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SHINWIN SOH BOMA DONATUS, DG (a.i.) de l’API: « l’API a facilité 1764,8 milliards FCFA d’investissements et la création de 14 354 emplois »

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Le Directeur Général (ai) de l'Agence de Promotion des Investissements

Vous venez de présenter un rapport sur le bilan des incitations accordées aux entreprises en vue de leur installation au Cameroun. Quelles en sont les principales tendances? 

Les principales tendances à retenir de la dernière Edition du Rapport sur le Développement des Entreprises Agréées (RADEA 2023) s’articulent autour des problématiques economiques des entreprises. Aussi comme avantages les efforts consentis par l’État, sur l’ensemble de notre période d’étude, l’Etat a accordé un montant cumulé de 241 milliards de FCFA aux entreprises composant notre échantillon, soit 49,6 milliards de FCFA facilités fiscales et 191,4 milliards de FCFA de facilités douanières. En contrepartie les réalisations des entreprises enquêtées se situent à 1764,8 milliards d’investissement sur 2856,5 prévus, et 14 354 emplois créés sur 42 697 prévus. Au niveau macroéconomique, la loi a permis d’injecter 43252,6 milliards d’investissements dans l’économie. Ces investissements ont contribué à la création au niveau national, d’une richesse évaluée à 25 milliards de F CFA. Ces investissements ont contribué à la mise en place de nouvelles industries, à l’amélioration du tissu industriel à l’appropriation de nouvelles technologies. 

En termes d’emplois créés, quelles sont les retombées concrètes et dans quels secteurs ? 

Comme je l’ai précisé précédemment, et de manière spécifique sur la situation des emplois, 14 354 emplois ont effectivement été créés sur 42 697 prévus cela correspond à un taux de réalisation effectif de 30% qui s’explique par le fait que certaines entreprises agréées au régime des entreprises nouvelles se situent encore à la phase d’installation. Les réalisations d’emplois demeurent donc insuffisantes en générale dans la période et l’échantillon considérés. Une analyse approfondie de ces chiffres permet de constater que les secteurs les plus prolifiques en termes de création directe d’emplois sont principalement ceux de l’industrie agro-alimentaire, l’industrie chimique et l’industrie métallurgique qui concentrent près de 80% des emplois créés. Le potentiel d’embauche qui s’y dégage, dénote qui ces trois secteurs confirment la priorisation qui leur a été dévolu dans le PDI, document de stratégie de développement industrielle. 

«…L’Etat a accordé un montant cumulé de 241 milliards de F CFA aux entreprises composant notre échantillon, soit 49,6 milliards de F CFA facilités fiscales et 191,4 milliards de F CFA de facilités douanières. En contrepartie les réalisations des entreprises enquêtées se situent à 1764,8 milliards d’investissement sur 2856,5 prévus, et 14 354 emplois créés sur 42 697 prévus …» 

Quel est l’apport de l’API aujourd’hui dans l’élan global de promotion de l’Import Substitution dans le cadre de la SND30 ? 

L’API a élaboré une stratégie qui s’inscrit dans le sillage de l’import substitution. Cette stratégie est garnie en activités qui permettent de mobiliser et sensibiliser ou interpeller sur les réelles problématiques de l’import substitution au Cameroun comme le Cameroun Investment Forum (CIF). L’édition de cette année porte sur l’attrait des investissements productifs dans les chaines de valeur agricoles et halieutiques et pastorales en vue d’intensifier la dynamique d’import-substitution au Cameroun, avec un focus sur les filières « riz, maïs, poisson lait et huile de palme.» Le CIF s’inscrit dans l’élan global de promotion de cette politique. 

Plus concrètement dans son portefeuille des entreprises agréées, l’API recense une centaine d’entreprises ayant bénéficiées de l’accompagnement de L’Etat en vue d’encourager la production dans les secteurs et les spéculations productives devant faire l’objet de substitution ou tout simplement qui permettent la valorisation du made in Cameroun et substituent les importations dans les projets économiques. 

Quelle est la vocation du Cameroon Investment Forum ? 

Le Cameroon Investment Forum (CIF) est un événement biennal à caractère économique auquel participent des hauts commis de l’Etat, des partenaires au développement, des opérateurs économiques, de financiers, d’académiciens et de divers acteurs du monde des affaires venant d’Afrique et d’ailleurs. 

Il s’agit d’une conception de l’API qui depuis 2015, se présente comme un outil d’identification des opportunités d’affaires, de renforcement de l’attractivité du Cameroun en tant que destination d’affaires, et d’attrait des investissements productifs dans le pays. Il est aussi une plateforme en Afrique centrale qui permet aux acteurs des investissements ayant un intérêt au Cameroun de promouvoir leurs activités, d’échanger sur les enjeux, atouts et opportunités d’affaires, mais surtout de conclure des partenariats multiformes.

Qu’est-ce qui motive le thème de cette année sur les investissements dans l’agriculture et l’halieutique ? Qu’attendez-vous de cette édition ? 

En 2019, les importations alimentaires du Cameroun ont représenté près de 20% des importations totales du pays, soit plus de 807 milliards de francs CFA. Ces importations étaient principalement constituées de riz, de poisson, de blé, de maïs et de lait en poudre et ont connu une augmentation de 14,9% par rapport à 2018. 

Depuis 2017, l’API a joué un rôle important dans le débat public entourant la mise en œuvre par le gouvernement camerounais d’une politique de substitution des importations. Cette politique a servi de thème central au CIF 2019 qui portait sur « l’industrialisation à travers l’import-substitution», qui visait à mobiliser et à orienter les investissements vers des projets de développement dans des créneaux critiques des chaînes de valeur du riz, du maïs, du poisson, du lait et de l’huile de palme, afin de contribuer à réduire le déficit commercial du Cameroun. Le CIF 2023 est un prolongement des travaux de son édition précédente en introduisant deux nouveaux produits, le lait et l’huile de palme. 

À la fin du Forum, nous espérons que les participants auront une compréhension générale et pertinente de l’environnement d’investissement du pays, des filières ciblés et des niches d’investissement présentées par des segments critiques de leurs chaînes de valeur. En outre, nous espérons mettre en place des partenariats multiformes entre les acteurs de l’investissement au Cameroun afin de contribuer à l’amélioration de notre environnement d’investissement. 

Quels bilan et leçon peut-on tirer des précédentes éditions dans la mise en exergue du Made in Cameroon ? 

Les précédentes éditions du Cameroun Investment Forum y compris celle en cours sont focalisées sur le made in Cameroun à travers non seulement les thématiques débattues mais également les résultats engrangés notamment : Un recueil ou catalogue de propositions contribuant à améliorer les méthodes de travail subséquemment renforcer ses capacités de déploiement en vue de l’attractivité accrue des investissements privés productifs, notamment les IDE, dans l’optique du financement du déve loppement des chaînes de valeur stratégiques des filières prioritaires et principalement celles à fort impact de réduction de déséquilibre de la balance commerciale et/ou de la balance de paiement (riziculture, aquaculture et maïsiculture). 

Plus globalement quel est l’apport de l’API dans la mise en œuvre du Plan Directeur d’industrialisation ? 

Dans le cadre de son développement à long terme, le Cameroun s’est doté d’une vision qui doit le conduire à l’Emergence à l’horizon 2035, en accédant au statut de Nouveau Pays Industrialisé (NPI). Il s’agit d’opérer d’un changement radical du mode opératoire dans le Champ de la Reconstruction Industrielle Nationale. L’apport de l’API dans la mise en oeuvre du PDI s’inscrit dans les secteurs d’activités que voudrait promouvoir cette boussole de politique economique. 

A ce titre, l’API participe à asseoir la logique d’intervention réorganisée dans le PDI en contribuant à l’établissement des sanctuaires de l’agroalimentaire (29 % d’entreprises) et de l’énergie (une dizaine d’entreprises) dans l’économie d’une part, et d’autre part, à l’implantation du pilier foret bois (14 entreprises). 

Au nombre des atouts économiques du Cameroun, quels sont ceux que vous vantez le plus dans votre mission de promotion de l’investissement ? 

L’émergence du Cameroun repose sur la diversité linguistique, culturelle et economique qui est considérée plus que jamais comme un atout et fonde notre enthousiasme sur l’attractivité de notre pays. Aussi notre promotion des investissements relevant et analysant les forces et les faiblesses de notre pays, ainsi que les opportunités qui s’offrent à lui et les menaces auxquelles il fait face.se concentre pour l’instant à présenter comment utiliser et valoriser nos forces pour tirer partie des opportunités d’une part d’autres part utiliser nos forces pour réduire la probabilité et les effets des menaces. 

En clair, la promotion des investissements met en exergue les forces diverses du Cameroun et notre capacité de résilience face aux menaces toutes aussi diverses dans les secteurs economiques dit prioritaires du PDI tout en travaillant sur les orientations édictées par la SND30 pour surmonter nos faiblesses les plus pertinentes. Les potentialités sectorielles et les mesures d’amélioration du climat des investissements en termes d’accompagnement, sont donc au coeur de notre stratégie de marketing économique du Cameroun. 

Une de vos missions consiste à mettre en place une banque de données de projets à l’intention des investisseurs. Où en est ce programme ? 

L’intérêt d’une base de données est de mettre des informations utiles à la disposition d’utilisateurs pour une consultation, une saisie ou bien une mise à jour, tout en s’assurant des droits accordés à ces derniers. Pour rappel, l’API, dans une de ses missions régaliennes, a pour objectif de faciliter la diffusion des données des projets et de les mettre à la disposition des investisseurs au niveau national et international. La base de données actuelle disponible existe depuis 2018 à l’API et regroupe un ensemble d’informations organisées et accessibles, qui peuvent être modifiées et mises à jour des données sur les projets gouvernementaux et privés au Cameroun, l’Agence de Promotion des Investissements sollicite généralement une expertise pour l’actualisation des données contenues dans cette banque de projets. Sur un total de 275 projets, les projets struc turants s’articulent principalement autour des domaines suivants : infrastructures (53), énergie et hydraulique (52) mines et industries (18), santé (22), tourisme (17), habitat (18), pme/pmi (18), ressources humaines (2), projets jeunesse (6), télécommunication (11), sport (1), agriculture (18), autres projets (39). 

Quelles sont les principales facilités offertes aux investisseurs par la loi de 2013 sur les incitations ? 

La loi n°2013 propose des incitations ou facilités communes et spécifiques aux investisseurs qui sont de natures: administrative, financière, fiscale et douanière. 

Les incitations fiscales et douanières sont accordées à l’investisseur pendant les phases d’installation et la phase d’exploitation constituent notamment des exonérations diverses, la déduction intégrale des frais d’assistance technique étrangère, et un enlèvement direct des équipements et matériels , selon le cas, des exemptions ou des réductions au paiement des taxes, impôts, droits et autres charges comme le minimum de perception, l’impôt sur les sociétés l’impôt sur les bénéfices, l’exonération de TVA ; l’exonération de la taxe foncière sur les immeubles bâtis ou non, l’admission temporaire spéciale des équipements et matériels industriels susceptibles de réexportation, l’exonération du droit de sortie sur les produits manufacturés localement et du régime de perfectionnement actif prévu par le Code des douanes. 

Les incitations ou facilités financières dont bénéficient les investisseurs concernent, entre autres, le droit d’ouvrir en République du Cameroun et à l’étranger des comptes en monnaie locale et en devises et d’y effectuer des opérations ; le droit d’encaisser et de conserver librement à l’étranger les fonds acquis ou empruntés à l’étranger, et d’en disposer librement ; le libre transfert des dividendes et du produit de la cession d’action en cas de désinvestissement, de la libre conversion et du libre transfert dans son pays d’origine, de tout ou partie des sommes qui lui sont dues, sous réserve de l’acquittement préalable des impôts et cotisations divers auxquels il est assujetti, conformément à la réglementation en vigueur, Les incitations ou facilités administratives dont bénéficient les investisseurs concernent entre autres la mise en place d’un visa spécifique et d’un guichet d’accueil dans tous les aéroports du territoire national pour les investisseurs, sous réserve pour ces derniers de produire une invitation formelle l’API; la délivrance du visa spécifique ci-dessus dans toutes les représentations diplomatiques ou consulaires du Cameroun ;la délivrance des titres de séjour et permis de travail au personnel expatrié impliqué dans tout projet d’investissement et bénéficiant de contrats de travail d’une durée supérieure à deux ans, d’un système simplifié pour les autorisations administratives liées aux services du Guichet Unique auprès de L’API, notamment pour: les autorisations à l’exercice de ses activités faccès aux documents administratifs en matière d’importation et d’utilisation des entrepôts privés; les visas nécessaires à l’exécution des programmes d’investissement, y compris la liste des équipements et des matières premières à importer ou à acheter localement; l’obtention des visas pour son personnel national et étranger (visa d’entrée ou de sortie, permis de séjour, visa de travail); l’obtention des dérogations prévues par les lois et règlements en vigueur; l’accès au bénéfice des installations et services publics nécessaires au bon déroulement de l’exécution du programme d’investissement retenu dans l’acte d’agrément. 

Quelles sont les garanties présentes dans le Code des Investissements pour les opérateurs étrangers ? 

Cette loi qui fait office de code des investissements privés indiquent les engagements de l’état vis-à-vis de l’investisseur prive au Cameroun assimilables aux garanties notamment: La possibilité de recours en cas de refus de l’agrément ou de non-respect des dispositions de la loi; la garantie du contrôle des investissements par la mise sur pied du Comité de Contrôle créé par décret du président de la République, procède de concert avec les services des ministères respectivement en charge des finances; un règlement à l’amiable en cas de différends par saisine préalablement le Comité de Contrôle; la possibilité de porter les différends devant une instance d’arbitrage reconnue par l’Etat du Cameroun; la garantie de la stabilité des incitations octroyées aux investisseurs, pour toute la durée prévue de l’acte d’attribution ou de la convention octroyant lesdites incitations; l’égalité de traitement en situation de concurrence avec un ou plusieurs autres investisseurs bénéficiant des incitations prévues parla présente loi, dès lors que cet investisseur remplit les conditions requises; la liberté de procéder à une opération portant location, gérance, fusion ou cession, apport partiel d’actifs préalablement et/ou consécutivement à sa restructuration financière et technique; la possibilité de changer l’objet de ses activités ou le lieu de son implantation après avoir obtenu une autorisation préalable de l’administration chargée de l’investissement privé. 

Propos recueillis par François BAMBOU, Défis Actuels N° 858

Yaoundé: Le plan gouvernemental anti-inondation patauge

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Dans la nuit de mercredi à Jeudi (du 3 au 4 avril 2024), il est tombé des trombes d’eau sur la ville de Yaoundé. Comme à l’accoutumée, pendant ces moments de fortes averses, le fleuve Mfoundi, qui, d’après un article publié en 2022 par la Banque africaine de développement (BAD), charrie environ 80% des eaux de surface de la ville, est sorti de son lit, inondant les terres environnantes. Au niveau de la voirie municipale, en plein cœur de la capitale, les eaux de pluie ont formé une sorte de lac provisoire, infranchissable pour les nombreuses voitures qui doivent obligatoirement passer par ce tronçon pour rejoindre Ngoa-Ekelle, quartier latin de la ville. Les automobilistes et même les piétons ont été contraints d’effectuer un important détour. Ce qui a occasionné des embouteillages monstres qui ont paralysé la ville pendant une grande partie de la journée. Cette situation qui remet au goût du jour le sempiternel problème des inondations se répète incessamment depuis de nombreuses années. Pour y remédier le gouvernement a contracté un prêt de 23,6 milliards de FCFA auprès de la BAD pour mettre en œuvre  Le Projet complémentaire d’assainissement pluvial durable de la ville de Yaoundé (Pcady). Ce dernier succède au Projet d’assainissement durable de la même métropole qui a permis, lors de sa première et sa deuxième phase, la construction de 17 kilomètres de canaux qui n’ont pourtant pas permis de résorber les inondations.  

Démarrage compliqué

Concrètement, le Pcady devait débuter en 2023 selon les prévisions de Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement Urbain. «Nous sommes sur un projet Pcady qui est un projet complémentaire du Projet d’assainissement de Yaoundé (Pady) qui est en cours de signature. Il va démarrer en 2023, pour curer ces drains sous la poste centrale», a-t-elle déclaré en 2022. Un discours qu’elle a réitéré en juillet 2023, alors que sur le terrain, le chantier n’avait pas encore débuté. «Le Projet complémentaire d’assainissement pluvial durable de la ville de Yaoundé va permettre de construire un dalot de 4 m en face de la voirie municipale. Ce projet va également nous permettre de curer les ouvrages et collecteurs principaux enterrés  de l’Avenue Kennedy et du Boulevard du 20 Mai, pour les débarrasser de nombreux déchets accumulés sur ces drains-là. Les accords de financement entre le Cameroun à travers le Minepat ont été signés et les travaux vont démarrer cette année (2023, Ndlr). Donc, d’ici quelques mois, quelques années, les questions d’inondations dans la ville de Yaoundé seront totalement gérées», a-t-elle déclaré.

Des affirmations balayées d’un revers de la main par Gérard Essi Ntoumba, le Coordonnateur de l’unité opérationnelle du Pcady,  qui parle plutôt de 2024, en raison de l’apparente lourdeur observée dans le processus de  recrutement des différents prestataires. «A ce moment, les dossiers d’appel d’offres sont en examen entre la Mairie de la Ville, le ministère des Marchés publics et la BAD. Après approbation par ces commissions d’examen, les avis d’appel d’offres seront publiés. En d’autres termes, ce n’est qu’après le dépôt de leurs offres, que nous saurons qui a soumissionné. Les travaux démarreront en 2024 après avoir signé ces contrats. Il y a un ensemble d’étapes dans la maturation du projet qui doivent être respectées, qu’on arrive à avoir des éléments d’entrée en vigueur. Donc, c’est une partie institutionnelle qui doit pouvoir se mettre en œuvre, à travers la signature d’un certain nombre de documents pour que la partie gouvernementale arrive à rentrer dans le respect de ses engagements », a-t-il confié à nos confrères d’EcoMatin.

 Presque 1 an plus tard, il semblerait que l’on soit resté au même point. Le premier avis d’appel à manifestation d’intérêt pour le recrutement de l’expert environnementaliste de la cellule  d’exécution du Pcady lancé le 20 janvier 2023 n’a toujours pas connu de résultats probants. Tout comme l’appel d’offres international ouvert lancé le 28 décembre 2023 pour le recrutement d’un prestataire devant réaliser les «travaux d’élargissement et de renforcement des voies sur berge le long des canaux Abiergue et Mfoundi amont et de construction de l’ouvrage hydraulique en face de la voirie municipale». Toute chose qui laisse peut-être croire que le Pcady pourrait débuter en 2024. Toutefois, le démarrage du chantier devrait intervenir tard dans l’année. Pendant ce temps, les pluies de mars et d’avril et peut-être même celles de juillet, août et septembre, vont continuer leur œuvre de destruction. Pour mémoire, si l’on s’en tient aux informations qui figurent dans l’avis général de passation des marchés du 07 juin 2022, le Pcady a pour ambition de renforcer la prévention  des  inondations  dans  la Ville  de  Yaoundé, à  travers  le  curage  des  ouvrages  de  drainage  dans  le  centre-ville, la construction d’infrastructures de drainage sur les rivières Djoungolo à l’Avenue Kennedy et  Mingoa, longeant  la  voirie  municipale etc. Annoncé en 2022, le projet devait en principe s’achever en 2025

Transport urbain: Le suédois Scania et son offre de Transport de 600 bus à Douala et à Yaoundé

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Un bus de fabrication Scania

Douala et Yaoundé, les deux plus grandes villes du Cameroun qui comptent plus de 5 millions d’habitants ne disposent pas d’un système de transport efficient. Toutefois, contrairement à Douala où la Société Camerounaise de transports urbains (Socatur) joue à la résistance malgré une diminution drastique de ses dessertes, A Yaoundé, cela fait plus de 2 ans qu’il n’existe plus de sociétés opérant dans le secteur du transport urbain de masse par bus. Les échecs successifs des entreprises Le Bus et Stecy S.A ont laissé le marché complètement inexploité, même si en février 2024, la communauté urbaine de Yaoundé a décidé de se tourner vers la société Salem Tours Mfoundi (STM) pour l’exploitation d’un réseau de transport urbain par bus. Ce qui fait de cette entreprise, le nouveau concessionnaire de ce type de transport dans la capitale.

Le joker Scania

Cependant dans les couloirs des ministères se peaufine une offre qui pourrait venir chambouler le monopole de STM ou alors l’aider à maintenir une offre de transport parfaitement adaptée à la ville. En effet, depuis 2022,  le constructeur de poids-lourds et d’autocars suédois Scania arpente les couloirs du pouvoir au Cameroun, afin d’obtenir l’accord du gouvernement pour la mise en œuvre des solutions de transport rapide et moins polluant, avec des équipements qui correspondent aux attentes des populations. Après une entrevue en avril 2022 avec Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, François Lechat, directeur West Africa LTD de Scania était chez le Premier ministre le 4 avril 2024. «Il s’agissait d’obtenir la bénédiction du Premier ministre chef du gouvernement, sur le projet que nous avons proposé à l’Etat du Cameroun. Il s’agit d’un projet de transport durable et de mobilité urbaine pour Yaoundé et Douala», a déclaré le responsable français au sortir de son entrevue avec Joseph Dion Ngute. A en croire nos confrères de  Cameroon Tribune, «L’offre comprend 600 bus pour Yaoundé et Douala, mais aussi des services d’entretien des bus et de maintenance, des chauffeurs et des opérateurs».

Cadre de collaboration

Toutefois, le cadre de collaboration entre l’Etat et Scania n’a pas été précisé. Le constructeur suédois pourrait signer des conventions avec les communautés urbaines de Yaoundé et de Douala pour la fourniture de véhicules, de produits associés, de services connexes et de prestations au profit du concessionnaire du transport urbain de masse dans ces métropoles. C’est d’ailleurs ce type d’accord que sa branche ouest-africaine a signé le 29 mars 2024 avec la mairie de Ouagadougou. La convention signée entre les deux institutions va permettre à cette communauté urbaine d’acquérir trente-quatre (34) autobus de 13 mètres ; une camionnette de service ; la formation de 90 techniciens de la Société de Transport en commun (Sotraco) au Ghana ; la livraison de pièces de rechange et d’outils d’équipement ; une visite d’inspection à Rio de Janeiro au Brésil, lieu de production des autobus et un service après-vente. Coût total du projet, 6,8 milliards de FCFA.

Le plaidoyer mené par Scania auprès des autorités camerounaises pourrait également aboutir à sa contractualisation comme principal partenaire des villes de Yaoundé et de Douala dans le développement de leur projet de Bus Rapid Transit (BRT) pour lequel les deux villes ont obtenu des financements de la Banque mondiale et de l’Union européenne. En effet, sur son site internet Scania met en avant son expertise dans le BRT et son financement, mais également dans la fourniture de bus adaptés à ce type de projets. «Grâce à notre longue expérience en planification de réseau et en infrastructures, nous pouvons accompagner nos clients dans toutes les étapes de leur projet par le biais de notre cabinet-conseil. Nous pouvons vous aider à définir la meilleure solution de distribution de tickets et vous accompagner dans la définition du concept et le choix du fournisseur. Nous proposons également des solutions de financement qui s’adaptent à votre activité», ont-ils indiqué.

Finances publiques : SGS aux côtés de l’Etat pour la sécurisation des recettes douanières

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Une délégation de la Société générale de surveillance conduite par son directeur sous-régional Afrique centrale, Patricia Nzondjou a été reçue en audience le 4 avril 2024 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Occasion entre les deux partenaires de faire le point de leur relation, mais aussi, pour cette société de proposer de nouvelles solutions au Cameroun en matière de sécurisation des recettes douanières.
« Dans un monde qui change, nous proposons une nouvelle solution pour permettre la sécurisation des recettes douanières et aussi éviter les cas de cybercriminalité qui constituent aujourd’hui des risques majeurs auxquels les entités font face », a indiqué le directeur sous- régional Afrique centrale de la SGS Patricia Nzondjou, par ailleurs représentante de la société au Cameroun.
L’une des meilleures sociétés mondiales en matière de l’inspection, du contrôle, de l’analyse et de la certification et la meilleure en matière de sécurité Bright Sight, selon ses dirigeants, entend ainsi renforcer la sécurité des opérations liées aux paiements de SGS mais aussi voir comment trouver des solutions pour s’assurer que tous les véhicules qui entrent au Cameroun paient effectivement les recettes sans contournement, a fait savoir le directeur sous- régional Afrique centrale de la SGS.
Indiquons qu’en 2024, l’Etat compte mobiliser 1079,9 milliards de FCFA de recettes douanières. Des prévisions en hausse de 10% par rapport à l’exercice précédent. Ces objectifs ne pourront être atteints que si les recettes douanières sont sécurisées et les cyberattaques contrecarrées.
Présente au Cameroun depuis 1988, cette filiale du groupe SGS œuvre pour la dynamisation de l’économie, la facilitation des échanges et la mise à disposition de prestations dans le cadre du contrôle des importations. C’est dans ce sens qu’elle contribue à la sécurisation et l’optimisation des recettes douanières à travers divers programmes.
L’occasion faisant le larron, l’audience susmentionnée a également permis de présenter les nouveaux responsables de la région Afrique de SGS au Minfi.

Patronat : la première assemblée générale élective du Gecam prévue le 9 avril

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Le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), nouveau patronat camerounais, né de la fusion entre le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) et Entreprises du Cameroun (ECAM) tient sa toute première assemblée générale élective le 09 avril. Ce sera au cours d’un conseil d’administration à Douala, précisément au siège de cette nouvelle structure.
Cette élection annoncée n’est qu’une formalité car, Célestin Tawamba, président du défunt Gicam, est assuré d’être élu à la tête du nouveau patronat dont il est cofondateur. Sa liste est l’unique qui a été enregistrée par la directrice exécutive du Gecam, Aline Valérie Mbono, à en croire la confirmation faite par cette dernière.
Célestin Tawamba, sauf miracle, deviendra ainsi le tout premier président du Gecam, confirmant ainsi les dires de ses adversaires, en occurrence Emmanuel Wafo, qui le soupçonnait déjà de vouloir s’éterniser à la tête du patronat camerounais. En effet, les textes du Gicam ne prévoyant que deux mandats non renouvelables, le PDG de Cadyst Group -qui sera élu ce 9 avril président du Gecam-, n’a ménagé aucun effort pour se maintenir à son poste, se posant en s’imposant comme l’homme providentiel, le seul capable de porter le patronat pour les prochaines années.
La fusion entre le Gicam et Ecam a été actée le 5 avril 2023 entre Célestin Tawamba et Protais Ayagma, respectivement présidents des deux defuntes organisations patronales suscitées.
Arrivé à la tête de la grande organisation patronale du Cameroun en 2017 pour deux mandats non renouvelables, l’homme d’affaires de 58 ans compte encore y rester pour une durée qui nul doute sera déterminée lors de l’assemblée générale élective qui se tient le 9 avril.

Avancées : Marc Brys est au Cameroun

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Ça y est ! Marc Brys a atterri à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen aux environs de 22h, avec un retard de près de deux heures dû aux mauvaises conditions météorologiques à Libreville où l’avion qui le transportait a transité. Le technicien belge a été accueilli par Cyrille Tollo, le Conseiller technique du ministre des Sports et de l’éducation physique. Initialement annoncé le 12 avril, le nouveau patron de l’encadrement technique des Lions indomptables est arrivé finalement plus tôt que prévu. « Je suis content d’arriver. J’étais au Cameroun il y a plusieurs années. Je suis revenu. Je suis curieux de commencer. On est prêt pour mettre des choses en place. On verra. J’étais content de la manière avec laquelle le Cameroun a fait la sélection. C’était professionnel. Ça ouvre beaucoup de portes pour nous », a-t-il déclaré à la presse à sa descente d’avion.

C’est un but de plus marqué par le Minsep contre Samuel Eto’o. Ce dernier qui, après avoir rejeté la décision de nomination du nouveau staff des Lions indomptables, a réuni son comité d’urgence pour annoncer qu’il nomme son staff à lui dans 72h. Un délai qui expire ce jour-même. En attendant cet autre acte de bravade du président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Marc Brys et le Minsep tiennent une réunion de travail ce jour. Réunion que présidera le ministre Narcisse Mouelle Kombi à laquelle devrait en principe prendre part Samuel Eto’o le patron de la Fécafoot. Il est peu probable que le dieu de Tsinga fasse profil bas et se rende à cette rencontre. Toujours est-il que les contours du contrat devraient y être peaufinés, pour la signature du contrat. Mais déjà, l’homme a annoncé sur les antennes de la Cameroon radio television (Crtv) avoir déjà commencé le travail. Le maçon est attendu au pied du mur en juin prochain en éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Un rendez-vous important tant le Cameroun qui a été éliminé précocement (en 8ème de finale) de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023, après la 3ème place à domicile à la Can 2021, cherche à redorer son blason. Et le contexte dans lequel le nouveau technicien arrive est de nature à lui mettre une certaine pression. De toutes les façons, le vin est tiré, et reste à boire.

Lions indomptables : Samuel Eto’o va nommer son entraîneur

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Le groupe qui durcit le ton face à Paul Biya

Samuel Eto’o Fils ne s’est pas arrêté à dire son opposition à la présidence de la République au sujet de la nomination unilatérale d’un nouvel encadrement à la tête des Lions indomptables. L’homme a réuni le Comité d’urgence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ce 6 avril 2024, sur la question. Et la résolution la plus attendue est que « le comité d’urgence recommande au président de la Fécafoot de lui soumettre en application des articles 4 du Décret N°2014/384 du 26 septembre 2014 et 40 alinéa 11 des Statuts de la Fécafoot des propositions de nominations des membres des structures d’encadrement des sélections nationales de football dans un délai de soixante-douze heures ». Après avoir « à l’unanimité de ses membres », fait le constat « qu’au mépris des textes visés plus haut, la Fécafoot n’a pas été associée à la procédure ayant conduit à la désignation en date du 2 avril 2024 des membres des structures d’encadrement de la sélection masculine ‘’A’’…»

Pour mieux comprendre: Lions indomptables: le ministre nomme un nouveau staff

D’après le communiqué final de cette rencontre tenue au siège de la Fécafoot, tous les cinq membres dudit comité (la Ligue de football professionnel du Cameroun étant suspendue, son président n’y a pas pris part) étaient présents. Il s’agit de Samuel Eto’o, suivi par ordre de préséance de Céline Eko, Abdoulkarimou, Arthur Djampir et Félix Mbigha. C’est donc ce groupe qui a décidé de conforter le président de la Fécafoot dans son option de « rébellion » contre les instructions du président de la République. Lesquelles ont abouti à la nomination de Marc Brys à la tête de l’encadrement des Lions indomptables. Le délai des 72h expire ce 9 avril 2024. Les yeux sont donc rivés du côté de Tsinga où des noms devraient être publiés en lieux et places de ceux désignés par Narcisse Mouelle Kombi, après avis de la présidence de la République.

Mieux comprendre: Lions indomptables: Eto’o Fils dit niet à Paul Biya

A titre de rappel, dans ses propositions faites à la tutelle, Samuel Eto’o avait misé sur Hervé Renard, José Victor Dos Santos Peseiro et Fabio Cannavaro ; et comme potentiels adjoints, David Pagou et Thomas Nkono (pour entraîner les gardiens). Le comité ministériel de d’étude des dossiers avait rejeté ces dossiers en raison notamment de fortes exigences financières et de requêtes « insoutenables » et « dissuasives » de la Fécafoot.

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Nomination de Brys : Eto’o force Mouelle Kombi à s’expliquer

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Moulle Kombi obligé de s'expliquer

« Subséquemment au non renouvellement en février dernier des contrats des membres de l’encadrement technique conduit par Monsieur Rigobert Song, le processus de recrutement d’un nouveau staff d’encadrement de nos Lions indomptables a été initié, en cohérence avec les Hautes orientations du Chef de l’Etat. Dans ce contexte un groupe de travail ministériel constitué de personnalités à l’expertise avérée, a été mise en place à l’effet d’enregistrer, d’analyser et d’évaluer méthodiquement et rationnellement l’ensemble des candidatures ». En ces termes, Narcisse Mouelle Kombi a cru annoncer les couleurs dans la réponse qu’il a adressée à Samuel Eto’o Fils au sujet du recrutement du nouveau staff dirigeant des Lions indomptables. Au lendemain du rejet par le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), de cet acte posé par ses soins en qualité de ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Le patron de la Fécafoot a déclaré avoir découvert la décision ministérielle nommant Marc Brys à la tête de l’encadrement technique des Lions indomptables seniors dans les réseaux sociaux et ne s’y reconnait pas. Lui qui indique avoir déposé une liste de trois entraîneurs, à charge pour le ministre de transmettre ladite listes à la présidence de la République pour le choix final.

Le facteur ne réfute pas cette information. « Une trentaine de candidatures ont été reçues au Minsep, parmi lesquelles trois transmises, en connaissance de cause et de la procédure, par vos soins…» Pour autant, relève le Minsep, « Toutes ces candidatures ont été examinées dans la transparence et l’objectivité, sur la base d’une grille de notation et de critères d’évaluation rigoureusement définis». Révélant que « ces critères intégraient entre autres le niveau de qualification et de motivation, les performances, les habilitations connexes et complémentaires, la connaissance du football camerounais, la capacité à travailler en toute indépendance et probité sans interférences extérieures, le cursus professionnel, les distinctions set l’expérience en tant qu’entraîneur ». Mais aussi et surtout, « le groupe de travail était particulièrement attentif tant à la qualité du projet présenté par le candidat en vue du relèvement et de l’amélioration des performances des Lions indomptables qu’à la soutenabilité des prétentions salariales et exigences financières des candidats », a-t-il souligné.

Plus d’un milliard Fcfa de salaire par an

Et c’est là que tout aurait basculé contre les candidatures proposées par la Fécafoot : «Il n’est pas sans intérêt de signaler que les trois candidatures soumises par vos soins, présentaient chacune des prétentions salariales exorbitantes variant d’environ 1 milliard et 1,6 milliard de Fcfa de rémunération (hors primes diverses) par an… ». Mouelle Kombi va plus loin en précisant « respectivement entre 82 000 000 Fcfa et 132 000 000 Fcfa par mois». Des montants que le ministre juge « excessifs jamais payés à un quelconque entraîneur dans l’histoire des Lions indomptables». Plus grave, trahit-il, « l’exigence formulée par vous relative à la mie à disposition des moyens financiers et logistiques deux semaines avant la prise de fonction éventuelle des candidats présentés par la Fécafoot, rendaient difficilement soutenables et rédhibitoires, pour ne pas dire dissuasives, leurs prétentions salariales, au vu de fortes contraintes budgétaires de l’Etat ». Voilà qui justifie le rejet des candidatures déposées par la Fécafoot, selon le ministre de tutelle.

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« Au demeurant, le choix et la désignation de l’ensemble de l’équipe d’encadrement technique ont été faits dans l’optique de téléologique et stratégique, avec en toile de fond le souci de l’efficacité et de la cohérence dans l’atteinte des objectifs de performance Assignés aux Lions indomptables», conclut le Minsep. Mouelle Kombi ne manque pas « d’attirer [votre] attention sur la nécessité de redorer le blason des Lions indomptables et de les amener à écrire de nouvelles pages victorieuses et glorieuses, ceci dans la sérénité, la cohésion et l’harmonie », à Samuel Eto’o. Une réponse qui certainement va susciter une nouvelle réaction de son adversaire qui se montre particulièrement braqué dans cette autre crise.

Gouvernance:Décalage de 2 ans pour le méga projet d’adduction d’eau de Douala

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une canalisation d'eau en cours d'installation

« J’ai demandé au gouvernement de finaliser en urgence des diligences relatives au lancement, dès 2023, du mégaprojet d’adduction d’eau potable de la ville de Douala et de ses environs », a déclaré Paul Biya lors de son discours à la nation du 31 décembre 2022. L’exhortation du chef de l’Etat n’a pas connu de déclinaison opérationnelle à la date annoncée par ce dernier. Pour toute réponse, le ministre de l’Eau et de l’Energie s’est contenté,  au mois de novembre 2023, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, de détailler les derniers obstacles à lever afin que le projet puisse démarrer en 2024. «Rendu en novembre 2023, les études d’avant-projet sommaires sont déjà validées et les études d’avant-projet détaillées sont en cours. Pour 2024, il est question d’achever la maturation en vue du démarrage des travaux du mégaprojet», a-t-il déclaré.

Démarrage en 2026

Toutefois, alors qu’on est rendu au 2e trimestre de l’année en cours, il semblerait que celle-ci ne sera pas celle du démarrage du mégaprojet d’adduction d’eau de la ville de Douala et ses environs. Du moins, si l’on s’en tient aux projections qui figurent dans le Programme d’investissement prioritaire du gouvernement pour la période 2024-2026. Dans ce document qui regroupe les projets prioritaires du gouvernement qui vont bénéficier d’une attention particulière, notamment en termes d’allocation des ressources financières et du suivi de la mise en œuvre, ce dernier a été placé dans la liste des projets d’investissement prioritaire à lancer à partir de 2026. Selon le même document, la fin des travaux est prévue en 2029, pour un coût global de 450 milliards de FCFA, en maîtrise d’ouvrage public. Ce qui signifie que pour ce projet, l’Etat renonce à un partenariat public privé.

Les raisons du décalage

Les raisons de cet important décalage dans le démarrage des travaux demeurent un mystère, car les demandes d’information adressées au ministère de l’Eau et de l’Energie sont restées lettre morte. Toutefois, en 2023, Blaise Moussa, directeur général de Cameroon Water Utilities, l’entreprise publique chargée de la production, de la distribution et de la commercialisation de l’eau potable au Cameroun, laissait entendre que la date de démarrage du mégaprojet d’alimentation en eau potable de la ville de Douala pourrait être prorogée en raison  des tergiversations dans le choix  du financement le mieux adapté au projet, ou encore de la prise en compte des éventuels conflits d’intérêts entre les parties prenantes. Globalement, pour le financer, l’Etat compte s’endetter. Pour ce faire, il aurait opté pour des prêts à taux concessionnels, qui sont des financements accordés à des conditions bien plus avantageuses que celles du marché. « Il faudrait au minimum 300 milliards de FCFA, voire 400 milliards de FCFA pour les travaux du méga projet d’adduction d’eau de la ville de Douala. La condition fixée par l’Etat c’est que les financements soient à taux concessionnels, et que le plafond d’endettement de l’Etat ne soit pas atteint. Toujours est-il que ce sont des projets qui doivent être validés par le Comité national de la dette», a-t-il déclaré.

Le Mémorandum d’entente (MoU) paraphé en juillet 2023 par la Cameroon water utilities (Camwater) et les entreprises belges Besix NV/SA et turque Ersa Construction a certainement obéi à la prescription gouvernementale susmentionnée. Si l’on s’en tient au compte rendu qui a été fait à l’issue de la cérémonie de signature susmentionnée, ces nouveaux partenaires vont investir 125 milliards de FCFA dans le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Douala. Partenariat public-privé ou prêt ? On n’est toujours pas fixé. Mais au regard des données consignées dans le Programme d’investissement prioritaire du gouvernement pour la période 2024-2026 et les confidences faites par le directeur général de Camwater, l’éventualité d’un prêt semble la plus plausible.

Consistance du projet

Pour mémoire, le mégaprojet d’adduction d’eau de la ville de Douala consiste à renforcer l’offre en eau potable de la ville de Douala et ses environs, à travers la production supplémentaire de 400 000 m3 par jour d’eau potable, à partir du fleuve Wouri.  Conçu pour résorber un déficit journalier d’environ 500 000 m3, Camwater est convaincue que sa concrétisation va permettre d’améliorer la qualité du service d’alimentation en eau potable, de même que l’offre, augmenter le chiffre d’affaires vente eau et favoriser la création d’emplois.

Consommation: Controverse autour des politiques de lutte contre la vie chère

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Ce n’est pas un poisson d’avril. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a annoncé le 1er avril 2024 la baisse du prix de l’huile raffinée conditionnée en bidons de 20 et 25 litres. Selon le membre du gouvernement, les quantités susmentionnées de ce produit de grande consommation passent respectivement de 22 000 et 27 500 FCFA, soit à 1 100 FCFA le litre au lieu de 1 600 FCFA tel qu’il était vendu avant la mesure du 1er avril. L’opérationnalisation de cette mesure, précise le Mincommerce, s’effectue dans le cadre de « La foire aux huiles raffinées en bidon » qui se tient dans les villes de Yaoundé et Douala sur certains points précis dont le Boulevard du 20 mai, entre autres, pour ce qui est de Yaoundé et l’Esplanade de la délégation régionale du Commerce de Littoral, entre autres, s’agissant de Douala.
La décision du Mincommerce comme bien d’autres prises précédemment [vente promotionnelle des denrées alimentaires au profit des étudiants et ventes promotionnelles des produits de première nécessité sur trois sites à Yaoundé à savoir le Boulevard du 20 mai, le Carrefour MEEC et l’Esplanade de l’ancienne sous-préfecture de Kondengui] s’inscrit dans le prolongement d’une campagne contre la vie chère, à en croire le Mincommerce.
Sauf que, d’après Louis-Marie Kakdeu, ces mesures du gouvernement sont loin de résoudre le problème de l’inflation généralisée qui, selon l’Institut national de statistique, se situait à 7,2% fin janvier 2024. Ainsi, le deuxième vice-président national du Social Democratic Front, suggère-t-il trois choses pour inverser la courbe sans cesse croissante de la vie chère.
43% de pertes post-récoltes
D’abord, indique-t-il, « lutter contre les pertes post-récoltes ». Selon lui, « l’on enregistre officiellement 43% de pertes post-récoltes au Cameroun depuis bientôt une décennie. Cela signifie que près de la moitié de la production agricole du pays pourrit bord champ ». L’action de ramener toute cette production sur le marché garantirait l’augmentation automatique de l’offre et donc, la baisse généralisée des prix, souligne-t-il.
Ensuite, l’économiste suggère de subventionner l’agriculture plutôt sous forme de prime à la production. « Le ministère en charge de l’agriculture dispose depuis quelques années d’environ 119 milliards de FCFA de budget annuel sans compter une enveloppe plus importante qui arrive sous forme de projets. Le pays dispose des projets dont l’enveloppe avoisine ou dépasse les 50 ou 65 milliards de FCFA et qui finissent sans impact. Par exemple, le projet PACA avait pour vocation de produire le riz. Ce projet a été clôturé en 2015 et l’argent a été dilapidé. Il est impossible en 2024 de montrer un seul bénéficiaire qui continue la production. 40 milliards en fumée. Je ne parle pas projet PIDMA (50 milliards) ou encore d’Agropole (usine à gaz encore en cours) », déplore Louis-Marie Kakdeu.
Le Cameroun dispose d’après le recensement de 2005 (20 ans en arrière) de 3 millions d’exploitations familiales. Ce sont ces exploitations familiales qui ravitaillent des ménages de nos jours, souligne l’économiste. Si vous voulez avoir un impact immédiat sur la consommation des ménages, alors vous ciblez plutôt ces exploitations familiales. Vous leur apportez une subvention. Ces exploitations produisent en moyenne un demi-hectare chacune. Si vous les subventionnez pour qu’elles doublent simplement leurs productions (et passent à un hectare chacune), alors vous doublez l’offre sur le marché et agissez durablement sur la baisse des prix, propose-t-il.
Mirap
Enfin, indique-t-il, la promotion des semences améliorées. Comment pouvons-nous comprendre que le taux d’utilisation des semences améliorées au Cameroun soit de 3% alors que ce matériel végétal et animal est bel et bien disponible à l’IRAD ? Comment la SEMRY peut-elle continuer de produire un riz en décalage avec la demande du marché alors que l’IRAD a déjà développé 26 variétés de riz directement utilisables ? Pour que l’on se comprenne bien, le Cameroun dispose par exemple de plus de 300 variétés traditionnelles de manioc. Le problème est qu’il faut attendre entre 18 et 24 mois pour que ces variétés produisent au plus 5 tonnes à l’hectare.
Indiquons que des économistes ont généralement, entre autres, proposé le désenclavement de grands bassins de production pour lutter contre la vie chère. L’Etat dans sa politique privilégie plutôt des ventes promotionnelles. Outre les campagnes du Mincommerce, la Mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation qui ne fait plus trop parler d’elle, se déployait aussi dans ce sens.

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