La Commission de la Cemac en immersion au Port de Kribi

Le comité de pilotage du Programme des Réformes economiques et Financières de la Cemac (PrefCemac) s’est rendu au PAK, question de prendre le pouls des potentialités de la place portuaire.

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Cemac
Pr. Ona Ondo & Patrice Melon

«Le Port Autonome de Kribi (PAK) est à l’avant garde de tous les projets portuaires de la sous-région ». C’est en ces termes que le Pr Daniel Ona Ondo a décrit le projet de Port Autonome de Kribi (PAK), qui marque le début d’une nouvelle ère pour le développement économique du Cameroun, et partant, de toute la sous-région. En effet, la visite de cette infrastructure a permis au président de la Commission de la Cemac de constater que cette installation constitue l’une des composantes majeures du pôle industriel et portuaire du pays. De bon augure pour le responsable de la Cemac, qui a affirmé que la réalisation de ce projet est achevée dans sa première phase. Sur le plan sous régional, le PAK est un facilitateur de l’intégration par les flux de transports inter Etats, à travers le corridor Kribi-Bangui-Kisangani, retenu dans le cadre du Plan Directeur des Transports (PDT) en Afrique centrale. En outre, le chef de la Commission a révélé que la zone portuaire permettra d’assurer la liaison entre les bassins de production, de transformation et de consommation, facilitant l’acheminement des matières premières et autres marchandises en transit. « Nous souhaitons en effet, viabiliser la première tranche de la zone industrialoportuaire afin de favoriser l’implantation d’entreprises logistiques et industrielles », a indiqué Patrice Melom, directeur général de cette structure. A date, le PAK revendique au moins 329 escales de navires toutes formes de navigation confondue. Ce qui a généré un peu plus de 157 000 conteneurs au niveau du terminal à conteneurs. Ce sont donc environ 1.300.000 tonnes de marchandise traitées sur le trafic contrôlé.

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Projets intégrateurs

Pour l’heure, le « Corridor » est un mot à la mode. Il s’agit d’axes routiers, ferroviaires ou fluviaux desservant des villes ou des ports, où se concentrent des activités économiques. Il s’en dessine un peu partout. L’intérêt est évident lorsque l’on sait qu’en Afrique les coûts de transport dans les pays enclavés peuvent atteindre 77 % de la valeur des biens exportés. Avant d’être à bord d’un navire, un conteneur coûtait en moyenne 872 dollars (703 euros) en transport, contre 300 dollars en Chine, selon la Banque mondiale. Parmi les routes les plus stratégiques, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Nepad) insiste sur la finalisation des tronçons Dakar-Libreville-Djibouti. On l’aura compris, à chaque extrémité se trouve un port, et donc un débouché international pour le made in Africa. Mieux, ce maillage se connecte avec d’autres réseaux. Ainsi, toutes les capitales seront à terme reliées les unes aux autres. Les autorités centrafricaines, justement, misent beaucoup sur le corridor Kribi-Bangui-Kisangani (route-rail-fleuve). A la vérité, le port camerounais est le premier maillon de cette chaîne logistique. Le dernier maillon, la ville congolaise de Kisangani, donne accès au réseau routier entre Kampala, Kigali, Bujumbura, Nairobi et Dar es-Salaam. Selon le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (Pida), d’ici à 2040, le montant total des investissements prévus s’élève à plus de 20 milliards d’euros, soit plus de 13 milliards de F CFA.

Par Axel Abanda

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