Pour le ministre de Finances, il est important d’échanger sur les difficultés à rendre les décisions pour blanchiment d’argent.
Que fait l’Anif pour améliorer les évaluations conduites au Cameroun, en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ?
L’Anif s’est résolument mis au travail en fournissant autant de renseignements que possible aux autorités de poursuites. Le rapport note en effet que : « de manière générale, les autorités compétentes camerounaises ont un large accès aux renseignements financiers disséminés par l’Anif». Le rapport continue et je le cite à nouveau : « les renseignements financiers reçus de l’Anif sont de bonne qualité ». Toutefois, le rapport du Gabac mentionne que : « Malgré le nombre important de renseignements financiers et autres informations à disposition des autorités d’enquêtes et de poursuites, le pays ne compte que deux poursuites de blanchiment non abouti ». La mission conclut enfin que « ce faible taux de poursuites pourrait s’expliquer par l’insuffisance d’expertise des autorités pour le traitement des dossiers de blanchiment». D’où la nécessité de former ces magistrats…Il paraît nécessaire de réunir les différentes autorités de poursuites, pour discuter, échanger sur les raisons et les difficultés éventuelles à rendre les décisions pour blanchiment d’argent, alors même qu’il nous revient que les rapports de l’Anif font l’objet d’une exploitation, mais orientée vers les infractions sous-jacentes.
Quel impact a le blanchiment de capitaux sur l’économie camerounaise ?
Les conséquences néfastes du blanchiment des capitaux sur notre économie et notre système financier me semblent facilement compréhensibles. Mais permettez-moi de relever plus particulièrement les conséquences graves du financement du terrorisme qui menace la stabilité et la sécurité de notre pays. Nous vivons tous, de façon suffisamment regrettable et déplorable ces conséquences avec les incursions de Boko Haram dans la partie septentrionale, les graves exactions commises par les sécessionnistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ou encore le climat d’insécurité installé dans la région de l’Est par les groupes rebelles venant de la RCA. A côté de la nécessité de préserver l’économie nationale, d’assurer l’intégrité du circuit économique, de garantir la réputation, la transparence et la crédibilité de notre pays, en extirpant des circuits financiers, les fonds dont l’origine est criminelle, il y a un impératif catégorique, celui d’assurer la sécurité de notre pays et pour cela, chaque acteur doit jouer pleinement son rôle. Les professions assujetties qui doivent transmettre les informations à l’Anif. L’Anif qui doit les analyser et les transmettre aux autorités d’enquêtes et ces derniers qui doivent mener des enquêtes et rendre des décisions et surtout confisquer les produits du crime.
Une formation a été organisée à leur intention le 16 mars à Yaoundé. Objectif : leur permettre de prendre une longueur d’avance sur les criminels, pour combattre efficacement ce fléau.
En 2020, le Cameroun a achevé sa première Evaluation Nationale des Risques (ENR) en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Celle-ci a révélé que les risques de blanchiment d’argent au Cameroun ont un niveau« élevé ». Ce niveau de risque national est la conséquence de la menace nationale qui a été notée « élevée », tandis que la vulnérabilité nationale est jugée « moyennement élevée ».Le financement du terrorisme quant à lui a été évalué à un niveau de risque« élevé du fait de la notation combinée de la menace « élevée » et de la vulnérabilité dont le taux a été jugée « moyennement élevé ».
L’un des facteurs les plus importants identifiés au cours de cette évaluation comme source de vulnérabilité, est une quasi-absence d’enquêtes, de poursuites et de jugements des crimes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. La seconde évaluation a été conduite parle Groupe d’Action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (Gabac). Il s’agissait de l’évaluation mutuelle du dispositif juridique et institutionnel de lutte contre le blanchiment des capitaux et contre le financement du terrorisme. Ici, les conclusions sont assez « satisfaisantes » pour ce qui concerne le dispositif mis en place par le gouvernement.
Dans ce sens, l’équipe de l’ENR (constituée des Magistrats de l’ordre civil et militaire et des Officiers de Police Judiciaire de la Police et de la Gendarmerie Nationale) a recommandé la formation urgente des autorités d’enquête et de poursuites dans la gestion des dossiers de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. La première phase de cette formation qui sera organisée en quatre étapes, suivant la régionalisation qui subdivise le territoire en quatre zones, a débuté le 16 mars à Yaoundé, sur le thème : « la gestion des dossiers de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme par les autorités d’enquête et de poursuite ». Les autres étapes phases suivront. A terme, ces travaux permettront de renforcer la collaboration entre l’Agence nationale d’investigation financière (Anif) et les autorités de poursuites ; l’enrôlement des rapports d’investigation de l’Anif par les autorités judiciaires et les services d’enquêtes, les poursuites, les condamnations pour blanchiment et financement du terrorisme et la coopération entre les acteurs nationaux en matière de répression des crimes de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, et la mise en œuvre des mécanismes de gel, saisies et confiscations des biens issus du blanchiment des capitaux et ou en rapport avec le financement du terrorisme.
FLUX FINANCIER DE 124 MILLIARDS EN 2020
Le rapport d’activité 2020 de l’Agence nationale d’investigation financière indique que 232 dossiers ont été transmis aux juridictions compétentes pour les infractions de corruption, détournements de deniers publics, de scamming, faux et usage de faux, trafic divers, financement du terrorisme, escroquerie, fraudes diverses pour un flux financier de 124 milliards FCFA. A noter que le Cameroun a adopté une approche globale en matière de blanchiment des capitaux, par laquelle tous les actes incriminés dans la législation et la réglementation interne constituent des infractions principales. Le pays s’est doté d’un cadre légal pour la lutte contre le blanchiment des capitaux avec le règlement n°01/Cemac/Umac/Cm portant prévention et répression du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme et de la prolifération en Afrique Centrale. Ce règlement s’inspire, pour une grande part, des dispositions du Groupe d’action financière (Gafi) et Gabac.
Au niveau interne, le décret n°2005/187 du 31 mai 2005 portant organisation et fonctionnement de l’Anif contient des dispositions sur l’identification des clients. Les articles 36 à 38 du Règlement CEMAC permettent la vérification des virements électroniques et la conservation des documents par les institutions financières.
Le cadre légal se trouve matérialisé par l’adhésion du Cameroun à certains regroupements de lutte contre le blanchiment des capitaux tels, la Police Criminelle (Interpol) et du Groupe Egmont des cellules de renseignements financiers.
Les stocks de farine de blé ne permettront pas d’approvisionner le marché au-delà d’avril 2022 selon le Gicam qui souligne que les pertes des meuniers sont estimées à plus de 10 milliards de FCFA entre octobre 2021 et février 2022.
Les camerounais devront se préparer à subir de nouveaux changements dans leurs habitudes alimentaires. Après une hausse du prix de la baguette de pain, les entreprises importatrices de la farine de blé craignent à court terme une pénurie. Le cours du blé ne cesse de grimper avec la guerre russo-ukrainienne. Ce qui s’ajoute aux problèmes nés de crise liée au covid qui a occasionné depuis la hausse des coûts de production des entreprises. D’après le Gicam, le coût moyen de production pour un sac de 50 kg de farine est passé de 20000 à 23 000 FCFA entre décembre 2021 et mars 2022. Or, au même mois l’année dernière, ce coût pour 50kg était de plus de15.700 F.CFA et le coût de revient avoisinant 17.000 F.CFA. Mais en décembre 2021, le coût de production est passé à 21.300 F.CFA et le prix de vente du sac de farine de 50kg à 19.000 F.CFA. Ce qui fait des pertes cumulées de 11 milliards F.CFA d’octobre 2021 à fin février 2022 2021.
Le gouvernement vient d’autoriser un ajustement de 5000 F CFA sur le sac de farine de 50 kg pour le faire passer de 19 000 à 24 000 francs. Mais jusque-là, les meuniers indiquent un risque de pénurie dans le court terme. Ils font savoir que les stocks ne permettront pas l’approvisionnement du marché au delà du mois d’avril prochain. Ce qui pourra aussi occasionner une pénurie du pain, la farine de blé étant la principale matière première pour sa fabrication. Cette pénurie interviendra donc à peine un mois après l’augmentation du prix du pain. Car depuis le 16 mars dernier, les nouveaux tarifs sont affichés dans les boulangeries. Aucune gamme de pain n’a échappé à l’augmentation qui est d’une moyenne de 25 Fcfa. Le pain le plus consommé, à savoir celui de 200G passe donc de 125 francs à 150 FCFA et sera concédé à 120 francs aux grossistes tandis que le 320 G habituellement vendu à 200 francs coûtera désormais 250 francs. Ceci à la grande surprise des consommateurs qui avaient jusqu’ici eu l’assurance des autorités de ce que les négociations en cours avec les différents acteurs permettraient d’éviter la répercussion des coûts de production sur le prix de vente.
Si officiellement, le Ministère du commerce dit n’avoir pas donné son« feu vert pour une quelconque augmentation », le syndicat patronal des boulangers du Cameroun tente d’expliquer qu’il ne s’agit pas d’une véritable hausse. « Par souci de la paix sociale, les boulangers n’ont pas demandé l’augmentation du prix du pain mais ont demandé qu’on revienne sur le prix de 2009 qui était de 150 francs. En 2009 le prix du blé avait baissé et on avait décidé de faire passer le prix du pain de 150 à 125 francs » , précise le président national de ce syndicat, Jean claude Yipemou Kapwa. De toute évidence, une concertation a eu lieu il y a quelques jours entre le gouvernement, les boulangers et les meuniers. Ces derniers demandent une restriction des exportations de farines, pour tenter de combler la demande nationale et peut être retardé la pénurie.
Théodore Toko Dikongue, Directeur des Aménagements PAD
Le Directeur des Aménagements du Port Autonome de Douala donne les raisons d’une réappropriation par l’autorité portuaire de Douala-Bonabéri, de son domaine d’Essengue.
Monsieur le Directeur, que se passe-t-il à la zone aval du Port de Douala-Bonabéri au lieu-dit Essengue ?
Dans la mouvance du vaste programme de rénovation, de modernisation et de développement du Port de Douala-Bonabéri, l’Autorité Portuaire de Douala a entrepris, tel que le prévoit son schéma directeur, d’investir dans la zone portuaire aval. Sont au menu dans l’immédiat, la construction d’une voie de contournement de 5 km permettant d’évacuer massivement et rapidement des marchandises du port vers la route nationale n°3, et vice versa, 10 km des voies de dessertes pour la fluidification du trafic routier dans l’enceinte portuaire, des aires de stationnement des camions poids lourds, l’installation et le développement des industries pourvoyeuses de richesses, d’emplois, et génératrices du trafic portuaire en terme de marchandises tant à l’import qu’à l’export, et bien d’autres projets. C’est ça la vocation d’un port qui se veut attractif, compétitif et performant. En somme, il s’agit de transformer Essengue en un véritable complexe industrialo-portuaire. Mais, pour ce faire, les populations qui se sont installées de manière anarchique dans ce domaine public portuaire, doivent impérativement libérer au plus vite, compte tenu du lancement imminent des travaux annoncés supra. Il n’est pas superflu de stigmatiser le fait que les populations d’Essengue ont toujours été prévenues et ce, depuis plus de cinq ans, avec des rappels et sensibilisations constants de quitter sans délai cette zone, de peur que le jour de leur déguerpissement ne tombe sur elles comme un couperet. En effet, le Port de Douala-Bonabéri repose sur un domaine foncier d’environ 1000 hectares, dont 500 se situent à Essengue. Il s’agit donc, comme je l’ai précisé, d’une zone logistique et industrialo-portuaire du port de Douala-Bonabéri destinée à héberger des établissements classés dangereux, insalubres ou incommodes et par conséquent donc incompatible à l’habitation. En guise de rappel, une première opération de déguerpissement avait eu lieu en janvier 2018 sous l’égide et l’encadrement du préfet du Wouri et a permis la construction d’une route longue de 2,5 km partant du carrefour Maersk-Transimex jusqu’à la cimenterie MIRA. Celle-ci, fonctionnelle depuis 2019, a permis de créer de la valeur dans la zone, ainsi que des emplois directs et indirects, et contribue irréversiblement au désengorgement routier et à la fluidification du trafic.
Où en est-on avec le contrat de la route en zone aval devant aboutir sur la nationale numéro 3 ?
Le contrat de construction de cinq km de différentes voies de dessertes en zone aval ainsi que la construction de cinq autres kilomètres de voie de contournement ayant pour origine, la rue de la Marine Nationale et pour extrémité le monument du soldat du cinquantenaire au carrefour Youpwe, près de la station-service Bocom a été conclu et signé avec l’entreprise Estia Synergie Cameroun, partenaire exclusif d’OPIS AG dépositaire de la technologie innovante Novocrete réputée pour la robustesse et la longévité des routes sur les terrains marécageux et difficiles. Le contrat de la Mission de contrôle pour la surveillance de ces travaux, a également été signé avec l’entreprise Creaconsult. Les travaux de construction de ces dix kilomètres de route au total, à l’aide de la technologie innovante Novocrete, ont déjà démarré par l’installation du chantier et sa base vie, les premiers travaux de terrassement sur les voies de dessertes sont déjà en cours. Quant à la voie de contournement, la nécessité impérieuse de déguerpir les habitations situées sur son emprise s’impose. Il s’agit d’une équation à résoudre absolument, et alors urgemment, afin d’éviter l’engorgement, l’étouffement et la perte de vitesse du Port de Douala-Bonabéri, poumon économique du Cameroun, et, par ricochet sa perte de performance dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Les populations d’Essengue doivent sauver notre économie en libérant au plus vite la zone et éviter des situations indésirables. Le Port Autonome de Douala, reste ouvert et prêt à les accompagner pour leur départ sans heurts.
Quid de la zone de Youpwe ? Le PAD aurait abandonné certaines zones pour la préservation de la paix sociale, compte tenu des ombreux investissements et la densité humaine qui y est installée ?
Dans cette zone, il s’agit de faire passer la clôture de sécurisation. Le PAD a ainsi reconfiguré le tracé de cet élément de sécurisation de l’espace portuaire. Malheureusement certaines populations pas nombreuses se trouvent sur les emprises. Ce sont celles-là qui sont concernées par la libération. D’autres se retrouveront après le passage de la clôture dans l’enceinte portuaire. Le PAD leur donnera un temps pour que les uns et les autres préparent leur départ.
Certaines populations demandent des mesures d’accompagnement. Le Port Autonome de Douala est-il attentif à cette sollicitation qui peut relever de l’humanitaire ?
Dans un souci d’humanité justement, pour la préservation de la paix sociale et l’atténuation des traumatismes éventuels dus à ces opérations, le Port Autonome de Douala, conformément aux missions d’appui aux activités de développement durable local, social et culturel des communautés riveraines contenues dans le décret du 24 janvier 2019 portant réorganisation du PAD, reste disposé à procéder à l’accompagnement social initialement proposé, sous réserve de l’identification formelle des bénéficiaires éventuels. Et le Directeur Général a donné des instructions dans ce sens à ses équipes impliquées dans ce processus.
Situé dans la zone portuaire aval du Port de Douala, cet espace va contribuer au développement des industries pourvoyeuses de richesses, d’emplois et de trafic portuaire.
Le Schéma directeur du Port Autonome de Douala (PAD) comporte un ambitieux programme de développement des infrastructures et superstructures du combinat portuaire de Douala-Bonabéri. Le but recherché étant d’arrimer la plateforme aux standards internationaux du secteur et d’en faire un véritable catalyseur de croissance de l’économie nationale, comme l’avait souhaité le président de la République le 6 octobre 2011 dans la capitale économique du pays. « Douala doit être « le port » de référence dans le Golfe de Guinée », dixit Paul Biya. Pour mettre en œuvre ce vœu présidentiel, mais surtout maintenir sa compétitivité et sa performance dans un environnement concurrentiel dans le Golfe de Guinée, l’autorité portuaire de Douala-Bonabéri a décidé d’investir dans la zone portuaire aval située plus précisément à Essengue et Youpwe. Objectif : faire de ce domaine public portuaire, un véritable complexe industrialo-portuaire. C’est ainsi que pour une meilleure fluidité dans l’espace portuaire, de nombreux chantiers ont été lancés et d’autres achevés. Il s’agit notamment des projets de : la construction de 5 km de voie de contournement (du carrefour restaurant « Les mangroves », pour le carrefour du « marché des fleurs », avant de tourner vers la droite, pour être parallèle à la Route Nationale N°3 jusqu’au rond-point du « monument du Soldat du cinquantenaire » à l’entrée de Youpwè) ; la construction de 10 km cumulées de voies de dessertes à l’intérieur de la zone industrialo-portuaire d’Essengue.
Il est également question de la construction de 20 000 m2 de parking pour véhicules de type poids lourds entre la Route Nationale N°3 et la voie de contournement entre le carrefour « marché des fleurs » et le « monument du soldat du cinquantenaire ». Et aussi l’aménagement : d’une zone de parking à Essengue de 5 hectares pour véhicules et camions afin de libérer les emprises portuaires; de 10 hectares pour base logistique et parkings poids lourds à Essengue ; de la zone industrialo-portuaire à Essengue et les installations des amodiataires du PAD, vecteurs de l’accroissement du trafic marchandises pour le port de Douala-Bonaberi. Selon des sources au PAD, tous ces projets devraient contribuer à faciliter l’installation et le développement des industries pourvoyeuses de richesses, d’emplois, et génératrices du trafic portuaire en terme de marchandises tant à l’import qu’à l’export.
L’expert certifié Onudi en diagnostic et mise à niveau des entreprises explique la recommandation du FMI et son implication pour l’Etat du Cameroun.
Le FMI recommande à l’Etat du Cameroun de signer des contrats de performance avec UBC et NFC comprenant un «cadre de gouvernance aligné sur les meilleures pratiques et une stratégie pour l’État de vendre ses actions ». Qu’est-ce que cela implique ?
La recapitalisation de ces deux banques par l’Etat du Cameroun est similaire à l’opération faite avec la CBC. Et actuellement il veut en ressortir pour vendre 83% de ses actions et rester un sleeping partner. C’est-à-dire sans véritable pouvoir de décision. Ce que le FMI demande à l’Etat en termes de contrat de performance nous rappelle l’époque des plans d’ajustements structurels. Pour toute entreprise d’Etat ou entreprise à participation publique, on avait demandé à l’Etat de signer avec elle le contrat de performance. Ainsi L’Etat accordait des subventions sur la base de certaines conditionnalités. Et ces conditionnalités portaient par exemple sur le recrutement des cadres, la diversification des fournisseurs etc . Ce contrat de performance va par exemple pousser l’Etat à renouveler le personnel à la tête de ces banques qui cherchent à sortir la tête de l’eau depuis plusieurs années. Il va permettre de chercher des personnes capables de lui apporter des résultats. Lorsqu’on assiste à la sur bancarisation des années 80 c’était dû au fait que l’Etat était pratiquement actionnaire dans toutes ces banques et on observait des insuffisances dans la gestion. L’Etat avec son pouvoir de force publique se retrouve parfois dans un secteur commercial et a tendance à balayer d’un revers de la main les canons du métier, les usages qui ont cours et les leviers qu’il faut activer pour gagner en compétitivité. Donc le Fmi lui rappelle que le secteur bancaire est un secteur concurrentiel. Rendez vous que toutes les entreprises qui sont entrées en administration provisoire ont fini dans la faillite. Par ce qu’on prenait parfois quelqu’un dans un ministère pour le nommer administrateur provisoire, et vous savez que lorsqu’on parle d’administration provisoire à lui tout seul sont confiés tous les pouvoirs des trois organes de gestion d’une entreprise moderne. Le Directorat, le conseil d’administration et l’assemblée générale. On lui donne tellement de pouvoirs pour gérer la boite au point où généralement il ne pense qu’à son ventre.
Comment comprendre cette recommandation du FMI? Qu’est-ce qui motive cette injonction?
Le Cameroun au mois de Juin 2017 a bénéficié de ce qu’on a appelé la facilité élargie de crédit n°1 d’un montant de 666 millions de dollars au guichet du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et l’augmentation de la croissance. Elle a été renouvelée au mois de mai 2011 à hauteur de 385 milliards. Le Cameroun est sous programme avec le FMI et elle surveille de très près toutes les sorties d’argent ou les investissements. Et ce que le Cameroun a fait avec ces banques est un investissement en portefeuille, c’est-à-dire acheter les actions dans une entreprise. Le FMI n’est pas en train de demander à l’Etat de se désengager de ces banques. Elle est simplement en train de sonner l’alerte afin de rappeler l’Etat qu’il est sous programme. De ne pas oublier que les conditionnalités auxquelles il est soumis l’empêchent de se livrer à des déperditions de ressources. Le FMI a aussi besoin que l’Etat dispose des moyens pour rembourser les 666 millions de dollars qui ont été empruntés en 2017 pour trois ans et les 385 millions qui ont été accordés au Cameroun en mai 2021. Car par le passé, pour calculer la dette de l’Etat, on se limitait aux emprunts qui portent la signature de l’Etat ; mais depuis l’année dernière on intègre dans la dette de l’Etat tous les emprunts qui ont bénéficié de la garantie souveraine de l’Etat. Vous comprenez donc tout l’intérêt du FMI de surveiller tous les mouvements de fonds notamment les sorties du trésor public par ce qu’il pourra se retrouver face à un trésor public incapable d’honorer à ses échéances.
Y a-t-il des risques au plan économique lorsqu’un État prend part dans le capital des établissements privés ?
On se rend compte que l’Etat même actionnaire minoritaire a tendance à imposer ses choix à des postes de décisions. Dans certains cas également, il ne choisit pas de bons profils pour les postes. Il prend par exemple un inspecteur des affaires sociales pour le nommer directeur du crédit dans une banque. Ayant eu par le passé à s’afficher par ces comportements compromettant pour l’économie, on s’est dit que c’était là l’un des principaux risques de laisser l’Etat comme actionnaire dans une entreprise privée. Parce qu’il imposait des choix qui ne pouvaient pas conduire à la bonne performance des entreprises. Avec l’Etat le processus de prise de décision est aussi complexe. Ce qui peut amener à perdre des parts de marchés pour une entreprise commerciale.
L’institution de Bretton woods exige un contrat de performance dans le court terme avec les deux établissements de crédit, un an à peine après que l’Etat a injecté plus de 40 milliards dans ces structures.
A la première lecture, le Fonds Monétaire International craindrait une longue restructuration de deux banques privées camerounaises comme c’est le cas pour la Commercial Bank of Cameroon (CBC). Les services du FMI viennent de faire une déclaration au sujet de la restructuration de Union Bank of Cameroon (UBC) et National Financial Credit (NFC Bank). Ils recommandent de« signer des contrats de performance avec chacune des deux banques, comprenant un cadre de gouvernance aligné sur les meilleures pratiques et une stratégie pour l’État de vendre ses actions ». Une sortie qui intervient moins d’un an après que l’Etat ait intégré l’actionnariat des deux structures. C’est le 23 novembre 2021 qu’ Union Bank of Cameroon (UBC) a annoncé officiellement la prise de participations de l’Etat du Cameroun à hauteur de 54% dans son capital. Au même titre que la National Financial Credit (NFCBank), cette banque courrait le risque d’une faillite. Pour éviter leur liquidation alors envisagée par le régulateur de la sous région, l’Etat avait pris la décision d’accompagner la restructuration de ces banques en y injectant plus de 40 milliards de FCFA dans le capital des deux structures. Les détails de cette prise de participation sont contenus dans une lettre du18 février 2021, adressée au secrétaire général des services du Premier ministre par le Secrétaire général de la présidence de la République. Cette lettre évoque précisément« la prise en charge par l’Etat du coût de la restructuration à concurrence d’un montant ne pouvant excéder 29,1milliards de FCFA pour National Financial Crédit (NFC Bank) et 17,8 milliards de FCFA pour Union Bank of Cameroon (UBC)».
Cette opération avait été très vite comparée à celle qui a eu lieu avec la CBC dans laquelle l’Etat avait pris le contrôle de plus de 80% du capital. Or depuis plusieurs années, cet établissement de crédit ne s’est toujours pas relevé et le processus de désengagement de l’État est toujours encours. Certaines analyses voient ainsi dans la sortie du FMI, une alerte pour éviter que la NFC et UBC ne subissent le même sort. D’autres y voient cependant une démarche du FMI pour protéger le trésor public camerounais. Surtout que la prise de participation dans le capital de ces structures impliquait également le transfert des créances douteuses à la Société de recouvrement des créances (SRC).
Les Lions indomptables débutent les entrainements au stade de Japoma pour la préparation du match contre les Fennecs d’Algérie ce lundi 21 mars.
Le moteur est lancé. Rigobert Song et ses 27 poulains seront dès demain en stage bloqué au stade de Japoma, à Douala Cameroun. Quatre jours avant le coup d’envoi du match qui opposera les Lions indomptables du Cameroun au Fennec d’Algérie, les joueurs du nouveau sélectionneur de l’équipe nationale de football camerounais suivront deux séances entrainements intenses et diverses par jour afin de remporter le match aller prévu le 25 mars prochain dans le même air de jeu de Japoma.
Ce match d’une importance capitale est la toute première rencontre officielle entre le nouveau staff technique des Lions Indomptables et les joueurs et offrira l’ultime chance aux Lions indomptables de décrocher un ticket d’entrée pour participer à la Coupe du monde Qatar 2022 qui se déroulera du 21 nombre au 18 décembre 2022.
Elle a été retrouvée morte sur son lit à son domicilece 19 mars 2022
La victime s’appellait Faith Ngafi. Originaire de la région du Nord-Ouest, la jeune fille âgée de 24 ans a été retrouvée nue morte et poignardée à plusieurs reprises au cœur, affirme les autorités compétentes de la ville présentes sur les lieux.
L’histoire relate que Faith Ngafi ne répondait plus aux appels ni aux messages de sa famille. C’est ainsi que le frère et la cousine de la victime ont décidé de se rendre directement chez leur sœur. Loin d’imaginer une scène pareille, les deux les frères de la victime découvrent le corps sans vie de leur sœur Faith.
Les premières informations données par la police, indiquent que Ngafi Faith a été violée dans son lit et ensuite sauvagement tuée. Difficile pour le moment de connaitre les raisons de ce meurtre atroce.
Faith Ngafi avait du quitter son village d’origine pour se rendre dans la ville de Bafoussam à cause de la grève qui sévit depuis plusieurs années dans les zones anglophones. La victime était loin d’imaginer que cette ville serait la réalité du plus grand cauchemar de tout être humain.
Il a été reconduit ce jour au cours d’un vote qui a fait l’unanimité dans la salle de l’immeuble du Palais des Congres.
C’est connu. Cavaye Yeguié Djibril est le nouveau président de l’Assemblée nationale. Il a été reconduit au cours du vote qui s’est tenu ce vendredi 18 mars 2022 au Palais des Congres. Il bat ainsi son principal adversaire en lice Jean Michel Nintcheu. Sur 161 votants, 148 ont voté pour le président sortant lorsqu’un seul membre de l’Assemblée a jeté son dévolu pour le candidat principal opposant et député au SDF. Au cours de ce grand vote 12 personnes sont restées neutre face à la candidature pour la présidence des deux hommes qui à la base sont politiquement opposés.
Cavaye Yéguié Djibril aura ainsi pour principal mission de nommer tous les autres membres du Bureau définitif pour le compte de l’année législative en cours. En détails, il s’agira d’un premier vice-président, de 16 vice-présidents, quatre questeurs et de 12 secrétaires. Rappelons que l’ex-nouveau président de l’institution chargée de faire la loi et de contrôler le gouvernement né en 1940 dirige cette dernière depuis 1992