jeudi, mai 28, 2026
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« La situation macroéconomique du pays a rassuré les investisseurs »

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Rédacteur en chef de l’agence d’information Ecofin et spécialiste des questions financières, Idriss Linge explique le contexte qui a prévalu à la réussite de l’opération d’émission d’eurobonds du Cameroun et revient sur ses implications sur le stock de la dette du pays.

Le Cameroun vient de réussir sa deuxième émission d’eurobonds, avec un taux de couverture de 321 % pour un taux d’intérêt de 5, 95 % à 11 ans de maturité. Qu’est ce qui explique le succès de cette opération ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet aboutissement dans le refinancement par le Cameroun de son Eurobond de 2015. Le premier est d’ordre interne. Les agences de notation aussi bien Moody’s que S&P Global Ratings and Fitch, sont restées sur des perspectives stables en ce qui concerne la situation macroéconomique globale du pays. En général, cette stabilité s’interprète souvent comme un indicateur positif, mais cela n’est juste qu’une question de perception. La stabilité signifie que tout ce qui est bon restera. Pour ce qui est du cas du Cameroun, cette stabilité représente le fait que la pression sur la liquidité extérieure ne s’aggravera pas et que le pays continuera à honorer le paiement de ses intérêts sur la dette internationale. Cette stabilité a été confortée par la décision du Fonds Monétaire International d’accompagner de nouveau le Cameroun. Ce que les investisseurs obligataires veulent savoir c’est si on peut rembourser leur dette et sur ce point le Cameroun rassure.

Qu’est ce qui explique la ruée des investisseurs pour cette opération du Cameroun ?

Les investisseurs sur le marché international de la dette ont traversé une période creuse de plus de deux ans. Celle-ci s’est aggravée avec la pandémie de la Covid-19. Durant toute cette période, le taux d’intérêt des principaux emprunteurs était beaucoup trop bas. Aux Etats-Unis par exemple où la banque centrale avait baissé ses taux d’injection de liquidité sur le marché monétaire, les banques pouvaient prêter à des taux très bas. Ce qui a permis au gouvernement américain d’emprunter à des taux qui oscillent autour de 1 %. A ce rythme-là, les efforts d’investissements qui ciblent souvent les placements sur les obligations qui accordent des intérêts au-dessus de 5 % n’étaient pas très confortables avec l’ambiance des taux sur les marchés développés qui partaient de 1 à parfois 0 %. Au vu de cela, la dette des pays émergents était assez intéressante, notamment celle des pays comme le Cameroun, en ce sens que, le pays n’a pas eu de défaut de paiement ni avec le Fonds Monétaire International, ni avec ses autres créanciers. C’est ce qui a vraiment motivé les investisseurs. Au lieu de placer leurs investissements où ils ne peuvent qu’avoir 1 %, ils préféreront les engager où cela leur rapportera au moins 4 % et où en plus, les garanties sur les opérations sont très fortes. Les
investisseurs sont rassurés, le risque est minimum. C’est ce qui explique la ruée des investisseurs vers cette opération d’eurobond du Cameroun, et pas que. C’est en effet tout le bloc des 40 pays émergents qui attire actuellement les investisseurs et les pousse à investir sur leurs obligations. Ça s’est récemment vu avec les opérations du Sénégal, de la Côte-d’Ivoire, du Kenya et la semaine dernière avec celle du Cameroun.

Le Choix du Cameroun de se contenter du montant nécessaire pour le refinancement de son eurobond de 2015 était-il judicieux ?

Il faut d’entrée de jeu comprendre quel était le but du Cameroun en allant sur le marché international. Son but n’était pas de mobiliser de la ressource supplémentaire, mais d’obtenir une rallonge supplémentaire pour le remboursement de son eurobond inaugural de 450 milliards de francs CFA d’une part, et d’éloigner la période où il serait obligé de commencer à rembourser les autres 150 milliards de francs CFA. Le Cameroun n’avait pas pour plan de mobiliser de la ressource additionnelle, c’est pourquoi il s’est limité à ce qu’il avait prévu de mobiliser. Aussi y a-t-il un défi avec l’ordonnance du président qui autorise l’opération et le texte de loi de finances qui va avec. Il est clair que le ministre des Finances, Louis Paul Motaze qui avait été habilité à procéder à cette opération ne pouvait pas aller au-delà du mandat qu’il avait obtenu. Il ne s’agissait donc pas d’être judicieux ou pas, l’opération était encadrée par la loi.
Maintenant que les offres dépassent le montant souhaité cela n’était pas surprenant, sur la Bourse de Dublin où ces obligations inaugurales étaient cotées, les titres camerounais se négociaient à 115 % de leurs valeurs. Donc le gouvernement savait qu’il y
aurait une forte demande mais ne pouvait malheureusement aller au-delà.

Parlant justement de refinancement, qu’est-ce que cette opération implique désormais en termes d’endettement et de service de la dette ?

Il y a une polémique sur l’impact de l’opération relative à la dette du Cameroun. Certains pensent que cela va augmenter le stock de la dette et d’autres estiment que ce ne sera pas le cas. Je dirais que c’est un peu des deux. En effet, et comme l’a récemment expliqué le ministre Louis Paul Motaze aux sénateurs, c’est comme si vous aviez pris 200 000 francs CFA dans une tontine, sur lesquels vous payez un intérêt de 10 000 francs chaque mois pendant 5 mois. Au sixième mois vous devez rembourser les 200 000, mais vous n’avez pas assez d’argent. Vous pouvez demander à la tontine de continuer de payer des intérêts sur cet emprunt. Donc votre dette n’augmente pas, mais c’est le service de la dette qui se poursuit.
En soit c’est une hausse sur le temps de l’endettement, car si vous aviez remboursé vos 200 000, vous n’auriez plus ni dette, ni intérêts. Mais là certes la dette n’évolue pas en stock mais l’obligation de payer des intérêts se poursuit. Or, la dette globale selon la Caisse Autonome d’Amortissement, c’est la dette principale et les intérêts. Si vous continuez de refinancer votre emprunt de 200 000 sur 30 mois, finalement, vous aurez payez 300 000 d’intérêts, soit 1,5 fois le montant principal, avec une dette de seulement 200 000. Maintenant sur le service de la dette, cette opération a permis le refinance ment de l’eurobond de 2015, avec désormais un taux d’intérêt qui est bas. Le service de la dette est certes moins cher que lors du précédent emprunt, mais il reste et cela peut devenir un défi dans le futur.

Pensez-vous qu’il s’agisse là d’une bonne affaire pour le Cameroun ?

Disons que oui, le Cameroun faisait face à un risque de pression sur sa liquidité extérieure à partir de 2023, mais il est parvenu sans gros risques à éviter ce problème. Mais la bonne affaire serait de bien utiliser l’emprunt obligataire inaugural. Cela aurait permis de construire des agrégats économiques et finalement de rembourser sans difficultés sa dette. Mais on doit dire que le fait d’avoir contracté la dette en euros est une bonne chose. On aura peu de risque de la voir augmenter. Toutefois, cela reste de la dette, nous aurions pu avoir de la flexibilité pour emprunter et développer de nouveaux projets.

Propos recueillis par Canicha Djakba

Douala smart City : Les solutions qui viennent des start-up

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Collecte des déchets, agriculture, robotique… des jeunes promoteurs du numérique font des propositions visant à faire de douala une ville intelligente.


Les jeunes Ferrus des technologies veulent contribuer à la vision de la mairie de la ville de faire de Douala une Smart City. Du 24 au 25 juin dernier, ils étaient réunis autour d’une initiative baptisée Douala Innovation Festival. Pendant ces deux jours, ils ont échangé sur les enjeux de la transformation de Douala en ville intelligente et leur contribution.Sur ce dernier aspect, plusieurs solutions sont envisagées. Les startuppers pensent pouvoir aider la mairie dans la gestion des données. Mais en attendant qu’elle soit dotée des infrastructures adéquates, ils envisagent mettre sur pied des applications utiles dans la vie quotidienne des habitants de la cité économique. Puis, créer une plateforme portail, une sorte de catalogue numérique qui rassemble toutes les solutions digitales qui fonctionnent de manière à orienter les usagers vers des applications précises en fonction de leurs besoins. La dite plateforme sera baptisée Douala smart city.

La robotique bionique

Jacques Eone, cofondateur de Sparte Robotics propose des solutions associées aux dronesmais il mène également des recherches sur la robotique bionique. Il pense que cette science peut être utile à la ville moderne de Douala envisagée. « La bionique, c’est construire des robots qui ont l’aspect d’humain ou d’animaux. Nous avons la conviction qu’on aura bientôt besoin de robots qui nous accompagnent dans nos tâches. Si les citoyens ne veulent pas par exemple ramasser les ordures, il faudra bien penser des robots qui vont faire ce travail à leurs places »,a-t-il expliqué.

AGRITECH

Diverses solutions sont proposées dans le domaine de l’agriculture. Notamment un kit d’analyse des sols qui permet à l’agriculteur de pouvoir bien effectuer ses dosages d’engrais et sécuriser son investissement, tout en respectant l’environnement. Cette solution dénommée Clinic agro est de Pyrus Kadjou. « La majorité des engrais sont chimiques. Or, le sol assimile seulement 30% des engrais. Les 70% restants sont déversés dans l’environnement ce qui devient un danger. Notre solution c’est donc de permettre aux agriculteurs d’utiliser le dosage exact.L’agriculteur effectue les prélèvements et les résultats sont affichés en quelques secondes sur son smart phone », nous dit-il. D’autres solutions pour faciliter la mobilité urbaine par exemple sont développées. Ces promoteurs du numérique pensent que la capitale économique est bien partie pour être une ville intelligente. Du moins, elle a le capital humain qu’il faut. Mais il faudra développer les infrastructures nécessaires ainsi que des solutions alternatives à l’énergie électrique. Et une fois les conditions réunies, le projet ne sera un succès que si les citoyens sont aussi intelligents.

Par Tatiana Meliedje

Action sociale : Des élèves primés par la sabc

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L’agro industriel a remis des bourses aux meilleurs écoliers recensés dans deux établissements scolaires dans les régions du Centre et du Littoral.


Une enveloppe de 25 000 F CFA pour chaque élève, en plus des sacs à dos, cahiers et livres. Voilà la composition du lot offert aux meilleurs élèves par la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc), il y a quelques jours. Les toutpetits de l’école maternelle et publique d’Akomessing dans le département du Dja-et-Lobo, région du centre ont reçu leurs paquets le 24 juin dernier. Un total de 30 bourses scolaires a été attribué aux meilleurs élèves de cet établissement par une délégation de la SABC, au cours d’une cérémonie à laquelle ont pris part des autorités de la localité.

Au lendemain de cette cérémonie, c’était au tour de l’école primaire Petit Joss de Bonanjo à Douala de bénéficier des mêmes privilèges. Dans cet établissement, ils étaient 18 élèves à avoir affiché de bons résultats au cours de l’année scolaire écoulée. Ils ont vu leurs efforts récompensés en recevant le paquet de fournitures scolaires, mais aussi un appui financier visant à soutenir leurs parents dans la préparation de la prochaine rentrée. C’est la deuxième fois au cours de cette année que cet établissement bénéficie du soutien de la Sabc. Le 14 Décembre dernier, le Groupe avait accompagné l’Association Petit Joss dans le projet de rénovation, d’équipement en livres et ordinateurs de la bibliothèque de l’école.

Ces différentes actions de la SABC s’inscrivent dans le cadre de son engagement sociétal. Depuis des décennies, cette entreprise qui génère plus de 100 000 emplois indirects, mène des actions citoyennes dans divers domaines, notamment l’éducation, la santé, l’environnement, les sports, les arts et la culture. Le volet éducation porte principalement sur l’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves en équipant les établissements scolaires en matériel didactique et la promotion de l’excellence scolaire par l’octroi des bourses scolaires aux meilleurs élèves.

Par Tatiana Meliedje

Energie : 874 milliards pour électrifier les zones rurales

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Le ministre de l’eau et de l’énergie a révélé lundi dernier devant les députés qu’en plus de ce montant, le gouvernement devra débourser 6 000 milliards de francs CFa pour combler le déficit énergétique du pays d’ici 2035.


Il faut 874 milliards de francs CFA pour apporter la lumière dans 9000 localités du pays. Il en faut davantage, soit 6000 milliards de francs CFA, pour résorber le déficit énergétique de plus en plus croissant au Cameroun. Ce sont là des révélations faites par le ministre Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Energie, le 28 juin dernier.

En effet, appelé à s’expliquer devant les députés sur le problème de plus en plus préoccupant de l’accès à l’eau et à l’énergie, le ministre a dressé un état des lieux de la situation, ses causes et les projets à mener pour remédier à ces désagréments aux lourdes conséquences pour le pays. S’il s’est longuement appesanti sur la question de l’accès à l’énergie électrique, c’est que la situation était d’un grand intérêt pour les élus de la Nations. Après un exposé tiré d’un document de 36 pages, le ministre Gaston Eloundou Essomba a été assailli par des dizaines de questions. Un engouement compréhensible, lorsqu’on sait qu’en matière d’accès à l’énergie, c’est tout au moins plus du tiers de la population qui subit régulièrement des désagréments. Ce sont notamment les interruptions répétées dans le service, des dysfonctionnements dans la distribution et le calcul des factures et le non accès de certaines localités à l’énergie, malgré des projets d’électrification en cours d’exécution ou déjà achevés, et le riche potentiel énergétique du pays. Sur la base d’un diagnostic sur le service public de l’électricité que le membre du gouvernement indique avoir commandé, entre janvier et fin mai 2021 sur les trois réseaux interconnectés, Nord (Rin), Est (Rie), Sud (Ris), le ministre révèle le principal problème de l’accès à l’électricité au Cameroun. Le transport de l’électricité est un véritable défi. Les poteaux en bois sous l’effet des intempéries, des feux de brousses et des animaux tombent constamment, provoquant des interruptions dans le transport et donc dans le service, a-t-il expliqué. Bien plus, les transformateurs ne sont pas suffisants pour assurer le transit. C’est pourquoi, indique t-il, « à court terme le gouvernement a trouvé comme alternative aux poteaux de bois, des poteaux en béton. Malheureusement, les opérateurs qui en produisent ne sont pas encore nombreux. Notre capacité actuelle est de 55 000 poteaux, et c’est ce nombre de poteaux qui seront installés en 2021».

Quant aux transformateurs, la Sonatrel (Société nationale de transport de l’Électricité) est en train de commander une dizaine de nouveaux transformateurs en dehors des six autres déjà existants. ce qui améliorera les capacités de transit de l’électricité produite. A cela, nous avons également demandé aux opérateurs de nettoyer et de bien entretenir les lignes», a-t-il annoncé.

Si le problème des délestages concerne ceux des Camerounais qui ont déjà accès à l’électricité, cela reste un luxe que ne peut encore s’offrir une bonne franche de la population. 9000 localités sont encore dépourvues d’un accès à l’énergie électrique au Cameroun, a fait savoir le ministre. Un autre chantier qui nécessite 874 milliards de francs CFA, a révélé Gaston Eloundou Essomba. Dans le détail, ce besoin est réparti par région ainsi qu’il suit : Nord, 267 milliards; Centre,104 milliards; Adamaoua 101 milliards; Sud, 95 milliards ; Extrême-Nord, 90 milliards ; Nord-Ouest, 66 milliards ; Est, 66 milliards ; Littoral, 50 milliards ; Ouest, 45 milliards et Sud-Ouest ; 28 milliards de francs CFA.

6000 milliards d’ici 2035

Le Cameroun souhaite être un pays émergent d’ici 2035. Cela sous-entend un développement et une croissance accrus de son secteur productif. Mais pour un tissu industriel émergent, l’accès à l’énergie est indispensable. Selon le Minee, le déficit actuel dans l’accès à l’énergie croît de 7% chaque année. Pour le combler d’ici 2035, 6000 milliards doivent être investis dans le secteur. « Globalement, la mise en œuvre de toutes les stratégies du secteur, pour l’accès à l’électricité pour tous à l’horizon 2035, nécessite (…) une enveloppe de 6000 milliards, dont 70% pour le secteur de la production développé en Partenariat Public-Privé (PPP), 16% pour le transport de l’électricité et 14% pour la distribution », a indiqué le ministre de l’Eau et de l’Énergie. Un montant dont la mobilisation incombe notamment au Fonds de développement du secteur de l’électricité, « qui est à sa première année d’existence avec une dotation de 7 milliards pour l’exercice 2021 », a souligné le ministre.

Le Cameroun fait face à un important déficit énergétique, et ce, malgré un grand réseau hydrologique. Le RIN souffre de délestages récurrents depuis un peu plus d’un an déjà. Ils sont principalement dus à la baisse de l’hydrologie observée au niveau du barrage hydroélectrique de Lagdo, principal ouvrage de production de l’énergie électrique dans le Rin, appuyé par les centrales thermiques de Garoua-Djamboutou, Ngaoundéré, Maroua et Kousseri. Le niveau de remplissage du barrage de Lagdo a chuté de 4 milliards de mètres cubes d’eau en octobre 2019 à 2 milliards de mètres cubes en 2020. Construit au départ pour une puissance installée de 72 Mw, l’ouvrage qui produit 61 Mw en hydrologie normale, atteint à peine 20 Mw actuellement.

Couvrant les trois régions septentrionales du pays que sont l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua, le RIN compte un parc de 68.460 poteaux en bois à remplacer. Pour remédier à cette situation, une partie de la centrale d’Ahala à Yaoundé renforce la production depuis janvier dernier. Deux projets d’énergie solaire sont aussi en cours. Au niveau du réseau interconnecté qui couvre la région de l’Est RIE et du RIS qui comprend les régions du Centre et du Sud, le potentiel est certes important, mais la production reste faible. A long terme des projets en cours de maturation comme la Centrale thermique à gaz de Limbé (350 Mw), les barrages de Grand Eweng (1000 Mw), Chollet (600 Mw) et Kilot (500 Mw) seront mis en œuvre.

La session plénière au cours de laquelle ces révélations ont été faites s’est déroulée en présence des responsables d’Electricité du Cameroun( EDC), le producteur de l’énergie, de la Sonatrel, le transporteur de l’électricité, d’Eneo, le concessionnaire de la commercialisation et de l’Agence de Régulation du secteur de l’électricité (Arsel), le régulateur.

Pourquoi l’Etat a choisi la Chambre des comptes

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La probité, l’expérience et le côté indépendant et autonome des magistrats qui composent cette institution ont fait pencher la balance.


Elle est indépendante par rapport au gouvernement et au Parlement et autonome par rapport à toute autre juridiction. Elle décide seule de la publication de ses avis, décisions et rapports. Elle est l’Institution Supérieure de Contrôle de chaque Etat.

Réaliser un audit de la gestion du «fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales» ? Le gouvernement y a songé bien avant que la polémique sur d’éventuelles malversations ne prenne corps au sein de l’opinion. «Contrairement à ce qu’on peut penser, l’audit n’a pas été commandé parce qu’on a appris qu’il y aurait des malversations», dixit Louis Paul Motaze.

Lors de son passage devant les sénateurs le 18 juin dernier, le ministre des Finances a expliqué que l’idée d’effectuer un audit sur l’utilisation des fonds affectés à la gestion de la crise sanitaire a été précisée dans la lettre d’intention qu’il a lui-même envoyée au directeur général du FMI, dans le cadre des négociations en vue du prochain Programme Economique et Financier (PEF) avec l’institution de Bretton Woods. «Nousmêmes, nous avions déjà accepté le principe de l’audit. Et nous avons dit, un audit indépendant», a insisté le ministre des Finances.

Le gouvernement aurait alors pu confier cette tâche à l’un des organes de l’Exécutif à savoir le Contrôle Supérieur de l’Etat (Consupe). Mais, à entendre le Minfi, la synthèse du rapport de cette Institution de contrôle des finances publiques, n’aurait pas convaincu les partenaires du Cameroun au développement. «C’est la raison pour laquelle dit-il, nous avons choisi la Chambre des comptes de la Cour suprême. C’est-àdire les magistrats». L’indépendance de la Chambre des comptes a justement été le facteur déterminant pour le gouvernement. «Pour nous, il n’y a pas plus indépendants que les magistrats», tranche Louis Paul Motaze .

Créée en 1996 à la faveur de la révision de la Constitution du 2 juin 1972, puis mise en place en 2003, la Chambre des comptes de la Cour suprême jouit en effet d’une très bonne réputation au Cameroun, apprendon. Ses différents rapports annuels sur les comptes de l’Etat ne font jamais (ou très rarement) l’objet de contestation. De quoi renforcer son rôle d’assistant de l’Exécutif et du Législatif. Un rôle qui cadre bien avec les directives Cemac élaborées en 2011 et qui précisent désormais le statut de la juridiction financière au sein de la Communauté économique et monétaire. Ainsi donc, l’article 72 de la Directive relative aux lois des Finances par exemple dispose que le contrôle juridictionnel des opérations budgétaires et comptables des administrations publiques est assuré par une Cour des Comptes qui doit être créée dans chaque Etat membre. «Cette Cour des Comptes est une juridiction, et ses membres ont le statut de magistrat. Elle est indépendante par rapport au gouvernement et au Parlement et autonome par rapport à toute autre juridiction. Elle décide seule de la publication de ses avis, décisions et rapports. Elle est l’Institution Supérieure de Contrôle de chaque Etat ». En clair, cette juridiction ne doit pas être inféodée dans une autre juridiction. Elle est chargée : du contrôle et jugement des comptes de gestion des comptables de l’Etat, des Collectivités Territoriales Décentralisées et des établissements publics administratifs ; de l’élaboration des rapports d’observations sur les comptes des entreprises du secteur public et parapublic ; du conseil et assistance aux pouvoirs publics notamment par l’avis sur la loi de règlement avec déjà un embryon de l’évaluation des administrations, les fora et les rencontres permanentes avec l’Assemblée nationale, le Sénat et le ministère des Finances ; la certification des comptes de l’Etat etc. Ses attributions ont été élargies à la faveur de la réforme du régime financier de l’Etat il y a trois ans. Examen de gestion portant sur la performance et sur la régularité de la gestion des organismes publics, jugement des fautes de gestion des ordonnateurs et des contrôleurs financiers, évaluation des politiques publiques…

FONDS COVID : 12 poursuites pénales en vue

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La seconde mouture du rapport d’audit de la juridiction sur les fonds Covid met à nue 14 dossiers de fautes de gestion.


Aucun nom n’a été cité, mais les personnes concernées sont aisément identifiables. Et les magistrats de la Chambre des Comptes de la Cour suprême voudraient les envoyer comparaître devant les tribunaux Compétents. La synthèse du rapport d’audit qui a fuité le 28 juin dernier révèle qu’un minimum de 12 dossiers mériteraient d’être traités comme des affaires pénales. Les magistrats estiment que les faits reprochés à ces gens relèvent de détournement de fonds publics. Ni plus ni moins.

En comparaison à la synthèse du rapport général diffusé le mois dernier, il s’agit bien d’une évolution majeure. Le premier document qui a fuité revendiquait l’ouverture de 30 procédures pour fautes de gestion. La Chambre ne prévoit désormais plus que 14 procédures de cet ordre tout en maintenant l’unique procédure pour gestion de fait. Dans les faits, les conséquences dans le fond des deux documents ne peuvent pas être les mêmes, eu égard aux objectifs qu’ils poursuivent chacun. Le premier rapport visait à « vérifier la mise en œuvre des 26 activités prévues par le décret de répartition du Premier ministre et leur performance ». Il s’en est logiquement tenu à l’analyse approfondie de la gestion de chaque poste de dépenses. Il se contente ainsi de faire un inventaire exhaustif des chapitres de l’« Attribution des marchés spéciaux et lettres de commande spéciales à l’acquisition des médicaments de prise en charge en passant par l’aménagement des locaux pour l’isolement des patients détectés. Le second document qui est une synthèse du rapport général semble plus complet. Dans tous les cas, il se propose d’aller un peu plus loin. Son objectif est d’étudier « la régularité de l’emploi des fonds publics et la performance de l’action publique, c’està-dire son économie, son efficience et son efficacité ».

Le Premier ministre au Centre

La toute première fuite s’en tenait à donner des conseils aux ministères de la Santé publiques, des Finances, de la Recherche scientifique et à celui du Commerce. Le nouveau document replace les services du Premier ministre au centre du jeu avec pas moins de dix points à prendre à bras-le-corps et à améliorer. Et contrairement au premier rapport de synthèse où les recommandations n’avaient pas singulièrement été détaillées, il est demandé au Premier ministre d’« inscrire régulièrement à l’ordre du jour des réunions de l’instance interministérielle chargée du pilotage stratégique de la pandémie instituée auprès [de lui] , l’examen des CAS-Covid-19 et de la performance de chacune des actions financées ». D’une manière générale, le plus récent document sorti par inadvertance des tiroirs de la Chambre des Comptes n’est pas seulement plus complet. Il est aussi plus impersonnel. On y retrouve très peu de noms indexant directement des particuliers tandis qu’on peut y lire d’intéressants graphiques. C’est par exemple le cas du tableau des opérations budgétaires 2020 du Compte d’affectation spéciale Covid -19. On peut aussi y consulter l’évolution du nombre de patients hospitalisés au Cameroun.

Mais le signe le plus patent du resserrement méthodologique du dernier document est l’« Avertissement » en début du document. On y lit qu’il s’agit d’une synthèse dont l’objectif est de faciliter la lecture du rapport en lui-même. La juridiction financière précise par ailleurs que « seul le rapport et non la synthèse » l’engage en tant que tel. Les rédacteurs du rapport de synthèse n’hésitent par ailleurs pas à stigmatiser les difficultés auxquelles ils ont été confrontées au cours de leurs enquêtes. On y lit par exemple que « la Chambre a été contrainte de se livrer à un travail complexe de recherches des dépenses imputables au fond spécial parmi l’ensemble des dépenses du Minsanté ». Ces points de différences établis n’effacent toutefois pas les lignes de continuité qui se dégagent des deux documents. Dans tous les cas, on remarque que l’entreprise Mediline Medical Cameroon s’est taillée la part du lion dans les marchés attribués dans le cadre du fonds spécial. On retrouve aussi à gauche et à droite des conflits d’intérêts impliquant le président du Groupe de travail du ministère de la Santé. Ici, précisément, les magistrats de la Chambre des comptes n’hésitent pas à évoquer un « risque élevé de qualification pénale attaché à l’attribution des marchés ».

Par Jean Omb Njéé

PROTAIS AYANGMA, « Les chefs d’entreprises ne peuvent compter que sur eux-mêmes »

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Le président du Conseil d’administration du mouvement patronal entreprises du Cameroun (eCam) revient sur les premières journées Cameroun-france qui se sont tenues de manière virtuelle les 16 et 17 juin dernier. Avec défis actuels, il évoque également la situation économique du pays et l’environnement des tpe, pmi/pme…Lire la suite

réalisée par Tatiana Meliedje

Douala et ses grands maux

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Des activités informelles comme le moto-taxi et les petits commerces créent dans la ville un désordre général et lui donnent un piètre visage.


Douala donne l’air d’un marché à ciel ouvert. Des activités commerciales de toutes sortes jonchent les abords des routes. Dans plusieurs quartiers, des marchés spontanés ont vu le jour de manière anarchique. Une situation qui date. Depuis des décennies, de nombreuses personnes, d’horizons divers font continuellement une ruée vers la capitale économique dans l’optique d’y trouver un emploi ou de développer une activité. D’après des chiffres de la Communauté urbaine de Douala, la ville accueille tous les mois environ 10 000 personnes. La plupart d’entre elles se déversent dans des activités informelles, dont ces commerces installés sur le domaine public. Les petits commerces, la vente à l’étalage sur les trottoirs, la restauration, les salons de coiffure, les garages etc se superposent et obstruent les voies. Les piétons sont obligés de partager la chaussée avec les véhicules, faute de trottoirs.

Le transport de masse

Un autre secteur à l’origine du désordre urbain, c’est celui des moto taxis. Ce mode de transport qui a vu le jour après les villes mortes est aujourd’hui incontournable dans la ville de Douala. On dénombrerait à ce jour plus de 35 000 conducteurs de moto dans la capitale économique selon certaines estimations. Si ce moyen de transport répond aux besoins de chômage mais aussi de mobilité parce qu’il permet de rallier facilement divers points de la ville, il reste cependant problématique. Face à une certaine tolérance administrative, cette activité s’est développée dans l’illégalité et pose de nombreux problèmes. Les conducteurs de moto taxis, sont très souvent impliqués dans des cas d’agressions ou de cambriolage. On leur reproche également d’évoluer pour la plupart en marge de la réglementation. Non port du casque, défaut de plaque d’immatriculation, pas de police d’assurance, ils ne respectent pas le code de la route et sont de ce fait à l’origine de nombreux accidents de la circulation. Le secteur des moto taxis est davantage non maîtrisé ces dernières années avec l’arrivée des déplacés internes et externes en provenance des zones de conflit. Les syndicalistes disent organiser des sessions de sensibilisation et de formation de leurs membres toutes les deux semaines et les aider à obtenir des permis de conduire. Mais ce secteur reste mal organisé. Plusieurs initiatives ont été prises par le passé visant à assainir ce secteur, mais sans succès. L’actuelle équipe de la mairie de la ville envisage à son tour de réguler ces activités qui occasionnent un désordre dans la ville.

Santé : Malachie Manaouda présente les avancées

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Le ministre de la santé répondait aux questions des députés le 23 juin dernier


La mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU) était annoncée pour le premier trimestre 2021. Rendu au second semestre le projet est loin d’être effectif. Le 23 juin dernier la question a fait l’objet d’une séance plénière spéciale à l’Assemblée nationale…La suite

Austsino va construire le chemin de fer Mbalam-Kribi

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En collaboration avec bestway finance limited, les deux partenaires chinois ont signé le 25 juin dernier un protocole d’entente avec le ministre des transports et celui en charge des mines.


Une décennie d’impasse est en train d’être tournée sur le projet d’exploitation du fer de Mabalam. Le 25 juin dernier, le gouvernement a conclu avec AusSino Ressources Group Limited et Bestway Finance Limited, un accord d’entente relatif à la construction du chemin de fer reliant Mbalam dans le Haut-Nyong, département de l’Est, à Kribi, dans le Sud. Ce chemin de fer long de 540 Km permettra d’exporter le fer de Mbalam via le port de Kribi, dont, la construction du port minéralier de 100 millions de tonnes par an est en projet.

Ce mémorandum d’entente a été signé par le ministre des Transports, Ernest Massena Ngalle Bibehe et le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique Gabriel Dodo Ndoke.

Par cet acte, les partenaires privés chinois AustSino Resources Group Limited et Bestway Finance Limited, s’accordent à injecter 10 milliards de dollars, soit environ 5 495 milliards de francs CFA dans ce projet, dont le début des travaux est prévu pour fin 2021, a-t-on appris au cours de la cérémonie de signature des accords. Le concessionnaire Sino-australien AustSino Resources Group Limited s’est allié au fonds d’investissement Bestway Finance Limited qui détient déjà des actions dans l’entreprise Sangha mining development limited. Cette dernière est propriétaire d’une licence de l’État congolais sur le projet Mbalam-Nabeba. Pas étonnant donc que cette signature d’accord intervienne quelques semaines après la visite officielle effectuée par le ministre d’État, ministre des Mines et de la géologie de la République du Congo, auprès du président de la République du Cameroun, le 31 mai dernier. Projet vieux d’une dizaine d’année, il concerne l’exploitation du gisement de fer de Ballam à haute teneur avec une ressource d’environ 700 millions de tonnes de minerai de fer, mais aussi, la construction d’un chemin de fer de Mbalam pour le port de Kribi (540 Km), de même que la construction d’un terminal minéralier. Son démarrage avait jusqu’ici été retardé du fait entre autres, des difficultés du partenaire australien Sundance Resources Limited, en charge de son exploitation depuis 2016, à trouver des moyens financiers et techniques pour l’implémenter. AustSino Resources Group Limited et Bestway Finance Limited annoncent le début de l’exploitation des trois gisements de fer de MbalamNabeba dès 2024. 20 000 emplois directs et indirects sont attendus du projet. Étaient aussi présents à cette cérémonie le ministre du Travail et de la sécurité sociale, la ministre de la promotion de la Femme et de la Famille, la ministre délégué à la présidence de la République chargé du Conseil supérieur de l’État, le ministre des forêts et de la faune, le Ministre délégué auprès du ministre des Transports, le secrétaire d’État auprès du ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique, le directeur général du Port autonome de Kribi, le directeur général de la Société nationale des Mines (Sonamines).

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