mercredi, juin 10, 2026
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Célestin TCHAKOUNTE, économiste : « L’Etat devrait profiter de la crise pour assainir sa situation économique »

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L'Etat
Célestin Tchakounte

L’Etat pourrait finalement consentir à une hausse des prix du carburant à la pompe, au regard la lourdeur de la facture de la subvention des produits pétroliers. Est-ce cela la meilleure solution?

Oui je suis d’avis que la suppression de cette subvention est une bonne chose parce qu’elle est orientée essentiellement vers les riches et non les pauvres. Le carburant est surtout consommé par qui ? Par ceux qui ont les grosses cylindrées, les grosses voitures, les camionneurs, les grumiers, etc qui sont des riches. Les pauvres, à travers les transports en commun, devraient consommer au maximum 10% ; ce qui signifie que les subventions ne se justifient pas pour l’essentiel.

En cas d’augmentation des prix du carburant, quelles pourraient être les conséquences économiques?

Je pense qu’il y aura augmentation des prix du carburant, ce n’est plus qu’une question de temps. Ces augmentations vont se traduire par une nouvelle hausse des prix puisque le carburant constitue un intrant pour l’ensemble de l’économie. Il faut donc s’attendre à une nouvelle hausse des prix en plus de celles déjà observées sur les marchés.

Pour atténuer les effets de l’augmentation des prix, l’Etat pourraient également envisager une augmentation des salaires des fonctionnaires. Cette augmentation aura-t-elle un réel poids sur le niveau de vie des Camerounais en général ?

Les hausses de prix attendus appellent un effort d’atténuer des effets sur les couches les plus vulnérables. D’abord je ne crois pas que l’Etat ait les moyens financiers d’augmenter les salaires en ce moment ensuite les fonctionnaires ne constituent pas vraiment les couches les plus vulnérables. Afin de préserver la paix sociale, il est important de trouver le moyen de cibler les couches les plus vulnérables avec des mesures concrètes d’atténuation.

Quelles pourraient être les autres solutions que l’Etat devrait envisager pour atténuer les effets d’une probable augmentation des prix du carburant à la pompe ?

Je ne crois pas qu’il y ait d’autres solutions à la hausse des prix du carburant dans la mesure où les subventions représentent déjà 4% du PIB, ce qui est particulièrement élevé. Cependant, l’Etat devrait tirer parti de cette crise pour analyser et assainir sa situation économique, par exemple en réduisant son train de vie et les gaspillages divers afin de retrouver des marges pour accroître les investissements ; c’est en cela que l’on dit que les crises peuvent être salutaires.

Cameroun : la subvention du carburant explose et frôle les 800 milliards

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subvention
Pompe à essence

Le Cameroun n’échappe pas à l’inflation qui frappe le monde en ce moment. Et malgré l’envolée du cours du baril de pétrole, le gouvernement se déploie pour éviter une hausse générale des prix et la grogne sociale qui s’en suivrait. L’une des mesures phares des pouvoirs publics étant la subvention du carburant, à l’effet de maintenir inchangés, les prix à la pompe. Seulement, la facture s’annonce salée pour le trésor public. Initialement prévu à 120 milliards dans la loi de finances initiale, le montant de cette subvention pourrait dépasser les 780 milliards de francs CFA selon le directeur général du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire au ministère des Finances, Moh Sylvester Tangongho.

« Ce montant représente pratiquement 13 % du budget dans la loi de finances rectificative. A ce rythme, il est clair qu’on ne peut plus parler de soutenabilité »,

Ainsi donc, cette enveloppe prévisionnelle dépasse de très loin les 480 milliards de F CFA prévus dans le collectif budgétaire décidé par le chef de l’État et validé par le parlement en juin 2022, mais aussi les 672 milliards de F CFA projetés par le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, au cours d’une conférence de presse tenue le 30 mars 2022 à Yaoundé. Le nouveau chiffre avancé par le directeur général du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire du Minfi conforte la thèse selon laquelle cette subvention est insoutenable pour le Trésor public. « Ce montant représente pratiquement 13 % du budget dans la loi de finances rectificative. A ce rythme, il est clair qu’on ne peut plus parler de soutenabilité », avoue Sylvester Moh Tangongho dans un récent entretien accordé à Cameroon Tribune.

Ne pas asphyxier le Trésor

Malgré le contexte, le gouvernement fonde de réels espoirs pour un retour à la normale dans le court terme. Mais en attendant que baisse les cours mondiaux, plusieurs leviers sont envisagés par Yaoundé, pour ne pas asphyxier la trésorerie de l’Etat. « Ces mesures, explique Sylvester Moh Tangongho, auront certes un impact direct sur la trésorerie de l’Etat dans un contexte marqué par les multiples sollicitations, notamment les dépenses afférentes à la sécurité dans les régions en crise. Néanmoins, les interventions de l’Etat se feront dans les proportions raisonnables et dans le strict respect du cadre budgétaire et les entreprises ayant des difficultés sont encouragées à faire usage auprès des banques commerciales de la place des garanties contenues dans la Loi des finances pour l’année 2022 à hauteur de 200 milliards de F ». Aussi, a-t-il laissé entendre, le ministère des Finances travaille en étroite collaboration avec celui du Commerce où sont portées les préoccupations en termes d’inflation des différents secteurs. La dernière en date étant celle du secteur agro-alimentaire avec la hausse du prix du blé à l’international où les meuniers ont été invités à recourir à la garantie susmentionnée et à se mettre en groupe pour l’importation du blé correspondant à un bateau.

Relèvement de la dette

Parallèlement, le gouvernement a relevé le niveau d’endettement, notamment intérieur qui est passé de 350 milliards à 550 milliards de francs CFA à travers l’ordonnance signée par le président de la République au mois de juin 2022. Cependant, note le directeur général du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire au ministère des Finances, la crise actuelle n’a pas eu que des effets négatifs : « La perte des ressources fiscales a été partiellement compensée par le windfall pétrolier dans la mesure où le Cameroun en est également producteur. Ce qui a permis de réduire légèrement la pression sur la trésorerie de l’Etat ».

Rupture : Le Coq… caquette, la Fecafoot passe

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Les jours se suivent, la guerre s’intensifie entre Le Coq sportif et la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Dans un nouveau communiqué, l’équipementier français dit  »assigner » son partenaire à poursuivre la réalisation du contrat qui les lie  »jusqu’au 31 décembre 2023″. Sans préciser si la menace judiciaire annoncée a déjà été mise à exécution. Mais le Coq sportif n’a pas l’intention de lâcher prise.

Cela survient 24h après un communiqué de presse de la Fecafoot qui indique avec retard sur son propre chronogramme, que la short list des trois équipementiers retenue par la commission ad hoc est prête. Il revient donc au Comité exécutif de la Fecafoot de faire le choix définitif du remplacement de Le Coq sportif. Ce qui devrait être fait dans les tout prochains jours.

Mais rien n’indique si Le Coq sportif a soumissionné. Une éventualité peu tenable lorsque le partenaire en place lutte pour sa survie au Cameroun. Une telle initiative le discréditerait car officieusement, à la Fécafoot, il se susurre que la copie du contrat querellée est introuvable. Et la partie française refuse de faciliter la tâche à l’actuel exécutif qui du coup soupçonne l’inexistence d’un tel document. Déjà, en son temps, la presse avait dénoncé le flou autour des accords qui lient la Fecafoot à Le Coq sportif.

Entre temps, la Coupe du monde approche, avec ses délais de dépôt des couleurs et des modèles d’équipements des 32 pays qualifiés. Dès le déclenchement de cette crise, le gallinacé français avait indiqué avoir déjà engagé la fabrication des lots d’équipements des Lions indomptables. Les prochains jours devraient permettre de mieux comprendre les contours de cette crise.

MRC :  »Putsch » manqué à l’Ouest

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La crise au sein de la fédération régionale de l’Ouest du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a débouché sur la démission de quelques militants. Parmi eux, Guy Kenmegne Tama, candidat déchu à la trésorerie régionale du parti, Emmanuel Kueka,…des candidats recalés au renouvellement des organes dirigeants du parti dans différents niveaux dans la région de l’Ouest. Au cours d’une conférence de presse donnée à Bafoussam ce 3 août 2022, ces  »frustrés » ont annoncé leur démission du MRC. Les démissionnaires avaient saisi les tribunaux pour contester que leurs candidatures ne soient pas admises.  »Les textes du parti sont clairs: il faut justifier d’au moins trois années de militantisme dans le parti, pour être candidat à un poste exécutif  », rappelle Me André-Marie Tassa, président de la fédération régionale du MRC pour l’Ouest. Dans la documentation dont dispose le parti, on retrouve d’anciens candidats de l’Union des mouvements socialistes de Pierre Kwemo, ainsi que d’anciens militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) comme Guy Kenmegne Tama. Ceux de l’UMS ont démissionné en 2020, tandis que leur figure de proue d’aujourd’hui a quitté les rangs du parti au pouvoir fin 2019. Christopher Ndong, le secrétaire général du MRC qui coordonnait le processus électoral a tenu fermé malgré les protestations.

Au MRC, on est convaincu que les démissionnaires étaient des  »infiltrés » du RDPC. A en croire le patron régional du MRC, les dissidents tenaient des réunions avec des cadres du parti au pouvoir pour organiser la fronde. Aussi,  »frustrés comme ils le prétendent, ils ont engagé des procédures judiciaires plutôt que d’engager des voies de recours internes au parti’‘, fait observer André-Marie Tassa qui souligne que  »vainement, ils ont saisi le juge des référés pour interrompre le processus électoral ». Aussi curieux, fait-on observer au MRC,  »le sous-préfet leur accorde une  »déclaration spéciale », concept qui n’existe pas dans le vocabulaire administratif au Cameroun. Une facilité  »suspecte » accordée à un parti dont les demandes de déclarations de manifestations sont presque systématiquement interdites. Du coup, au sein du MRC, le départ de ces frustrés est un non événement pour le parti de Maurice Kamto qui a déjà tourné la page de cette élection et travaille déjà les prochaines échéances électorales et politiques.  »Ce n’étaient pas des militants convaincus mais des opportunistes », s’en moque un membre du parti, s’appuyant sur la courte durée de leur séjour dans le monde de la Renaissance. D’ailleurs  »Kenmegne a participé à la fraude électorale en 2018 dans les Bamboutos avec le RDPC  », relève pour sa part André-Marie Tassa.

Cameroun : 165 millions pour améliorer l’accès au financement des PME

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PME
Gicam & Pnud

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la filiale Proparco de l’Agence Française de Développement (AFD) ont mobilisé plus de 165 millions de francs CFA (plus de 257.000 dollars) en vue d’améliorer l’accès au financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) du Cameroun, a-t-on appris d’une note d’information rendue publique samedi par le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam). Intitulé « La Finance s’engage », le projet, conduit avec l’appui technique du Cabinet ivoirien ESP, ambitionne d’accompagner les efforts des banques et des autres acteurs dans le financement des PME et des Petites et Moyennes Industries (PMI) du Cameroun, de manière à enclencher une dynamique d’amélioration continue du volume des financements bancaires accordés à cette catégorie d’entreprises au Cameroun. Par ailleurs, le projet vise la mise en place de mécanismes et modules de formation à l’éducation financière et aux marchés. « Améliorer l’accès au financement du secteur privé, notamment les PME en créant un impact concret, durable et transformationnel sur la question de l’accès au financement des PME. Tel est le but du projet La Finance s’Engage, porté par le Gicam et pour lequel il a obtenu deux importants appuis financiers notamment du Pnud et de Proparco », explique le Groupement Inter Patronal du Cameroun.

Articulé autour de 5 phases, l’appui financier du Pnud d’un montant 50 millions de francs CFA, a servi à la mise en œuvre de la phase 1. Celle-ci a visé la collecte et la dissémination de données relatives au financement du secteur privé à travers le volet Données pour la Croissance. « Il s’agit en effet de mener des études pour recueillir les informations actualisées sur les besoins et les diverses opportunités de financement des PME, ainsi que les instruments de financement classiques et alternatifs existants », apprend-on du Gicam. L’appui financier de Proparco d’un montant de 170 000 euros (plus de 115 millions de francs CFA) quant à lui, servira à la phase 2 qui consiste en la mobilisation des acteurs de l’écosystème du financement des Petites et Moyennes Entreprises. Cet appui permettra explique-t-on au Gicam, aux divers acteurs identifiés, de prendre des engagements et des actions concrètes et mesurables ainsi que la mise en place des dispositifs innovants pour le financement des PME. Ces acteurs clés du financement de l’économie de manière général et des PME en particulier seront amenés à proposer des solutions pérennes devant permettre : un meilleur accès au financement des PME ; l’établissement d’un lien de confiance entre les PME et les acteurs financiers ; la mise en place des mécanismes et modules de formation des PME à l’éducation financière et aux marchés ; la mise en place d’instruments pour informer les PME sur les offres disponibles pour des financements les mieux adaptés aux besoins exprimés.

La Commission de la Cemac en immersion au Port de Kribi

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Cemac
Pr. Ona Ondo & Patrice Melon

«Le Port Autonome de Kribi (PAK) est à l’avant garde de tous les projets portuaires de la sous-région ». C’est en ces termes que le Pr Daniel Ona Ondo a décrit le projet de Port Autonome de Kribi (PAK), qui marque le début d’une nouvelle ère pour le développement économique du Cameroun, et partant, de toute la sous-région. En effet, la visite de cette infrastructure a permis au président de la Commission de la Cemac de constater que cette installation constitue l’une des composantes majeures du pôle industriel et portuaire du pays. De bon augure pour le responsable de la Cemac, qui a affirmé que la réalisation de ce projet est achevée dans sa première phase. Sur le plan sous régional, le PAK est un facilitateur de l’intégration par les flux de transports inter Etats, à travers le corridor Kribi-Bangui-Kisangani, retenu dans le cadre du Plan Directeur des Transports (PDT) en Afrique centrale. En outre, le chef de la Commission a révélé que la zone portuaire permettra d’assurer la liaison entre les bassins de production, de transformation et de consommation, facilitant l’acheminement des matières premières et autres marchandises en transit. « Nous souhaitons en effet, viabiliser la première tranche de la zone industrialoportuaire afin de favoriser l’implantation d’entreprises logistiques et industrielles », a indiqué Patrice Melom, directeur général de cette structure. A date, le PAK revendique au moins 329 escales de navires toutes formes de navigation confondue. Ce qui a généré un peu plus de 157 000 conteneurs au niveau du terminal à conteneurs. Ce sont donc environ 1.300.000 tonnes de marchandise traitées sur le trafic contrôlé.

Projets intégrateurs

Pour l’heure, le « Corridor » est un mot à la mode. Il s’agit d’axes routiers, ferroviaires ou fluviaux desservant des villes ou des ports, où se concentrent des activités économiques. Il s’en dessine un peu partout. L’intérêt est évident lorsque l’on sait qu’en Afrique les coûts de transport dans les pays enclavés peuvent atteindre 77 % de la valeur des biens exportés. Avant d’être à bord d’un navire, un conteneur coûtait en moyenne 872 dollars (703 euros) en transport, contre 300 dollars en Chine, selon la Banque mondiale. Parmi les routes les plus stratégiques, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Nepad) insiste sur la finalisation des tronçons Dakar-Libreville-Djibouti. On l’aura compris, à chaque extrémité se trouve un port, et donc un débouché international pour le made in Africa. Mieux, ce maillage se connecte avec d’autres réseaux. Ainsi, toutes les capitales seront à terme reliées les unes aux autres. Les autorités centrafricaines, justement, misent beaucoup sur le corridor Kribi-Bangui-Kisangani (route-rail-fleuve). A la vérité, le port camerounais est le premier maillon de cette chaîne logistique. Le dernier maillon, la ville congolaise de Kisangani, donne accès au réseau routier entre Kampala, Kigali, Bujumbura, Nairobi et Dar es-Salaam. Selon le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (Pida), d’ici à 2040, le montant total des investissements prévus s’élève à plus de 20 milliards d’euros, soit plus de 13 milliards de F CFA.

Par Axel Abanda

Cameroun : La subvention du carburant pourrait dépasser 780 milliards

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carburant
Pompe à essence

L’enveloppe de la subvention des produits pétroliers à la pompe pourrait s’alourdir davantage. C’est en tout cas ce que vient de révéler le directeur général du Trésor, Sylvester Moh, dans une interview accordée à Cameroon Tribune. Selon Sylvester Moh, le gouvernement camerounais devrait garantir une enveloppe d’un montant de plus de 780 milliards de francs CFA, pour maintenir inchangés les prix des produits pétroliers à la pompe au cours de l’année 2022. Les nouveaux chiffres avancés par le directeur général du Trésor dépassent non seulement les 480 milliards de francs CFA prévus à cet effet dans le collectif budgétaire décidé par le chef de l’État et validé par le Parlement en juin 2022, mais aussi les 672 milliards de francs CFA projeté par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, au cours d’une conférence de presse organisée le 30 mars 2022 à Yaoundé. Selon plusieurs économistes cet alourdissement de l’enveloppe budgétaire initiale réservée à la subvention des produits pétroliers à la pompe était prévisible. Dans un communiqué rendu public le 11 juillet 2022 par le ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba avait indiqué que la subvention des produits pétroliers a coûté 317 milliards de FCFA au Trésor public, au premier semestre 2022. Ce qui correspond, après un calcul mental, à une moyenne de 52,8 milliards de francs CFA par mois, soit 634 milliards de francs CFA sur 12 mois. En tenant compte qu’au mois de juin 2022, par exemple, cette subvention a atteint les 80 milliards de francs CFA, selon les chiffres du Minee.

« Lorsque nous regardons les recettes supplémentaires que nous avons engrangées grâce à l’envolée du prix du baril, nous sommes en gros entre 244 et 246 milliards de FCFA (…) Vous engrangez 246 milliards de FCFA, mais les dépenses pour soutenir les prix à la pompe tournent autour de 500 à 600 milliards de FCFA. Donc, il faut chercher la différence. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. La question qui se pose est celle de savoir si cela peut durer longtemps. Personnellement, je pense que non. Il faut être réaliste. Ce n’est pas soutenable à long terme. Il y a donc une réflexion à mener»

Non seulement le nouveau chiffre avancé par le directeur général du Trésor dépasse tous les chiffres officiels annoncés jusqu’ici, mais surtout il conforte la thèse selon laquelle cette subvention est insoutenable pour le Trésor public sur le long terme, selon les confidences du ministre des Finances Louis Paul Motaze. « Lorsque nous regardons les recettes supplémentaires que nous avons engrangées grâce à l’envolée du prix du baril, nous sommes en gros entre 244 et 246 milliards de FCFA (…) Vous engrangez 246 milliards de FCFA, mais les dépenses pour soutenir les prix à la pompe tournent autour de 500 à 600 milliards de FCFA. Donc, il faut chercher la différence. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. La question qui se pose est celle de savoir si cela peut durer longtemps. Personnellement, je pense que non. Il faut être réaliste. Ce n’est pas soutenable à long terme. Il y a donc une réflexion à mener», avait confié Louis Paul Motaze le 7 juillet 2022 à Douala, au cours de l’Africa Banking Forum. Selon certains économistes, la réduction progressive de la subvention à la consommation des produits pétroliers à la pompe, que le gouvernement annonce à partir de l’année 2023, pourrait se substituer à la suspension pure et simple de ladite subvention avant la fin de l’année 2022 courante, en raison de son insoutenabilité. Si le gouvernement venait à consentir une hausse des prix du carburant à la pompe. Calculette en main, le litre de super vendu à 650 francs CFA, pourrait se situer à 1293 francs CFA. Le litre de gasoil qui coute 572 francs CFA pourrait grimper à 1153 francs CFA et le litre de pétrole lampant qui s’achète à 350 francs CFA pourrait désormais s’obtenir à 908 francs CFA.

Cameroun – sécurité alimentaire : plus de 3 milliards pour soutenir l’agriculture

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agriculture
Agriculture

Les acteurs des filières agricoles peuvent sauter au plafond. Le gouvernement va mettre à leur disposition une enveloppe de 3,2 milliards de francs CFA dans un avenir proche. Ces fonds, fruit d’un accord entre l’Agence Française de Développement (AFD) et le Fonds International de Développement Agricole (Fida) sont destinés au financement de la 2ème phase du Projet d’Appui au Développement des Filières Agricoles (Padfa II). Profitant de la visite du chef de l’Etat français Emmanuel Macron au Cameroun, Rémy Rioux et Gilbert Houngbo, respectivement directeur général de l’AFD et président du Fida ont signé le Mémorandum d’entente y relatif, le 26 juillet 2022 en présence du ministre camerounais de l’Economie Alamine Ousmane Mey.

Initiative Farm

Le Cameroun peut donc compter sur l’AFD et le Fida pour l’accompagner dans son projet de renforcement de la résilience et de la sécurité alimentaire des petits producteurs. Il s’agit donc à travers cet accord qui rentre dans le cadre de la mise en œuvre du pilier 3 de l’initiative FARM (Mission pour la Résilience Alimentaire et Agricole), d’accroître sur le moyen et long terme, la performance et la résilience des systèmes alimentaires, et notamment la capacité des petits producteurs agricoles, à résister à des chocs économiques et évènements exceptionnels, pour continuer à produire, à vendre et faire vivre leur famille. Ainsi, les axes du partenariat sont de trois ordres : un dialogue stratégique réaffirmé, le développement de synergies opérationnelles, et l’identification d’opportunités de financements coordonnés. Les deux parties se sont également engagées à maximiser les synergies entre les programmes qu’elles accompagnent, notamment par le renforcement du capital humain (de la formation professionnelle à l’insertion et l’incubation, du conseil agricole au renforcement de filières prioritaires), afin de proposer une gamme complémentaire de services aux producteurs. « En lien étroit avec les autorités camerounaises, le Groupe AFD et le Fida confirment leur stratégie d’intervention commune, en particulier le renforcement des capacités techniques et de gestion des producteurs agricoles, la productivité de l’agriculture familiale, la durabilité des pratiques agricoles, l’accès au financement des producteurs et l’investissement durable et responsable dans le secteur », expliquent les deux organisations internationales dans un communiqué conjoint. Dans un objectif de soutien au développement d’agro-entreprises créatrices de débouchés pour la production locale, des réflexions prospectives seront menées entre les deux institutions pour la mobilisation d’outils de dérisquage adéquats.

Bon à savoir

L’Agence Française de Développement (AFD) met en œuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale. A travers ses activités de financement du secteur public et des ONG, ses travaux et publications de recherche (Éditions AFD), de formation sur le développement durable (Campus AFD) et de sensibilisation en France, elle finance, accompagne et accélère les transitions vers un monde plus juste et résilient. Le Fonds International de Développement Agricole (Fida) pour sa part, est une institution financière internationale et le centre névralgique des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Depuis 1978, il a octroyé plus de 23,2 milliards de dollars dans des pays en développement sous forme de dons ou de prêts à faible taux d’intérêt. Les projets appuyés par le Fida ont bénéficié l’année dernière à environ 130 millions de personnes.

Cameroun : l’autoroute Kribi-Lolabe opérationnelle

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Kribi-Lolabe
inauguration de l'autoroute Kribi-Lolabe

Le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi a procédé à la mise en service de la première autoroute du Cameroun : Lolabe-Kribi. Le tronçon va du village Mboro pour déboucher à Bilolo dans l’arrondissement de Kribi 2ème. Longue de 38,5 km, il s’agit d’une infrastructure en deux fois deux voies extensibles à deux fois trois voies par un terre-plein central, avec 4,94 km de voie de raccordement en deux fois deux voies. Son coût s’élève à 250 milliards. La Chine a financé 85 % du projet par le biais de la Banque d’import-export de Chine (Eximbank) et le gouvernement camerounais les 15 % restants, a détaillé le ministre. L’autoroute Kribi-Lolabe constitue la première phase de l’autoroute Edéa-Kribi-Lolabe. Les 38 premiers kilomètres sont donc désormais opérationnels. De quoi faire la fierté des membres du gouvernement présents à la cérémonie d’inauguration de l’ouvrage. En effet, selon le ministre des Travaux publics, cet axe devrait permettre de répondre aux besoins de transport du Port Autonome de Kribi. « La vocation de cette infrastructure est de concourir à l’amélioration des conditions de vie des populations. Elle va aussi améliorer la compétitivité du port autonome de Kribi. Elle facilitera l’accès des véhicules et des personnes au port depuis n’importe quelle partie du pays. C’est un bijou de développement qui stimulera le processus d’industrialisation au Cameroun », s’est félicité Emmanuel Nganou Djoumessi.

Son collègue des Finances, Louis Paul Motaze, a noté que cette autoroute, construite par le groupe China Harbour Engineering Company (CHEC), est le fruit d’une étroite coopération entre la Chine et le Cameroun. « La Chine intervient dans bon nombre de nos projets au Cameroun. Je dirais que les Chinois sont très efficaces », a-t-il salué. Autre fait historique, l’autoroute est dotée du tout premier péage électronique sur le territoire camerounais. De quoi réjouir le maire de la ville de Kribi, Guy Emmanuel Sibakanda : « la Communauté Urbaine de Kribi est la principale bénéficiaire de cette infrastructure. Nous apprécions grandement la livraison de ce chef d’œuvre et entrevoyons les perspectives de valorisation car elle va non seulement désengorger nos axes routiers, mais davantage créer une forte activité économique, en plus de l’extension urbaine ». L’autoroute Kribi-Lolabe devrait également permettre d’assurer la liaison entre le pôle industrialo-portuaire de la ville de Kribi et les grandes villes intérieures ainsi que les pays voisins, dans de meilleures conditions de sécurité. Son tracé s’étend en effet sur un itinéraire qui part du village Mboro pour déboucher à Bilolo dans l’arrondissement de Kribi 2ème. Cette section est reliée au Port Autonome de Kribi par une pénétrante de 1,24 km (avec en plus un prolongement de 775 m dans la voirie portuaire) et à la Nationale N°7 (Edéa – Kribi) via une voie de raccordement de 3,7 km partant de la Nationale N°22 (YaoundéOlama- Kribi).

Cameroun : comment l’Etat a sauvé NFC-Bank et UBC

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NFC
NFC Bank

Le gouvernement camerounais n’en a pas terminé avec les usagers qui doivent de l’argent à la National Financial Credit Bank SA (NFC Bank) et l’Union Bank of Cameroon (UBC). Après avoir supporté le coût de la restructuration de ces deux institutions financières à concurrence d’un montant de près de 47 milliards de francs CFA, le ministère des Finances veut rendre au trésor public camerounais les fonds dépensés pour cette opération. Ainsi, dans le communiqué publié, le directeur général de la Société de Recouvrement des Créances (SRC) invite 197 débiteurs indélicats de la NFC Bank à prendre attache avec ses services pour les modalités de règlement de leurs créances dont le montant cumulé est évalué à plus de 40 milliards de F CFA. Au moyen de cette cession de créance, la banque NFC est substituée par l’Etat du Cameroun qui a donné mandat de recouvrement à la SRC par convention du 08 février 2022. « Le pouvoir de réquisition s’assimile au pouvoir d’un officier de police judiciaire et consiste pour la SRC à faire injonction à n’importe quel organisme pour qu’il nous fournisse des informations sur les débiteurs », peut-on lire dans le communiqué publié par Marie-Rose Messi, directeur général de la SRC.

En réalité, en acceptant de financer leur restructuration, il a été question pour le gouvernement, de sauver de la faillite ces établissements de crédit, en difficultés depuis 2009. En effet, dans un récent rapport sur l’économie camerounaise, le Fonds Monétaire International (FMI) évoque la situation des deux banques privées et invite de l’Etat du Cameroun à mettre en œuvre de nouvelles réformes, nécessaires pour les rendre à nouveau compétitives. «A court terme, les services du FMI recommandent de signer des contrats de performance avec chacune des deux banques, comprenant un cadre de gouvernance aligné sur les meilleures pratiques et une stratégie pour l’État de vendre ses actions», lit-on dans le rapport. Une sortie qui sonne comme un tocsin à l’aune du plan de restructuration de ces deux banques par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) qui imposait en 2019, une reconfiguration du capital des deux établissements.

Plan de sauvetage

Ainsi, du côté de l’UBC, l’Etat y a injecté 17,6 milliards, au titre de rachat des créances douteuses, prenant ainsi une partie du bilan à l’effet de le nettoyer. La SRC pourra ensuite procéder au recouvrement forcé desdites créances évaluées à 60,1 milliards de F CFA. S’agissant de NFC Bank qui était sous administration provisoire avant le plan de restructuration coûte à l’Etat 29,1 milliards de francs CFA. D’où le lancement ces derniers jours, d’un recouvrement obligatoire de plus de 40,3 milliards de F CFA auprès des débiteurs « véreux ». Au Cameroun, le portefeuille des créances en souffrance (créances des banques dont le remboursement n’a pas pu être effectué par rapport aux échéances) s’est établi à 642,5 milliards de F CFA au 31 décembre 2021. D’après les données du marché bancaire examinées par Défis Actuels, ce volume représente 15 % du portefeuille global des crédits évalués à 4 312,3 milliards contre 3 908,8 milliards en glissement annuel, soit une hausse de 403,5 milliards (+9,3%) par rapport à l’année 2020. La NFC-Bank, affiche des créances brutes en souffrance d’un montant de 36,24 milliards de F CFA constituées de : 1,07 milliard de créances impayées ; 13,39 milliards de créances douteuses couvertes par des sûretés réelles et 21,77 milliards au titre des autres créances douteuses.

Par Axel Abanda

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