Eyumojock: Le commandant de brigade et cinq gendarmes abattus

Cette localité du Sud-Ouest a subi une attaque de séparatistes ce vendredi.

« Présentement je suis seul à la brigade avec deux gendarmes majors. Comme l’incident a eu lieu ce matin, j’étais obligé de démonter mon poste pour venir rester à la brigade comme le seul sous-officier ; parce que même l’adjoint du CB (commandant de brigade, Ndlr) est mort… » C’est le message de détresse d’un maréchal de gendarmerie en service la brigade de gendarmerie d’Eyumojock, département de la Manyu, région du Sud-Ouest. A la suite d’un massacre dont a été victime la brigade de gendarmerie de cette localité ce vendredi 10 mai 2024. Selon des sources concordantes, ce sont en tout six gendarmes dont le commandant de brigade qui ont été abattus par des hommes armés présentés comme des séparatistes se revendiquant de l’« Ambazonie », cet Etat fantôme dont ces derniers se réclament et qui constitue le territoire des deux régions anglo-saxonnes du Cameroun.

Le commandant de brigade et ses hommes seraient tombés dans un guet-apens. « Selon les informations, on les a informés qu’il y avait les Amba qui devraient venir les attaquer. Ils sont partis se planquer quelque part selon les ‘’on dit’’. La même personne a donné les mêmes informations aux Amba », apprend-on d’une source sécuritaire. Une autre source indique que « le commandant a reçu le renseignement selon lequel les Amba vont bloquer l’entrée et la sortie d’Eyumojock. C’est ainsi qu’il se déploie avec ses hommes sur le terrain. Ils étaient sept. Ils sont restés planqués pendant trois heures, et n’ont vu aucun mouvement. Ils décident de lever l’encre. Deux éléments vont emprunter un camion sortant d’Ekok pour Mamfé. Ils ont été les premiers à être pris d’assaut, puisqu’ils se trouvaient déjà dans le bouchon, dans le dispositif des sécessionnistes », raconte une source sécuritaire locale. Les Ambazoniens vont ouvrir le feu sur le camion transportant ces deux gendarmes. Un maréchal sera mortellement atteint ; son collègue s’échappera, « en retirant le gilet du maréchal et son arme», souligne la source. « Le commandant de brigade et les quatre autres éléments qui les suivaient, ont été tous abattus et calcinés », poursuit la source sécuritaire.

Sur le carreau, six morts : le commandant de brigade, son adjoint, un sous-officier de la cuvée 2015 et deux gendarmes majors sortis de l’école en 2017. Un seul élément survivra de l’attaque. A ce qu’il semble, l’ennemi était renseigné sur leurs positions. La population encore sur place vit dans la peur.

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