mercredi, juin 10, 2026
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Infrastructures : 1 010,5 milliards pour finaliser les projets

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Infrastructures
autoroute Dla-Yde

L’Etat ambitionne de mettre en service des grands projets, afin que ces derniers contribuent efficacement au renforcement de l’appareil productif. Selon les projections, une dotation de 1 010,5 milliards sera alloué au secteur des infrastructures en 2023. Cette enveloppe sera essentiellement orientée vers : l’achèvement des travaux complémentaires de l’autoroute Yaoundé – Douala (phase 1) et la construction des voies de raccordement au réseau urbain de Yaoundé par Nkolbisson et à la Nationale N°3 par Boumnyebel ; l’achèvement des travaux de construction et de réhabilitation des routes nationales et régionales déjà engagées (Babadjou-Bamenda, Olama-Kribi, Batchenga-Ntui-Yoko- Lena -Tibati-Febadi (N°15) ; Sangmélima-Ouesso, Kumba Mamfé, Bamenda-Enugu, Yaoundé-Douala-Idenau (N°3) ; Mengong-Sangmelima, Nkolessong-Nding, Maroua- Bogo-Pouss, Ketta-Djoum, Entrée Est de Douala, pont sur le Logone) ; le démarrage et la poursuite des travaux de construction et de réhabilitation de certains axes prioritaires (Ring-road, Ebolowa-Akom IIKribi, Ngaoundéré-Garoua, Olounou Oveng, Lolabé Campo, etc.). Il va également s’agit de financer la réhabilitation de la voie ferrée Belabo-Ngaoundéré, et l’achèvement des études pour la construction des nouvelles voies (Cameroun-Tchad, Limbe-Douala, Douala-Ngaoundéré, Kribi-Edéa) ; la préparation du lancement des travaux de construction du Port de Limbé ; la construction de la voie de contournement de Yaoundé.

Louis Paul Motaze : « l’Etat va poursuivre son plan d’investissement dans tous les secteurs »

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Louis Paul Motaze
Louis Paul Motaze

«Les actions à mener en 2023 au sein des administrations publiques devront tenir compte des effets induits de la guerre en Ukraine sur notre économie, de la poursuite du plan de relance économique post-Covid-19 et du Programme Economique et Financier en cours de mise en œuvre avec l’appui de nos partenaires au développement. Elles devront viser l’accroissement de l’offre locale en produits de consommation de masse et en intrants destinés aux agro-industries (maïs, lait, poisson, sorgho, soja, patate, manioc, plantain, etc.). C’est dans cette même veine que l’appui effectué par l’Etat en direction des acteurs de ce secteur sera renforcé en 2023. Il conviendrait de signaler que cet appui sera étendu au cours des prochaines années à l’émergence d’autres industries locales, telles que la production pharmaceutique, la transformation du bois, la production du textile, etc.


Afin de contribuer plus efficacement à la réussite de cette politique, appelée à devenir une véritable cause nationale, les administrations des autres secteurs devront programmer dans leurs budgets, des actions visant à accompagner et à soutenir l’implémentation des projets financés dans ce cadre. Une cohésion et une complémentarité bénéfique devrait ainsi s’établir entre toutes les structures et entités publiques, afin de réaliser des économies de ressources et obtenir rapidement des résultats significatifs.


Si la poursuite de la mise en œuvre de la politique de l’import-substitution devra être la toile de fonds de l’action publique au cours de l’année prochaine, la réalisation des projets du Programme d’impulsion Initiale (P2I) sus-évoqué nécessitera la prise en charge optimale des mesures d’accompagnement des investissements liés à la réalisation desdits projets. C’est ainsi que le gouvernement s’emploiera dès l’exercice 2023 à renforcer de nouvelles stratégies de financement fondées sur le partage des responsabilités entre l’Etat, le secteur privé et les acteurs financiers et développées à travers les partenariats Public- Privé et l’approche dite de « financement de projet ».

«Il sera également nécessaire de contribuer à l’amélioration de la situation financière des entreprises et PME locales, en procédant au paiement de leurs arriérés et à la prise en charge des autres créances qu’elles détiennent sur l’Etat, afin de leur permettre de disposer d’une trésorerie nécessaire au financement des prestations qu’elles lui rendent.»


Il sera également nécessaire de contribuer à l’amélioration de la situation financière des entreprises et PME locales, en procédant au paiement de leurs arriérés et à la prise en charge des autres créances qu’elles détiennent sur l’Etat, afin de leur permettre de disposer d’une trésorerie nécessaire au financement des prestations qu’elles lui rendent. Enfin, il devient urgent de finaliser et de mettre en service les infrastructures réalisées au titre de tous les grands projets de première génération (routes, autoroutes, eau, énergie, télécommunications et transport), afin d’offrir un environnement propice à la conduite des projets identifiés. Au-delà de ces difficultés, le gouvernement sera également appelé à poursuivre son plan d’investissement en cours dans tous les secteurs et à relever le niveau des dépenses bénéfiques aux couches pauvres et défavorisées ».

Cameroun- Budget 2023 : l’État table sur 6 040,4 milliards

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Louis Paul Motaze

Sur la base des hypothèses macroéconomiques et des efforts envisagés par le gouvernement pour optimiser la mobilisation des ressources internes non pétrolières, ainsi que les financements potentiels qu’il pourrait mobiliser, le budget de l’Etat pour l’exercice 2023 est projeté à 6 040,4 milliards. Il est en hausse de 32,7 milliards en valeur absolue et 0,5 % en valeur relative par rapport à 2022. Selon le Document de Préparation Economique et Budgétaire (Dpeb) 2022-2025 du pays, les recettes pétrolières sont prévues à 696,2 milliards en 2023, en diminution de 109,8 milliards (-13,6 %) par rapport à 2022.

Avec la baisse du cours mondial du baril du pétrole qui passerait de 102 dollars US en 2022 à 89 dollars environ en 2023, la redevance SNH connaitrait une baisse de 211,4 milliards de FCFA passant de 706 milliards à 494,6 milliards entre ces deux exercices, malgré la reprise légère de l’activité dans le secteur pétrolier en 2023 contre 100 milliards de F CFA en 2022, compte tenu du paiement différé d’une partie importante de cet impôt avec un prix du pétrole à plus de 100 dollars US en 2022.


Du côté des recettes non-pétrolières, le document est clair, elles sont projetées à 3 707,8 milliards en 2023, en augmentation de 432,9 milliards (+13,2 %) par rapport à 2022, dont 408,6 milliards pour les recettes fiscales, et 24,3 milliards pour les recettes non fiscales. Cette augmentation résulte d’une part, de la dynamique de l’activité (201,1 milliards), et d’autre part, de l’hypothèse d’un effort fiscal de 0,8 % du PIB à réaliser en 2023 pour faire passer la pression fiscale à 12,6 % contre 11,8 % en 2022, soit 231,8 milliards de recettes supplémentaires. Cet effort est reparti entre différentes régies, dont 0,5 % pour la DGI (147,9 milliards), 0,26 % pour la DGD (74,0 milliards) et 0,04 % pour la DGB (10 milliards). A en croire Louis Paul Motaze, ministre des Finances, il reste ainsi attendu que ces efforts supplémentaires attendues des différentes régies reposent sur la mise en place effective des mesures nouvelles administratives et de politiques nécessaires. « Si ces hypothèses se réalisent, cela voudrait traduire que, le choix de l’Etat est d’augmenter les impôts et non de creuser le déficit », dévoile Emmanuel Yangam, ingénieur statisticien économiste.


Sources de financement


Quant aux dons, ils sont repartis en dons-projets et en dons-programmes. Ils sont projetés à 91,0 milliards en 2023, en baisse de 51,3 milliards par rapport à 2022 en rapport avec celle des décaissements des fonds C2D. Ces dons sont projetés à 104,6 milliards entre 2024 et 2025, soit une augmentation de 13,6 milliards (+14,9 %) par rapport à 2023. En clair, les ressources de financement de l’Etat sont constituées essentiellement des tirages sur emprunt. Elles se situeraient à 1 545,5 milliards en 2023 dont 273 milliards d’appuis budgétaires attendues dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau Programme Economique et Financier (PEF) suivi avec le FMI ; soit une diminution de 239, 1 milliards (-13,4 %) par rapport à 2022. Cette baisse des ressources de financement se justifie par la non disponibilité en 2023 du financement exceptionnel sur DTS, la diminution des emprunts intérieurs de 150 milliards environ, et le recul des budgétaires de 40 milliards.

Par Axel Abanda

Cameroun-Finances publiques : le gouvernement prépare son budget 2023

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Louis Paul Motaze

La loi de finances 2023 est en gestation. Un séminaire y relatif a été organisé par le ministère des Finances les 19 et 20 juillet 2022 à Yaoundé. Pas moins de cinq textes ont été passés au peigne fin au cours de ces travaux qui ont mobilisé de nombreux experts. Notamment, le contexte macroéconomique et les orientations de politique budgétaire pour l’exercice 2023 ; l’optimisation des recettes non fiscales ; la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) ; les éléments d’optimisation de la budgétisation en matière de dépenses publiques et l’amélioration de la qualité des documents budgétaires. Présidée par le ministre des Finances Louis Paul Motaze la cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence d’un aréopage des membres du gouvernement, ainsi que des présidents des Commissions des Finances et du Budget (CFB) de l’Assemblée Nationale et du Sénat, et des représentants des partenaires techniques et financiers.


Dans son propos liminaire, le patron des Finances a rappelé que la préparation du budget de l’Etat au titre de l’exercice 2023 se fait dans un contexte socioéconomique budgétaire morose, marqué par une contraction de l’activité économique, occasionnant ainsi une diminution des ressources propres de l’Etat. En conséquence, il a révélé que l’objectif poursuivi par le gouvernement au travers de la SND30 est la transformation structurelle de l’économie camerounaise, par le biais d’accélération d’une industrialisation.

« Le budget 2023 devra permettre à l’Etat de s’engager résolument dans une préparation de restriction et d’apurement de la dette intérieure due aux entreprises locales »

Louis Paul Motaze


Politique et stratégie


A ce titre, la politique d’import-substitution devra orienter les choix stratégiques et opérationnels, afin d’accroitre la production agricole et pastorale locale, ainsi que l’émergence des industries locales de production pharmaceutiques et de transformation du bois. Quant aux dépenses, la, priorité sera accordée à la mise en fonctionnement des grands projets de première génération, la mise en œuvre les recommandations formulées par nos partenaires au titre de la récente revue du Programme Economique et Financier (PEF) en cours, visant le renforcement de notre fiabilité extérieure. Aussi, la mise en route de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) et de la réforme de la commande publique. Mais également à la mise en place du programme de réduction des importations des denrées alimentaires (riz, mais, poisson, lait, mil/sorgho, blé…), pour améliorer la balance commerciale. « Le budget 2023 devra permettre à l’Etat de s’engager résolument dans une préparation de restriction et d’apurement de la dette intérieure due aux entreprises locales », souhaite Louis Paul Motaze. Face à ces orientations, le ministre a identifié certains défis pour un environnement socioéconomique permettant d’atteindre les objectifs fixés. Pour ce faire, il a souligné la nécessité de financer le plan de reconstruction et de développement des régions du pays affecté par des crises sécuritaires et politique, d’approfondir le processus de décentralisation, par une plus grande allocation des ressources budgétaires aux communes et aux régions. Pour clore son propos, le trésorier national a invité l’ensemble des administrations à contribuer pour que le projet de loi de Finances soit déposé dans des délais qui facilitent son exploitation par l’Assemblée Nationale et le Sénat.

Par Axel Abanda

Honorable Koupit Adamou, député UDC : « L’augmentation du carburant va entraîner une inflation généralisée »

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Hon.Koupit Adamou

«il faut d’entrée de jeu dire que le prix du carburant à la pompe est un paramètre structurant de la politique publique. Sa modification, surtout lorsqu’elle est dans le sens de l’augmentation, va inévitablement entraîner une inflation généralisée et produire des effets redoutables sur les plans socio-politiques et la stabilité du pays surtout dans ce contexte où la population commence à être essoufflée par la vie chère. Comme rien ne vaut la paix, aucun prix financier ne saurait être de trop pour éviter de la perdre. Notre pays est dans un contexte socio sécuritaire et politique très délicat qu’il ne faut prendre aucun risque d’indélicatesse. Ce que la suppression de la subvention risque coûter à notre pays, pourrait être beaucoup plus lourd à supporter que le maintien de cette subvention en attendant d’inscrire celle-ci dans le moyen terme. Cependant il est impertinent que l’Etat continue à payer le carburant aux personnes et institutions relativement bien nanties et donc hors de la précarité. Mais il me semble pratiquement difficile d’installer une discrétion des prix à la pompe en fonction des statuts socioéconomiques des constructeurs, une pratique des prix aux faciès. Le Gouvernement peut simplement cibler les concernés et leur appliquer une taxe forfaitaire sur leurs lignes de dépenses liées à la consommation du carburant et lubrifiant, facilement identifiable dans les DSF de chaque entreprise ou opérateurs économique, et exiger une dotation forfaitaire en faveur de l’Etat, à consentir par les Missions Diplomatiques installées au Cameroun.».

Idriss Linge, journaliste : « on peut maintenir une faible subvention, et avoir des prix de l’essence qui ne s’affolent pas »

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Idriss Linge

«La question de la restructuration des prix des produits pétroliers à la pompe se pose bien avant la pénurie actuelle qui est mondiale. Bien avant les taxes, il y a déjà le coût d’acquisition de produits pétroliers sur le marché international. Si on fait confiance à la nomenclature des prix de juillet 2022 publié par la CSPH, le prix d’achat du produit est actuellement estimé entre 692 FCFA et 705 FCFA. La première chose à faire par le gouvernement est déjà de présenter clairement quels sont ses arbitrages et pourquoi nous sommes contraints de payer aussi cher nos carburants. Est-ce que la prime accordée aux traders est justifiée lorsqu’on sait que l’un d’entre eux a avoué avoir corrompu des membres de l’administration pour avoir des contrats ?


Ensuite oui vient la question des taxes. Je suis d’avis qu’on paye les manutentions sur le port de débarquement. Mais Lorsqu’à l’entrée on a une TVA de 140 FCFA à 162 FCFA par litre cela fait beaucoup. Les éléments qui constituent le prix du carburant montrent clairement qu’on peut maintenir une faible subvention, et avoir des prix de l’essence qui ne s’affolent pas. Après la vérité c’est qu’une part importante de ce marché se déroule désormais à l’international maintenant que la SONARA est en difficulté et les marges du gouvernement sur ce créneau sont difficiles. Toutefois, s’il se montre suffisamment transparent sur ses processus, l’opinion pourra mieux comprendre toute décision qui sera prise. Une autre option consisterait aussi à avoir des subventions ciblées, mais évidemment dans le contexte camerounais cela est complexe et ouvrirait de suite la porte à des actes de corruption.».

Martin Eyebe Soppo, économiste : « il faut créer des flux financiers qui vont générer d’autres valeurs monétaires »

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Pétrole
Martin Eyebe Soppo

UNE ÉBAUCHE SUR LES MARCHÉS PÉTROLIERS ET LES APPROVISIONNEMENTS DES PRODUITS RAFFINÉS IMPACTANT LES MÉNAGES AU CAMEROUN PRODUCTEUR DE PÉTROLE.

Pour tout ménage camerounais, les approvisionnements des produits raffinés, dans le secteur pétrolier, jouent un rôle important, tant ces produits, destinés à la consommation courante, sont impactés, soit : par les systèmes de transport, surtout maritimes, nécessitant un ravitaillement en gasoil ; soit par des besoins d’énergies nécessaires à l’industrie le gasoil occupant une place de choix, l’éclairage par les lampes de pétrole est également touché ; soit, globalement, sur les produits, de première nécessité, victimes de la perturbation de la cadence des cargaisons des navires aux ports de Douala et Kribi. Mais, à mon humble avis, pour tenter de comprendre pourquoi notre secteur économique est, autant, impacté, il serait peut être souhaitable de se pencher un peu plus sur un état des lieux constaté de la situation globale de ce marché. Nous allons voir, ensemble, quelques paramètres géo stratégiques qui influencent notre vie ; puis, enfin, voir ce qui peut être préconisé afin que la situation des subventions, tel que précise le ministre des finances avec raison, ne perdure pas.


Globalement, la plupart des pays producteurs de pétrole sont aussi acheteurs sur les mêmes marchés. Cela assure la liquidité pour le bon fonctionnement du marché financier des instruments de paiement de première utilisation tels que les lettres de crédits commerciales et leurs garanties d’exécution que sont les « Performance Bond », puis les instruments dérivés de deuxième utilisation que sont les options de couvertures à termes, ou en « cash fund ». Pour étayer ce mécanisme nous allons prendre comme modèle deux blocs de pays producteurs différents pour illustrer notre propos dans une approche technique simplifiée : Les USA et Les Emirats. Les USA ont l’une des plus grosses réserves mondiale de pétrole, ils sont en même temps l’un des plus gros acheteurs aux Emirats. Ils vont utiliser des mécanismes d’arbitrage pour gérer les écarts types entre leur réserve (la valeur réelle de leur réserve) et leurs achats de pétrole brut (par lettre de crédits commerciales) pour faire tourner leurs industries de raffinages. Ils vont couvrir ces achats de brut sur les marchés à termes (avec des instruments financiers à termes) pour maitriser les taux, les cours qui leurs permettent de diminuer les pertes potentielles sur les achats de brut ; tout en exécutant des contrats d’approvisionnement, dans le même esprit, sur du long, moyen, court terme ou spot dans d’autres pays producteurs. Les USA assurent ainsi la rotation de leurs industries de raffinage pour animer le marché des approvisionnements chez eux et éventuellement dans le reste du monde à travers leurs raffineries. -Les Emirats ont, à peu près, le même schéma dans une autre approche variante. Ils vendent leur pétrole, ils se couvrent sur le marché à terme par des contrats acheteurs ; puis, ils achètent le pétrole brut lourd pour des besoins énergétiques en se couvrant sur les marchés à termes par des contrats ventes à termes. Ils créent ainsi des écarts types très importants qui génèrent des flux financiers énormes. Dans notre pays, le Cameroun, sans faire la politique dont nous ne connaissons pas ses règles; nous pouvons constater que nous avions aussi une approche qu’on peut aimer ou pas, qui évoluait, d’une certaine manière, selon les mêmes principes.


Notre outil de production SONARA avait un process de traitement qui raffinait le pétrole brut léger, alors que nos puits produisent beaucoup plus du pétrole brut lourd, d’où les approvisionnements sur le pétrole léger du Nigéria. Ceci pourrait se traduire, sauf erreur de ma part, par une faible importation de produits raffinés puisque nous produisons tout de même en réalisant une marge conséquente pour satisfaire notre demande interne. Le fait que cette industrie ne soit plus en activité, suppose que la faible partie des importations augmentent, puisqu’on va faire appel au marché international des approvisionnements à travers les « marketeurs ». Cet état de chose crée un déficit ou plutôt un manque à gagner dans la recette publique. Mais à cause de la guerre en Ukraine, la rotation des approvisionnements a été perturbée créant une hausse des cours du brut sur le marché. Le baril de pétrole est autour de 102 dollars aujourd’hui. Nous réalisons alors des marges supplémentaires sur la partie de pétrole brut que nous étions contraints de vendre puisque la SONARA ne la traitait pas. On peut ainsi constater que le Cameroun réalise simultanément une marge limitée à travers les importations et une marge spéculative sur les marchés de capitaux. Une position que l’administration doit gérer pour éviter des tensions de trésorerie à moyen terme ; car, si les cours baissent, les primes sur les marges spéculatives ne pourront plus permettre la mise en place des subventions allouées à ce secteur. L’une des urgences serait que les contrats d’approvisionnement soient réels et que leurs accréditifs soient couverts pour livraisons effectives.


On peut voir, à travers les pratiques des zones prises en exemple, que le marché de l’approvisionnement a toujours pris des disponibilités en termes de stocks puisque les pays fonctionnent globalement de la même manière pour satisfaire la demande. Cette demande est jugulée par des contrats d’achats, On sait, à titre d’exemple, que le Cameroun ou un importateur a commandé 10 cargaisons. Alors le contrat va prévoir une mise à disposition des cargaisons sur une période de gestion de deux ans par exemple, pour les quantités dites. Les quais d’embarquement vont être programmés pour recevoir les bateaux nominés pour l’enlèvement de ces cargaisons à des périodes correspondantes au calendrier préétabli. Alors si les produits n’arrivent pas au Cameroun, la raison sera bien connue. Les incidences internes, tel que la hausse des denrées ou manque de produits de première nécessité, ne seront que la conséquence due au non enlèvement détecté des cargaisons mises à disposition, si elles existent.


L’intervention des bailleurs de fonds n’a rien à voir ici, ils attendent les recettes produites par la nation pour se servir. De même nous restons sceptiques quant à l’influence globale due par la situation ukrainienne qui n’est pas le gouvernement du monde. Par contre nous adhérons au fait que, le monde étant devenu un petit village, la situation des uns puisse perturber les mécanismes des autres. Aussi l’incertitude, du fait que les paramètres économiques soient aléatoires, nous invite au réajustement permanent de notre secteur. A titre d’exemple l’Inde est devenu un gros fournisseur alors qu’ils ne sont pas producteurs. La livraison directe ne pouvant se faire aux conditions requises, le marché s’est ajusté autrement.

« …Le fait que cette industrie ne soit plus en activité, suppose que la faible partie des importations augmentent, puisqu’on va faire appel au marché international des approvisionnements à travers les « marketeurs ». Cet état de chose crée un déficit ou plutôt un manque à gagner dans la recette publique …».

A mon avis, pour prévoir les manques à gagner, comme dans des zones citées plus haut, on peut créer des flux financiers qui vont générer d’autres valeurs monétaires tel que les monnaies banques centrales que nous n’avons pas, compte tenu de la réalité de notre zone monétaire, nous pouvons penser à la titrisation, à travers la BEAC, un bon substitut à la monnaie banque centrale qui lui n’est pas virtuel. C’est une solution intéressante préconisée par la CEMAC. Nous pouvons aussi intervenir sur les deux marchés d’instruments de paiement évoqués , à savoir celui de la lettre de crédit commerciale que nous émettons et celui de l’instrument de paiement pour couvrir nos approvisionnements et susciter la liquidité puis la permanence de livraison si nous avons la source/fournisseur : En émettant une lettre de crédit commerciale, sa livraison est forcément couverte à l’international par un instrument financier, à hauteur de 2 à 5% en fonction de l’appréciation des risques de livraison. Ce pourcentage nous permet d’accéder dans un gisement qui nous fera éviter de perdre à la livraison.

Alors comment ?

Il faut savoir que l’un des principes du marché à terme, c’est la possibilité d’élargir les champs d’intermédiation des traders pour favoriser la croissance de la liquidité sur les marchés financiers. Peut être qu’il serait judicieux, ici, d’illustrer ce propos. Sur le marché à terme on gagne lorsque le marché est à la hausse ou lorsqu’il est à la baisse. Alors si on a vendu un produit physique à 1 000 Fr on va acheter un contrat qu’on ne détient pas à 1 000 Fr. Pour payer ce contrat, on va payer une prime de 4% correspondante à la valeur du contrat soit 40 Fr. Lorsque que le cours va évoluer à la hausse puisqu’on est acheteur sur le contrat on va gagner un pourcentage applicable à 1 000 Fr et non à 40 Fr. Ainsi ce qu’on perd sur la vente physique on le récupère sur le contrat d’achat. A la livraison, l’arbitrage entre le contrat physique et le contrat optionnel d’achat va s’équilibrer avec un écart type très faible. On ne perdra pas 50% de la valeur si le marché s’écroule, mais plutôt 1 ou deux pour cent. L’hypothèse que nous venons d’évoquer peut paraitre sophistiquée, ce n’est qu’une illusion. Le Cameroun n’est pas un Etat en déficit de croissance, même si c’était le cas ce serait le moment d’y investir, parce qu’un Etat n’est jamais en faillite. Dans ce cas, on peut, encore une fois, constater que les « Marketeurs » paient avant livraison, au Cameroun. Cela veut dire que le tissus bancaire n’a aucun risque d’opération structurelle à accompagner les émissions de crédit à l’importation à terme, le nantissement sur les cargaisons livrées renforcerait ses émissions d’accréditifs. Des crédits payables à 90 jours soit 3 mois, date de livraison, alors que dès l’arrivée des produits bacs à terre à Douala ou à Kribi, les encaissements se font. Cette option de gestion génère la liquidité sur le marché et anime les autres compartiments de l’économie nationale, concernés par les produits de première nécessité par exemple. Nous pensons en réalité que nous sommes victimes de la certitude des approvisionnements des cargaisons ou de la non maitrise des systèmes de navigation maritimes et pourquoi pas les banques qui ne seraient pas actives puisque le marché est liquide, prêt à payer.

Cameroun : ces taxes qui alourdissent la facture du consommateur

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Selon la structure des prix du mois de juillet 2022 de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph), entre la Société nationale de raffinage (Sonara) et les stations-service, les produits pétroliers subissent de nombreuses taxes et impôts. Dans le dépôt de Douala-Bonaberi, le litre de Super importé coûte 666,20 francs CFA, le pétrole lampant 776,62 francs CFA, et le gasoil 767,40 francs CFA, renseigne le document de la Csph. Sorti de l’usine, le produit subit plusieurs taxes et impôts. Ceux-ci vont du droit de douanes qui s’élève au mois de juillet 2022, à 66.52 francs CFA pour le Super, 76.66 francs CFA pour pétrole lampant et 76.74 francs CFA pour le gasoil dans la même période ; la Tva coute au mois de juillet 2022, 140.86 francs CFA pour le super ; 0 francs pour le pétrole lampant et 162.50 francs CFA pour le gasoil ; le cout du service d’importation vaut 73.17 francs CFA pour le super, 84.99 francs CFA pour le pétrole lampant et 84.41 francs CFA pour le gasoil ; la marge de l’importateur absorbe 16 francs CFA pour le super, c’est le même cout pour le pétrole lampant et le gasoil ; la TVA sur la marge de l’importateur quant à elle est taxée à 3.08 francs CFA. Tout ceci pour un cout de revient du produit importé qui s’élève à 976.97 pour le super, 960.68 pour le pétrole lampant et 1124.14 pour le gasoil.


A ces taxes il faut ajouter les redevances portuaires qui engloutissent 1.04 francs CFA pour le super, 1.23 francs CFA pour le pétrole lampant et 1.39 francs CFA pour le gasoil ; La TVA sur la redevance portuaire coute 0.20 francs CFA pour le super, 0.24 pour le pétrole lampant et 0.27 pour le gasoil ; la taxe spéciale à elle seule prend 110 francs CFA pour le super et 65 francs CFA pour le gasoil ; le soutien à la raffinerie continue d’absorber 47.88 francs CFA pour chacun des produits, tandis que la péréquation du transport coute 47.88 francs pour chaque litre sur les trois produits etc…


Pour plusieurs experts, c’est sur cette batterie de taxes qu’il faut agir. Les regards sont le plus rivés vers la Taxe sur la Valeur Ajoutée, qui coûte à elle seule 140.86 francs CFA. «La structure du prix du carburant au Cameroun comporte de nombreuses taxes qui se chevauchent et enflent injustement le prix. Un meilleur réexamen de la structure des prix selon eux, pourrait permettre de l’ajuster et de réduire par la même occasion le poids de la subvention», commente Pierre Alaka Alaka, expert fiscaliste hors hiérarchie. D’autres experts plaident pour la suppression de d’autres taxes notamment le soutien à la raffinerie, la Tva sur le cabotage, les redevances portuaires, les frais généraux. Et une diminution des autres taxes de douanes.

Lions indomptables : le Cameroun condamné à payer plus d’un milliard de francs CFA à Antonio Conceiçao

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La sentence est dure. Le Cameroun est condamné à payer un million 603 mille 500 euros dont un bonus de 37 500 euros, soit plus de 900 millions de francs CFA à Antonio Conceiçao représentant le reliquat de son salaire et des dédommagements. Ainsi en a décidé la Chambre du statut du joueur de la Fédération internationale de football association (FIFA).

Cette Chambre a eu à statuer sur la base de la plainte déposée par l’ancien sélectionneur des Lions indomptables. Plainte à laquelle la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) n’a pas daigné apporter des éléments de sa défense. Elle en avait jusqu’au 22 avril mais ne s’était pas manifesté. La FIFA avait informé les parties que les  »débats » étaient clos et il était attendu des éléments complémentaires du technicien portugais, notamment l’exemplaire de son contrat.

La sentence de la FIFA

C’est sur la base de ce document que la Chambre du statut du joueur de la FIFA a calculé le dédommagement auquel a droit l’ex employé de la Fecafoot. Il était déjà prévu que le restant du salaire de l’homme lui soit versé. Sachant que le contrat de Conceiçao courait jusqu’en 2023. Mais Samuel Eto’o, le nouveau président de la Fecafoot l’avait résilié en mars dernier, au lendemain de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021 qu s’est jouée en terre camerounaise entre janvier et février dernier. La Fecafoot a 45 jours pour faire appel éventuellement de cette décision.

Le document par lequel la Fecafoot a déclenché l’affaire

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Pénurie de carburant : l’inévitable hausse des prix

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Le gouvernement va –t-il se résoudre à augmenter les prix du carburant à la pompe ? Au fil des jours, plusieurs indices laissent croire que cette hypothèse est beaucoup plus probante. Que ce soit le discours officiel, les interpellations du Fond Monétaire International ou encore le cout élevé de la subvention des prix du carburant à la pompe. Selon les données révélées il y a quelques semaines par le ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, la facture de la subvention des prix du carburant à la pompe est devenue insupportable pour les caisses de l’Etat. Pour le seul premier semestre 2022, l’État du Cameroun a dépensé 317 milliards de francs CFA pour garantir la subvention à la consommation des produits pétroliers à la pompe. Toujours selon le ministre de l’Eau et de l’Énergie, pour le mois de juin 2022, l’enveloppe des subventions supportées par l’Etat s’élève à 80 milliards de francs CFA. Sur la foi des chiffres officielles, l’on se rend à l’évidence que l’enveloppe destinée à subventionner les prix à la pompe en 2022 dépassera largement les 480 milliards de francs CFA prévus dans la loi de finances rectificative validée en juin dernier par le parlement. L’enveloppe réelle se rapproche plutôt des 672 milliards de francs CFA annoncés par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, au cours d’une conférence de presse organisée le 30 mars 2022 à Yaoundé.


Face à cette situation qui met en mal les caisses de l’Etat, le ministre des Finances Louis Paul Motaze n’écarte plus l’hypothèse d’une hausse des prix du carburant à la pompe. « (…) Lorsque nous regardons les recettes supplémentaires que nous avons engrangées grâce à l’envolée du prix du baril, nous sommes en gros entre 244 et 246 milliards de francs CFA (…) Vous engrangez 246 milliards de francs CFA, mais les dépenses pour soutenir les prix à la pompe tournent autour de 500 à 600 milliards de francs CFA. Donc, il faut chercher la différence. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. La question qui se pose est celle de savoir si cela peut durer longtemps. Personnellement, je pense que non. Il faut être réaliste. Ce n’est pas soutenable à long terme. Il y a donc une réflexion à mener», avait déclaré le ministre Motazé, le 7 juillet 2022 à Douala, au cours de l’Africa Banking Forum.

« (…) Lorsque nous regardons les recettes supplémentaires que nous avons engrangées grâce à l’envolée du prix du baril, nous sommes en gros entre 244 et 246 milliards de francs CFA (…) Vous engrangez 246 milliards de francs CFA, mais les dépenses pour soutenir les prix à la pompe tournent autour de 500 à 600 milliards de francs CFA. Donc, il faut chercher la différence. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. La question qui se pose est celle de savoir si cela peut durer longtemps. Personnellement, je pense que non. Il faut être réaliste. Ce n’est pas soutenable à long terme. Il y a donc une réflexion à mener»

Louis Paul Motaze, Minfi


A son tour, la directrice générale de la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (Scdp) Véronique Moanpea est également revenue sur l’importance de cette enveloppe destinée aux subventions des produits pétroliers. Interrogée sur la question d’une éventuelle hausse des prix du carburant à la pompe, Véronique Moanpea a expliqué qu’il « s’agit d’une décision souveraine du président de la République. Pour le moment, le gouvernement est en train de supporter la facture…et il saura prendre des décisions importantes le moment venu », a-t-elle indiqué lundi dernier lors d’une interview accordée dans Les Matinales de la Crtv.


La pression du FMI


L’hypothèse d’une hausse des prix du carburant est désormais plus envisageable ce d’autant plus que depuis plusieurs mois, le Fond Monétaire International ne « s’embarrasse plus de diplomatie » pour exiger une augmentation des prix du carburant. L’Institution de Breton Wood a d’ailleurs exigé que d’ici janvier 2021, les autorités camerounaises affichent les prix réels du carburant à la pompe. «Le FMI ne s’embarrasse pas de diplomatie pour faire savoir au gouvernement que les subventions actuelles plombent la réalisation et l’atteinte des objectifs qu’il se fixe et surtout l’évolution sereine du programme économique et financier qu’il a conclu en juillet 2021 et qui va lui permettre de capter d’importants appuis budgétaires. Si la courbe que l’on observe actuellement évolue à la vitesse des quatre derniers mois, la facture pourrait être plus insoutenable en fin d’année », avait indiqué un responsable du FMI lors d’un séjour au Cameroun dans le cadre de la revue des accords au titre de la facilité élargie de crédit et du mécanisme élargi de crédit.


Si le gouvernement venait à consentir une hausse des prix du carburant à la pompe. Calculette en main, le litre de super vendu à 650 francs CFA, pourrait se situer à 1293 francs CFA. Le litre de gasoil qui coute 572 francs CFA pourrait grimper à 1153 francs CFA et le litre de pétrole lampant qui s’achète à 350 francs CFA pourrait désormais s’obtenir à 908 francs CFA.

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