Désormais, l’activité de la police municipale est encadrée. Un décret du président de la République signé ce 9 août 2022 organise cette activité prévue par le Code général des collectivités territoriales décentralisées. Si le domaine d’intervention demeure presque le même, le champ d’action est circonscrit de façon plus claire, et est encadrée dans ses missions par les administrations étatiques compétentes. Ainsi, entre autres, la police municipale s’occupera de l’hygiène et la salubrité dans les lieux publics, de la salubrité des denrées comestibles exposées en vente, la mise en œuvre des activités de protection civile, la prise en charge des malades mentaux sur la voie publique, y compris les soins de santé sont la prise en charge des frais médicaux, l’intervention en cas de divagation d’animaux et de tout autre objet de nature à perturber la circulation routière.
En bonne place, la » sûreté et la commodité du passage dans les rues, places publiques (nettoiement, éclairage public, enlèvement des encombrements, facilité de la traversée des routes aux élèves et usagers,…), la sécurité des évènements publics,… « . Le tout sous l’encadrement des Forces de maintien de l’ordre. La gestion des cas de décès relève également de la compétence de la police municipale qui en assure le transport, l’inhumation et l’exhumation.
Paul Biya ne se contente pas d’élaborer le champ d’action et de compétences de la police municipale. En la différenciant clairement de la police étatique qui assure le maintien de l’ordre, le président de la République qui lui attribue une ténue proche, notamment la couleur violette, lui interdit l’usage de la force, ni l’exercice de la contrainte sur les populations, »sous réserve des cas de légitime défense ». Aussi, en dehors des missions de surveillance des cérémonies, la garde statique des bâtiments et édifices municipaux, ou des situations de régulation de la circulation sur la voie publique.
Cela survient dans un contexte marqué par des crises et tensions sociales nées de l’absence d’un cadre réglementaire. Les municipalités se lancent ainsi dans la mise en place de leurs différentes polices municipales selon leurs convenances et aspirations, et avec des missions qui empiètent parfois sur celles d’autres entités étatiques, et causant parfois des désagréments aux citoyens. Mais la normale n’est pas pour demain car le décret du 9 août 2022 attend des textes d’application que devra signer le ministre de la décentralisation et du développement local (Minddevel). Mais déjà, c’est une niche de travail pour la National school for local administration (NASLA) qui forme les administrateurs municipaux. Cette école basée à Buea formera à la demande des exécutifs municipaux. Elle devra également se charger de recycler les agents municipaux existants.
Le sénat camerounais est en deuil. Dakole Daïssala s’est éteint ce matin du 9 août 2022. Le sénateur avait une santé chancelante depuis quelques années. Il a finalement poussé son dernier soupir aux aurores.
C’est un baobab du système qui tombe. Le président du Mouvement pour la défense de la République (MDR) est un administrateur civil de formation qui a roulé sa bosse sur divers terrains. Sous-préfet de Ngaoundere en 1967, l’homme sera nommé directeur adjoint au ministère des Finances (MINFI) puis directeur des transports au ministère des Travaux publics et des transports entre 1970 et 1973, puis est nommé directeur général adjoint de la Société des transports urbains du Cameroun (SOTUC) pour deux ans, avant de reprendre la direction générale jusqu’en 1984.
La vie socioprofessionnelle du natif de Goundey près de Kaële prend un coup. Ses origines lui ouvrent les portes de la prison dans le cadre de la répression du coup d’Etat manqué du 6 avril 1984. Pendant sept ans, le fils du septentrion subit les misères d’une détention sans condamnation. A sa sortie, il écrit »Libre derrière les barreaux », et crée le MDR dans la mouvance de la réouverture démocratique.
Dans le cadre d’une alliance avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir,l’ex bagnard est nommé ministre des Postes et télécommunications (Minpostel) en 1992 pour cinq ans. La suite est un mandat de député (1997-2002), puis un nouveau strapontin gouvernemental comme ministre des Transports (2004-2007). Après une pause hors des circuits de l’appareil étatique, l’homme revient en 2013 comme sénateur nommé. Il sera reconduit en 2020. Mais le destin a décidé autrement. A 90 ans.
La question de Taiwan remonte vers les années 1894. Cette année, le Japon déclenche la guerre contre la Chine et contraint le gouvernement de la dynastie des Qing à signer le traité de Shimonoseki, pour « céder l’île de Taïwan au Japon ». Au cours de la seconde guerre mondiale, la Chine, les États-Unis et la Grande-Bretagne publient la déclaration du Caire en 1943 qui restitue à la Chine « les territoires que le Japon lui a volés». Cette déclaration est réitérée dans la proclamation de Potsdam en 1945. Et le Japon s’est engagé à appliquer les conditions de la Proclamation de Potsdam. En 1949, après la guerre civile en Chine, la nouvelle génération est fondée et le régime du Kuomintang se retire à Taïwan, ce qui continue d’être le cas à ce jour. En octobre 1971, la 26e session de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution 2758, qui « décide le rétablissement de la République populaire de Chine dans tous ses droits et la reconnaissance des représentants de son gouvernement comme les seuls représentants légitimes de la Chine à l’Organisation des Nations unies, ainsi que l’expulsion immédiate des représentants de Tchang Kaï-chek du siège qu’ils occupent illégalement à l’Organisation des Nations unies et dans tous les organismes qui s’y rattachent ». Depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, 181 pays ont établi des relations diplomatiques avec la Chine sur la base du principe d’une Chine unique. L’avis officiel du Bureau des affaires juridiques du Secrétariat des Nations unies indique que « Taïwan, en tant que province de la Chine, n’a pas de statut indépendant. Les autorités de Taïwan ne jouissent d’aucune forme de statut gouvernemental». En réponse à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, le porte-parole du Secrétaire général des Nations unies a déclaré le 3 août que l’ONU continuera à adhérer à la résolution 2758 et à la politique d’une seule Chine.
Conférence de presse de l'ambassadeur de Chine au Cameroun
Une salve de sanctions sans précédent. Après la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi à Taiwan, la chine a annoncé une série de mesures contre les Etats Unis et les sécessionnistes de Taiwan. Selon Wang Yingwu l’ambassadeur de Chine au Cameroun, cette visite est un incident grave qui aura un impact sérieux sur les relations sino-américaines. En réponse à ce que la Chine qualifie de provocations des Etats Unis, « la partie chinoise a annoncé des mesures de sanctions contre Nancy Pelosi et sa famille proche. Le ministère chinois des Affaires étrangères a convoqué l’Ambassadeur des États-Unis à Beijing pour une démarche solennelle et une vive protestation. L’Armée chinoise a mené une série d’opérations militaires conjointes autour de l’île de Taïwan, notamment des exercices navals et aériens conjoints, des tirs à longue portée et des essais de tirs de missiles, etc. Les manœuvres et entraînements sont toujours en cours », a affirmé Wang Yingwu, l’ambassadeur de Chine au Cameroun, au cours d’une conférence de presse qu’il a donné vendredi dernier à Yaoundé. Ces mesures ne s’arrêtent pas là. Les autorités judiciaires chinoises entendent également engager des poursuites judiciaires contre les sécessionnistes de Taïwan. « Conformément à la Constitution, à la loi anti-sécession et à la loi sur la sureté nationale, nous engagerons des poursuites pénales contre les sécessionnistes de Taïwan endurcis, et puniront la « Fondation pour la démocratie de Taïwan » et la « Fondation pour la coopération internationale et le développement de Taïwan », qui sont affiliées aux sécessionnistes de Taïwan », a ajouté l’ambassadeur. Il précise que « le ministère du Commerce a décidé de suspendre l’exportation de sable naturel vers Taïwan et l’importation de certains produits agricoles de Taïwan vers le continent à partir du 3 août, conformément aux lois et règlements en vigueur ». Au-delà de toutes ces sanctions, « la Chine prendra également d’autres mesures pour riposter aux tentatives de la partie américaine d’« instrumentaliser Taïwan pour contenir la Chine » et à celles des forces sécessionnistes de Taïwan de «s’appuyer sur les États-Unis pour rechercher l’indépendance», a indiqué le diplomate chinois.
Rester le maitre du monde
L’ambassadeur chinois au Cameroun accuse les Etats Unis de ne pas respecter leurs engagements. « les États-Unis n’ont pas réellement respecté leurs engagements, mais ont parlé d’une façon et agi d’une autre, en rehaussant constamment le niveau des relations avec Taïwan, encourageant et soutenant explicitement ou implicitement les forces sécessionnistes visant «l’indépendance de Taïwan», et aidant Taïwan à étendre son soi-disant «espace international», a tancé le diplomate chinois. Il a ensuite déploré le fait que « la partie américaine a intensifié ses efforts pour promouvoir les ventes d’armes à Taïwan, prôné sur la scène internationale «le statut indéterminé de Taïwan», et multiplié les échanges officiels avec Taïwan ». Pour Wang Yingwu les manœuvres des Etats Unis ont pour but de « s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine en jouant la «carte de Taïwan», de saper les intérêts vitaux et de contenir le développement de la Chine, afin de maintenir leur hégémonie dans le monde ». L’ambassadeur chinois n’a pas manqué de rappeler que « le principe d’une seule Chine ne peut être ébranlé, et que la souveraineté, l’intégrité territoriale et la dignité nationale de la Chine sont inviolables ». Il faut rappeler que la sortie de l’ambassadeur chinois à Yaoundé intervient quelques jours après une visite à Taiwan de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi. Une visite condamnée par la Chine.
Trois sélections nationales viennent de connaître de nouveaux dirigeants. Il s’agit des Lions indomptables A’, des U15 et des U17. Priorité est accordée aux anciens Lions indomptables, notamment ceux des années 2000. Saïdou Alioum remplace Martin Ndtoungou Mpile chez les A’, avec comme premier adjoint Puis Ndiefi, pendant que Clément Assimba s’occupe des gardiens. Et Narcisse Tinkeu comme préparateur physique. Chez les U17, Jean Pierre Fiala est le nouveau patron, avec Serge Mimpo, un autre ancien Lion indomptable comme premier adjoint et Nicolas Alnoudji comme team manager. Bertin Ebwele retourne à la tête des U15.
Des résultats mitigés dans la collecte de la taxe foncière et l’amnistie fiscale évoquée par des contribuables « déloyaux » mettent en évidence l’opportunité de se poser la question de savoir qui fait quoi dans le cadre de la mise en œuvre de la collecte de la taxe foncière au Cameroun. Il en ressort que la mise en œuvre du Programme de Sécurisation des Recettes Domaniales, Cadastrales et Foncières, qui précise les règles de contrôle, de mobilisation et la sécurisation des recettes générées par les activités domaniale, cadastrale et foncière se caractérise par une activité dispersée. Et pourtant, l’atteinte des objectifs de la vision 2035 selon les scénarios optimistes, repose sur des indicateurs de performances économiques et sociales. Or ces performances ne se décrètent pas. On ne les obtient pas par prestidigitation. L’option retenue, dans le cadre du présent projet, est donc de placer la problématique foncière dans la perspective de l’amélioration de la gestion des finances publiques, de l’environnement des affaires et du cadre de vie. Il s’agit en effet, de capitaliser les résultats des chantiers en cours et d’élargir la problématique fiscale à la mobilisation des ressources économiques et financières, grâce à la mise en place d’un cadastre national, géré et piloté dans un cadre tripartite, associant le secteur public, le secteur privé et la société civile. « Il est de plus en plus admis par l’opinion nationale et internationale que le Cameroun a mal à ses institutions publiques. Cet état des choses fait perdre toute crédibilité à l’autorité publique car donnant lieu à une cacophonie et par conséquent générant une mal gouvernance qui a des répercussions sur l’ensemble du système », souligne le rapport.
Renforcement des capacités
Prévue sur une période de quatre ans (2011-2014), l’étude a connu un rallongement jusqu’au 22 juillet 2022, date de publication du rapport final. Dans son volet efficacité, le coût du projet, hors taxes, est évalué à 8,22 millions d’UC (soit 6,28 milliards de F CFA, au taux de change en vigueur en août 2010), financé par le Fonds Africain de Développement (FAD) sous l’onction de la Banque Africaine de Développement (BAD), en contrepartie de 1,22 million d’UC du gouvernement (soit respectivement 15 % du coût du projet). Au total, ce sont 25 experts qui ont été mobilisés, couvrant les plusieurs domaines d’expertise notamment, le système d’information foncier, l’architecture logicielle… Selon le Mindcaf, la première phase du projet a permis d’inscrire tous les titres fonciers dans le nouveau référentiel géodésique sans doublons dans les villes de Yaoundé, Douala, Garoua, Ngaoundéré et Foumban. Le pourcentage des titres fonciers délivrés aux femmes est passé de 0,6 % en 2012 à 27 % en 2019 ; le montant issu de la fiscalité foncière est passé de 4,7 milliards de F CFA en 2013 à 7,3 milliards en 2020 malgré sa régression en 2021 à 6,9 milliards. En clair, l’étude menée par la Banque Africaine de Développement (BAD) visait : la contribution au renforcement des capacités de gestion stratégique de l’État ; l’accélération de la mobilisation des ressources fiscales et économiques ; l’amélioration du climat des affaires ; la relance de l’investissement et l’amélioration du cadre de vie des populations.
Robert Bapooh lipot croit-il vraiment à l'unité de l'UPC?
« Tuez-moi, mais vous n’aurez jamais le Cameroun ». En perspective de la commémoration des événements du 8 août 1914, Robert Bapooh Lipot rappelle en mémoire ces mots de Mebenga M’Ebono (plus connu sous le nom de Martin Paul Samba) ; pour mettre en exergue « le prix payé pour créer la singularité de l’histoire de notre Nation», le Cameroun. Rudolf Duala Manga Bell, Adolf Ngosso Din furent pendus,… Martin Paul Samba fusillé. Cent-huit ans déjà, que « dans sa détermination de perpétrer au Cameroun un génocide qui devait servir d’exemple aux autres colonies en Afrique, l’Administration allemande décida de pendre ou fusiller sur la place publique, tous les fondateurs du Nationalisme camerounais qui optèrent pour la Sauvegarde de la Souveraineté de notre territoire et le respect de la dignité de nos populations», écrit le secrétaire général de la faction de l’Union des populations du Cameroun (UPC) reconnue par l’Administration territoriale, dans une tribune libre.
Le leader upéciste souligne la portée nationale de la pensée et du combat de ces résistants de la première heure, qui sont « morts pour la Cause du Cameroun et jamais exclusivement pour les terres des Duala ». Tenant ainsi à jouer sa partition pour que le peuple camerounais n’oublie jamais la symbolique du 8 août 1914 dans son histoire. Ce jour-là, l’Administration allemande engageait une série d’assassinats des chefs locaux qui refusaient de laisser s’installer par la barbarie un envahisseur. « Ces Martyrs refusèrent de commun accord de faire du Cameroun une marchandise à livrer aux colons allemands. Ils voulaient simplement que les Allemands prennent en considération les intérêts de notre Nation pour jeter les bases d’une coopération d’émancipation des Peuples et jamais une mission déguisée d’accaparement de nos terres et leurs ressources naturelles », écrit Bapooh Lipot. L’engagement de ces héros de la première heure est d’autant plus important qu’ils ont réussi à semer les germes du nationalisme kamerunais en leurs successeurs tombés plus tard sous les armes de la France, successeure de l’Allemagne après la Première guerre mondiale. Ruben Um Nyobe, Yem Mback, Félix Moumié, Osende Afana, Ernest Ouandie,… paieront de leurs vies leur obstination à défendre les terres de leurs aïeux.
Cela survient au lendemain de la visite d’Emmanuel Macron au Cameroun. Le président français a refusé de reconnaître les crimes de son pays au pays de Ruben Um Nyobe, en se montrant disposé à ouvrir les archives pour reconstituer une histoire pourtant connue de par les écrits d’écrivains et des témoignages d’acteurs et de victimes de cette période. L’UPC est restée peu audible à cette occasion. Le parti du Crabe se rattrape à cette occasion, pour essayer de porter la responsabilité historique qui a été la sienne dans l’histoire du Cameroun. « Au moment où sous nos pieds, transpire encore le sang de ces Héros, en célébrant leur mémoire, n’oublions pas qu’ils furent pendus à cause de leur Amour pour leur Pays : le Cameroun. Faudrait-il encore le rappeler ? », s’interroge Bapooh Lipot. « Au nom d’une Idée du Cameroun, Libre, Uni, Indépendant et Souverain, le 08 Août 1914, ces Martyrs Fondateurs de notre Nationalisme furent assassinés, inscrivant pour ainsi dire leurs noms dans le livre d’or des Martyrs de notre Nation. Cet évènement, manquerait encore de saveur si nous mettions entre parenthèses, le Devoir pour l’Etat du Cameroun, Souverain, de sortir cette Commémoration des arcanes ethniques voire claniques pour arborer le statut qui est véritablement le sien », prescrit-il.
Plus important, l’auteur de la tribune interpelle le gouvernement à son devoir : « L’UPC appelle le Gouvernement de la République à user de tous les moyens légaux pour amener le Gouvernement allemand à reconnaitre et assumer le génocide perpétré par son administration coloniale au Cameroun dont le 08 Août 1914 ne constitue qu’un pan », lance Bapooh Lipot. En attendant, « c’est le Peuple camerounais qui dans son ensemble doit commémorer cette Journée de Souvenirs où ses Dignes Fils, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, furent victimes de ce génocide perpétré au Cameroun par l’Administration coloniale allemande », martèle-t-il. « Le peuple camerounais doit contempler le rétroviseur de son histoire pour se souvenir du prix payé pour la Réunification et l’Indépendance de notre pays, le Cameroun », insiste-t-il.
Conformément aux objectifs du développement durable, le Cameroun veut réduire le taux de morbidité et de mortalité dans les villages. Le 27 juillet dernier, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie a procédé au lancement du plan stratégique national de santé communautaire. Selon le ministre de la Santé publique qui s’exprimait à Bikok, dans le département de la Mefou et Akono, « cette innovation en matière de santé publique va coûter 46 milliards de francs CFA à l’Etat du Cameroun. Elle vise à réduire les taux de morbidité et de mortalité dans les villages, à travers la participation des communautés ». Il s’agira donc, selon les experts du ministère de la Santé publique, d’impliquer les populations dans leur prise en charge. Concrètement, le ministère de la Santé publique entend mettre les populations à contribution pour produire des efforts collectifs afin d’éviter des risques de contagion à grande échelle. Il sera question, selon les experts du ministère de la Santé publique de mettre sur pied des initiatives visant l’amélioration de la salubrité dans certaines localités. Aussi, s’agira-t-il à travers cette initiative, de combattre les comportements individuels à risque, afin de parvenir à un changement collectif de comportement, qui va contribuer à limiter la propension ou l’expansion des épidémies ou autres virus, apprend-on du ministre de la Santé publique. Sur le plan opérationnel, le ministère de la Santé publique va déployer sur le terrain, des agents de santé communautaire. Leur rôle sera de prendre en charge la surveillance épidémiologique des maladies dans leurs zones de compétence. Ce programme qui va s’étendre jusqu’en 2025, s’articule autour de 5 axes stratégiques :
le renforcement de l’institutionnalisation et la gouvernance des institutions de santé communautaire
l’amélioration de l’offre de service de la santé communautaire pour qu’au moins 60% des populations vivant à plus de 5 kilomètres des formations sanitaires ou enclavées, soient couvertes par des agents de santé communautaire polyvalents ;
la communication pour le développement en faveur de la santé communautaire ;
le suivi évaluation et la recherche opérationnelle sur les interventions de santé communautaire ;
l’accès des populations clés et vulnérables aux soins de santé de qualité.
Carte sanitaire
Sur le terrain, les agents du ministère de la Santé publique devront aussi contribuer à la promotion des services de santé. Ils ont ainsi été dotés d’un matériel qui leur permettra de mieux se déployer sur le terrain, surtout dans les zones rurales où les formations médicales ne sont pas encore implantées. En 2020, la carte sanitaire du Cameroun produite par le ministère de la Santé publique affichait 292 hôpitaux de districts, 433 centres médicaux d’arrondissement et 5 382 centres de santé intégrés et assimilés
11 pays africains (Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, RDC, le Togo, la Cote d’ivoire, le Benin, le Sénégal, le Tchad) participent, depuis samedi dernier à la 13e édition de la Foire Transfrontalière Annuelle de l’Afrique Centrale (Fotrac). Organisée par l’Association des Femmes Actives d’Afrique Centrale (Refac), le gouvernement camerounais a profité de cette occasion pour lancer un appel pour une nouvelle impulsion des échanges commerciaux au niveau de la sous-région. « Je lance un appel pour donner une nouvelle impulsion aux échanges commerciaux. Le moment est venu de faire du Commerce, un véritable instrument de développement…Il est grand temps de faire du REFAC, un lieu de rendez-vous des entreprises de renom de la sous-région qui viendraient exposer leurs savoirs -faire. Les opérateurs économiques sont invités à s’impliquer davantage » a indiqué Brusil Miranda Metou secrétaire générale du ministère du Commerce lors de son discours de circonstance. Selon, le professeur Metou qui représentait le ministre du Commerce, la 13e édition de la Foire Transfrontalière Annuelle de l’Afrique Centrale (Fotrac) est un rendez-vous sous régional d’affaires, d’opportunités et d’intégration, qui mobilise les institutions, les grandes entreprises, les très petites entreprises, les petites et moyennes entreprises (Pme/ Pmi), les groupements d’initiatives commune, les Ong et associations, ainsi que les partenaires au développement.
Dynamiser La zone de Libre échange
Vu sous le prisme du gouvernement camerounais, cette édition de la Fotrac est placée sous le signe de la dynamisation de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (Zlecaf) à travers la forte participation des femmes pour impulser la dynamique d’intégration sous régionale. « Nous nous efforcerons à construire des barrières et non des ponts entre les peuples, qui vous permettront d’arriver à la prochaine édition .Il est question pour nous de faciliter l’intégration sous- régionale par le rapprochement des peuples », a expliqué la présidente du Réseau des Femmes Actives d’Afrique Centrale (REFAC), organisatrice de l’évènement. En plus de faciliter l’intégration sous régionale, la 13e édition du Fotrac vise également à favoriser le brassage des peuples. « Parce que, quand on parle d’intégration, c’est d’abord une affaire des peuples. Si les peuples ne s’y mettent pas, les autorités ne suivront pas », a ajouté Brusil Miranda Metou. Sous le thème : « L’intégration régionale et la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine : résilience des acteurs du développement socio-économique en Afrique centrale face aux crises sécuritaires et à la pandémie du Covid-19 », cette rencontre d’affaires prévoit des expositions-vente des produits Made in Africa ; des jeux d’attractions pour enfants et jeunes ; des visites des villes transfrontalières du Cameroun, du Gabon et de la Guinée équatoriale ; une élection Miss intégration régionale, des rencontres B2B entre participants, des conférences-débats sur la Zlecaf et la sensibilisation pour la paix. Plus de 10 000 visiteurs sont attendus à cet évènement qui s’étend sur dix jours. Cette année, la Foire Transfrontalière Annuelle de l’Afrique Centrale ouvre une brèche au savoir-faire des artisans, producteurs agropastoraux et halieutiques de toute l’Afrique.
L’Etat pourrait finalement consentir à une hausse des prix du carburant à la pompe, au regard la lourdeur de la facture de la subvention des produits pétroliers, est-ce cela la meilleure solution?
Le prix de l’essence a eu une faible augmentation au cours de la période 2021 de 1,03 dollar américain par litre à 26 % d’augmentation par rapport à l’année précédente sur le marché mondial en raison de la double raison de la pandémie de Covid19 et de la guerre Ukraine-Russie qui pourrait faire reculer de nombreuses années de processus. Le prix de l’essence sur le marché mondial s’élève à environ 1302 F CFA par litre par rapport au diesel qui s’élève à environ 1255,9 F CFA. À l’échelle nationale, l’essence s’élève à 650FCFA par litre par rapport au diesel qui se situe à environ 600 F CFA. Cela révèle clairement qu’environ 652 F CFA est une subvention de l’État qui s’élève à environ 50%. Le budget de l’État alloué à l’essence s’élève à environ 672 milliards de F CFA. En effet, le coût supplémentaire des subventions de l’État pour les produits pétroliers devrait éclipser les revenus du pétrole, qui sont passés de 562 milliards de CFA à 806 milliards de CFA. L’importation de produits pétroliers est financée par les dépenses publiques et a coûté au Trésor une subvention mondiale (super, diesel, kérosène et gaz domestique) de 672 milliards de CFA en 2022. Le Cameroun, comme tout autre gouvernement dans le monde, peut augmenter le prix de l’essence, mais en contrôlant d’autres facteurs comme les salaires pour éviter les récessions économiques. Comme mentionné ci-dessus, les prix du pétrole affectent directement les coûts tels que le transport, la fabrication et le chauffage.
En cas d’augmentation des prix du carburant, quelles pourraient être les conséquences économiques?
Une augmentation des prix du pétrole se traduit généralement par une augmentation de l’inflation, c’est-à-dire une augmentation persistante des prix des biens et des services et une baisse du niveau de croissance économique qui se reflète dans le niveau général de production dans une économie et qui est généralement représentée par les produits intérieurs bruts. Dans les situations inflationnistes, les prix du pétrole affecteront proportionnellement les prix des produits dérivés des produits pétroliers. Il existe une relation inverse entre une augmentation des prix des produits pétroliers et les coûts de transport, de fabrication et de chauffage. Lorsqu’il y a une augmentation des prix de l’essence, cela affecte à son tour les prix d’une variété de produits, car les producteurs peuvent répercuter les coûts de production sur les consommateurs. La mesure dans laquelle les hausses des prix du pétrole entraînent une modification des prix des biens de consommation qui affecte le pouvoir d’achat des consommateurs et affecte le panier de biens et de services. L’augmentation des prix dépend de l’importance du pétrole sur la production de biens ou de services. Étant donné que le Cameroun consomme principalement des produits transformés importés, cela aura pour conséquence d’augmenter les prix de ce produit. Les hausses des prix du pétrole peuvent également étouffer la croissance de l’économie en exerçant leur effet sur la demande et la chaîne d’approvisionnement de biens et de services autres que le pétrole. Les hausses des prix du pétrole peuvent freiner l’offre d’autres biens parce qu’elles augmentent les coûts de leur production et que les prix élevés du pétrole peuvent faire basculer la courbe d’offre de biens et de services pour lesquels le pétrole est un intrant.
Pour atténuer les effets de l’augmentation des prix, l’Etat pourraient également envisager une augmentation des salaires des fonctionnaires. Cette augmentation aura-t-elle un réel poids sur le niveau de vie des Camerounais en général ?
En 2021, le gouvernement camerounais a dépensé environ 1 058 milliards de francs CFA en salaires, primes et autres avantages pour les travailleurs. En 2018, le gouvernement a dépensé 1 024 milliards de francs CFA pour la même facture. En effet, les dépenses de l’État liées aux employés étaient d’environ 1 128,1 milliards de francs CFA en 2020, soit 70 milliards de francs CFA de plus qu’en 2019, avant d’augmenter de 58 milliards de francs CFA pour atteindre 1 186 milliards de francs CFA en 2021. La plus grande partie de l’argent est consacrée aux salaires et aux pensions que de nombreux fonctionnaires reçoivent souvent indûment. Une augmentation des salaires des fonctionnaires aura un impact sur l’économie dans son ensemble puisque les travailleurs du secteur formel ne sont qu’environ 350000, sur une population d’environ 27 millions de personnes. Cela signifie que le taux de pauvreté augmentera puisqu’environ 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Cela reflète le fait que la pauvreté pourrait doubler si le prix du carburant augmentait de deux, ce qui augmenterait le coût de la vie en augmentant les prix des produits de base dans l’économie. Une augmentation du prix du carburant à la pompe entraînera une augmentation du coût du transport et une augmentation correspondante des prix des produits qui utilisent du carburant dans le processus de transformation, ce qui rendra le coût de la vie élevé et le niveau de vie va se détériorer, en rendant la vie très difficile à l’homme ordinaire.
« …Le revenu de Base Universel (RBU) est un programme gouvernemental dans lequel chaque citoyen adulte reçoit régulièrement une somme d’argent fixe. Les objectifs d’un système de revenu de base sont de réduire la pauvreté et de remplacer d’autres programmes sociaux fondés sur les besoins qui nécessitent potentiellement une plus grande implication bureaucratique…»
Quelles pourraient être les autres solutions que l’Etat devrait envisager pour atténuer les effets d’une probable augmentation des prix du carburant à la pompe ?
Il y a beaucoup d’autres stratégies que l’État pourrait envisager. Entre autres : augmenter les salaires dans le secteur formel puisque le Cameroun compte environ 350000 travailleurs dans le secteur public, il sera moins coûteux d’augmenter le prix de l’essence et une augmentation correspondante des salaires dans le secteur public. Pour le secteur informel, une augmentation correspondante du salaire minimum sera une mesure pour que les travailleurs du secteur informel puissent absorber la hausse des prix. Le gouvernement peut introduire un revenu de base universel pour tous les citoyens adultes. Le Revenu de Base Universel (RBU) est un programme gouvernemental dans lequel chaque citoyen adulte reçoit régulièrement une somme d’argent fixe. Les objectifs d’un système de revenu de base sont de réduire la pauvreté et de remplacer d’autres programmes sociaux fondés sur les besoins qui nécessitent potentiellement une plus grande implication bureaucratique. Le gouvernement peut également assurer le programme de viabilité financière pour ajuster la viabilité budgétaire en réglementant les prix sur une longue période, alors que le coût du carburant sur le marché international augmente, l’écart entre le prix réglementé et le coût réel du carburant se creuse. Il faut en outre minimiser la volatilité budgétaire. En plus de minimiser les fluctuations de prix, le gouvernement devrait mettre en œuvre un système de volatilité budgétaire en envisageant une variation rapide du prix international du carburant, tout en maintenant le prix intérieur constant.