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Décrispation : Samuel Eto’o fléchit mais ne rompt pas

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Le communiqué rendu public par le secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) après le passage de Marc Brys lundi dernier indique que le nouveau sélectionneur des Lions indomptables a eu une séance de travail avec le secrétaire général de la Fécafoot, Marc Brys. Séance « à laquelle ont participé les membres du staff des Lions indomptables nouvellement nommés», souligne le communiqué. « La Fécafoot se félicite de ce retour à la sérénité», écrit Blaise Djounang. D’autant plus que trois jours avant, le remplaçant de Rigobert Song Bahanag avait snobé son employeur qui l’y attendait en compagnie des membres du staff nommés par le président de la Fécafoot. Préférant convier les médias à un point de presse au stade Ahmadou Ahidjo où l’homme a communiqué la liste des joueurs qu’il convoque pour la préparation de la double confrontation contre le Cap vert et l’Angola, en éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

En saluant ce retour à la sérénité, la Fécafoot « rassure de sa bonne disposition à respecter les Très Hautes prescriptions du Chef de l’Etat consacrées par la loi et l’arsenal règlementaire en vigueur». Sans précisions. Lesdites prescriptions ayant donné le pouvoir au ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), Narcisse Mouelle Kombi, de trouver des solutions à la crise de résultats que traverse l’équipe nationale fanion de football du Cameroun. Lequel a nommé unilatéralement un nouveau staff aux Lions indomptables. Staff que la Fécafoot a contesté, avant de faire un rétropédalage et nommer le sien, en retenant dans le groupe nommé par la tutelle Marc Brys et son assistant Joachim Mununga. Depuis, les deux parties sont en guerre ouverte. Tout de même, la Fécafoot a entériné la liste des joueurs retenus unilatéralement par le sélectionneur.

Du coup, Tsinga qui estime avoir mis de l’eau dans son vin, « invite à nouveau tous les acteurs à assumer pleinement leurs missions et à conjuguer les efforts patriotiques pour remettre au centre de nos préoccupations ; l’émergence de notre football en général, et le rayonnement de l’équipe nationale en particulier». Un appel à la paix qui ne signifie pas que Samuel Eto’o a capitulé, Puisque la photo faite à la fin de la séance de travail a donné lieu à d’autres développements. La Fécafoot a indiqué que Marc Brys a eu cette séance de travail «avec le staff nouvellement nommé ». Et les images montrent dans la salle de conférences de la Fécafoot les hommes nommés par Samuel Eto’o. En clair, en acceptant « de respecter les Très hautes prescriptions du Chef de l’Etat », la Fécafoot s’est contenté de ne s’en tenir qu’au sélectionneur et son assistant.

Par ailleurs, « il a été rappelé à monsieur Marc Brys, qu’au terme des vérifications de conformité, les joueurs seront convoqués exclusivement et sans aucune intrusion, selon sa liste et que tout cas de non-conformité sera porté à sa connaissance pour qu’il procède au remplacement approprié», a souligné Blaise Djounang dans son communiqué. Même si la Fécafoot entérine la pré-liste de Marc Brys, elle entend l’étudier et attester de la conformité de chaque cas. Une conformité non clarifiée. C’est là que d’aucuns suspectent la Fécafoot de poursuivre la persécution de certains joueurs bannis de la sélection nationale, sans explications.

Eyumojock: Le commandant de brigade et cinq gendarmes abattus

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« Présentement je suis seul à la brigade avec deux gendarmes majors. Comme l’incident a eu lieu ce matin, j’étais obligé de démonter mon poste pour venir rester à la brigade comme le seul sous-officier ; parce que même l’adjoint du CB (commandant de brigade, Ndlr) est mort… » C’est le message de détresse d’un maréchal de gendarmerie en service la brigade de gendarmerie d’Eyumojock, département de la Manyu, région du Sud-Ouest. A la suite d’un massacre dont a été victime la brigade de gendarmerie de cette localité ce vendredi 10 mai 2024. Selon des sources concordantes, ce sont en tout six gendarmes dont le commandant de brigade qui ont été abattus par des hommes armés présentés comme des séparatistes se revendiquant de l’« Ambazonie », cet Etat fantôme dont ces derniers se réclament et qui constitue le territoire des deux régions anglo-saxonnes du Cameroun.

Le commandant de brigade et ses hommes seraient tombés dans un guet-apens. « Selon les informations, on les a informés qu’il y avait les Amba qui devraient venir les attaquer. Ils sont partis se planquer quelque part selon les ‘’on dit’’. La même personne a donné les mêmes informations aux Amba », apprend-on d’une source sécuritaire. Une autre source indique que « le commandant a reçu le renseignement selon lequel les Amba vont bloquer l’entrée et la sortie d’Eyumojock. C’est ainsi qu’il se déploie avec ses hommes sur le terrain. Ils étaient sept. Ils sont restés planqués pendant trois heures, et n’ont vu aucun mouvement. Ils décident de lever l’encre. Deux éléments vont emprunter un camion sortant d’Ekok pour Mamfé. Ils ont été les premiers à être pris d’assaut, puisqu’ils se trouvaient déjà dans le bouchon, dans le dispositif des sécessionnistes », raconte une source sécuritaire locale. Les Ambazoniens vont ouvrir le feu sur le camion transportant ces deux gendarmes. Un maréchal sera mortellement atteint ; son collègue s’échappera, « en retirant le gilet du maréchal et son arme», souligne la source. « Le commandant de brigade et les quatre autres éléments qui les suivaient, ont été tous abattus et calcinés », poursuit la source sécuritaire.

Sur le carreau, six morts : le commandant de brigade, son adjoint, un sous-officier de la cuvée 2015 et deux gendarmes majors sortis de l’école en 2017. Un seul élément survivra de l’attaque. A ce qu’il semble, l’ennemi était renseigné sur leurs positions. La population encore sur place vit dans la peur.

Lions indomptables : Marc Brys fait le point de sa tournée européenne

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Marc Brys et ses collaborateurs en séance de travail

« C’était très positif de notre côté et du coté des joueurs». En ces termes, Marc Brys apprécie sa tournée européenne. Laquelle lui a permis de superviser les joueurs camerounais et surtout de discuter avec la plupart d’entre eux. « On a essayé de prendre connaissance avec nos joueurs ; c’était par zoom meeting ou en spot live. On a rencontré beaucoup de joueurs de cette manière ; on a eu la chance de parler avec eux. On a essayé de voir quel est notre objectif, de quelle manière on va le réaliser», rapporte-t-il.

Le technicien belge explique avoir axé son travail sur le talent, mais pas que : « on en va pas se contenter seulement du talent, mais surtout chercher aussi le collectif : est-ce que le joueur X est capable de jouer dans une équipe en composition avec tel autre devant ou derrière ?», a-t-il indiqué. Justifiant ainsi certaines absences par le peu de temps de jeu, la santé et la capacité à pouvoir faire équipe techniquement avec les autres. Et la trentaine de joueurs retenus est donc le fruit d’un long exercice avec ses collaborateurs qui l’accompagnaient dans son périple : « on fermait la porte à 8h et je l’ouvrais à 18h. On a fait notre boulot, je pense ».

Climat de travail

Maintenant le vin est cueilli, il faut le boire. L’homme qui entend vivre au Cameroun, est satisfait d’avoir trouvé des joueurs qui ont envie de jouer ensemble. « Comme je vous l’ai dit, on a parlé avec beaucoup de joueurs et j’étais étonné qu’à chaque fois, ils parlaient toujours de ‘’nous’’. Aucun joueur n’a dit ‘’moi’’. Ils disaient toujours ‘’nous avons échoué parce qu’il nous a manqué ceci, nous allons ajouter cela’’», confie-t-il. Du coup, l’homme croit déjà que, « après deux jours d’entraînement, on va être prêt, peut-être pas pour gagner mais pour performer dans ces deux matchs ».

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Le premier test c’est le 3 juin contre le Cap vert à Yaoundé, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. En espérant que le climat soit assaini entre le ministère des sports et la Fédération camerounaise de football. Les deux parties se livrent une guerre au sujet du choix de l’entraîneur et de ses adjoints et collaborateurs.

Lions indomptables : Les 30 pionniers de l’ère Brys

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Ils sont 30 joueurs présélectionnés par Marc Brys, pour les deux rencontres que le Cameroun livre en juin dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. A première vue, le technicien belge ne marque pas fondamentalement une rupture catégorique. Mais une continuité avec un dosage d’anciens et nouveau. On y retrouve un banni (Michaël Ngadeu), et huit nouveaux : James Eto’o, Guy Kilama, Jackson Tchatchoua, Carlos Baleba, Raoul Dazabe, Jean Bosco Nchindo et Jules Armand Kooh.
En revanche, ni Devy Epassy, encore moins Fabrice Ondoa, ne font partie de ce groupe en reconstruction. Marc Brys a retenu trois gardiens : André Onana dont la présence était forcément attendue, et Simon Omossola dont l’absence ces derniers temps a souvent ssucité des polémiques, tant l’homme est régulièrement sur la feuille de match d’e Saint-Eloi Lupopo en RDC, alors que les préférés de Rigobert Song n’avaient pour seuls arguments que le fait de jouer en Europe.

Gardiens

Simon Omossola

André Onana

Simon Ngapandouetnbu

Défenseurs

Malcom Bokélé

Jean Charles Castelleto

Yvan Dibango

James Eto’o

Guy Kilama

Harold Moukoudi

Michaël Ngadeu

Jackson Tchatchoua

Nouhou Tolo

Christopher Wooh

Faï Collins

Milieux de terrain

Carlos Baleba

Eric Maxim Choupo-Moting

Franck Zambo Anguissa

Raoul Danzabe

Martin Hongla

Jean Bosco Nchindo

Pierre Kunde Malong

Yvan Neyou

Olivier Ntcham

Attaquants

Christian Bassogog

Jules Armand Kooh

Didier Lamkel Ze

Vincent Aboubakar

Bryan Mbeumo

Faris Moumbagna

Nicolas Moumi Ngamaleu

Georges Kevin Nkoudou

Lions indomptables/Nomination : Les clubs amateurs veulent attaquer la décision de Samuel Eto’o

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Le bureau de l'ACFAC

Samuel Eto’o n’aura plus seulement Narcisse Mouelle Kombi en face de lui dans la guerre de la gestion de la sélection nationale. Désormais, l’Association des clubs de football amateur du Cameroun (Acfac). L’Association a décidé « de contester immédiatement devant les juridictions compétentes la décision du président de la Fécafoot ». L’annonce a été faite à travers un communiqué rendu public ce 10 mai 2024.

L’Acfac qui joue un rôle de premier plan dans la crise qui secoue la Fécafoot depuis un peu plus de dix ans, s’offusque de ce que le président de la Fécafoot s’entête à foncer droit vers le mur, sapant la quiétude de la sélection nationale pourtant appelée à défendre les couleurs du Cameroun dans quelques semaines. C’est que, « le bureau exécutif de l’Acfac avait appelé le président de la Fécafoot à engager un dialogue franc et sincère avec le ministère des Sports et de l’éducation physique, pour préserver l’image du football camerounais qui risquerait d’être durablement ternie si les Lions indomptables venaient à deux encadrements à leur tête », rappelle l’Acfac.

Le communiqué de l’Acfac

C’était au lendemain de la nomination par le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) le 2 avril dernier, du staff technique, administratif et médical, de la sélection nationale fanion de football, sur instructions de la présidence de la République. Le président de la Fécafoot ayant contesté cet acte de la tutelle. Menaçant de ne pas reconnaître ce staff. Un mois après, la menace a été mise à exécution. L’Acfac n’entend plus assister en simple conseiller d’un dirigeant sourd à toute dissonance.

Lions indomptables : la défiance du dernier combat

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Joignant l’acte à la parole, Samuel Eto’o Fils a nommé son staff pour les Lions indomptables dans une décision rendue publique jeudi au soir. La composition de ce staff reflète presqu’entièrement celui désigné par le Comité d’urgence élargie à des membres du Comité exécutif. Avec aux commandes Marc Brys qu’il avait pourtant vomi, ainsi que deux de ses éléments : son assistant Joachim Mununga, le préparateur physique Christophe Manouvrier et l’analyste vidéo Giannis Xilouris. Samuel Eto’o a positionné Martin Ndtoungou Mpile (andjoint N°1), David Pagou (adjoint N°2). A ceux-là le président de la Fécafoot a donc ajouté Christophe Manouvrier que le Comité d’urgence élargi à des membres du Comité d’urgence avait ignoré. Le staff administratif comprend à la coordination générale Benoît Angbwa (maintenu), avec comme adjoints Serge Reinold Pensy et Ntui Sarah ; Nicolas Alnoudji comme team manager, Thierry Ndoh maintenu team press officer et comme agent de liaison, Arnold Ebolo Abada. De même, à l’infirmerie, confiance est placée en une nouvelle équipe, pilotée par le Dr Patrick Joël Fotso. Ainsi, les éléments camerounais du staff nommés par le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep).

Par cette décision, Samuel Eto’o a porté un coup presque fatal à l’Etat du Cameroun. Relançant une guerre que d’aucuns croyaient en cours d’arrêt. Aussitôt, le secrétaire général de la Fécafoot a convoqué toutes les personnes nommées à une séance de travail ce vendredi au siège de la Fécafoot à Tsinga-Yaoundé à 11h. Quatre heures avant la conférence de presse que Marc Brys a annoncée et qui doit se tenir au stade Ahmadou Ahidjo. Le technicien belge et toutes les personnes nommées par le ministre ont boycotté la rencontre de Tsinga. Lors de la présentation de sa liste, Marc Brys devrait répondre aux questions des journalistes sur son mode de fonctionnement dans un climat aussi délétère.

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Mais déjà, la dernière défiance de Samuel Eto’o est prise très au sérieux au sommet de l’Etat. L’on annonce des représailles pour très bientôt, pour neutraliser cette rébellion qui pris de l’ampleur. Les prochains jours devraient voir les choses allaient plus rapidement, tant les prochaines échéances des Lions indomptables arrivent. Le Cameroun a deux matchs en juin, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

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Rébellion : Samuel Eto’o pète un câble et insulte l’intelligence du ministre

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Alors que le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) attend de lui copie de la lettre qu’il a envoyée à la Fédération internationale de football association (Fifa), Samuel Eto’o lui a servi une leçon de français, doublée d’explication de la science juridique. « J’accuse réception de votre lettre dans laquelle vous tentez une analyse biaisée de la lettre de la Fifa alors que celle-ci ne recèle aucune ambiguïté au sujet de l’instance habilitée à désigner les membres de l’équipe d’encadrement des sélections nationales», engage-t-il son pugilat épistolaire. « Je suis au regret de constater que vous persistez dans votre projet visant à ignorer les termes du décret du président de la République, pour ne tenir en compte que la convention Minsep-Fécafoot alors que cette dernière ne saurait subroger le décret qui l’instaure », poursuit-il. Feignant d’oublier que la Fifa son bouclier, n’a pas elle-même évoqué ce décret, mais plutôt la Convention qu’il refuse de citer. En signifiant clairement à sa tutelle « qu’il ne m’est pas possible de mettre cette correspondance à votre disposition car il s’agit d’un échange interne tenu dans le cadre de la collaboration Fifa-Fécafoot ».

Avant de monter d’un cran, piétinant tous les usages protocolaires et marchant sur les règles élémentaires d’une correspondance officielle, de sa posture de subalterne : « Ce déni constant de la légalité dans lequel vous persistez, me conduit à rappeler à vitre bon souvenir et en français facile que dans l’esprit du décret du président de la République signé le 26 septembre 2014, la convention a vocation à régler exclusivement à régler les aspects financiers liés à notre collaboration, conformément à l’article en son deuxième alinéa », enseigne-t-il le droit à Narcisse Mouelle Kombi, enseignant de droit. Regrettant que « ces incompréhensions qui perdirent malgré toutes les explications que mes collaborateurs et moi-même avons portées à votre attention dans les précédentes correspondances… ».

Illusion d’une fin de guéguerre

Toutes ces explications teintées de dénigrements à son supérieur qui plus est, est un membre du gouvernement, pour annoncer qu’il va nommer son staff d’encadrement des Lions indomptables. S’appuyant sur le Comité d’urgence qu’il a réuni en journée, le président de la Fécafoot qui insiste sur ses prérogatives « rappelées » par la Fifa de nommer cette équipe, annonce que le Comité exécutif (pas le comité d’urgence qui s’est réuni), a procédé à la « désignation » du staff qui conduira les Lions indomptables désormais. Ici, l’homme est resté quelque peu prudent en utilisant le terme « désignation », qu’il adosse au Comité exécutif. Là où les Statuts de la Fécafoot lui accordent ce privilège, comme conséquence des propositions du Comité exécutif. Samuel Eto’o conclut en indiquant que ce même Comité exécutif l’a chargé « de transmettre, toutes affaires cessantes, la composition de ce staff à la Fifa, pour mettre fin aux polémiques et permettre à ces responsables de se mettre au travail rapidement ». Évoquant « l’urgence de commencer à préparer les prochaines échéances sportives ». L’homme a ainsi sifflé la fin selon lui, de la guéguerre. Le bras de fer est pourtant relancé par le ton même de cette correspondance.

Les Lions indomptables, eux, livrent deux matchs en juin, contre le Cap vert et l’Angola, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Marc Brys, le nouvel entraîneur que le président de la Fécafoot a fini par accepter, devrait livrer sa liste demain vendredi.

Lions indomptables : Samuel Eto’o nomme son staff

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C’est l’ultime attaque que Samuel Eto’o a menée contre Narcisse Mouelle Kombi ce 8 mai 2024. Le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a nuitamment rendu publique la liste de son staff technique, administratif et médical devant conduire les Lions indomptables. L’homme qui conteste le staff nommé par le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), a essayé de faire un dosage entre les choix de son adversaire » et les siens. EN maintenant déjà Marc Brys dont il ne voulait pas en entendre parler. Le technicien belge est « maintenu » en compagnie de son assistant Joachim Mununga et son analyste vidéo Giannis Xilouris.

C’est dans les postes d’adjoints que le patron de la Fécafoot a rejeté toutes les nominations de la tutelle. Ainsi, François Omam-Biyik et Alioum Boukar (en charge des gardiens de buts) ne sont pas maintenus. En lieux et places, Samuel Eto’o a préféré d’une part Martin Ndtoungou Mpile et David Pagou, et d’autre part Idriss Carlos Kameni. Thomas Nkono avait été initialement annoncé en remplacement d’Alioum Boukar. Finalement Samuel Eto’o a jeté son dévolu sur un élément de sa génération.

Aussi, jaloux de son pouvoir, le président de la Fécafoot a fait confiance à des hommes de son choix à la coordination et tous les postes administratifs. Ainsi, Benoît Angbwa est maintenu comme coordonnateur général où Benjamin Banlock avait été nommé par le ministre, ainsi que Elie Thierry Ndoh comme Team press manager. Serge Pensy assistera Benoit Angbwa, tandis que Nicolas Alnoudji assurera les fonctions de team manager. Samuel Eto’o ne veut pas du Pr William Ngatchou à l’infirmerie. On aura à la place, le Dr Patrick Joël Fotso.

Ces nominations sont issues d’une session du Comité d’urgence tenue ce 8 mai 2024, élargie à certains membres du Comité exécutif. Ce au lendemain d’une passe d’armes entre le ministère et la fédération, suite à la lettre de la Fifa, en réponse à sa saisine par la Fédération. Répondant à une correspondance de la Fécafoot, la Fifa a rappelé que le choix des membres de l’encadrement de la sélection nationale relève « uniquement » des prérogatives de la Fécafoot. En revanche, l’instance internationale du football s’est appuyée sur la Convention Minsep-Fécafoot du 5 février 2015, pour ne pas accorder entièrement ses faveurs à son membre. Ce qui a amené la Fifa à demander une révision de cette convention sensée faciliter l’application du décret du 26 septembre 2014 organisation la gestion des équipes nationales de football du Cameroun.

Samuel Eto’o s’est appuyé sur le courrier de la Fifa pour faire ses choix, mais a oublié que « l’avis obligatoire du ministre des Sports» dans le choix du staff d’encadrement des Lions indomptables. A la guerre comme à la guerre. La réaction de l’Etat est attendue, au moment où la liste de Marc Brys est attendue vendredi. Entre temps, les pré-convocations n’ont pas encore été transmises aux clubs employeurs des Lions indomptables.

Lions indomptables : La lettre de la Fifa, terrain de la nouvelle bataille

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L’on croyait que la lettre de la Fifa au sujet de la gestion des staffs de la sélection nationale viendrait mettre fin à la guerre entre le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Que non ! Les deux belligérants ont plutôt renouvelé le stock de leurs armes pour relancer la guerre. Aussitôt le courrier arrivé, la Fécafoot a réuni son comité d’urgence. Lequel a « pris acte [des] recommandations et s’engage formellement à mettre en œuvre toutes actions susceptibles de sauvegarder le respect des textes de la Fifa, ainsi que des lois et règlements en vigueur au Cameroun».

Puis la fédération a écrit au ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) pour l’informer de la réception de la lettre de la Fifa « contenant des observations relatives aux mécanismes de désignation des membres de l’encadrement technique et administratif de la sélection nationale masculine « A » du Cameroun». Samuel Eto’o mentionne que « ce courrier rappelle, s’il le fallait, que ‘’les décisions concernant le recrutement des membres des structures d’encadrement doivent rester parmi les droits et compétences réservés uniquement au Comité exécutif de la Fécafoot ». Pour assommer que « de ce fait, la désignation des membres de l’encadrement technique et administratif de la sélection nationale masculine A, telle que proposée par la Fécafoot los de différents échanges, est de notre point de vue plus proche des exigences de la Fifa».

Réponse du berger à la bergère : « votre interprétation participe d’une occultation manifeste de l’objet réel de la réponse de la Fifa, à savoir la reconnaissance de la régularité, de la légitimité et de la légalité du processus de désignation du staff d’encadrement technique, administratif et médical des Lions indomptables suites aux hautes instructions de la présidence de la République ». Citant en référence la correspondance du Secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) du 2 avril 2024, qui lui donnait le quitus du sommet de l’Etat pour les choix par lui proposés.

Bonne foi

A l’occasion, Narcisse Mouelle Kombi qui se montre particulièrement volubile dans chacun de ses courriers adressés sur le sujet à la Fécafoot, ecrit que « dans la lettre que vous m’avez adressée ce jour, vous procédez par extraction partielle et partiale, ainsi que par lecture parcellaire et biaisée de la correspondance de la Fifa ». En exigeants que lui soit transmise copie de la lettre adressée par la Fécafoot à la Fifa et qui vaut les développements actuels, le Minsep indique qu’«une lecture de bonne foi de la correspondance de la Fifa nous amène à relever que l’acte juridique de référence en la matière est et demeure la Convention Minsep-Fécafoot du 5 février 2015». Et de poursuivre que « l’article 9 de ladite convention donne pleinement la latitude à l’Etat via le ministère des sports, de recruter et rémunérer les membres des structures d’encadrement des sélections nationales de football ». Soulignant au passage qu’au cas même où les prérogatives de recrutement sont dévolues à la Fécafoot, la Convention mentionne « la nécessite de l’avis obligatoire du ministre des Sports à un poste d’encadrement, éventuellement opéré par la Fécafoot».

Et alors que la Fécafoot se réjouit de savoir que la Fifa demande la relecture de la convention querellée, ainsi que des concertations permanentes entre le ministère et la fédération, la tutelle élargit son champ d’expression : « ces concertations pourraient, en cas de nécessité, s’intensifier et intégrer divers sujets, notamment le contrôle de l’usage de deniers publics mis à la disposition de la Fécafoot par l’Etat, la maîtrise de l’état civil des footballeurs, la gestion des carrières des footballeurs professionnels,… » Des menaces à peine voilées de réduire davantage les marges de manœuvres d’un président de la Fécafoot qui a eu les mains libres sur la gestion des sélections nationales à son arrivée, sans participation de l’Etat, comme cela souvent été le cas.

A lire aussi: La Fifa invitée au combat sur la gestion des staffs d’encadrement des Lions indomptables

De toutes les façons, Mouelle Kombi rappelle à Samuel Eto’o que nous sommes « à quelque semaines d’importantes échéances qui engagent les Lions indomptables», à savoir les éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Et donc à la Fécafoot de « faciliter le travail du staff technique dont la désignation des membres ne souffre d’aucune irrégularité». In fine, « il serait convenable de taire les polémiques stériles et les divergences inutiles qui n’honorent pas le football camerounais», conseille-t-il à Samuel Eto’o. Les sabres sont donc loin d’être rangés.

Staffs des Lions indomptables : la Fifa rentre en jeu pour la fin

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Dans un courrier daté du 6 mai 2024, la Fédération internationale de football association (Fifa) écrit que « nous considérons que dans la situation actuelle, l’article 9 de ladite convention concernant le recrutement et le salaire des membres des structures d’encadrement doit être implémenté en en respectant l’article 13 de la même convention ». Au sujet du différend entre l’Etat du Cameroun représenté par le ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), sur la nomination des staffs techniques et administratifs des Lions indomptables A, faite par la tutelle, et que l’association membre de la Fifa conteste. La Fifa rappelle les dispositions de l’article 13 de cette convention signée en février 2015, pour faciliter l’application du décret du président de la République du 26 septembre 2014 : « les parties soulignent l’impérieuse nécessité de privilégier une gestion sereine et concertée du football, dans le respect mutuel, l’esprit de dialogue et le patriotisme», prévoit l’alinéa 1. Et l’alinéa 2 dispose que « à cet effet, elles s’engagent à prévenir les conflits par l’aménagement de cadres de concertation, dans le respect des périmètres de compétences reconnues à chacune des parties, et à travers une communication permanente».

La lettre de la Fifa

En clair, la Fifa demande que les deux parties se concertent dans le cadre de ce processus de recrutement. Mais que « nous sommes d’avis que les décisions concernant le recrutement des membres des structures d’encadrement doivent rester parmi les droits et compétences exclusivement réservées uniquement au Comité exécutif de la Fécafoot ». Rappelant ainsi le pouvoir exclusif dévolu à son membre de par ses prescriptions. Sauf que ledit membre ayant librement signé des accords avec la tutelle étatique, qui reverse une partie de ce pouvoir à l’Etat du Cameroun, la Fifa ne peut définitivement prendre le parti de son membre. Alors, « finalement nous estimons que la convention avec le ministère des Sports et de l’Education physique de 2015 doit être révisée dans les plus brefs délais afin de afin de clarifier les droits et compétences de chacune des parties prenantes». Reconnaissant ainsi en ce texte des vices qui ne peuvent que créer la crise actuelle. En son article 9, la Convention donne le pouvoir au ministre de recruter directement et mettre à la disposition de la Fédération pour emploi. Et l’article 15 de cette convention dit que « Aucune disposition de la présente convention ne saurait être interprétée comme une immixtion de l’Etat dans la gestion de la Fédération camerounaise de football ou une remise en cause de son autonomie administrative et financière»

Entre autonomie, raison d’Etat et patriotisme, la Fifa

Cette lettre de la Fifa mentionne un courrier de la Fécafoot en date du 6 avril 2024. Soit au lendemain de la nomination par le Minsep du nouveau staff des Lions indomptables. On se souvient que dans son discours à la jeunesse le 10 février dernier, le président de la République avait dit sa « déception » suite à l’élimination précoce du Cameroun de la Coupe d‘Afrique des nations (CAN) 2023, et avait indiqué avoir confié la mission au ministre en charge des sports de trouver des solutions idoines. Cela survenait alors que le contrat de Rigobert Song Bahanag arrivait à expiration le 29 février. Tant la Fécafoot que le Minsep ne souhaitaient pas le renouveler. Il fallait alors trouver un successeur et c’est là que la bataille a commencé. Suivant les « Très hautes instructions » du président de la République, Narcisse Mouelle Kombi le ministre, avait mis sur pied une équipe de travail devant recruter le futur entraîneur des Lions indomptables. Marc Brys a été retenu, et n’appartenait pas à la short list déposée par la Fécafoot. Laquelle n’entend pas l’accepter de cette oreille. Samuel Eto’o, le président de la Fécafoot, a même fait des concessions en essayant de faire introduire ses propres éléments dans le staff, notamment à la coordination où le décret de 2014 lui attribue la compétence. Sauf que le Minsep convoque la même convention pour recruter (seul) et mettre à la disposition de la Fécafoot.

Toute cette guéguerre perdure alors qu’approche à grand pas la période Fifa devant voir le Cameroun affronter le Cap vert et l’Angola, en éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Marc Brys revient d’une tournée européenne où il a rencontré un certain nombre de joueurs anciens et potentiels nouveaux, à cet effet. Et bientôt la date butoir pour produire la liste des joueurs devant prendre part à ces deux rencontres. Entre autonomie d’une association, patriotisme, raison d’Etat, la balance penchera pour un des belligérants, si les deux parties ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente. Toujours est-il qu’avec l’entré en scène de la Fifa, la fin est proche. Le gendarme du football mondial devrait être le dernier arbitre de la partie. La suite peut être soit la conciliation qui impose la défaite d’un camp, soit une défaite du Cameroun qui pourraient perdre les deux matchs sur tapis vert.

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