Cameroun : comment l’Etat a sauvé NFC-Bank et UBC

Après avoir injecté près de 47 milliards pour la restructuration de ces deux établissements de crédit, le ministère des Finances est désormais aux trousses des débiteurs indélicats via la SRC.

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NFC
NFC Bank

Le gouvernement camerounais n’en a pas terminé avec les usagers qui doivent de l’argent à la National Financial Credit Bank SA (NFC Bank) et l’Union Bank of Cameroon (UBC). Après avoir supporté le coût de la restructuration de ces deux institutions financières à concurrence d’un montant de près de 47 milliards de francs CFA, le ministère des Finances veut rendre au trésor public camerounais les fonds dépensés pour cette opération. Ainsi, dans le communiqué publié, le directeur général de la Société de Recouvrement des Créances (SRC) invite 197 débiteurs indélicats de la NFC Bank à prendre attache avec ses services pour les modalités de règlement de leurs créances dont le montant cumulé est évalué à plus de 40 milliards de F CFA. Au moyen de cette cession de créance, la banque NFC est substituée par l’Etat du Cameroun qui a donné mandat de recouvrement à la SRC par convention du 08 février 2022. « Le pouvoir de réquisition s’assimile au pouvoir d’un officier de police judiciaire et consiste pour la SRC à faire injonction à n’importe quel organisme pour qu’il nous fournisse des informations sur les débiteurs », peut-on lire dans le communiqué publié par Marie-Rose Messi, directeur général de la SRC.

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En réalité, en acceptant de financer leur restructuration, il a été question pour le gouvernement, de sauver de la faillite ces établissements de crédit, en difficultés depuis 2009. En effet, dans un récent rapport sur l’économie camerounaise, le Fonds Monétaire International (FMI) évoque la situation des deux banques privées et invite de l’Etat du Cameroun à mettre en œuvre de nouvelles réformes, nécessaires pour les rendre à nouveau compétitives. «A court terme, les services du FMI recommandent de signer des contrats de performance avec chacune des deux banques, comprenant un cadre de gouvernance aligné sur les meilleures pratiques et une stratégie pour l’État de vendre ses actions», lit-on dans le rapport. Une sortie qui sonne comme un tocsin à l’aune du plan de restructuration de ces deux banques par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) qui imposait en 2019, une reconfiguration du capital des deux établissements.

Plan de sauvetage

Ainsi, du côté de l’UBC, l’Etat y a injecté 17,6 milliards, au titre de rachat des créances douteuses, prenant ainsi une partie du bilan à l’effet de le nettoyer. La SRC pourra ensuite procéder au recouvrement forcé desdites créances évaluées à 60,1 milliards de F CFA. S’agissant de NFC Bank qui était sous administration provisoire avant le plan de restructuration coûte à l’Etat 29,1 milliards de francs CFA. D’où le lancement ces derniers jours, d’un recouvrement obligatoire de plus de 40,3 milliards de F CFA auprès des débiteurs « véreux ». Au Cameroun, le portefeuille des créances en souffrance (créances des banques dont le remboursement n’a pas pu être effectué par rapport aux échéances) s’est établi à 642,5 milliards de F CFA au 31 décembre 2021. D’après les données du marché bancaire examinées par Défis Actuels, ce volume représente 15 % du portefeuille global des crédits évalués à 4 312,3 milliards contre 3 908,8 milliards en glissement annuel, soit une hausse de 403,5 milliards (+9,3%) par rapport à l’année 2020. La NFC-Bank, affiche des créances brutes en souffrance d’un montant de 36,24 milliards de F CFA constituées de : 1,07 milliard de créances impayées ; 13,39 milliards de créances douteuses couvertes par des sûretés réelles et 21,77 milliards au titre des autres créances douteuses.

Par Axel Abanda

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