier camerounais, avertissait alors le géologue. Des entreprises comme Sundance Resources Limited ainsi que Méga Uranium Limited sont parvenues à faire de l’argent sans avoir donné un seul coup de pioche pour exploiter les mines qui leur ont été confiées. Pour Sundance, la stratégie a été simple. Dès la signature de l’accord-cadre pour une meilleure coopération minière avec le gouvernement camerounais en 2008, les dirigeants de la junior australienne ont commencé à vendre des actions à la volée au point de se distribuer des dividendes. Problème : aucun gramme de fer ou d’hématite n’est encore sorti des mines de Mbalam depuis le temps. Une stratégie similaire a été mobilisée par Mega Uranium Limited. L’entreprise canadienne s’est empressée d’émettre des titres à la bourse de Toronto juste après avoir acquis le droit d’exploiter de l’uranium au Cameroun. Pour profiter de cette plus-value boursière, ni vu ni connu, Mega Uranium Limited a créé deux sociétés : la première au Canada chargée globalement des questions de spéculation et la seconde au Cameroun. La conséquence immédiate est que tandis que la filiale canadienne fait du bénéfice tout simplement par des jeux boursiers, sa consœur camerounaise est à la traîne. De fait, les 4 654 km² de concession qu’elle possède au Cameroun n’ont jamais fait l’objet d’un début d’exploitation dans les faits.

À travers cette étude assez exhaustive de la politique minière du Cameroun à la fin de la première décennie du millénaire, l’expert en était arrivé à la conclusion que « les juniors minières […] n’apportent pas au Cameroun ce qu’un État est en droit d’attendre de partenaires auxquels il confie de tels potentiels de richesses si stratégiques pour son développement économique ». Plus d’une décennie plus tard, le Cameroun n’est pas encore totalement sorti de l’auberge avec ces accords léonins qu’il traîne comme des boulets.

Par Jean Omb Njéé

Exploitation minière : L’arnaque des multinationales

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Le secteur minier au Cameroun tarde à décoller malgré l’attribution de plusieurs licences pour des projets importants. Ces retards sont préjudiciables pour les finances publiques tandis que les entreprises minières internationales se remplissent les poches sans exploiter le moindre minerai.


On va finir par croire que les apparitions de Geovic dans l’actualité camerounaise sont cycliques. La dernière fois où il a été question de cette entreprise américaine dans les journaux télévisés nationaux remonte à 2019. Le patron de l’entreprise minière venait alors réitérer à Paul Biya sa volonté de se remettre au travail sur le terrain à Nkamouna, près de Lomié, dans la région de l’Est. Au sortir de l’audience au Palais de l’Unité, Michael Mason, le PDG de la junior américaine, annonçait que son groupe allait mettre la main à la poche et injecter 400 millions de dollars (lire 235 milliards de francs CFA) pour enfin exploiter cobalt, manganèse et nickel. Les Américains promettaient de créer 700 emplois directs, de se plier à l’obligation du transfert des technologies et de former la jeunesse. Pour parfaire la mélodie déjà si douce aux oreilles des autorités camerounaises, M. Mason de louer « le soutien et la patience » du Cameroun dans ce dossier.

La rencontre avec Paul Biya avait été préparée un an auparavant, lors d’une rencontre entre le PDG de Geovic et le secrétaire général de la présidence de la République. L’entreprise minière américaine était portée disparue à l’époque depuis six ans. Entre temps, ses dirigeants essayaient de revendre la concession aux Chinois de Jiangxi Rare Metals Tungsten Holdings Group Company Ltd. Les deux parties ont signé un Memorandum of Understanding le 23 juillet 2013. Au final, l’opération a capoté. Un échec, un autre, dans ce projet visiblement destiné à ne pas se réaliser. Le site web du ministère des Mines classe pourtant le projet de Nkamouna parmi les dossiers dont les travaux sont à « un stade avancé de travaux ». De quoi donner des insomnies à une société civile extrêmement critique et représentée par Eugène Nyambal, un cadre du FMI à la retraite. En 18 ans, le premier coup de pioche pour extraire le moindre minerai reste attendu. Le projet d’exploitation du cobalt, manganèse et nickel est emblématique des difficultés que l’État du Cameroun rencontre dans son ambition d’exploiter pleinement le potentiel minier national.

Le projet d’exploitation de la bauxite de Minim-Martap, non loin de Ngaoundal tourne en rond dans le discours gouvernemental depuis des années. En début d’année, toutefois, le ministre des Mines est descendu sur le terrain avec les experts de Camalco, la filiale de Canyon Resources à qui a été délivré un permis de recherches. Gabriel Dodo Ndoke s’est fait dire que la mine pourrait produire un milliard de tonnes de bauxite sur le site de Minim-Martap. Peut-on dès lors s’attendre à une exploitation commerciale du site à court terme ? Peut-être en 2022 avait avancé le patron de Canyon Resources l’année dernière au moment de signer un protocole d’accord avec l’entreprise Camrail. En cas d’exploitation, Camalco envisage une production de 5 millions de tonnes sur une période initiale de 20 ans. L’entreprise dépenserait alors 6,6 milliards de francs CFA et s’attend à une rentabilité de 37 %. Bien sûr, si le projet se fait.

D’une manière générale, la question minière reste en chantier malgré les bonnes promesses du gouvernement. La prudence des pouvoirs publics au moment de s’engager avec AustSino Resources fin juin est symptomatique d’une meilleure prise de conscience de la difficulté inhérente à l’exploitation du sous-sol national.

Par Jean Omb Njéé

Un forum sur le financement des Pme annoncé à douala

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L’événement qui se tiendra du 15 au 16 septembre prochain vise à aider les PME à trouver des solutions de financement, en vue de leur industrialisation, clé d’accès au marché continental.


La zone de libre-échange économique continentale africaine (Zlecaf) est opérationnelle depuis le 1er janvier 2021. Mais pour tirer profit de cet espace économique, les Petites et moyennes entreprises peinent à passer à l’étape d’industrialisation faute de financement. Cette préoccupation est résumée dans cette question. Zlecaf : comment le financement et le développement de l’industrie peuvent être un support à la dynamique de croissance des pays-membres ? L’interrogation guidera les travaux d’une conférence internationale qui se tiendra dans le cadre de la plateforme dénommée Pro Meet up and learn (PML) du 15 au 16 septembre prochain à Douala. «Il est question pour les entreprises camerounaises d’aller chercher les opportunités que chérit cette zone de libre échange et pour cela, il faut une industrialisation et qui dit industrialisation sait que le nœud réside dans le financement. Donc il est question pour nous de mettre sur une même plateforme tous les acteurs de développement ainsi que des partenaires qui viendront de l’étranger pour adresser ces questions sous le prisme de la cohérence africaine que nous promouvons et qui vise à élaborer des solutions en tenant compte de nos spécificités», explique la promotrice de PML Carole Mbessa Elongo à la presse le 30 juin dernier.

Au moins 250 participants et des intervenants de poids prendront la parole à ce rendez-vous. Gregor Binkert, ancien représentant de la Banque mondiale au Cameroun, la nigériane Toyin F. Sanni, directeur général de Emerging Africa Capital Group, le sud africain Sandile Zungu, fondateur et président de Zungu Investment Compagny et membre permanent du World Economic Forum, Stanislas Zézé, fondateur de Bloomfield Investment Corporation (première agence de notation financière d’Afrique francophone). Des grosses têtes camerounaises comme le Pr Touna Mama, économiste, conseiller spécial numéro un du Premier ministre du Cameroun, Pr Charles Binam Bikoï, promoteur du concept ‘’Industradition’’.

Alain Blaise Batongue, très connu du monde des affaires est le facilitateur de cette rencontre. Selon lui, le financement de l’industrialisation est plus qu’un défi bénéfique à notre économie. « Lorsqu’on se rendra compte qu’on n’est plus obligé de commander, d’importer tout ce que nous consommons au quotidien et que nous pouvons le produire et le transformer localement, nous aurons beaucoup avancé et il n’y aura que des points positifs. Par exemple le déséquilibre actuel de la balance commerciale va devenir une vertu, la question de la réserve de change que la Beac qu’on rappelle régulièrement n’aura plus raison d’être et l’industrialisation locale va permettre de créer de nouveaux emplois et donc, de résorber le chômage, produire de nouvelles richesses. C’est une question centrale. Si elle est bien menée, elle peut totalement transformer l’Afrique, d’abord le Cameroun ». a-t-il déclaré.

Par Tatiana Meliedje

Le train express Yaoundé-douala sur les rails

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La nouvelle locomotive va rallier les deux capitales avec des arrêts de deux minutes à édéa, Messondo, éséka, Makak, et ngoumou.


Le voyage inaugural a eu lieu jeudi dernier. Le Train express a quitté la gare voyageur de Douala-Bessengue, à 6 heures du matin, et est arrivé à celle de Yaoundé à 10 h 45 ayant fait quatre escales de deux minutes chacune à Édéa, Messondo, Éséka, Makak, et Ngoumou, ainsi qu’en témoignent plusieurs passagers qui étaient à bord du train. Un voyage d’essai salué au passage par les populations qui avaient été coupées du train express, depuis 2016. Selon le ministre des Transports, la journée de jeudi a marqué «l’aboutissement de nombreux efforts menés en vue de relever le niveau de service du transport des biens et des personnes par le chemin de fer, fortement altéré, depuis l’accident ferroviaire survenu en octobre 2016 à Eséka ».

En droite ligne des directives du chef de l’Etat, le gouvernement a lancé depuis 2017 un programme d’acquisition de nouveaux matériels roulants à voyageurs, dans le cadre du programme quinquennal n°1 des investissements ferroviaires. « Ce programme enrichira, à courte échéance, le parc de matériel roulant de quatre locomotives, vingtcinq voitures voyageurs et cinq modules autorails », a expliqué le ministre Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehe. Dans ce processus de mise à niveau, les quatre nouvelles locomotives qui ont été mis en service ont été acquises, en 2020, auprès de l’entreprise américaine General Electric Company.

Depuis le retrait de l’exploitation du train Intercity sur l’itinéraire Douala-Yaoundé, la mise sur pied d’une offre de transport de qualité, par train semidirect entre ces deux villes a été au centre des préoccupations du gouvernement qui a mis sur pied un Comité Interministériel des Infrastructures Ferroviaires et le Comité de Transport voyageurs. Selon le ministre des Transports, le temps de parcours du nouveau train qui va au-delà de quatre heures va diminuer, au fur et à mesure, de l’avancement des travaux de réhabilitation de la voie pour descendre en dessous des trois heures. Doté d’une capacité d’environ 576 places assises, ce train est composé de trois voitures « première classe », cinq voitures de classe « premium », un fourgon générateur et une voiture bar restaurant, le tout tracté par une des quatre locomotives neuves acquises par l’État.

Assainissement : controverse autour des actions de la Cud

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L’initiative prise par la mairie de la ville en vue de libérer les trottoirs et assainir le secteur des moto-taxis fait face à la non adhésion de plusieurs citoyens. Des intellectuels y compris.


Depuis le 22 juin dernier, les commerces et autres activités informelles sont interdites sur les trottoirs dans la capitale économique. C’est dans le cadre de l’opération « restituer les trottoirs aux piétons » mise sur pied par la mairie de la ville et qui vise la libération progressive des trottoirs et autres emprises dans les sites pilotes de Bonapriso, Bonanjo et Akwa (Boulevard de Liberté ; de la République, et Ahmadou Ahidjo). Le 15 juin dernier, c’était au tour des transporteurs, taxis et moto taxis de subir un changement. Ils ont été appelés à regagner les aires de stationnement aménagées, notamment celle du rond point Déido déjà prêt à utiliser. Et pour faire respecter ces mesures, la mairie de la ville a prévu des amendes pour les contrevenants.

Des montants qui divisent

« Des peines de 250 000, 200 000 et 50 000. Il y a matière à réflexion », déclare Guy Olivier Moteng, avocat au barreau du Cameroun. Comme certains autres intellectuels, il estime que l’action de la mairie bien que noble pêche par la forme et convoque le code pénal. « Dans l’article 21 sur la classification des infractions en crimes, délits et contravention, on y note notamment en son alinéa c que sont qualifiées contraventions les infractions punies d’un emprisonnement qui ne peut excéder dix jours ou d’une amende qui ne peut excéder 25 000 francs. »

Josue Bona Ekobo, acteur de la société civile va dans le même sens. « La nature de l’infraction doit être déterminée par la loi, puisque c’est la loi qui l’exige. A la nature de l’infraction, on adosse le montant à payer. Et quand on prend ce genre de mesure, on doit de prime abord précisé le fondement juridique afin que les populations sachent que ce qu’elles paient est institué par la loi. Malheureusement, dans la note du Maire de la Ville, il n’y a non plus aucune référence à la loi », ditil.

Interrogé, Barthelemy kom Tchuente, expert en décentralisation estime qu’il n’y a pas de débats si la décision du maire a fait l’objet d’une délibération. « Une délibération du conseil ne peut que se conformer à la loi et lorsqu’on délibère dans une commune, la décision est ensuite soumise à l’approbation de la tutelle notamment le préfet qui juge de sa légalité. Donc si cette procédure a été respectée, le problème ne se posera pas ». Sur le terrain, ces mesures sont boudées par les principaux concernés. Chez les motos taxis, certains leaders syndicaux disent n’avoir pas été consultés dans cette opération qui les concerne directement. Des conducteurs peinent à intégrer le nouveau site de chargement, craignant d’avoir moins de passagers. Chez les petits commerçants, ils ont sans attendre, repris leur activité ; notamment à Akwa, même si cela se fait discrètement marchandises dans le sac. « Nous sommes des mères et pères de familles. On ne peut pas venir d’un coup nous chasser sans nous dire où aller. On va faire comment ? » s’interroge Elisabeth Menye, commerçante.

Par Tatiana Meliedje

Investissement : 0,8 % de taux de croissance gagné en fin 2020

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La récession observée au premier semestre du fait de la Covid-19 a laissé place à la reprise de l’activité économique au dernier trimestre, révèle une récente publication de l’INS.


L’économie camerounaise a renoué avec la croissance entre octobre et décembre 2020. Au quatrième trimestre de cette année, le Produit intérieur brut (PIB) du Cameroun a augmenté de « 0,8 % par rapport au même trimestre en 2019 », révèle « Les comptes nationaux trimestriels » du Cameroun, publié par l’Institut national de la statistique le 28 juin dernier. Selon cette structure, tous les trois secteurs d’activités ont connu une croissance positive au cours de ce dernier trimestre, et davantage le secteur secondaire, qui enregistre à lui seul un taux de croissance de 0,9 point. « Tous les trois secteurs d’activités marquent des croissances positives ; bien que celle du secteur secondaire (3,6%) soit plus relevée que celles des secteurs primaire (0,7%) et tertiaire (0,4%). Ainsi, le secteur secondaire contribue le plus à la croissance du PIB ce trimestre en affichant 0.9 point tandis que les secteurs primaire et tertiaire marquent respectivement 0.1 point et 0,2 point de contribution », renseigne l’INS.

Cette croissance observée dans le secteur secondaire s’explique selon l’INS, par le dynamisme des activités du bâtiment et des travaux publics. Cellesci ont créé une croissance de 9,9 % au dernier trimestre 2021 du fait notamment de la poursuite des chantiers liés à l’organisation de la CAN 2021. Un dynamisme également enregistré dans les industries manufacturières (6,6%) tirées par l’industrie du textile-confection et les industries chimiques, renseigne le rapport de l’INS.

Moins importante que dans le secteur secondaire, la croissance aux niveaux primaire et tertiaire a été impactée par la baisse de la demande du fait de la crise sanitaire. Ainsi, la performance des activités dans l’agriculture vivrière a augmenté de 3.2%, l’élevage, la chasse et la pêche de 3,7% et la sylviculture de 4,7%, détaille l’Ins, qui précise par ailleurs que « la croissance du secteur a donc été considérablement freinée par la mauvaise tenue des activités de l’agriculture industrielle et d’exportation (- 5,5%) » au cours du dernier trimestre 2020.

« La timide progression du secteur tertiaire résulte quant à elle de la bonne tenue des activités de l’information et télécommunication (8,4%) et des services financiers (2,3%). Toutefois, la contraction des activités dans le commerce et la réparation (-1,1%), le transport et l’entreposage (-1,0%), et la récession que subissent les services d’hôtellerie et restauration depuis le deuxième trimestre 2020 du fait de la pandémie du COVID-19, n’ont pas permis à ce secteur d’atteindre son niveau optimal de croissance », renseigne l’institution.

Au niveau de la demande, la croissance du PIB au cours du quatrième trimestre 2020 a été tributaire de l’amélioration de l’investissement privé et de la consommation finale qui contribuent respectivement de 1,8 point et de 1.6 point à la croissance du PIB. « L’évolution modérée des exportations en volume, traduite par une contribution de 0,6 point à la croissance du PIB, couplée à la chute des importations (-1,2 point après 3,9 points) contribuent à une amélioration du déficit de la balance commerciale au cours de ce trimestre. La somme des données obtenues au cours des 12 mois de 2020 porte la croissance économique annuelle du Cameroun à 0,7% contre les 3,7% en 2019 observés en 2019.

L’EUROBOND : Comprendre la ruée des investisseurs

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Au-delà du contexte des marchés financiers internationaux, le ministre des Finances a suscité chez les investisseurs un regain de confiance en la signature du Cameroun.


Le refinancement de l’eurobond 2015 est un franc succès. Alors que le Cameroun ne demandait que 450 milliards, les investisseurs en ont proposé trois fois plus, soit 1481 milliards de francs CFA. Bien plus, les taux d’intérêts ont baissé de près de 5 points, passant de 9,5 % (2015), à 5,95 %. Une réussite prévisible, car soigneusement préparée depuis des mois. Lorsqu’en début d’année l’on évoque au ministère des Finances la possibilité de refinancement de l’eurobond 2015, les experts s’appuient sur un fait : la morosité des marchés internationaux fait chuter les taux d’intérêts. La faute à la crise sanitaire, et les incertitudes des investisseurs. Le Cameroun décide d’en tirer avantage, en retournant sur le marché européen, afin de racheter sa dette à un taux d’intérêt plus bas, et repousser par la même occasion l’échéance de remboursement du principal de l’eurobond de 2015, qui devrait commencer en 2023. Lors des négociations en vue de la signature d’un nouveau programme, le Fonds monétaire international encourage le Cameroun dans cette dynamique. Quand à lui, le président de la République autorisait le ministre à émettre en fin juin 2021 l’euro-obligation, en s’entourant de la holding financière Rothschild & Co comme arrangeur. La machine se met en branle, les spécialistes des marchés financiers scrutent et analysent l’évolution des taux d’intérêts et les conditions du marché. Si le ministre des Finances Louis Paul Motaze sait pouvoir compter sur des conditions exogènes favorables, il ne néglige cependant pas le volet de la préparation. Pour cette opération, il mise sur le trio JP Morgan Securities PLC, Citigroup Global Markets Limited et Société générale Corporate & Investment Banking, pour structurer l’eurobond du Cameroun, et s’attache les services de conseillers juridiques Allen & Overy à l’international et du cabinet Nyemb au niveau local. Dotée d’une expérience avérée dans le domaine, l’équipe de Louis Paul Motaze prépare son émission sur le marché européen. L’ordonnance du 26 juin du président de la République habilite le ministre des Finances à recourir à des émissions sur le marché des titres internationaux. Le cadre légal défini, le processus s’accélère, le Minfi prend le temps d’expliquer aux parlementaires ce qu’implique cette nouvelle émission de titres. Du 23 au 29 juin, Louis Paul Motaze et sa délégation séjournent en France. Après l’annonce de l’opération sur les marchés le 22 juin 2021, il s’en est suivi un Roadshow au cours duquel se sont succédées des réunions et négociations entre la délégation camerounaise et une centaine d’analystes financiers représentant plus de 70 groupes d’investisseurs ayant de grandes capacités de placement. « Ces rencontres ont permis à la délégation de présenter la situation politique et sociale du Cameroun, ainsi que ses acquis et perspectives économiques à moyen et long terme, afin de permettre aux investisseurs d’avoir une meilleure perception du crédit Cameroun », écrit le ministre Louis Paul Motaze dans un communiqué. Cette roadshow, bien que limitée du fait des restrictions sanitaires, a tout de même montré son efficacité le jour de l’opération. L’eurobond du Cameroun a été souscrit à 321 % par 205 souscripteurs. « En dépit d’un contexte marqué par la pandémie du coronavirus, les investisseurs ont marqué leur confiance retrouvée dans la qualité de signature du Cameroun, confortée par la bonne exécution d’un premier programme, la perspective de signature d’un nouveau programme avec le FMI et la mise en œuvre de notre Stratégie de Développement 2020-2030 », a expliqué le ministre dans sa communication de circonstance.

Grâce au 450 milliards obtenus, « l’Etat a atteint un taux de rachat record, qui se situe à environ 80 % du montant de la souche de 2015 ». Bien plus, cette opération a contribué à « améliorer son profil, pour susciter l’attrait des investisseurs sur la mise en œuvre de notre stratégie de développement », a poursuivi Louis Paul Motaze, chef de la délégation du Cameroun à Paris. Grâce à cette réussite, le Cameroun peut concentrer ses fonds à la poursuite de la mise en œuvre des projets de développement contenus dans sa Stratégie Nationale de Développement. Grâce à ces projets, le pays devrait être à mesure d’honorer les échéances de remboursement du nouvel eurobond prévu d’ici au moins 11 ans.

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